À M. DE SALES
Monsieur, je n'examine point à la rigueur les actions de ceux que jbonore , et soit pour ce que j'ay bonne opinion deux , soit pour ce que je ne l'ay pas mauvaise de moy mesme aux occasions qui les rendi'oicnt coupables envers d'autres, je les absous d'abord
et explique ce qui m'en paroist le plus à leur avantage et au mien qu'il se peut. Vous estes du nombre de ceux avec qui je traitte de la sorte, et en avés autant de besoin qu'aucun, m'ayant un si long temps je ne diray pas effacé , mais esgaré de vostre mémoire, quelque protestation que vousm'eussiés fait de vous souvenir de moy éternellement. Mon indulgence me fait accroire que vous en avés ainsi usé pour le mieux et que vos raisons, qtioyque je les ignore, sont meilleures que toutes les plaintes que j'en pourrois faire.
Je vous tiens ensiiitte pour le plus ardent et le plus soigneux de ceux qui me veulent du bien et nomme tentation toutes les pensées qui me viennent au contraire. Je prens en payement une demie page d'escriture pour tous les arrérages que vous me devés et pour lesquels je vous pourrois de droit faire citer au tribunal de l'amitié. EnGn, quoy- (jue je vous aye entretenu avec soin par mes lettres, et que je n'aye rien laissé à dire ni à faire de tout ce qui vous pourroit ostre utile de deçà, je vous ay excusé de vostre silence et me suis résolu, comme à une chose juste, d'eslre négligé si long
Lorraine et de Bar, mort le 3i juillet i 6;î/i , dont (en mai 1691) il avait épousé la fille unique, Nicole, duchesse de Lorraine et de Bar, née le '^ octobre 1608, et qui était sa cousine {jermaine.
' On lit dans VHistoire de la réunion de la Lorraine à la France (t. I, p. 290) : -Parcourant les remparts [la princesse de Pbalsbourg], et animant chacun par sa présence, elle mit elle-même le feu aux pièces. Plusieurs volées de canon passèrent par-dessus la tête du Roi, qui s'élait avancé trop près pour examiner les défenses de la place. Elle insista pour qu'on retardât, par de vigoureuses sorties, les travaux déjà si avancés des assiégeants. Dans un conseil qu'on avait provoqué, afin de répondre aux remontrances du sieur de Chanvallon , qui s'était venu plaindre au
nom du cardinal de Richelieu de la rupture de l'amiislice. M"" de Phalsbourg, dont le génie éloit tout mâle, dit le marquis de Beauvau , demanda avec feu qu'on commençât enfin une résistance désespérée. . . disant qu'en tout cas , s'il l'allaii périr, il valait mieux s'ensevelir glorieusement sous ses propres ruines que de perdre lâchement l'honneur, les biens et la liberté." M. d'Haussonville, un peu plus loin (p. 3oi), raconte ainsi l'entrevue de Louis XIII et de la vaillante amazone : -Il (le duc de Lorraine) présenta (96 septembre i633) au Roi sa sœur, la princesse de Phalsbourg. . . Louis XIII l'accueillit gracieusement, il la plaisantait avec douceur : il l'appelait la guerrière; il la montrait aux gentilshommes de sa cour, disant : voilà celle qui se vouloit si bien défendre et tuer tout In
LETTRES DE JEAN GHAPELALN
temps de vous. iMais à bon escient j'ay toit de demander de Tassiduité à une personne qui a les deux occupations de guerre et de galanterie et qui n'est relevé par personne en l'une ni en l'autre pour ce qu'il n'a point de pareil. INos dames mesmes ' n'auroienl pas de sujet de se plaindre de vostre oubli, considérant que la garde de Nancy et le gouvernement de ses princesses '^ ne méritent pas moins qu'un bomme tout entier. Continués ce train et croies que j'interprèteray tousjours à bien toutes choses et me tiendray bien favorisé de vous si en trois mois je reçois une fois de vos nouvelles.
Madame la duchesse de Longue ville dont vous ne me voulés pas consoler, enfin est hors de danger, après nous avoir fait craindre et pleurer six semaines entières et avoir perdu le fruit qui la devoit rendre la plus heureuse de son sexe. J'avois célébré sa grossesse et en avois promis de grandes choses à la France ; mais Apollon qui m'inspira n'est qu'un menteur, et après m'avoir donné de la peine à rimer des espérances, enfin je les av trouvées fausses et les ay condamnées à ne jamais se produire au jour\ Ce qui s'est
' Madame et mademoiselie de RambouiUel.
- Chapelain veut parler de la duchesse de Lorraine (Nicole), de la sœur de la duchesse (Claude-Françoise) et de la princesse de Phalsbourg, laquelle no devait pas tarder à s'évader de Nancy (3 mars 1 636 ). L'oncle de M. M. de Sainte- Maure, le comte de Brassac, fut malade du chagrin que lui causa la fuite de sa prisonnière, que suivirent bientôt les deux autres princesses. Voir V Histoire de la réunion de la Lorraine à la France, t.I, p. 3i5.
* Chapelain ne prévoyait pas, à ce moment, qu'il trouverait l'occasion d'utiliser ses vers douze ans plus tard, quand vint au monde Jean- Louis-Charles d'Orléans (12 janvier i(]/i6). Voir Ode pour la naissance de M^' le conte de Danois (Paris, chez la veuve Jean Camusat et Pierre Le Petit, 1666, in-4° de 22 pages).
rencontré trop vray a esté la mort du jeune conte de Dunois, laquelle j'ay marquée dans un tombeau que je luy ay dressé et que M. vostre frère vous aura envoyé. En tout cas, je vous le renvoyé encore afin que vous n'ayés rien à me reprocher.
Je ra'acquitteray soigneusement des commissions que vous m'avés donné et n'iray point chés cet excellent monde* par occasion.
Je suis , Monsieur, vostre , etc.
De Paris, ce 7 febvrier iCt'il*.
À M. GASSENDI
Monsieur, vostre lettre ni'a très agréablement surpris et m'a rapporté par ce qu'elle contient un des plus grands contentemens que j'ay reçeu de ma vie. Enfin nous verrons cette belle philosophie tant désirée et, pour vous avouer le vray, peu espérée de moy, jugeant que vous traitteriés le siècle selon son mérite et que vous luy refuseriés un thrésor dont il est indigne\ Si j'avois peu aimer M. L'Huillier davantage que je ne fais, il est certain qu'il m'y auroit obligé
L'achevé d'imprimer est du 9 mars i6i6.
* Le monde de l'hôtel de Rambouillet.
5 Chapelain veut parier du travail de Gassendi sur la vie et la philosophie d'Epicure. Bien des années s'écoulèrent avant que ce travail fut imprimé. La célèbre apologie d'Epicure {De vita et moribus Epicwi) ne parut qu'en 1667 (Lyon, in-li"). Mais Gassendi, comme on le voit, communiqua , treize ans avant la publication de son exposé de la vie et de la doctrine d'Epicure, une partie du manuscrit de cet important ouvrage à ses amis. On trouvera les huit livres du De vita et moribus Epicuri dans le tome V (p. 169-236) des OEuvres complètes de Gassendi {Pétri Gassendi Opéra omnia in sex tomos divisa, in-f°, Lyon, i658). Qu'il me soit permis de renvoyer le lecteur à mes Documents inédits sur Gassendi. { Paris , Palmé, 1877, brochure grand in-8").
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
par linstance efficace qu'il vous a fait de ne pas tousjours garder cette perle d'incomparable prix. Nous ne le remercirons jamais assés bien de l'avantage qu'il a procuré à tout ce qu'il y a de gens lettrés et raisonnables, et pour vous, Monsieur, nous ne vous paverons jamais ce travail, quelque estime que nous vous en donnions et quelque gré que nous vous en puissions sçavoir. Au nom de Dieu , continués ce que vous avés commencé, et disposés en sorte vos temps qu'il ne se passe point d'ordinaire que nous ne voyons de nouveaux cahiers de ce bel ouvrage.
J'ay leu avec un plaisir indicible la préface de tout le volume adressé à nostre ami ', et ay estimé singulièrement tant les bonnes mœurs et la candeur vrayement philosophique qui y paroist , que l'ordre , la doctrine, l'élocution. Je ne doute point que tout le reste ne suyve de mesme. puisque c'est le mesme esprit qui le produit et (pii le conduit , mais bien que j'en sois très persuadé, je ne laisseray pas avec la permission que vous ni'avés donnée , de vous représenter de quelle importance est la beauté du stile en quelcpie genre de composition que ce soit et de vous conjurer d'y avoir un particulier esgard. Vous le pouvés sans effort et sans peine et , pourveu que vous soyés autant cicéronien dans le corps du livre que dans la Préface . il n'y aura rien à désirer. J'ay conçeu de l'amour pour cette pièce et la désire aussi parfaitte qu'il se peut, afin quelle nous puisse servir d'une parfaite nourriture d'esprit.
Je me sens infiniment vostre obligé de l'avis que vous m'avés donné de vostre résolution et de la part que vous voulés bien que je prenne aux premières lectures d'un si rare ou\Tage. Nostre ami s'est résolu de le communiquer aussi au bon M. Magnes , cette âme belle et pure que vous sçavés, et dès à présent je vous responds de l'obligation qu'il vous en aura *. J'ay combatu la modestie de nostre ami sur ce que vous dittes de luy dans la Préface, touchant le tesmoignages d'affection qu'il vous a donné par le passé. Il luy sembloil que vous descendiés trop dans le particulier et que vous avilissiés vostre vertu par les expressions si humbles avec lesquelles vous marqués les offices qu'il vous a rendu. Il eust bien voulu qu'en cet endi'oit vous vous fussiés contenté de tesmoigner que vous lavés reconnu tel que, si vous eussiés eu besoin de tout ce qui dépendoit de luy, vous en eussiés absolument disposé. Mais, suyvanl vostre sens, je luy ay représenté qu'outre que ce que vous allégués fait liaison pressante dans ce passage, il vous osteroit encore un des plus grands plaisirs de vostre vie, s'il vous empeschoit de dire, aussi au long que vous le sentes, vostre mouvement de gratitude envers luy ; que pour avoir reçeu des services de luy, vous ne vous en estimés pas moins , mais seulement que vous l'en voulés faire paroistre plus grand , qu'il y a honneur à confesser de la pauvreté dos biens de la fortune, quand on non désire point, et qu'on en a de nature et de vertu desquels on fait sa richesse;
' Voir cette préface [Epistola dedicatoria ad Franciscum Luillierum) dans le recueil ci-dessus mentionné (p. 169-178). Gassendi y prodigue à Luiliier viro iUustri Francisco Luillerio, Parisino , 7-ationum magislro integeri-imo , amico longe optimo, les ténooignages de sympathie et de reconnaissance. Il Ty proclame le plus doux des amis, amiconim suavmime, et il a soin de dé-
clarer que c'est par déférence pour lui qu'il a mis au net ses commentaires sur Epicure. Gassendi, un peu plus loin, rend hommage à la loyauté de Luiliier [te candoris plénum ) et à sa générosité envers tous ceux qui sont hien méritants {minjice erga omneia hene merenteis animatum).
' Il a été déjà question de cet ami de Chapelain dans la note 3 de la lettre XIV.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
qii'Epictète avoit eu plus d'approbation que Senèque * et que les tesmoignages que l'on a de sa mendicitë ne le rendent pas moins véne'rable mesmes à ces derniers temps barbares ; que pour moy, je vous conside'rois comme un pauvre volontaire qui ne vous vouliés point charger de biens qui n'estoient point asseurés, et dont la possession mesme estoit un embarras pour un homme qui a les ide'es nobles et eslevëes.
Je finis en vous exhortant à continuer à me tenir, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce 18 febvrier iC3-'i.
À M. DE BALZAC
Monsieur, j'ay perdu pour vous la couslume de m'excuser quand je suis demeure quelque temps sans vous escrire. Il m'a semblé
que vous me connoissës asse's pour juger que ces discontinuations venoienl plustost faute de loysir ou de sujets de vous entretenir, que d'affection et de zèle à vostre service. Je vous importunerois si je vous disois les diverses occupations qui m'ont séparé de vous depuis mes dernières lettres. Vous sçaurés seurement que j'ay eu de quoy exercer ma patience en plusieurs choses et particulièrement sur une répréhension de mon ode à M^' le Cardinal la plus sophistique, la plus ignorante et la plus injurieuse qui soit jamais sortie au jorn* contre quelque ouvrage que l'on ait exposé en lumière. Tout m'en pouvoit fascher, mais rien ne m'a esté si sensible que de sçavoir que l'auteur de cette invective se nommoit Costard^ et esloit ou vouloit passer pour estre de vos amis intimes '\
Je vous avoue qu'il m'a semblé estrange
' Ai-je besoin d'expliquer le rapprochement que fait ici Chapelain entre l'austère philosophe stoïcien dont la doctrine se résume en deux mots : Abstiens-toi, résigne-toi, et ce rhéteur qui, au milieu de toutes les splendeurs de la fortune et de toutes les jouissances du luxe, écrivit de si belles tirades en l'honneur de la pauvreté?
^ Pierre Costar (né à Paris en i6o3) avait alors trente et un ans, et non trente-huit, comme l'a dit Tallemant des Réaux dans son historiette sur cet écrivain (t. V, p. i53). Voici comment ce chroniqueur raconte {ibid., p. i5i) l'incident dont se plaint si vivement le correspondant de Balzac : «En ce temps-là, les odes de M. Godeau et de M. Chapelain à la louange du cardinal de RicheUeu parurent, et ensuite M. Chapelain eut pension de M. de Longueville. Costar, par une estrange démangeaison d'escrire, et pensant se faire connoistre, en 6t une censure qui le fit connoistre en effet , mais non pas pour tel qu'il se croyoit estre; il n'y avoit que de la chicanerie, et, ce qui ne se pouvoit excuser, sans avoir jamais veu M. Chapelain, et sans avoir jamais rien ouy dire qu'à son avantage, il s'escrioit en un eudroit : «Jugez, après cela, si M. de Longueville
wn'a pas Lien de l'argent de reste, de donner («deux milles livres de pension à un homme «comme cela.ji Tallemant ajoute (même page, note 3) que cette censure ne lut point imprimée, mais que pourtant elle courut partout. Il faut rapproclier du récit de Tallemant le récit de i'auleur anonyme de la Vie de Costar publiée dans le tome IX des Historiettes (p. bi-5g). Cet auteur est aussi hostile à Chapelain que Tallemant est hostile à Costar.
^ Costar, en effet, était alors et resta toujours fort lié avec Balzac. Voir diverses preuves de ces bonnes relations dans les lettres de ce dernier, soit au recueil de i665, soit au recueil de 1873, notamment, pour le second de ces recueils, p. 5tib, 57g, 625 et 63 2, du 2 5 juillet 16/1 i au 20 février 16^3. Pourtant Balzac, reniant Costar, ne craignit pas d'écrire à Chapelain, non le i5 septembre i636 (in-foL, p. 727), mais en avril i63/i ; «Je ne connois point ce grand et intime ami dont vous me parlez, et ma mémoire ne m'en représente aucune image. Si je l'ay veu, je ne l'ay point considéré. Tant il y a, soit que j'aye oublié ce grand et intime ami, ou que je ne l'aye jamais bien connu,... je renonce à son amitié. w Balzac,
LETTRES DE JEAN CHAPELAI.N
quun esprit si injuste et si peu sensë eut une amitié si estroitte avec une des personnes dn monde que je connois la plus équitable et la pins raisonnable, et, sil est \Tay quil soit si estimé de vous, jay eu encore déplaisir de ne me pouvoir pas aussi bien accommoder en cela à vos sentimens . comme je le fay en toute auti-e chose. Du reste, bien qu'il m'eust donné grand champ de luy resj)ondre. et je puis dire sans mefforcer. je lav mesprise et ay mieux aymé n'avob- point la gloire de lavoir vaincu , que de luy donner I avantage d'estre connu du monde par ma colère. 11 y a des gens qui cherchent de la réputation , et il ne leiu" importe qu'elle soit bonne ou mauvaise. A ces personnes il ne sçauroit rien arriver de pis que d'estre négligés et rejettes dans les ténèbres et l'on les punit rigoureusement de les empescher mesme d'avoir mauvais bruit et d'estre comnis mesme à leur confusion.
j'altons vostre jugement sur ce que jay piatiqué en cette rencontre , et cependant je vous diray que M. Dandilly {sic)\ ayant publié ses belles stances spirituelles, j'ay tiré un exemplaire de luy pour vous l'en-
vover. Bien qu'il les ait laissé tous distribuer à Camusat sans en donner, de son chef, à personne , il nous a bien voulu excepter avec quatre ou cinq autres de ses particuliers amis et a trouvé bon que je vous lisse tenir celuy cy de sa part, lequel je luy ay assuré que vous aurit^ fort agi"éable. 11 est bon et civil au dernier point et parle de vous comme vous le sçauriés désirer, en un mot il me contente sur vostre sujet, lorsque vous tombés dans nos conversations sincères.
Ce seroit icy le lieu de vous parler de l'Académie dont M^ le Cardinal s'est depuis peu rendu le promoteur, et qu'il autorise de sa protection -, mais le bon M. de Boisrobert. s'estant offert avec une chaleur et une ambition extraordinaire de vous avertir de ce qui vous regardoil en cela . je craindrois de venir à tard et de me faire une querelle avec luy, si je vous en entretenois à cette heure. Je suis de cette compagnie par grâce \ et par cet honneoi- je trouve mes charges redoublées, ne jugeant pas qu'il me fust bien séant d'estre de ce corps et de ne pas contribuer à sa perfection tout ce qu'il seroit à ma puissance*. Si chacun y apporte autant
avec son exagération ordinaire , termine ainsi sa protestation : f- Quand ce ne seroit pas un in- ( onnu , mais mon propre frère , qui aurait songé à vous fascher, je ne luy pardonnerois jamais cette pensée, ou ce ne seroit qu'à vostre seule intercession. ■-
' Chapelain veut parier du Poèine tur la ri> He Jésm-Chi-ùit , qui fut achevé d'imprimer pour la première fois le i8 mars i63i. O poème a eu plusieurs éditions. La troisième parut à Paris chez Camu,<iat en i635 (in-ia de 5o pages).
- Passage à rapprocher du récit de Pellisson [Histoire de l'Académie française, l. I, p. i3 et suivantes).
^ Balzac, répondant à cette lettre, non le tù septembre i63G (in-fol., p. 727), mais en avril itj34 , s'exprimait ainsi : «Vous me mandez que vous avoi esté reçeu par grâce dans l'Aca-
démie des beaux esprits; et moy je voudrois vous demander qui a reçeu les beaux esprits qui vous ont reçeu?... Qui sont ces grands porsonuagi-s qui ont fait grâce à Monsieur Chapelain? De quelles contrées nouvellement descouvertes viennent ces hommes extraordinaires , qui pour faire gréce à M. Chapelain, doivent valoir un peu plus que M. le cardinal du Perron et que Monsieur le président de Thou?. .." Les éditeurs du recueil de i665 ont coupé une lettre en deux et donné aux deux tronçons de celle lettre deux dates différentes et également imaginaires (1 5 et aa septembre). * Ce n'étaient point là de vaines paroles. Dès la seconde réunion de la compagnie (20 mars i63/i), Chapelain insista sur la nécessité rde travailler à la pureté de notre langue, et de la rendre capable de la plus haute éloquence, ti Dès la troisième réunion (27 mars, le lendemain du
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de zèle que nioy, je puis dire sans vanitë que nous ferons quelque chose de mieux et de plus utile que toutes les acade'mies d'Italie' ensemble; à moins que de se proposer cet avantage, je vous avoue que j'y tiendrois mon temps perdu.
Je suis , Monsieur, vostre , etc.
De Paris, ce a 6 mars i634.