‹ Lettres. Publiées (volume 2)Chapitre 25 sur 134 · MESTRE DE CAMP DES CARABINS DE PARIS. À L'ARMÉE DE CHAMPAGNK · texte numérisé non relu

MESTRE DE CAMP DES CARABINS DE PARIS. À L'ARMÉE DE CHAMPAGNK

iMonsiem-, il suffiroit de vous importunei' d'une médiocre Poésie sans l'accompagner d'une mauvaise Prose, et courre fortune, quand vous les aurés bien considéré toutes

deux, do me voir condanmé à ne jamais escrire ni en l'une ni en l'autre. Toutesfois je suis obligé par mon devoir à vous envoyer ces Vers et par ma parole à ne les pas laisser aller sans un mot de ma main, du moins afin que vous sachiés que c'est moy qui vous les addresse, et je me résous d'autant plus hardiment à vous faire ce malheureux petit présent, que je.say que vous y verres avec plaisir les corrections c[ue vous y avés fait, et que vous aurés assés de charité pour remarquer encore ce qui vous y choque, et ce qui s'y doit changer. C'est de quoy je vous conjure, Monsieur, et de trouver bon que M" Arnaud et Le Maislre en jugent après vous et vous aydent à me condanner\

Il y a dans vostre paquet un exemplaire de ce petit ouvrage pour chacun d'eux , afin qu'ils le puyssent examiner à loysir et vous en raporter leurs sentimens. Ce que vous ordonnerés sera suivi de point en point, et je ne penseray avoir réussi qu'aiLX lieux que vous estimerés supportables.

Je suis, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce ai juin iG.35\

• La résolution d'embrasser l'élat ecclésiasliqiie.

- M. de Corbeville n'était autre que Pierre Arnauid, le maistre de camp général des carabiniers, dont il a été déjà plusieurs fois fait mention en celte correspondance. M. P. Paris dit, dans son Commentaire des Hislorieltes (t. Ifl, p. gô) : 'î Corbeville, maison dont Pierre Arnauid avait ajouté le nom au sien , est un endroit délicieux, situé près de Port-Royal, à cinq lieues de Paris et au-dessus d'Orsay, i

" Tous les membres de la famille Arnauid furent-ils donc les réviseurs des poésies de Chapelain ? Nous en connaissons déjà deux : Arnauid d'Andiliy et Arnauid de Corbeville. Tallemant des Réaux ajoute le nom du docteur Antoine Arnauid (Historiettes, t. III, p. uGG).

'' Le 1 "juillet i635 Chapelain {{' 128) infor-

mait ainsi le marquis de Gesvres (alors en Hollande) du choix qui venait d'être fait du cardinal de la Valette : « Depuis voslre parlement le Cardinal à (jui vous escrivistes si civilement el si cavalièrement est en celte Cour accreu de la charge de général que vous lui avés prédit par vostre lettre. Ses Marescbaux de camp sont M" le viconte de Turenne et le comte de Guiche.?> Voir la Gazette du 7 juillet (p. 38/i). — Le 1 /j juillet (P 13Z1) Chapelain écrivait à M. Le Roy, secrétaire de M. Servient : «Je vous diray que je ne vous iray point voir les mains vuides et que je vous porleray trois pages de divertissement pour vous el M. de Lionne que j'honore de tout mon cœur, et la bienveillance du(|uel me tienl lieu d'une bonne fortune. Au reste la presse de vos affaires et le respect que je leur porte m'empescha dernièrement de vous tesmoigner à l'un el à l'autre à quel point la

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

A 31. L'ABBÉ DE BOURZKYS.

Monsieur, j'ay leii avec attention voslre consulte sur la fameuse question de ce temps \ et je vous avoue que j'ay esté convaincu de vos raisons , et d'autant plus facilement que j'ay tousjours creu comme vous que Sttmina tex estoil celle qui regardoit le bien public, i'intérest duquel doit à mon avis faire cesser tous les autres. C'est une bonne et solide politique que vous appuyés judicieusement et heureusement du droit ancien de la théologie de tous les temps, de la favorable explication des conciles qui sembloient faire contre, et d'exemples illustres qui me paroissent mesme chose avec celuy dont il s'agit. Je laisse la moindre louange que vous y avés qui est la diction . laquelle est très pure et a toute la partie de l'Eloquence que ce genre d'escrire peut souffrir.

Il me resteroit pour mon parfait contenlement d'en pouvoir avoir une copie à nioy afin de soulager ma mémoire cjui me trahit souvenlet me faitsouvent laisser la raison sans défense ^ Si cela se peut sans conséquence,

je m'en sentiray très obligé. J'entends néantmoins en cela ne vous faire aucune violence, et cependant je vous rends grâces de la faveur que j'ay receue de vostre courtoisie , et demem'C , Monsieur, voslre , etc.

De Paris, ce 18 juillet i635.

LXVIIt.

AU MARQUIS DE GESVRES

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