‹ Lettres. Publiées (volume 2)Chapitre 106 sur 134 · CCCXXVIII · texte numérisé non relu

CCCXXVIII

À M. DE BALZAC

À BALZAC

Monsieur, celle cy sera pour respondre à la vostre du 7 aoust \ pour ce que je n'appelle pas response le mot que je vousescrivis en la recevant, n'ayant presque pas eu le temps de vous dire que je l'avois receue, à cause quelle me fust apportée le dimanche après disné, si tard que je ne scay si mon billet, par lequel je vous en donnois avis, aura esté assés tost à la poste pour estre enfermé dans le paquet. Et je crains qu'à l'avenir que les joui-s accourcissent et que par conséquent les couriers seront moins diligens, nostre commerce ne soit un peu retardé, et que vos lettres ne m'estani rendues que le lundy ou le mardy, les responses ne soient remises vers la fin de la semaine pour le commencement de l'autre.

Mais, pour entrer en matière, lorsque j'ay comparé vostre Consolation à celles de Senèque el de Plutarque, j'ay moins creu vous louer qu'eux, lesquels, selon moy, aux belles pièces qu'ils ont failles de cette nature, auroient de la peine à trouver autant de force et d'élo(jueuce adroitle que vous en avés employée en la vostre. Leur antiquité, qui m'est vénérable , m'empesclie d'en faire

clé reproduite par M. R. Kerviier dans son Jea» de Silhon (p. 56).

' Cette lettre, dont Chapelain nous donne la véritable date, est la lettre XXVI du livre XX. déjà citée et qui (p. 8o5 de Tin-fol.) porte ia date du ;" décembre 1689.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

un parallèle plus odieux et de venir aux [>arliculiu-itësqui ne leur seroient pas avantageuses. Je ne vous conseille pas néantmoins d'en entrepiendre une nouvelle pour la raesnie personne ' en Testât où elle est à présent, n'y ayant point d'art qui puisse, à mon avis, fournir d'assés bonnes couleurs pour luy faire paroislre supportable la perte de la réputation, qui est plus sensible que celle des parens, quand mesme ils seroient les meilleurs du monde ; et je ne croy pas aussy que vous vous y empressiés fort, la matière estant si délicate et le gré si petit, qui devroit estre bien grand. Car je jurerois ou que vous n'avés point eu de response, ou qu'elle a esté froide el courte", de celles qu'on appelle par manière d'acquit '.

Je viens à M' la marquise de Sablé, de laquelle je ne vous ay rien mandé qui ne soit encore plus grand , et , s'il se peut dire , plus véritable. Ce n'est qu'esprit , qu'ardeur pour ce qu'elle ayme et que générosité pour tous ceux qui ont besoin d'elle. Vous ne pouviés à qui la mieux apparier qu'à la Vittoria Colonna, et s'il y a quelque dillérence entre elles, c'est que celle cy n'a pas un si illustre mary que l'Italienne, quoyqu'il soit bien d'aussy bonne maison que le Marquis de

Pescaire, et qu'elle ne fait point de vers comme [elle]'. Mais, en récompense, elle escrit beaucoup mieux en prose et a un esprit plus délicat. Je luy feray voir les paroles obligeantes que vous me dittes pour elle , et si elle vous estimoit avant cecy de son chef et gratuitement, vous ne doutés pas, je m'asseure, qu'elle ne vous estime et ayme maintenant beaucoup mieux et avec toute une autre force puisque c'est par obligation , c'est à dire que vous serés maistre chés elle , pour ce qu'elle défère tout à la vertu de ceux qui l'ont obligée à les aymer. Je serais ravy de luy pouvoir faire voir cette belle apologie ', ou comme elle estoit ou comme elle est retouchée, car il est presque égal, puisque, de quelque façon qu'on la voye, il la faut lousjours admirer. 11 est vray qu'il faut que cela- dépende entièrement de vous , et je ne croy pas luy devoir faire espérer cette lecture, avant que d'en -avoir des paroles plus expresses et plus formelles.

Vous m'avés fait rougir en lisant les choses que vous dittes de moy dans vostre lettre et la trop grande considération que vous faittes sur mes foibles avis et sur mes scrupules mal fondés". Je vous en ay toutesfois une grande obligation, et d'autant

' Le cardinal de la Valette.

' Chapelain se trompait, et Balzac lui-même (p. 1087 de l'in-fol.) a eu soin d'apprendre à la postérilé, comme nous l'avons déjà rappelé, que le cardinal de la Valette avait fait le meilleur accueil à son discours.

^ JL Littré a trouvé cette expression dans Bossuet {Variations): «Ce n'était que pour la forme et par manière d'acquit, :5 et, au siècle précédent, dans le P/wto-çue d'Amyol ; «.. .par manière de descharge et acquit de conscience. îi

* Vittoria Colonna, fille de Fabrice Colonna, grand connétable du royaume de Naples, naquit en 1^90 et mourut en 16/17, «"près avoir déploré dans des vers éloquents la perte de son époux, Ferdinand-François d'Avalos, marquis de Pes-

CBAPELAIA. 1.

cara, mort à l'âge de trente-cinq ans, des suites des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Pavie, où il commandait l'armée de Charles- Quint. Voir sur la vertueuse amie de Michel- Ange quelques pages de M. L. Etienne {Hisloire (le la littérature italienne, )875,p. 239-2/i3),ct un travail antérieur beaucoup plus étendu de M. Lannau-Bolland: Michel- Ange et Vittoria Colonne, en tète de la traduction des poésies du grand sculpteur (Paris, Didier, in- 19.)

^ La Relation à Ménandre.

* Balzac avait dit à Chapelain (lettre du 7 août, citée dans la note 3 de la page hSo): wMon ambition principale, Monsieur, est de vous satisfaire tout seul ; les moindres scrupules qu'il semble que vous ayez, me donnent plus de peine que ne l'e-

plus gi-.inde que je m'en i-econnois inoins digne.

M' de Scudëry persévère dans son iniportunile' et me donne tous les jours une demie heure de fièvre avec son bizarre appétit d'avoir ma peinture, laquelle, si je suis contraint de luy bailler, il faudra en mesme temps me résoudre à estre mis tout de rang au milieu ou en suitte des Rolrous, Mairets, Dmiois', Glaverets^, et autres, qui sont dune hiérarchie si eslevée au dessus de nioy, que j'aurois honte pour eux, et serois enibarassé jiour moy, si nous nous rencontrions ensemble.

Le Parasite romain s'est phiiiit à moy |)ai'

une lettre fort ample de lAbbé Comique qui ne l'a pas voulu faire évesque, et qui a tourné sa prétention en raillerie, à ce qu'il dit, bien que l'autre me le nie et se plaigne de luy de se laisser ainsy légèrement imprimer au préjudice de ses fidelles amis. H est vray qu'il m'a avoué que Son Em" s'en estoit moqué, lorsqu'il luy en parla, pour tenter de faire un utile office. Et certes Son Era" ne pouvoit moins faire \ Toute celte panglossie est une happelourde " pour faire beaucoup de bruit à peu de frais et donner (le la réputation à son autheur parmy les Suisses et les Ba rga masques *. C'est saltiubanquer^ et jouer des gobelets que de

roient les oppositions déclarées de tous les docteurs et de toutes les académies do la terre. ->

' Il est impossible de lire autrement ce nom, qui a probalilement été altéré. Peut-être s'agit-il de Pierre d\i Ryer, dont il a été déjà question dans ce volume. Jl ne se contenta ps de traduire les auteurs anciens : on a de lui, dit l'abiié (joujet {liibliothpque Jrançoise, t. XM, p. 202 ). • tr.imarijlhs, pastorale qui fut imprimée sans .son '•onsentement, et 17 tant tragi-comédies que tragédies. On peut voir les titres de celles-ci, et les dates de leur représentation ou de leur impression , dans {"Histoire de l' Acadèiiicfrançoise et dans V Histoire du théâtre françois (t. IV et suivants). 1

'^ Jean Claveret, né à Orlénas. mourut en i66(). Ce mauvais auteur dramatique dut une lâcheuse célébrité à son violent pamplilet contre ie grand Corneille : Lettre du sieur Claveret au sieur Corneille, soy disant auteur du Cid (Paris, 1637, in-S").

■' Balzac avait dit (lettre XXVH du Uvre X\, déjà citée) : tVous pouvez croire que quand on ne se mocqueroit point de sa Panglossie, on ne luy en sçanra pourtant aucun gré. Monsieur le Cardinal souffre volontiers ses panégyriques, et en paye quelques-uns; mais il n'a que faire d'oraison funèbre pour des gens qui ne le touchent en façon quelconque.''

* Happelourde , pierre fausse qui a l'éclat d'une pierre précieuse. Ce mot, selon le Dictionnaire

de Trévoux, est composé de happer, qui signilie prendre, el de lourd, qui veut dire un lourdaud, im sot, parce que ces sortes de faux diamants prennent, trompent les sots. ^Balzac (lettre XV du livre Vil) disait, en 1628, à M. de .Sorizay : «S'il y a quelque chose de beau dans mes lettres, il faut de nécessité <[ue vous les ayei falsifiées. El ainsi c'est vous qui êtes i'affronlcur, et qui voulez faire passer entre vos mains les liapelouides pour diamans.n Le mot happelourde a été pris dans un sens métaphorique, comme M. Littré l'a remarqué, par Biaise de Monkic, par Charron.

^ C'est-à-dire les habitants du pays de Bcrgame, dans l'ancienne Lombardie. Ce pays s'appelait le Bergamasque, et on lit dans le Dictionnaire de Trévoux: (rLe langage du Bergamasque ei=t le plus grossier de toute l'itahe. »

* Saltimbanquer est un verbe inconnu.

Quant à saltimbanqm , M. Littré ne cite, pour l'emploi de ce mot, aucun hvre antérieur aux Mémoires du cardinal de Retz. On pourrait croire, d'api es cela, que Paul de Condi avait rapporté ce mot d'Italie (saltimbanco), mais Jean-François Sarasin, mort dès i65i, avait déjà dit, comme l'a rappelé Richelet :

H n'est sollimbanque en la place Qui mieux s s aOTaires ue fasse.

Saltimbanque ligure, en 16/12, dans la Seconde partie des recJwches italiennes etfraneoises d'Antoine Oudin.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

prendre ces voyes exlraordinaires pour ftiire parler de soy et aller à ses fins. Il y a de raffectation et de la pue'rilité niesme à qui le regarde bien dans le fonds, qui me rend cet amas de fatras sans doute ridicule, sinon insupportable.

Je vay recommencer à faire perquisition de Flotte ' pour vous esclaircir du lieu oi'i est M' Maynard, mais je ne vous respons de rien, car ces cabarets et ces tavernes sont des mers où je n'ay guères navigé ^ et dont je ne sçay guères la route. Nous verrons si je sera y heureux.

Il y a six ou sept ans queje rompis commerce de lettres avec M' delà Pigeonnière. |>our ce que je ne pou\ois fournir à l'entretien d'un curieux provincial , qui me provoquoit en vers et en prose par presque tous les ordinaires et qui^occupoit son oysivelé à mes despens. de sorte qu'il n'y a point d'appai-ence de luy demander des vers de Du Vivier de mon cbef\ Il faudra voir si quelqu'un de mes amis le pourra tirer de luy et je ne doute point que M' de Voiture ne le tist mieux que personne, à cause qu'il

<'sl elles Monsieur, et de ses fréquens voyages au païs Ble'sois, où il n'est pas vraysemblable qu'ils ne soient connus asse's pour faire obtenir à nostre amy suppliant une grâce de plus grande importance. Mais l'importance est d'obtenir de luy qu'il en escrive ou qu'il se souvienne d'en parler. Vous axés des expériences de son humeur libertine*, et vous croire's aisément qu'un homme qui ne respond pas aux lettres de M' de Balzac n'escrira pas volontiers à un autre. Je luy en ferny néantmoins la proposition de vostre jiart et verray ce (ju'il voudra dire.

Comme j'en estois là et prest de finir, j'ay receu vostre despesche du i h \ Je suis à demy soulagé de la persécution de nostre nouvelle pucelle* par la part (|ue vous prenés au mal qu'elle me fait par ses billels réitérés. Mais je ne me serviray point de vostre remède pour m'en délivrer pour ce qu'il seroit inutile, cette fille estant de la nature des guespes qui importunent également soit qu'on les chasse, soit qu'on ne les chasse point. Je pris d'abord l'expédient de luy respondre sur le genou', comme je fais

' Balzac s'élail exprimé ainsi (lettre XXVII du livre XX, déjà plusieurs fois citée) :«: 11 y a de l'apparence que le fameux Yvrongne est revenu boire à Paris, et qu'il n'est pas si long temps hors du centre de la belle desbauche. Je vous supplie, Monsieur, que par son moyen nous puissions sçavoiroù se trouve Monsieur Maynard, pour lequel ma curiosité ne cesse point. ;î

' Aaviger pour naviguer est dans La Fontaine , dans Boileau et jusque dans Montesquieu. M. Liltré nous apprend qu'on disait de préférence, au xvii" siècle, naviger, forme qui a duré jusque dans le xvm', et il cite cette remarque de Vaugelas: «Tous les gens de mer disent naviguer; mais à la cour on dit naviger, et tous les bons auteurs l'écrivent ainsi, n

' Balzac (p. 8o5 de Tin-foi. ) avait dit à son ami: wSi vous aviez aussi communication avec Monsieur de la Pigeonnière, vous m'obligerez

infiniment de luy demander les œuvres manuscrites de feu Du Vivier qu'il a entre les mains. Je ne pense pas qu'il vous les refuse; et si vous me les faisiez voir, je vous les renvoyerois en diligence, et avant qu'il sçeusl qu'elles fussent venues jusques icy.?? Balzac raconte ensuite bien gaiement la mort de ce Du Vivier, mort dont il se déclare quelque peu responsable.

'' Qui va à l'aventure, expression cbère à M"" de Sévigné.

^ Cette dépêche du i \ août 1 689 est datée du- 29 décembre (n° XXVIII du livre XX, p. 806 et 807).

''' W^° de Scudéry.

' Sans façon, quelque chose comme le stana pede in uno du poète. M. Littré ne cite pas l'expression proverbiale répondre sur le genou, que je oe trouve pas davantage dans les anciens dictionnaires.

Gi.

à tout le monde, et creus que cette négligence la rebutteroit de nioy quand elle verroit que je ne ferois point d'elîort pour elle, et qu'elle ne pourroit tirer vanité des mauvais poulets que je luy escrirois. Après s'estre guindée , pour m'obliger, à une partie de son stile , le pédestre ' dont je me sers pom* elle luy laissera opinion que je la njesprise et pourra m'en délivrer, au lieu que si je ne luy escrivois point du tout, l'espérance de tirer de moy enfin une belle lettre Topiniastreroit à m'envoyer tous les jours de ses fascheuses douceurs. Je n'en ferois pas ainsy pour celles de la Marquise de S[abléJ auxquelles je répondrois avec plaisir, sinon avec grâce , pour ce que son principe n'est pas d'ambition, mais d'affection, et que, dans les tesmoignages d'amitié qu'elle donne à ceuv de sa connoissance, le cœur y a plus de part que la boucbe ou la plume. Je ne vois pas que vous courriés fortune dun assaut de ce costé là. Mais si le hazard vouloit qu'il arrivast quelque jour, vous ne voutb'iés pas, je m'asseure, qu'elle vous peut reprocher que vous eussiés esté plus civil pour M' Des Loges que pour elle.

Pour ce qui est du Piémont, ou nostre malheur, ou nostre mauvaise conduilte nous y a réduits, après un vain effort à l'attaque de Thurin, à recevoir la proposition d'une trêve de deux mois qui a esté signée sans ordre de la Cour. Par là vous voyés que nous en sommes en nostre particulier

quittes pour le deshonneur et que M"^ vostre neveu, ayant eschappéà la furie des mousquetades le jour de l'assaut, vous n'avés plus gueres à craindre de cette année que les maladies ^

Quant à M' le Duc de Longueville, le lendemain de la trêve, il partit de l'ordre du Roy, pour aller commander les trouppes du duc de Veimar sur le Rhin et est maintenant à Basle. Il me tesmoigna par ses dernières tant de douleur de la mort de ce Prince, que la rencontre de ce que Ion la esleu pour luy succéder, jointe à son ressentiment, m"a obligé à faire le tombeau de ce conquérant. Je vous l'envoyé afin que vous me le jugiés.

Je feray sçavoir à M' Com-art ce que vous me mandés touchant M' Spanheim auquel il ne manquera pas de lescriie. Je sçauray aussy de luy si ce ministre historien a fait quelques autres ouvrages et, en ce cas, jen envoyeray la liste au s' Rocolet afin qu'il les cherche \ Compatisses à linfirmité de ce bon serviteur et payés vous de ce qu'il peut, puisque le fons en est louable et qu'il ne pcsche pas à son escient.

M' de S' Nicolas verra vostre curiosité et vostre retenue touchant ces derniers ouvrages de M' Le Maistre, ce qui fobligera doublement. J'ay sur ma conscience de n'avoir point encore esté visiter M' Mesnage. J'iray et vous en entreliendray amplement au premier jour*. Pour M' Costard^ j'ay Irailté avec luy de sorte , en deux rencontres où je

' Souvenir du mot d'Horace: « . . .■plei-umquc dotet sennone pedestfi.rr

- Balzac écrivait à Chapelain (lettre XXVIIl du livre XX, déjà citée): wJe tremble pour le Piémont, c'est-à-dire pour vous, et pour un petit neveu que j'y ay, qui pourroit bien estre assommé dans la foule. n

* Balzac avait dit (ibid.): rJe suis bien gjorieux de la bonne opinion qu'a de moy M. Span-

heim ; car c'est un homme que j'estime infiniment. S'il y a quelque chose de luy, outre les deux livres que j'ay desja veus, je vous supplie de le dire à mon libraire, afin qu'il me les envoyé. i

* Balzac (ibid.) s'était exprimé en ces termes si gracieux : «Vous ne me mandez rien de mes amours, je veux dire de M. Conrarl et de M. Ménage. .\u moins, qu'ils sçachent, s'il vous plaist . l'ardeur que j'ay pour eux.n

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

l'ay peu, et où je liiy ay parlé, que je luy ay mis la confusion sur le visage par un mespris géne'reux de ce qu'il avoit fait contre moy et par des civilite's qui luy firent connoislre que la philosophie nous avoit mis l'ame au dessus de ces bassesses, et qu'il n'avoit pas esté assés honneste homme pour mériter vostre colère. J'en remporte le titre de magnanime par sa bouche, et j'ay sceu depuis par tous nos amis communs qu'il n'avoit jamais tant senti sa faute, que quand je luy tîs voir que je n'en avois point de sentiment. 11 ne parloit que de venir m'en demander pardon chés moy et semhloit attendre la commodité de M' Voiture ou de quelque autre pour l'y amener. Six mois se sont passés dans ces protestations, au bout desquels il est parti sans exécuter ce dessein , dont j'ay eu aussy peu de peine que du reste. Je l'estime, mais sa sorte d'esprit n'est pas propre à estre estimée de moy. Je le servirois bien si je pouvois pour l'amour de moy mesme. Je vous prie de le traitter civilement, s'il vous voit.

Flotte est encore aux champs. Je luy feray escrire par le bon GoUetet. Mon homme vient de rapporter cette response.

Je suis, tout à vous Monsieur, etc.

De Paris, ce 21 aoust lOSg '.

À W LE DUC DE LONGUEVILLE

À EASLE.

Monseigneur, si ce que nous avons appris par les lettres de M' de Guébriant du 1 1 d'aoust se trouve véritable , que toute l'armée du feu duc de Veimar d'un consentement unanime se dispose à vous reconnoistre et à vous obéir, et attend vostre arrivée avec impatience, je ne sçaurois assés me resjouir de ce nouvel employ que la forlune vous a présenté, et il me paroist d'autant plus glorieux que l'on peut dire que ce n'est pas le Roy seul qui vous le donne comme à ses autres généraux, mais qu'outre cette favorable eslection , les qualités qui se rencontrent en vostre personne vous le donnent aussy et vous font avoir le commandement de cette armée à mesme litre que le feu Duc l'avoit, je veux dire par la grandeur de vostre naissance, par l'estime de vostre vertu et par la volonté de ceux qui la composent, avantages singuliers et que vos zélés serviteurs sont ravis de voir qui ne se trouvent qu'en vous seul.

Mais il faut suspendre cette joye jusqu".^ l'accomplissement de l'affaire qui , d'une ou d'autre façon, ne peut plus tarder à se terminer. En tout cas. Monseigneur, vous serés grossy des ti-ouppes qui assiègent à présent Moyen sous M' du Hallier \ après que cette

* Le même jour, Chapelain écrivit à d'Andiily ( P 1 77 ) au sujet d'un sonnet que ce dernier lui avait communiqué et qui roulait sur la mort du duc de Weymar. «Le sonnet est extrêmement beau,?; dit tout d'abord Chapelain, qui ajoute : ^Les huit premiers vers sont sans la moindre lâche, le neuvième est sujet à l'objection de l'épithèle de juste, qui n'est pas trop juste en cet endroit , le dixième est bon , puisque vous le vonlôs.r» Chapelain reproche à son ami d'avoir fait rimer Rhin avec Jourdain. Après l'examen du sonnet, viennent quelques considérations politi-

ques : ff L'empioy de M. le duc de Longueviile est bien glorieux succédant dans l'intention du Roy au défunt de qui nous avons fait les épilaphes. Mais je suis lousjours en doute que les Suédois et les Allemands le vueillent reconnoistre, et, en ce cas, il feroit peu de choses sur le Rhin avec le peu de trouppes qu'on luy baillera de France, r) ^ ^Durant le voyage du Roi, dit Montglat {Mémoires, t.I, p. 295), Du Hallier, gouverneur de Lorraine, prit le château de Moyen.» Moyen est aujourd'hui une commune du déparlement de la Meurihe, arrondissement de Lunévdle,

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

place sero prise, et une partie de celles rie M' de Villeroy ' vous pourra joindre, si le Marquis-de S' Martin n'est pas plus fort dans la Conté qu'on nous a dit. Au reste, le bruit est grand de la maladie du Grand Seigneur ". <}ui seroit un coup de miracle pour les Vénitiens qu'il raenaçoit foi-t et pour la chrestienté en général , bien qu'en particulier les Impériaux y auroient plus d'avanlage que nous.

On a avis de plusieurs villes de Bretagne que M' de Bordeaux s'est remis à la

mer. sans que l'on sache de quel costé il tourne.

Je croyois avoir achevé le sonnet, mais l'ayant repassé, j'y ay reformé quoique chose qui le rendi-a plus digne de la mémoire dun si grand capitaine. Vous me ferés Ihonneur. s'il vous plaist, de ne point regarder la copie piécedente et de considérer cettuy-cy, comme celuy que j'avoue.

Je prie Dieu (ju'il vous conserve et suis. Monseigneur, vosire. etc.

De Paris, ce aa aoust i63<)\

canton de Gerbéviller. M. du Haliier était François du Haliier, fiis du marquis de Vilry et iïère du maréchal de Vitry ; lui-même devint maréchal de France en i6'i.'5 et fut dès lors connu sous le nom de maréchal de l'Hospital.

' Nicolas de Neurville, marquis, pair (i(3G.3j, duc de Villeroy, était maréchal de camp depuis 1 6â ^1 : il fut nommé lieutenant général en 1 6'i.'^ , et maréchal de France en iG'jtî.

- Amuralh IV mourut rannée suivante ( H février i6io), à l'âge de trente et un ans, après un règne de seize années.

' Le lendemain, Chapelain écrivait à M. Bouchard (P 1 79) : «Quand (.n'f)à la comédie satyriquequi fut faille il y a deux ans contre l'Académie , il n'y a point eu d'homme assés hardy pour l'avouer, soit qu'il craignisl le ressentiment dos particuliers, qui pourtant n'en ont eu aucun, l'ayant mesprisée comme une hadinerie fort insipide, soit qu'il appréhendasi le chasiiraent, de Tordre de son fondateiii' et prolecteur, à qui ce petit attentat pour sa propre considération ne devoit point plaire. Quehpies uns l'ont voulu donner à noslre amy Saint-Amand et la pucelle de Gournay l'a asseuré à cent pour cent, mais ny elle j)y eux ne l'ont persuadé à personne et il s'en défend comme d'un crime ou d'un sacrilège., .ri Chapelain l'entretient ensuite de Richelieu , de Bois rohert, de Voiture (qui est en Touraine avec Monsieur) ; il le félicite de fédilion prochaine lie son Ilisloive ecclésiastique, et lui dit encore: "Désabusés ces Messieurs les hahilles poêles de vostre Cour de l'estime qu'ils croyeni qu'on ait

fait en celle-cy de la mauvais-..' comédie du seigneur Caslelli. . . Parce qu'elle avoit esté représentée avec grand bruil et sur un sujet honorable aux François, SonÉminencea trouvé bon d'envoyer à son autheur, non pour récompense, mais par pure libéralité, la chaisne d'or dont vous me parlés, de laquelle il peut bien tirer profit, mais non pas vanité, car elle seroit mal fondée, cet homme pour estre gratifié n'en estant pas moins mesprisé. . . ?> Chapelain Hnil sa lettre en priant Bouchard de lui envoyer désormais ses paquets de livres par des occasions d'amis, et non en lui en faisant payer le porl. Le même jour, Chapelain adresse une lettre toute remplie de compliments (f* i8/i) au poète Bracciolini, à Borne, le remerciant du beau présent de ses poésies lyriques : «Vous m'avés envoyé, lui dit -il, un In'sor de perles orientales qui tesmoigne bien (pie la mer qui les a produittes a un fonds non seulement riche, mais encore inespuis<ihle, puis- ([u'il n'y a ni temps ni sai.son où vous luy en demandiés en vain. -> Je ne ferai que mentionner une lettre au cardinal Bentivoglio, du ;>^i août (f i8.^), où Chapelain le remercie pompeusement de la troisième partie de son Hintoire dcx ^ueires de Flandre; une lettre au duc de Longueville, du 3 5 août (P i86), où il est dit : «Nous sommes dans une merveilleuse attente du succès de vosire voyage sur ie Rhin;" une lettre à M. de la Lane, du 96 août (f' 187), où l'on trouve force plaisanteries sur les voyages marilimes do M"* de la Lane, notamnienl celle-ci : rSi je ne craignois de cajoler M'"* vostre femme.

LETTRES DE JEAN CHAPELALN

A M. DE BALZAC

Monsieur, je suis estonné de ce qui peul avoir fait tomber dans la conversation de M. L[e] M[arquis] ' et de M. le D[uc] de L[a] R[ocliefoucauld] le pauvre M[énage] et comment ce dernier \ qui n'est jamais avec l'autre que pour luy dire de vieilles douceurs \ l'a engage à s'expliquer sur une matière qui estoil si peu de leur génie et de leur inclination'. Cela me prouve encoi-e plus que jamais que souvent on joue à la mouche' dans le Conseil, lorsqu'on croit qu'on V résout les aflaires les plus iuqiorlanles, et que deux personnes galantes son! bien souvent ensemble sans dire des pointes " ny se parler d'amour. Je ne sçay sur quoy

se peut fonder M. le m[arquis] de S[abl('| pour condanner de folie un homme qui a réputation d'avoir du sens, el qu'en deux entieliens quej'ay eus avec luy, je n'ay point jugé qu'on peust accuser d'avoir la teste ci'euse. Je sçay, d'ailleurs, que cette personne n'est pas téméraire dans ses jugemens, et que, pour M. M[énage], la passion ne la peut avoir préoccupée. Pour vous en dire mon opinion , si elle s'est trompée , comme je le croy, c'est qu'elle a trouvé en M[énage] un esprit confit en doctrine ', de celle des bons anciens, un stile confoi-me à sa sorte de sçavoir et l'air tout différent de celuy de la Cour qui est le seul qui a cours dans l'eslendue de son obéissance. Sur quoy elle aura prononcé désavantageuseraent pour luy et je ne le trouve pas eslrange, pour ce que peu de gens au monde peuvent garder

je dirois que sa valeur vient de sa beauté el que Vénus n'avoit garde de craindre le lieu de sa naissance ;•' une lettre à M"'° de Flamarens, du 37 août(f i8«), où Chapelain maudit la longue et importune fièvre de In jeune marquise; enfin , une lettre à M. du Fay de la Trousse, du 29 août {{" 191), où son ancien gouverneur lui recommande de songer f à Tespargne , de s'abstenir du jeu et du presler,'^ el lui déclare que «sans œconomie et ordre dans la despense , il n'y a vertu , ny courage qui puisse erapescher un homme d'estre malheureux.»

' Sic pour M'"" la marquise [de Sablé] , comme le prouve le sens, comme le prouve aussi, du reste, le texte de la page suivante.

- Ce dernier n'était pas Ménage, comme on pourrait le croire d'après l'irréguhère construction de la phrase, mais le duc de la Rochefoucauld, le père de l'auteur des Maximes.

^ De vieilles douceurs ! Le duc de la Rochefoucauld avait alors cinquante ans, et la marquise de Sablé en avait une quarantaine, ainsi que l'étabht en ces termes, après le P. Anselme, M. Victor Cousin {M"" de Sablé, i865, p. 85) : «Jusqu'ici on a fait naître Madeleine de Souvré en 160H; mais un document authentique, le

Nccrologe de Port-Royal, dit qu'elle mourut le 16 janvier 1678,;! l'âge de soixante-dix-neut ans. Elle était donc née certainement en 1099, à peu près avec le xvn° siècle. ..!i M. Cousin n'a pas mentionné les galantes relations signalées par Chapelain, et (ce qui est plus étonnant) Tallemant des Réaux n'en a rien dit non plus.

' Balzac avait écrit à Chapelain (lettre 1 du livre XXI, p. 808 de l'in-fol.) : «Je vis hier M. le duc de la Rochefoucaut, qui me dit beaucoup de clioses, et entre autres, que vostre Signora Vitloria lient le petit homme que nous connoissons pour un petit fou. Cela pourroit eslre, puisque le nombre en est assez grand, et peut n'est;e pas aussi, puisque la Cour condamne souvent un homme sur une simple giimace.''5

'" Voir sur ce jeu les détails que donne le Dictionnaire de Trévoux, au mot Mouche.

^ Le mot fointe, comme synonyme de «trait subtil, recherché, '1 n'a été trouvé par M. Littré dans aucun écrivain antérieur à Corneille, à Boileau, à Scarron, à Pellisson. R faut joindre à cette liste le nom de Saint-Évremond.

' Régnier a dit (Sat. 11):

Compagnons de Mineiire. el confils en science.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

cette e'quite' de n'examiner aiilruy par son g-ousl propre. Nous faisons tous de nostre façon de concevoir les choses la règle du Lien et du mal et louons et blasnions, absolvons et condamnons les hommes, selon que leurs actions s'approchent ou s'esloignent de ce que nous ferions.

M™' la [Marquise] de S[able'] a veu une si grande différence entre son esprit et celuy de M. M[énage] que, ne s'estimant pas extravagante, elle a creu qu'il falloist qu'il le fust, ne considérant pas que l'extravagance pouvoit estre de son costé, et que quand elle seroit aussy sensée que je la croy et qu'elle l'est en effet, ce n'est pas une bonne conséquence que les choses qui sont différentes soient contraires. Mois voilà bien philosopher sur rien. Autant que je puis juger de l'un et de l'autre, ils sont tous deux gens raisonnables, mais ils ont le débit du raisonnement divers , et ce n'est pas merveille que cette diversité ait fait penser à une dame qu'il y avoit quelque chose de pis, puisque auprès d'elle c'est n estre pas sage que de ne leur plaire pas.

Vous ne la croirés donc pas davantage lorsqu'elle raesprisera M. M[énage] que lorsquelle m'exaltera par dessus tout ce qu'elle a jamais connu , y ayant un excès également

' Balzac (lelfre I du livre XXI, déjà citée) avait dit: «J'ay appris du niesme autheur [ie duc de la Rochefoucauld] que Moïse «aine esloit la passion de Monsieur et de Madame de Liancourt, et qu'on a fait une Métamorphose ciiez Monsieur le Chancelier. ■'

- Le Moijse sauvé fut dédié tf A la Serenissime Rpyne de Pologne el de Suède 75.

^ 11 s'ajjit de la Métamorphose des yeux de Philii en astres par Germain Habcrt, abbé de Gérisy, le commensal du chancelier Séguier (Paris, 1689, in-S").

* Voici ie passage de Balzac que Chapelain trouve avec raison fort exagéré (lettre I du livre XXI, p. 809) : «J'ay receu, de plus, le livre de Holstenius, et l'Amour tiraunique de M. Scu-

blasmable en l'un et en l'autre, et qui est sujet à réformation. Cependant vous le pouvés aymer, mais sans en faire vos délices ny vos amours, de peur qu'on ne vous accuse d'estre facile à gaigner.

Je croy aysement que le Moijse est l'idole de l'hostel de L[iancourt] , car il a les beautez qu'on y admire le plus\ et ses défauts sont d'une nature qu'ils n'y sont pas mesme connus de nom. Je croy qu'on y aura fait changer la dédicace qui commençoit Dame de L[iancourl]^. Je demanderay la Métamorphose et essayeray de vous faire escrire les huit cents vers qu'elle contient pour le premier ordinaire \ C'est beaucoup dire que l'Amour tirannique vous ait fait faire infidélité au Cid''. Si son autheur le sçavoif, il l'imprimeroit et (rompetteroif contre ceux qui se sont desdits de l'estime qu'ils en faisoieni, avant l'impression, sur la tromperie qu'ils ont prétendu que leur avoit faitte fapparat du théâtre et la prononciation des acteurs.

Sarazin est un homme honnoraire de M' de Chavigny, fils d'un trésorier de France de Caen . qui m'a surpris par l'expression heureuse des maximes de la haute poésie qu'on ne peut nier qu'il n'ait maniées fort agréablement \ L'ignorance néantmoins ou ia pas-

déry, de la lecture duquel je vous confesse que je suis encore tout esmeu et tout agité. Il y a bien quelques petites choses dans celle pièce que je voudrois qu'il reformasl , et il pourroil s'en adviser de luy mesme; mais le reste à mon gré est incomparable, qui remue les passions d'une eslrange sorte, qui m'a fait pleurer en despit de moy, qui a fait que le Cid et le Scipion ne sont plus mes délices. 'i

' Chapelain répond ici à celte interpellation de Balzac (ibid.) : rMais qui est, je vous prie, ce galant homme que vous m'avez nommé Sarrasin, et qui se nomme M. d'Arbois? Le nom m'en piaist, aussi bien que les Remarques. . . Raillerie à part, ce Sarrasin est un docteur excellent, et qui débile beaucoupde choses d'une manière trèsagréable...''

sion l'a fait broncher eu deux endroits, autre autres ceux de YAgnilion ' et des Episodeii qu'il n"a aucunement entendu ou voulu entendre. Mais, avec cela, c'est un galand homme et bien digne d'estre estime'.

11 ne m'a point semble' estrange que M. de L[a] R[ochefoucauld] n'ait jamais ouy parler de M' de Peyresc'. L'estude de ce seigneur n'avoit rien de commun avec celle du défunt qui estoil un vray et solide scavant et qui regardoil les lectures de M' de La R[ochefoucauld] comme des anmsemens plustost que comme des occupations utiles et dignes dun homme se'rieux. On cherche et connoist volontiers .ses semblables. Peut cstre que feu M. de Peyresc ne connoissoit aussy par la mesme raison de M' de L[a] R[ocliefoucaul(l] que sa naissance et [ce] que l'histoire nous a laissé des actions mémorables de ceux de sa maison. Ainsy, pour n'avoir pas esté connu de iuy, M*^ de Peyresc ne laisse j)as d'estre un héros en son genre, et j'espère que sa vie descritte par M' Gassendi vous en laissera persuadé, lorsqu'elle sera

pidiliée. Pour moy, je suis certain qu'il nie sera honnorable d'avoir parlé de Iuy comme j'ay fait à cause de son mérite plustost que de ma rime.

Vous aurés receu par l'ordinaii-e précédent le sonnet que j'ay donné à nostre Irismégiste^ duc de Veimar. Vous l'aurés encore par celuy cy avec quelcpies changemens qui le rendent j;lus supportable , en attendant qu'avec plus de loysir je le puisse bien achevei". Si vous en laissés voir quelqu'un, ce sera ce dernier, s'il vous plaist, duquel j'attens vostre jugement. Mais nous n'avions que faire de rimer sur ce sujet et il suflîroil pour la gloire éternelle de ce Prince qu'on vit les dix lignes d'une si excellente prose par lesquelles vous avés fini ma lettre. Elles sont rares et nous les ferons voir en bon lieu '.

Le s' Pyroslome ou autrement Jean-Jacques, car ce Protéese change ainsy tous les jours de nom , vous demande avec humilité la copie des dernières que vous Iuy avés escritte, lesquelles se sont perdues par le mal-

' Nos Dictionnaires ne donnent pas celle trailiictinn du latin ag/ntio, reconnaissance, 11 a été employé plusieurs fois par Corneille. Voyez Lexique de la langue de CoiifieiUe, par Ch. Marty- Laveaux.

- fT Croyez-vous, du reste, Monsieur, avail dit ( lettre I du livre XXI, p. 809 ) Balzac à Chapelain, que M. de la Rochefoucauld n'avoit jamais ouï parier de nostre M. de Peiresc, et que force autres personnes qui ne sont ni barbares, ni ignorante.^, ne le connoissenl non plus que Iuy ?n

^ Trois fois grand. Balzac (lettre II du livre XXI, p. 810 de l'in-fol.) écrit à son ami, non le 20 janvier i64o, mais probablement le 20 septembre 1689 : trLe tombeau du duc de Weymar est digne de Iuy et de vous. . . Dire que la dernière victoire du Roy de Suède a esté emportée par le duc de Weymar, et qu'il est mort traçant un empire, c'est consacrer sa mémoire par quatre paroles, et c'est Iuy donner la plus courte et la

Page 1