SENTIMENTS DIS JKS. TOUCHANT LA SIMONIE
chez d'avoir supprimé malicieusement cette circonstance, qui le justifie entièrement , à ce que vous prétendez. Mais vous avez tort, et en plusieurs manières. Car, quand ce que vous dites seroit vrai, il ne s'agissoit pas, au lieu où j'en parlois, de savoir s'il y avoit en cela du péché, mais seulement s'il y avoit delà simonie. Or, ce sont deux questions fort séparées : les péchés n'obligent qu'à se confesser, selon vos maximes; la simonie oblige à restituer; et il y a des personnes à qui cela paroîtroit assez différent. Car vous avez bien trouvé des expédients pour rendre la confession douce; mais vous n'en avez point trouvé pour rendre la restitution agréable. J'ai à vous dire de plus que le cas que Tannerus accuse de péché n'est pas simplement celui où l'on donne un bien spirituel pour un temporel, qui en est le motif même principal; mais il ajoute encore « que l'on prise le temporel plus que le « spirituel, » ce qui est ce cas imaginaire dont nous avons parlé. Et il ne fait pas de mal de charger celui-là de péché , puisqu'il faudroitètre bien méchant ou bien stupide, pour ne vouloir pas éviter un péché par un moyen aussi facile qu'est celui de s'abstenir de comparer les prix de ces deux choses, lorsqu'il est permis de donner l'une pour l'autre. Outre que Valentia examinant, au lieu déjà cité, s'il y a du péché à donner un bien spirituel pour un temporel , qui en est le motif principal, rapporte les raisons de ceux qui disent que oui , en ajoutant : Scd hoc
non videtur mïlii satis certum ; cela ne me paroît pas assez certain.
Mais , depuis , votre père Erade Bille , professeur des cas de conscience à Caen, a décidé qu'il n'y a en cela aucun péché : car les opinions probables vont toujours en mûrissant. C'est ce qu'il déclare dans ses écrits de 1644, contre lesquels M. Dupré, docteur et professeur à Caen, fit cette belle harangue imprimée, qui est assez connue. Car, quoique ce père Erade Bille reconnoisse que la doctrine de Valentia, suivie par le père Malhard, et condamnée en Sorbonne , « soit con- « traire au sentiment commun, suspecte de si- « monie en plusieurs choses, et punie en justice, «quand la pratique en est découverte,» il ne laisse pas de dire que c'est une opinion probable , et par conséquent sûre en conscience , et qu'il n'y a en cela ni simonie, ni péché. «C'est, « dit-il, une opinion probable et enseignée par « beaucoup de docteurs catholiques, qu'il n'y a « aucune simonie, ni aucun péché à donner de «l'argent, ou une autre chose temporelle pour « un bénéfice, soit par forme de reconnoissance, « soit comme un motif sans lequel on ne le don- « neroit pas , pourvu qu'on ne le donne pas « comme un prix égal au bénéfice. » C est là tout ce qu'on peut désirer. Et selon toutes ces maximes vous voyez, mes pères, que la simonie sera si rare, qu'on en auroit exempté Simon même le magicien, qui vouloit acheter le Saint- Esprit, en quoi il est l'image des simoniaques