AU MARQUIS DE PISANI
En luy envoyant l'Aigle de l'Empire.
Monsieur \ ne soyés point en garde et ne considérés point le papier qui accompagne ce mot comme une surprise que l'on vous vueille faire ^ Ce n'est plus une pièce ,
Galilée confia le manuscrit, en i636, au comte de Noailles, lequel le fit imprimer par les Elzéviers en i638 ( Leyde , in-A" ) ?
^ H est difficile, on en conviendra, de perdre un pari avec une meilleure grâce que le fliit ici Chapelain. — Celte lellre, où l'urbanité est si spirituelle, est suivie (f 100, v") d'une lettre écrite, le 17 novembre, à d'Andilly «à l'armée d'Allemagne, 77 pour lui recommander un beaufrère de Conrarl.
* Sur Léon Pompée d'Angennes, marquis de Pisani, alors âgé de dix-neuf ans, voir une noie de la page 689 des Mélanges historiques. Lettres de Balzac, n" CVl.
5 L'Aigle de l'Empire à la princesse Julie est
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
ou , si c en est une , elle a perdu la volonté de vous attraper. Elle est rentrée dans sa modestie : elle n'est ni desguisée, ni imprimée ; elle n'espère plus de passer sous le nom de M. de Boissac\ et vous monstre tous ses deffauts en vous avouant qu'elle sort de moy. Il sera maintenant difficile quelle vous agrée tant, que quand vous y pensiés reconnoistre les traits d'un plus digne père. Et toutesfois , pom^ ne vous sembler pas absolument laide, elle s'est remuée et s'est donnée trois coups de fer aux endroits les plus descomposés de sa coiffure. Elle s'est mesrae adjoustée quelques fleurs qu'elle n'avoit pas la première fois qu'elle parut en vostre cercle , et enfin pour y estre soufferte et protégée , elle a mise (sic) de son costé Madame la Marquise en parlant d'elle le plus dignement qu'elle a peu^ Après cela, il n'y a pas d'apparence que vous l'en bannissiés , sinon par la considération de son petit mérite, du moins par le respect que vous devés en toutes façons à une si puissante protectrice. Mes divers embarras m'ont empesché de luy permettre de vous aller aussi tost trouver que vous l'avés comniand»' et qu'elle estoit obligée. La faute en est toute de mes affaires et vous ne la joindrés pas aux autres imperfections qui luy sont na-
tiu-elles, et pour lesquelles elle vous demande grâce.
De Paris, ce 18 novembre i63/i.