XX INTRODUCTION
« de chocq'uer la vérité de noslre Église par les vices de ses « ministres ; elle tire ses tesmoignages d'ailleurs : c'est une «( sotte façon d'argumenter, et qui rejetteroit toutes choses en « confusion : un homme de bonnes mœurs peut avoir des opi- (( nions faulses , et un méchant peut prescher vérité , mesrne « celuy qui ne la croit pas. [Essais, L. II, Ch. XXXI.)» Mais tout le monde n'avoit pas la raison de Montaigne ; et il ne faut pas s'étonner que tant de contradictions , et tant de catastrophes, sinistrement interprétées, aient produit l'effet de confondre les simples et d'enfanter les non-croyants. Aussi, dès le commencement du règne de Louis XIII , nous voyons que le nombre de ceux qui n'avoient plus de foi étoit déjà considérable; ils avoient à leur tête des écrivains hardis; ceux-ci avoient même réduit leur doctrine en maximes , espèce de code rimé, que l'on appeloit « les Quatrains du Déiste , ou 1'A\t<-B[Got(*). » Ce poème , formé de cent six quatrains en grands vers , est l'ouvrage d'un raisonneur audacieux , qui ne ménage rien. Il désigne ceux qu'il attaque sous le nom de Pipe-Niais , de docteurs du Pantalonisme , etc. On présume que ces quatrains émanoient de la même source que le Parnasse satirique , attribué à Théophile Viaud , et qui fit tant de bruit en 1622. On avoit engagé Gombaud à réfuter ces vers scandaleux. Il s'en défendit par cette épigramme :