‹ Lettres provinciales et PenséesChapitre 51 sur 102 · VASQUEZ TOUCHANT L'AUMONE. 'J · texte numérisé non relu

VASQUEZ TOUCHANT L'AUMONE. 'J

qui veulent y obliger les riches. Voici se ter"

mes, chap. i, d. 4, n. 32 : « Corduba ait- il,

« enseigne que, lorsqu'on a du sunâ**» on est

« obligé d'en donner à ceux qui w« dans une

« nécessité ordinaire, au moir» Line partie, afin

« d'accomplir le précepte en quelque chose, mais

« cela Nt me plaît pas : s-d hoc non placet : CAR

« nous avons montré i contraire contre Cajetan

« et Navarre. » Ain*1'? mes pères, l'obligation de

cette aumône ^st absolument ruinée, selon ce

qu'il plaît à Vasquez.

Pour celle du nécessaire, qu'on est obligé de faire dans les nécessités extrêmes et pressantes, vous verrez, par les conditions qu'il apporte pour former cette obligation, que les plus riches de Paris peuvent n'y être pas engagés une seule fois en leur vie. Je n'en rapporterai que deux : « l'une, que l'on sache que le pauvre ne sera se- « couru d'aucun autre : hœc intelligo et cœtera « O/nnia, quando scro nullum alium opei7i latu- « rutn , » chap. i, n. 28. Qu'en dites- vous, mes pères, arrivera- 1- il souvent que dans Paris, où ri y a tant de gens charitables, on puisse savoir qi] il ne se trouvera personne pour secourir un pauvre qui s'offre à nous? Et cependant, si on na pas cette connoissance, on pourra le renvoyer sans secours, selon Vasquez. L'autre condition est que la nécessité de ce pauvre 5oit telle, « qu il soit menacé de quelque accident mortel, « ou de perdre sa réputation,» n. 24 et 26, ce qui est bien peu commun; mais ce qui en marque

€ncve la rareté, c'est qu'il dit, num. 45, que le pauvi s qU\ est en cet état où il dit qu'on est obligé à lui doin^ l'aumône, «peut voler le riche en « conscience.., £t ajnsi [\ faut que cela soit bien extraordinaire, £ ce n'est qu'il veuille qu'il soit ordinairement per*^s t\e voler. De sorte qu'après avoir détruit l'imitation de donner Taumone du superflu, qui e^ [a plus grande source des charités, il n'oblige les r^hes d'assister les pauvres de leur nécessaire que lorsqu'il permet aux pauvres de voler les riches. Voilà la doctrine de Vasquez, où vous renvoyez les lecteurs pour leur édification.

Je viens maintenant à vos Impostures. Vous vous étendez d'abord sur l'obligation que Vasquez impose aux ecclésiastiques de faire l'aumône; mais je n'en ai point parlé, et j'en parlerai quand il vous plaira; il n'en est donc pas question ici. Pour les laïques, desquels seuls il s'agit, il semble que vous vouliez faire entendre que Vasquez ne parle en l'endroit que j'ai cité que selon le sens de Cajetan, et non pas selon le sien propre; mais comme il n'y a rien de pJus faux, et que vous ne l'avez pas dit nettement, je veux croire pour votre honneur que vous ne l'avez pas voulu dire.

Vous vous plaignez ensuite hautement de ce qu'après avoir rapporté cette maxime de Vasquez : « A peine se trouvera-t-il que les gens du a monde, et même les rois, aient jamais de tt superflu , j'en ai conclu que les riches sont

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