‹ Lettres provinciales et PenséesChapitre 57 sur 102 · SENTIMENTS DES JES. TOUCHANT LA SIMONIE · texte numérisé non relu

SENTIMENTS DES JES. TOUCHANT LA SIMONIE

sa doctrine subsiste après votre réponse. Mais vous vous arrêtez sur celle de Tannerus, et vous dites qu'il a seulement décidé que ce n'étoit pas une simonie de droit divin, et vous voulez faire croire que j'ai supprimé de ce passage ces paroles, de droit divin, sur quoi vous n'êtes pas raisonnables , mes pères : car ces termes , de droit divin, ne furent jamais dans ce passage. Vous ajoutez ensuite que Tannerus déclare que c'est une simonie de droit positif. Vous vous trompez, mes pères : il n'a pas dit cela généralement, mais sur des cas particuliers, in casibus à jure expressis, comme il le dit en cet endroit. En quoi il fait une exception de ce qu'il avoit établi en général dans ce passage , « que ce n'est « pas simonie en conscience; » ce qui enferme que ce n'en est pas aussi une de droit positif, si vous ne voulez faire Tannerus assez impie pour soutenir qu'une simonie de droit positif n'est pas simonie en conscience. Mais vous recherchez à dessein ces mots de «droit divin, droit positif, « droit naturel, tribunal intérieur et extérieur, « cas exprimés dans le droit, présomption ex- « terne , » et les autres qui sont peu connus , afin d'échapper sous cette obscurité, et de faire perdre la vue de vos égarements. Vous n'échapperez pas néanmoins, mes pères, par ces vaines subtilités : car je vous ferai des questions si simples , qu'elles ne seront point sujettes au distinguo.

Je vous demande donc, sans parler de droit

-positif, ni de présomption externe , ni de tribunal extérieur, si un bénéficier sera simoniaque, selon vos auteurs, en donnant un bénéfice de quatre mille livres de rente, et recevant dix mille francs argent comptant, non pas comme prix du bénéfice, mais comme un motif qui le porte à le donner. Répondez -moi nettement, mes pères; que faut- il conclure sur ce cas, selon vos auteurs? Tannerus ne dira-t-il pas formellement « que ce n'est point simonie en conscience, puis- « que le temporel n'est pas le prix du bénéfice, « mais seulement le motif qui le fait donner? » Valentia, vos tbèses de Caen, Sanchez et Escobar, ne décideront- ils pas de même, «que ce « n'est pas simonie » par la même raison ? En faut-il davantage pour excuser ce bénéficier de simonie? Et oseriez-vous le traiter de simoniaque dans vos confessionnaux, quelque sentiment que vous en ayez par vous-mêmes; puisqu'il auroit droit de vous fermer la bouche, ayant agi selon l'avis de tant de docteurs graves? Confessez donc qu'un tel bénéficier est excusé de simonie, selon vous; et défendez maintenant cette doctrine, si vous le pouvez.

Voilà, mes pères, comment il faut traiter les questions pour les démêler, au lieu de les embrouiller, ou par des termes d'école, ou en changeant l'état de la question, comme vous faites dans votre dernier reproche en cette sorte. Tannerus, dites- vous, déclare au moins qu'un tel échange est un grand péché; et vous me repro-

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