‹ Lettres. Publiées (volume 2)Chapitre 50 sur 134 · À P0MP0N^E · texte numérisé non relu

À P0MP0N^E

Monsieur, beaucouj) d'affaires, peu de nouvelles et une santé peu restablie m'ont empesché de vous esci-ire depuis nosire voyage de Pomponne. Je vous ay mille obligations de voslre souvenir et de la part que vous me faittes des choses qui regardent vostre affaire. Les partisans de M. l'abbé

de B[ ] sont peu prudens de se vanter

qu'il soit evesque de Thoul ^ Ils se devroienl contenter de dire qu'il a un titre pour vous disputer l'Evesché et vous en rendre la pos-

c'est l'une des consolations de ma vie, et que le siècle ne me fourniioit guères de pareils amis si Dieu l'avoit tiré à luy. Je vous prie de l'avoir en vos prières et de me tenir tousjours , etc. »

- Le siège de Toul était vacant depuis le i /i septembre 1687, par la mort de Charles Chrétien de Gournay, qui avait succédé au cardinal de Vaudemont (Nicolas-François de Lorraine) le i4 février 1(336. Henri Aruauld,qui était déjà chanoine, archidiacre et doyen du chapitre de Toul, fut élu évoque par ses confrères (1 1 octobre), et le Roi, d'abord mécontent, tinit par confirmer cette élection. Mais la cour de Rome déclara que ses droits avaient été méconnus et refusa d'envoyer les bulles demandées pour le nouvel évèque. Le siège resta inoccupé jusqu'en avril 16/11, époque

session douleuse. Le j)is qui puisse arriver en cela est qu'il fera long lemps suspendre la concession de ses provisions, car de m'iiiiaginer que Sa Sainteté vueille venir à ruplure avec le Roy la dessus, c'est ce que je ne sçaurois croire, et quant au conte de Chasteauvillain ' je ne crains pas qu'on luy donne cette pièce en le faisant cardinal, et croy que plustost qiie de relascher de deçà , on la feroit passer entre les mains du R. P. J[oseph] , lorsqu'on obtiendra le chappeau pour luy. En un mot nos inlérests et nostre honneur ne nous permettent pas de laisser occuper ce siège par un estranger et moins par un qui ait tant de liaison avec la maison de Lorraine. Je ne suis point irre'solu pour le succès, je ne suis embarassé que (le la longueur, mais je croy que vostre |)rétendant le sera encore davantage , puisque vous avës la provision et que vous plaides mains garnies. Il faut, ce me semble, tesrnoigner aux Minisires beaucoup de tranquillité pour ce qui en peut arriver et beaucoup de ressentiment de l'eslection qu'ils ont faille de vostre personne, les prier de trouver bon que vous ne paroissiës point partie tians ce grand procès, et s'ils ont dessein d y maintenir le droit du Roy, de n'employer que le nom du Roy à la poursuitte.

De Paris, ce 7 décembre 1687.

A M. MAFRKT

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