CXXXVIII
ÀM.L'ÉVESQLEDEGRASSE(GODEAU),
À GRASSE
Monsieur, je respons à deux de vos lettres que j'ay receues presque en mesme temps, la première, la dernière je veux dire, celle du 27, après celle du 2 janvier, el toutes deux si long temps après leurs dattes, quelles m'ont bien fait souvenir du grand et fascheux espace de terre qu'il y a entie nous. Certes cette séparation ost une chose bien dure et j'ay beaucoup de peine à ni'empescher den murmurer. Je loue Dieu néantmoins de ce qu'il vous a fait une âme plus insensible qu'à moy. Car, au moins, m'est-ce
une consola lion de sçavoir que je souffre seul, et qu'aujc incommodités que vous donne le séjour de vos roches infertiles , n'est pas joint le desplaisir (festre loin de vos amis.
Mais je laisse cet article pour vous dire que les motifs que M' Le Maistre a eus pour quitter le monde sont saints absolument et qu'il n'y eust jamais de vocation, ou que celle là en est une. Nul desplaisir, nul mauvais succès, nulle appréhension de l'avenir ne l'a porté à la pensée de la retraitte. Au contraire il l'a faitte dans le plus haut point de fortune et d'estime où il eust été jusques là, et dans une espérance visible d'accroissement en l'une et en l'autre, seulement pour asseurer son salut qu'il a creu risquer, s'il deiueuroit davantage dans les occasions de pécher. Je suis très persuadé de ce que je vous dis, et, pour son regard, je vous puis asseurer que dans cette résolution il n'y a rien que de très louable.
Il est vray que je ne sçaurois dire la jnesme chose de M' de Saint-Cyran qui a eu la direction de cette affaire et qui l'a poussé, selon mon sentiment, beaucoup au delà de ce qu'il falloit. La semaine passée, je vous envoyay la copie de la lettre qu'il luy fit escrire à M' le Ch[anceli]er sur ce sujet. Par là vous jugerés .si j'ay raison de me |)laiiidre de sa sorte de zèle et s'il ne vaudroil pas mieux qu'il se fust contenté de moitié. (J'est le jugement de tout le monde de deçà pieux, et, entres autres, le seul M' d'Andilly et le Port real appellent cette action héroïque et digne de la ferveur des
qui a aussi parlé de ce Hullon dans ses Remarques sur lu vie de Pierre Ayrault, dit de singulières choses de ce personnage. — M. P. Paris, qui a trouvé dans Taliemanl des Réaux ia forme savantas, dit (l. II, p. 3i5) : tr Ainsi devioit-on continuer à écrire, non savantasse.-n Molière et M""" de Sévigné écrivaient le mot comme Talie-
manl. Le Dictionnaire de M. Littré donne à la fois savantas et savantasse avec cette observation , que Ton emploie plus souvent aiijdurd'liui la dernière forme de ce terme de dénigrement que la première.
' On ne trouve pas la moindre trace de cette Iraduction, qui resta probablement inédile.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
pr.miiers Clirestieus '. L'évèiiemeut jusliOera qui de nous a le droit de son costé.' Cependant je souffi'e extrêmement dans cette mort civille de mon amy que vous sçavés avoir este' un autre moy niesme. Je prie Dieu qu'il conduise le tout à sa gloire.
Nous verrons soigneusement vos vers de la Magdeleine. Nous en avons leu en courant la moitié qui nous a semble fort poe'tique et de vostre air. M' de S' Nicolas, duquel vous me demandés des nouvelles, est en danger de ne demeurer pas éveSque de Toul à cause des grandes instances que le Pape fait auprès du Roy qu'il luy laisse la libre disposition de celte pièce, où il pré tend que le concordat ne s'estend point. On tient mesme poui' certain qu'il envoyé un
cardinal eu France en grande partie pour ce sujet, et, si je ne me trompe, ce sera Bichi ". Mais, pour l'avantage de nostre amy, quand il ne seroit pas évesque, on ne laissera pas de l'en juger très digne, et s'il ne lest pas de Toul , il ne se peut manquer de festre d'ailieurs.
La croyance de la grossesse de la reyne continue '.
Je suis, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce 28 janvier i638.
CXWIX.
À M. DE LA L\yE\
Monsieur, voicy le huiliesme jour que nous sçavons vostre avanture\ sans que
' M. Sainte-Beuve a caractérisé avec les mêmes expressions la relrailo d'\nloine Le M.nislre 'Port-Royal , t. I, p. 38a) : rrEIle se peut comparer tout à fait à celle des chrétiens des iv° et v' siècles. T
" Alexandre Bichi, d'abord évèque d'isola, lut évèque de Carpentras ( iG-So-iGôy) , nonce apostolique en France . protecteur des affaires de France, etc. Il avait èlc nommé cardinal par Urbain VIII en i63.'i.
^ Ce fut seulement 4pux mois plus lard, jour pour jour, que la Gazette annonç.*! (n" du •28 avril, p. .200) Vheuicuse nouvelle de la gi-ossesse aaseu'ée de la reine. Tel est le titre de l'article, imprimé en gros caractères. On trouve la force détails sur la «grossesse désormais indubitable par le mouvement de cel enfanl royal que Sa Majesté a senti tous les jours depuis le 23' de ce mois, enfanl donné de Dieu à Tinsigtie piété de Leurs Majestés, aux vœux de lous les gens de bien el au bonheur de la France. . . ^
' l'ierre de Lalane appartenait à une famille parli-mentaire de Bordeaux. Fils d'un garde des rôles du Conseil privé , il naquit à Paris on ne sait trop en quelle année : il élait proche parent de Noël de Lalane, docteur de Sorbonne, abbé de Val-Croissant, chanoine de l'église de Paris. Voir, sur ce mililaire-poële, la Bibliothrque fran-
çaise de l'abbé Goujel (L XVII, p. 3i'i-32o), VAvcrlissciiienl mis par L. de Saint-Marc en tète du petit volimie des Puésiex de Lalane et du marquis de Montplaisir (Amsterdam, «759).
^ Cette aventure n'était autre chose que l'enlè\ementde la future M"" de Lalane. Laissons la parole à Tallemanl des Beaux (Historiette de La Leu et Lozières et Madame de Lalane, t. VI, p. 281 el 282) : «M"' de Boche esloil une des plus aimabl&s personnes du monde; elle s'appeloil Galateau en son nom, el ^sloit fille de la femme de l'escuyer de M"" de Betz. Elle avoit de l'esprit, disoil les choses fort agréablement, esloil belle comme un ange, et point coquette. On en fît Linl de bruit que la reyne la voulut voir. Le Grand Maistre, depuis mareschal de la Meil- Icraye, alors veuf, la voulut faire cspouser à l'Ecosfois, qui esloil à luy, el logeoil à l'.Arsenal. L'Ecossois esloil riche, mais elle eut peur de la violence du Grand Maistre, et, voyant sa mère gaignée , elle se fil enlever par Lalane , son amoureux, cehiy-Ià mesme qui faisoil si joliment les vers.^ L'abbé Goujel n'avait pas deviné l'enlèvement et s'éloit contenté de cet à peu près (p. Si.")): r-Cbapelain semble faire entendre que c'était quelque affaire de galanterie."' L<^ docte abbé, el Saint-Marc, après lui, de même que Titon du Tillel, ont changé le nom de Gala-
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
iiëantnioins nous ayons peu encore sçavoir où vous vous estes retirés. Ce n'est pas que je me plaigne que vous me l'ayés laisse ignorer si long temps, si vous avés creu (|ue je vous fusse inutille, car vous ave's fait prudemment de ne point esventer ce secret. Mais je vous le dis seulement pour la descharge de mon amitié qui n'eust pas si long temps demeuré à vous faire sçavoir la part que je prens en ce qui vous louche, s'il eusl esté plustost en mon pouvoir.
J'apprens avec heaucoup de plaisir que W vostre père se rend traittahie dans vostre affaire , et suis bien aise qu'il contribue avec vous à récompenser, comme il le peut, la générosité que vous a tesmoignée, en cette occasion, Ja belle cause ' de vos peines et de vos plaisirs, et je ne doute point qu'elle ne tire grande consolation de voir qu'un père aussy sévère que luy n'est pas celuy (|ui relarde vostre satisfaction commune et qu'il ne lient pas à luy que vous ne soyés desjà en repos.
Vos amis tmvaillent auprès de M"" d'Espineuille' et, à ce que j'apprens, ne désespèrent pas de la rendre raisonnable ^ Je le souhaitte de tout mon cœur, car je vous avoue que vous me donnés peine en Testât
où vous esles, quoyque chacun de vous ayt auprès de soy son plus parfait contentement. Au reste, je ne vous demande point de grâce particulière, bien que mon afleclion la peust exiger de la vostre, mais je me plaindrois bien de vous si vous estiés visible plus tost pour d'autres que pour moy. Il est superflu de vous dire que je suis pour vous tout ce que je puis estre pour la personne du monde que j'aynie le mieux et que je ne me tiens dispensé de vous servir qu'aux choses qui me seront absolument impossibles.
Je vous baise les mains et suis seulement, Monsieur, vostre etc.
De Paris, ce G févrioi- i038.
GXL.
À M. L'ÉVESQUE DE GRASSE ((iUOnAlJ),
À GRASSE
Monsieur, j'ay fait voir à M' de Beau regard l'estime particulière que vous failles de luy, dont il a eu une extrême joye. Il a dessein de faire un voyage à Grasse seidement pour l'amour de vous, car pour les coquins de vostre Métropole il ne les enrollera jamais que pour vous faire |)!aiHir. ne
tean en celui de Gasielle et appelé M"" de Lalane Marie Gastelk des Roches. Il y a celte petite varianle dans l'arlicie Lalane du Moréri de 1 759 : Marie Galtelle des Rochas. Comme les L^ianc, les Galateau étaient originaires de Bordeaux.
' Snr la bequté de M"° de Lalane les témoignages sont unanimes. Les graves auteurs du Dictionnaire de Moréri disent eux-mêmes, après avoir cité sur ce point les vers de Gilles Ménage et ceux de M. de Lalane : «C'étoit une très belle personne.;' Voir, de plus, les piquants renseignements empruntés par M. P. Paris (t. VI, p. 290-992) aux lettres d'Alexandre de Campion et aux Mémoires du cardinal de Retz (ce dernier eut un moment rintenlioii d'enlever M"' de
Roche). Ce qui couronnera bien tout ceci, c'est cette phrase de M"° de Sévigné (lettre du 18 septembre i67r)) : cLe. cardinal de Retz vous a parlé vingt fois de sa divine beauli'.D
- M"' d'Espineuille devait être une lante de M""" de Roche. C'est le même nom qui a été lu Epineville par les derniers éditeurs du cardinal de Retz {Grands écrivains de lu France, t. I, p. \oh). Là il est question d'un sieur Epineville 'rqui est un vieux renard >-. C'était le mari de M"° d'Espineuille.
^ Ce passage a été reproduit (mais non littéralement) par l'abbé Goujet (t. XVII, p. 3i5), lequel a lu, comme moi, le nom de M"' d'Espineuille.
Ll^TTRES DE JEAN CHAPELAIN.
inanquaiil pas de canaille dans le voysinage de ses maisons et de son Orange '. Tous les jours il nous réussit de plus en plus honeste homme, et je voy qu'à l'hostel, qui est la pierre de touche de celte sorte de métal", il augmente piustost en estime qu'il n'y di- Miinue.
Pour nouvelles, les rondeaux ont esté desconfits par les énigmes qui tiennent, à cette heure, le dé et divertissent la belle Cour. Cotin^ a mille sectateurs et quelques uns meilleurs que iuy. M"^ Conrart, sans doute, vous en envoyera une kirieile, et il a ordre de l'hostel de vous les envoyer sans clef pour exf-rcer voslre art divinatoii-o. Il nen recueille pas seulement, il en fait el des plus belles. Pour moy, je n'en fais, n'en recueille ni n'en devine, et suis assés eiiipesché après ma Pucelle, qui ne veut point que je me mette en devoir d'apprendre l'art de m'exprimer encore plus obscurément que je ne fay.
.Je vay commencer le quatnesme livre et j'espère l'avoir achevé vers la fin de lesté. si les nouvelles publiques ne me tarisseni , car je vous avoue ma foiblesse. que je suis gay ou triste, fécond ou stérile, selon les
bons ou mauvais succès de ma patrie*.
Quelque jour peut estre Dieu me donnera vostre chreslienne ataraxie\ et je ne me distrairay de mon principal objet par aucune pensée des choses d'icy bas.
Je vous envoyé une lettre de M' le mestre de camp Arnaud el demeure, Monsieur, vostre . elc.
De Pans ce la febvrier iG3*.
C\L1, À M. DE BALZAC
À DVLZAL.
Monsieur, vous avés veu par mes dernières lettres que j'ay receu, dès il y a quinze jours, la despesche dont vous estiés en peine, et aurés plaint le cher Tolila dila courvée d'en avoir foit un duplicata pour m'obliger. Il est vray quil y a trop de plaisir à travailler sur vos originaux pour croire qu'il répute courvée lorsqu'il en fait plus dune copie, et je ne doute point qu'au lieu de s'en plaindre , il ne vous en face des remercimens. Pour moy, j'ay eu le mesme contentement à cette seconde lecture . que j'avois eu à la première , et de plus j'ay eu
' .aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de Vauclnse, à 3o kilomètres d'Avignon.
- Ingénieux éloge de l'hôtel de Rambouillet dans la langue même que Ton aimait à y parler.
■ L'abbé Charles Cotin était alors âgé de trente-six ans : il n'entra à l'Académie française que beaucoup plus lard (3 mai i653). Les énigmes de celte victime de Molière et de Boileau parurent dans un recueil publié à Pari» (i038, in-12) et reparurent en iGi6 (Paris, Toussaint Quinet, in-12) sous ce titre : Recueil dpx énigmes de ce temps, précédé d'un discours sur les énigmes et d'une lettre à Damis. Le Manuel du Libraire cite diverses éditions du propre recueil d'énigmes de l'abbé Cotin (Lvon, i658;
Paris, iliGi; Rouen, 1673: Paris, 1687). Voir sur Colin el sur ses énigmes quelques pages de M. Charles Romey {Hommes et choses de divei-s temps, 186/1 . p. aoS-aSg). Ce critique s'exprime ainsi (p. 23i ) : «La quahié dont il aimait le plus à s'honorer était celle de père do l'énigme française. Elle me fut donnée, dit-il, par quelques personnes de mérite el de condition.- ( Discours sur les énigmes. )
'' Ces paroles font bonnuur à Chapelain. Smluons en lui le bon citoyen, comme nous avons déjà salué en lui le bon ami.
' Absence de trouble, calme parlait dan> l'âme. M. Liltré n'a cité, sous ce mot, 'que deux exemples pris, l'un dans Pascal, l'autre dans J.-J. Rousseau.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
celuy cy de voir le soin que vous prenés de ne me laisser [)er(lre aucune des consolalions qui me viennent de vous. Mais dans celle que vous m'escrivés, ce voyage' (pardonnes à mon inhumanilé), j'ay veu avec beaucoup de plaisir la petite esmotion que vous a donné le nouveau parafraste du Laudale' par quelques paroles donl il vous (ait persëculer dans vostre relraitte. Conl'esse's le vray, vous l'estimés un peu puisqu'il vous importune, et le dépit que vous avés contre luy ne va pas sans quelque opinion qu'il n'est pas mesprisable tout à (ait , autrement vous le laisseriés aussy bien bourdonner à vos oreilles que les guespes el les frelons de vos palissades , que vous Irouvés bien fascheuses, mais que vous souffres murmurer sans vous en offenser. Depuis que ce galant homme, de médiocre prédicateur s'est fait médiocre poète, à la persuasion de quelques cei'veaux ma! linibrés. il est devenu insupportable au Parna.sse, et iJ s'y poile pour concurrent d'Apollon, preschant partout ses' louanges
propres et mettant les Godeaux bien bas au dessous de luy. Nous qui sonnnes à sa portée en recevons les principales incommodités et n'avons pas seulement de mauvais complimens de sa part, mais encore de tuantes visites, à quoy nous prenons patience pour ne pouvoir faire mieux.
Endurcisses vous le front, monsieur, el vous encornés les oreilles pour cel empressé qui vous veut arracher des actions de grâces afin de s'en parer aux lieux oii, de son chef, il n'est pas considéré. Ne respondés à rien de ce qu'il vous fera dire, puisque vous ne pouvés pas civipescber qu'il ne parle, el soyés effronté puisqu'il ne veut pas estre discret.
Pour l'autheur de l'Ode latine que vous avés veue , il est bon à voir de loin comme les colosses , et ce seroit luy faii-e tort de nier qu'il n'eusl le génie latin bon ". En ellet , cette pièce est fort belle el bien horaliane\ Mais de près et dans la conversation hà tnnlo del ridicolo che niilla pue. Vous n'avés jamais rien veu de si contraint et de
' Ce voyage, cVsl-à-dii'e le voyage (|ue venait do faire d'Angoulème à Paris le messager porteur de in lettre de Balzac.
- Le Dictionnaire de Trévoux cite ces vers de Ménage (Requête des Dictionnaires) :
I.e sieur GoJeau le Parapbrasie, Le bon Baudoin le Métaphraste, Ont maintenu tous ces bons raols.
^ Par inadvertance ie mot ces avait élé mis pour ie mot ses. Ce mauvais ornieur, ce mauvais poète, si convaincu de son mérite, était Jacques Esprit. Pellisson a dit de cel académicien (t. I, p. 388) : «Il n'y a rien de lui d'imprimé que des paraphrases de quelques psaumes.-) Chapelain [Mémoire de quelques gens de lettres vivans en 1 66a , dans les Mélanges de littérature, p. 208) résumait ainsi les bizarreries de sa vie : wDe prédicateur, il est devenu courtisan, et de courtisan père de famille, et tout pour faire fortime, dont il avoit grand besoin. -i
^ Ce doit être là Gabriel Madelenot, qui lit une très médiocre ode française en l'honneur du cardinal de Richelieu sur la prise de la Rochelle, et dont les vers latins ont été , en revanche, loués par Nicolas Bourbon, par Costar etpar un grand nombre d'autres bons juj^es, comme ils vont être loués par Chapelain.
= Gabriel Naudé, dans son Mascurat (lO^y, in-'i^ p. 936), proclame Madelenel VHorace de son siècle. Adrien Baillet {Ju[;einens des Savans, t. V, 1722 , p. a'iB) rappelle C(? mol d'une lettre de Balzac à Chapelain [Lettre XX du livre XX, p. 800 del'in-P], que Madelenel faisait des odes latines comme Horace, et des vers français comme Du Monin, et lui-même déiiaie (p. 2^2) qu' «il est constant que Madelenel n'est point i^ioignéd'Horacej'. Enfin, de nos jours, M. Weiss {Biographie nniver selle , arlicie Madelenel) a répété que «l'on fait cas surtout de ses odes écrites dans le genre d'Horace, qu'il avait pi^is
LETTRES DE JEA.\ CHAPELAIN
si l'iiçonnier, el certes llmmeur el laction de riiomaie qui, d'ailleurs, a ia repre'sentation belle, sont boufibiuies et très approchantes de celles du fameux Fidentio que le i'édanùsme reconnoist pour original.
Lorsque Permesse se desborda, il y a quatre ou cinq ans. et qu'il jelta jusques dans la basse court de Son Eminence une douzaine de poètes bons ou mauvais', cettuy cy fust de la trouppe et fit une Ode Françoise, oîi il lesnioigiia par quelques vers le bon goust qu'il avoil de noslre poésie et, pour salaire, remporta quelques sifflades * qui l'ont fait cacher pour trois ans , et reprendre sa Melpomène latine à qui il avoit voulu faire banqueroute hors de propos. Les vers qui furent remarqués plaisans, furent ceux cy qui, depuis, ont passé en demy proverbe :
L'hiver à la teste sonnaille.
An rlief perruque de glaçons ^.
Il est maintenant sur leslat en qualité de Latin avec expresse deffense de plus s'ingérer parniy les François.
Les vers latins héroïques que vous avés
veu sur feu M' le pi-ésident Séguier' sont de M. Haberl le théologal ' qui fait de belles choses certes, et mérite du nom entre les premiers, mais qui, à vous dire mon sentiment, nest pas un poète si libre el si desnoué que Dourbon, à proposduquel je vous asseureray toujours qu'il continue à parler de vous avec admiration tant pour vosire françois que pour vostre latin.
Et hactenus de response.
M' de La Mothe sort de céans qui ma dit avoir veu une lettre de Salraasius" escritte à Leyde par laquelle il mande qu'on luy a monstre un ouvrage de vous contre la Maison d'Espagne que l'on va imprimer dans ce pais là , sur quoy, sans attendre vostre response, j'ay creu pouvoir dire affirmativement à M' de La Mothe que cet ouvrage ne pouvoit estre de vous ', et que j'en sçavois quelque chose. En effet, s'il nest pas de vous . comme je croy. il est à propos {[ue l'on sache que vous le désavoués, tant parce que. sans doute, il n'est pas digne que vous lavouiés, que pour ce quo il n'y a pas |ilai.<ir à r-stro chorgé de
pour modèle*'. Tout cela jiislille, ce rac semble, l'emploi de répitliète rhoraliano^'' appliquée pnr Cliapebin à l'ode laline de Madeleiiet.
' La phrase fait image et son tour piquant mérite d'être remarqué. .
- M. Litlré, qui définit la sijflade rconcertde sifflets," ne cite, sous ce mot , aucune autorité et se contente de renvoyer au Dictionnaire d'Oudin. Le mol est absent du Dictioinnirc de Trcvour. ainsi que de celui de Richelet.
^ Halzac a parlé du poëte perruque de glaçons (lettre VU du livre XXII), du poëte à la harhe sonnante (lettre VIII du même livre), page -'"l'iti do l'in-folio.
* Je ne trouve aucun président Séguier (jui soit mort vers celte époque. Le président de ce nom ilont ia mort était la plus récente serait Antoine Séguier, frère du chancelier, lequel Antoine fut nommé président à mortier du parlement de
Paris en 1097 el mourut on novembre lôa'i.
"■ Isaac Habert , aloi-s chanoine et théologal de Paris, devint évèque de Vabres en 166 5 et mourut en janvier i6()S. Le Moréri constate que ce prélat avait cultivé avec succès la poésie laline el mentionne particulièrement sa paraphrase de di\ei-s psaumes.
* Claude de Saumaise, alors âgé de cinquante ans, était depuis t63i professeur do l'Lniversité de Leyde. Voir sur lui les Mélanges historifjups. Lettres de Balzac , n°* IV et V. note 5 des pages 6i5 et ^tao.
' Voir ia lettre XXXIV du livre XVII (p. 75.S de fin-P), oii Balzac (30 décembre 1687, <^^*'" à-dire ao février i638) proteste contre le bruit qui avait couru : pVous pouvez réfuter hardiment la nojuvelle de Hollande, el dire que je ne suis point pèro de l'enfant qu'on me suppose en ce pais là. ri
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
haine du costé des ennemis, sans l'avoir méritée.
Je suis , Monsieur, vostre , etc.
De Paris, ce i4 febvrier i638.
À M. SILHON.
Monsieur, vous fisles hier généreusement de vous résoudre à fuir la comédie. M' Conrart et moy vous imitasmes, mais trop lard, et seulement après avoir veu l'incommodité qu'il y avoit à la 9° porte, où M"' la d[uchesse] d'Aiguillon ' n'entra pas à son aise et où nous vismes des vicontes de Tuienes*. des contes de Saint-Germain^ et quelques cordons bleus que je ne puis nommer, foulés, gouspiliés* et repoussés. Nous creusmes (|ue le diverfissen»ent ne valoit pas la peine de le chercher à ce prix. Si nous eussions eu l'esprit prophétique, comme vous, nous n'y eussions pas perdu le temps que nous fismes et fussions retournés un peu moins crottés chés nous. Je verray M"" de Rohan *, cette après disnée, et réparera y mon man-
quement d'hier. Je vous envoyé le Decaineron'^, mais des bons. C'est pourquoy vous le conserverés , s'il vous plaist.
Je suis. Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce i4 febvrier i(538.
À M. L'ÉVESQUE DE GRASSE (GODEAU)
À GRASSE
Monsieur, vous aurés peu remarquer par le nombre des lettres que je vous escris que nulle de mes occupations, non pas mesme l'entretien de la Pucelle, ne m'empesclie de vous rendre ce que je vous dois, si bien que vous n'aurés point de sujet de chercher de consolation de ce costé là, ni moy à l'avenir de peur d'en recevoir des plaintes. Les cajolleries que vous faittes à cette Pucelle sont au reste de périlleuse conséquence et je croy qu'il vaut mieux que vous vous en absteniés, afin qu'elle ne prenne point de vanité et qu'elle ne devienne pas coquette. J'approuve en tout le jugement que vous faittes des parafrases du Père Vignier et de
' Sur la célèbre nièce du cardinal de Richelieu, Marie Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, qui devint duchesse d'Aiguillon dans le mois de janvier de cette même année 1 638 , voir la note 5 de la page 5o5 des Mélanges historiques. Lettres de Balzac, n" XXXIII.
^ Henry de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, était alors âgé de vingt -sept ans et demi.
^ Ce devait être Henri Foucault, comte, d'autres disent marquis de Sainl-Germain-Beaupré, gouverneur de la Marche, lequel était fils de Gabriel Foucault, vicomte du Daugnon,et épousa, en mars iG-'i4 , Agnès Le Baiileul, fille du président Le Baiileul.
Wl y a bien gouspillés, et non houspillés. M. Littré, qui, pour le xvif siècle, n'a trouvé housjAller que dans les lettres de M°" de Sévigné, rappelle que dans le langage normand on
disait gouspiller. Un érudit belge , M. Scheler, avait cru pouvoir faire venir les deux mots du lalin cnspicnla, pointe, de sorte que gouspiller, houspiller serait aiguillonner. Mais M. Litiré, ayant constaté que la forme ancienne est houcepigner, décompose ainsi le mot: housse, \èl(imenl , pigner, saisir, et figurément, secouer, tourmenter.
'^ Anne de Rohan, sœur du duc Henri de Ruban, alors âgée de cinquante deux ans, et qui mourut le 20 septembre 16/16. Tallemant des Réaux dit de cette prolectrice de Silbon (t. III, p. /i3o) : «Bonne fille, fort simple, quoyqu'elle sçeust du latin et que toute sa vie elle eust fait des vers, n
'^ Tout le monde connuit le chef-d'œuvre de Boccace. Je ne citerai sur ce recueil que la récente appréciation de M. L. Etienne {Histoire de la littérature italienne , 1876, p. 159-166). 2G
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
AP Esprit. Ce que le premier me semble avoir de meilleur est la bonne clausule' des stances qui finissent la pluspart nettement et par le plus fort de la conception tolalle, chose qui ne me paroist pas aussy bien observée dans les ouvrages do ces autres M". Le dernier a passe pour obscur en quelques endroits du sien et a esté insupportable à tous ceux qui l'ont ouy s'applaudir à luy mesme et de faire {sic) des comparaisons odieuses de luy et de tel de qui il n'est pas digne de délier la courroye.
Par cet ordinaire, vous aurés les deux parafrases de M. Habert de deux genres différens et toutes deux fort belles. Je souhaitlerois dans son stile plus de piété et moins de fleurs et d'esprit; car, selon moy, il faut louscber les passions et esmouvoir la tendresse des âmes encore plus dans les choses saintes que sur les théâtres. Néantmoins ce quil fait est fort beau et, de ces deux pièces, la dernière me semble la meilleure parce qu'elle est plus simple et approche plus de la naïveté.
Nous verrons les vostres quand il vous plaira, et vous en dirons nos seutimcns avec la mesme liberté que nous avons fait de vostre Elégie de la Sainte-Baume", dont sans doute vous avés esté esclairci mainte-
nant. Je croy que ces sept pseaumes pénitentiaux que vous médités seront des chefd'œuvres, du moins le dessein m'en rit-il extrêmement \
Toutes les semaines nous voyons icy de longues et belles lettres du R. P. Hercule', qui se sentent de conversation qu'il a avec vous et qui enrichissent les recueils de M' Gonrart *. La dernière parloit des Sentimens académiques en termes si obligeans que je me trouve engagé à luy en faire civilité, comme participant à l'eiïet de la sienne, puisque je suis l'un des membres quoyqu'inu tille dun si honorable corps. \ous me ferés donc la faveur, s'il vous plaist. de l'asseurer de l'estime particulière qu^ je fais de son esprit aussi bien que de sa vertu et du ressentiment que j'ay tant de celte nouvelle grâce que du souvenir qu'il a tesmoigné avoir de moy en plus d'une des lettres qu'il a escrittes h nostre ami.
On vous a joué lorsqu'on vous a mandé que j'estois l'un des lenans de l'Acadéinie féminine*. Pour avoir refusé d'en estre. j'en suis brouillé avec plus d'un de mes amis, et il n'y a guères d'apparence qu'une personne qui se trouve embarrassée d'une compaignie où le devoir l'oblige d'assister, allast cherche!' à perdre encore du temps dans une autre qui dégénère en ridicule, et que
■ M. Liltrô n'a cité qu'un seul emploi de ce mot, l'emploi qu'en a fait Calvin.
- La montagne si célèbre sous le nom de Sainte-Baume (département du Var, à 96 kilomètres de Brignoles) renferme une grotte {bantime, en provençal) oîi , suivant la tradition , sainte Madeleine passa les trente dernières années de sa vie.
' Gracieuse expression qu'on peut rapprocher de la phrase de Bossuet {Histoire iiuiveiselle) : «•La terre ne lui rit plus comme auparavant.''
* Sur le Père Hercule (AudifTret), qui fut supérieur général de la congrégation de la Doc-
trine chrétienne, alors âgé de trente-cinq ans, voir la UQte '4 de la page 6 45 des Mélanges hi.itoriques. Lettres de Balzac, n° XII.
^ Ces recueils constituent aujourd'hui une des plus grandes richesses de la Bibliothèque de l'Arsenal.
•^ Celle académie féminine était celle qui se tenait tous les mercredis chez la vicomtesse d'Auchy (Charlotte des Ursins). En 1G08, celle dame, qui avait été aimée par Malherbe, était déjà assez âgée; elle mourut le 3 janvier i6i6. Voir sur elle et sur son académie une historiette spéciale deTallemant des Beaux (t. I, p. 335-332).
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
si l'on appelloit cohue'. Ton ne nommeroil que par son vray nom.
Je suis , Monsieur, vostre , etc.
De Paris, ce 18 febvrier i638.
À M. DE BALZAC
À BALZAC
Monsieiu', je me resjoiiis que la longue lettre que je vous avois escritte soit enfin venue jusqu'à vous, puisqu'au lieu de vous estre importune, comme j'avois sujet de le craindre , vous me tesmoignés qu'elle vous a apporté tant de satisfaction. A vous dire vray, quand je l'escrivis et que je vis que ma matière ou ma locjuacite' me faisoit tourner la quatriesme page, il me vint en l'esprit que vous pourries exclamer avec le satyrique : et a tergo necdum fnitus Oresles ', et me résolus à ce reproche dans la créance que javois de faire ce que mon amitié exigeoit de moy. Cependant de l'une de mes inquiétudes vous avés fait une de mes plus grandes joyes en approuvant ma longueur, et j'ay esté heureux par vostre bonté lorsque j'appréhendois d'estre tombé en disgrâce par faute.
Je me resjouis encore de la bonne interprétation que vous donnés à ce qu'a fait
M' Le Maistre. Tout le monde ne luy est pas si équitable que vous, et je dis équitable pource que vous luy faittes justice, et non pas grâce lorsque vous jugés qu'une piété sensée et non bizarre l'a porté à une si extraordinaire résolution. La suitte vous justiffiera cette vérité, et si vous et moy ne croyons pas son genre de vie imitable, du moins suis-je asseuré que nous ne le trouverons jamais condamnable. Les infidélités et les crimes dont sa lettre fait mention sont termes d'humilité à mon avis que tout Chrestien a bonne grâce d'employer poulies moindres fautes auxquelles il est tombé , n'y pouvant avoir de petits péchés au respect de Dieu que l'on offense \ Je suis bien au reste de vostre opinion qu'il n'en a jamais guères fait de grands, et l'unique défaut qu'il a eu de remarquable a esté l'ambition, qui d'ailleurs n'estoit pas mal fondée et qui est pluslost une passion louable dans la créance de la pluspart des hommes qu'un vice dont on se doive confesser.
Pour les Sentimens de l'Académie, si vous y estimés autre chose que l'exorde et la péroraison , je n'en seray pas marry puisqu'ils sont tous de moy, et que c'est ce qui me semble de plus solide, et quand vous ne fériés cas que de ces deux parties, je ne laisserois pas d'en estre bien aise, puisque
' Tallemant s'est servi de la même expression (p. 827) : aElIe s'avisa de faire une certaine académie, où tour à tour chacun lisait quelque ouvrage. Au commencement c'était une vraie cohue. ..v Je note que le mot cohue, pris dans le sens d'assemblée bruyante, tumultueuse, n'a été trouvé par M. Littré dans aucune page de date antérieure à la satire III de Boileau.
■ . . . Impune diem consumpserit ingoiis
Telephus aut suinmi plei)u jam roargiue libri Scriptiis, et in tergo necdum Cnitus, Orestcs?
(Juvénal, Sat. I, vers. 4,5,6.)
•* Balzac, dans la lettre XXIII du livre XIX,
déjà citée, après avoir dit (p. 77.5 et 776): wLes causes secondes n'ont aucune part en celte conversion. . . Je veux croire qu'il n'a pu résister à ta violence de la grâce qui l'a enlevé du monde, et que Dieu a esté le vainqueur dans le combat qui s'est fait entre luy et i'homme, ; ajoutait: « Mais pourquoy parle-t-il tant de ses infidélitez et de ses crimes, dans la lettre qu'il a escrite à M. le Chancelier ?. . . Nous sçavons vous et moy qu'il n'a jamais fait d'ex'-ès qu'à cstudier, et que toutes ses desbauches ont esté lionnestes et vertueuses. "
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
de celles-là mesiue toute la contexUire, toute l'idée et tout le raisonoeaient sont de mon creu et qu'une bonne partie des pensées et de l'expression m'appartiennent'.
Avec tout cela, je suis ravy qu'on l'attribue à tout le corps , ou à ces messieurs que je vous ay nommés ponr les raysons que je croy vous avoir touchées et qui me tiennent lieu de raisons d'Estat.
Je vous envoyé les lettres imprimées dont je vous parfois dans ma précédente. M' de Saint-Chartres, qui me les a baillées, se trouva à l'ouverture de la vostre et me tesnioigna que M"^ de Scudéry vous avoit fait celte response et quil vous l'avoit envoyée, par son avis, dès il y a longtemps par le messager ou courrier de BourdeaiLx. Il faut qu'elle se soit perdue et qu'il ait mis dessus le paquet inutilement à Augoulesnie.
Rocolet ne laissera pas dimprimcr la vostre dans la réimpression de voslre discours.
Je loue vostre indulgence pour le vieux
Bourbon, et, à la première fois qu'il se
•rendra à l'Académie, je luy feray ressentir
l'avantage que vous prenés sur luy par un
procéder (sic) si clément. Vous en usés
encore extrêmement en honneste homme dans ia distinction de l'oncle et du neveu . qui est l'un des plus aimables hommes du monde, et m'en croyés, s'il vous plaist". Il part dans trois jours pour l'Alsace, et dans un petit nombre de livres qu'il fait porter, il fait tenir le premier lieu à vos ouvrages.
M' LHuillier me vit hier et m'asseura qu'on n'avoit point ouy parler chés messieurs du Puy des vers de Heinsius sur la prise de Breda . ce qui m'a persuadé , comme luy, que ces vers ne sont point. Il me dit que Salmasius faisoit imprimer son traitté De îisuris en Hollande', qui estoit une pièce fort attendue de tous les sçavans.
-M' de Mootauzier m'a dit qu'il a un Slrada de l'édition de Flandres,, mais que l'impression n'en est pas belle. Le volume, ce me semble, est in-douze. La seconde partie s'imprime à Rome, à ce que j apprens, (jui devra eslre fort belle et fort particulière. Car il a eu tous les papiers et instructions de la maison de Parme et, dans cette partie, il ne s'y doit Iraitter que des actions d'Alexandre Farnèse*.
Je manderay à M' de Sainl-Nicolas qu il donne ordre que le a' volume de celle du
' On voit qu'en définitive Chapelain est presque entièrement l'autour des Sentimeiis de l'Académie sur le Cid.
^ Le marquis de Montauzier, que Balzac trouvait sans doute bien différent du comte de Brassac , oncle du marquis.
^ Le traité De tisuris parut à Leyde (i638, in-8°) ; il fut suivi de deux autres traités qui devaient épuiser le sujet : De modo tisin-avttm (Leyde, ifi.Sg); De fœnore trapeziticu (Leyde. i64o). Je n'ai pas besoin de rappeler, je pense, (|ue la publication du De usuris fut le point de départ d'une violente polémique entre le docte et irritable Saumaise et divers théologiens, qui lui reprochaient d'avoir entrepris de justifier le prêt à intérêt.
* La première partie ( Decas prima ) du De bello
Belgiro à]} P. Famien Strada (lequel mourut au Collège romain en 1 6^9 ) parut à Rome en 1 639 (in-P) et l'ut réimprimée à Anvers en i635 (petit in-S"), puis en i636 (in-12). C'est un exemplaire de cette dernière édition que possédait le marquis de Monlauzier. La seconde partie, réunie à la première, fut publiée h Rome sous ce titre : Faminni Slradw Romani e Socielale Jesu De bello Belgico. Decas prima. Decas ieciinda (a vol. in-f^ 1660-1647). Cette édition, ornée de nombreuses gravures , est splendide. Voir sur ladite édition, comme sur les précédentes et suivantes, les minutieux renseignements donnés par les Pères de Backer et Somniervogel dans le tome III (1876) de la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, col. 966-
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
cardinal Bentivoglio vous soit envoyé, encore que ce fust pour la seconde fois, car il est certain que cette diligence a esté desja faitte , et il faut que le livre se soit perdu en chemin.
Gamusat vous envoyera ses nouveautés par le messager. Entre autres , lises les oraisons de Cicéron traduittes par Ablancourt ' et jugés de sa façon de traduire.
Je suis, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce 21 febvrier iG38.
La vie de M' l'abbé de Peyresc que M. Gassendi escrit en latin sera une pièce très-curieuse et dans laquelle il entrera sans affectation un grand nombre de matières du beau sçavoir. M. L'Huillier est résolu de meltre en extrait, derrière, ce que les grands hommes auront dit de luv avantageusement. Si le discours où vous faittes estât de parler de luy est fait entre cy et là, vous nous donnerés ce que vous en dires, s'il vous plaist, et en l'illuslrant de vostre tesmoignage, je vous asseure que vous ne vous ferés point de tort'.
Nostre ami de Boisrobert est abbé de Ghastillon-sur-Seine sans litige ^
A M. L'ÉVESQUE DE GRASSE (GODEAU
À GRASSE
Monsieur, j'aurois tort à l'avenir si je me plaignois de vostre négligence , après le tesmoignage que vous me venés de donner de
vos soins du tout extraordinaires. On me vient de rendre deux lettres de vous, escrittes à un jour l'une de l'autre, et toutes deux sur un raesme sujet et qui vous est à peu près indifférent. C'est trop, il faut l'avouer, et cette prodigalité répare toute l'avarice dont vous m'avés puny |)ar le passé.
Pour ce qui regarde la retraitte de nostre amy, je suis bien aise de vous trouver équitable envers luy et de voir que vous ne la desapprouvés que dans les formes. Il est certain que cest une véritable vocation que la sienne, et les avantages présens qu'il a quittés font voir bien clairement qu'il a véritablement foulé le monde aux pieds et que nulle considération temporelle ne luy a fait prendre cette résolution. Du reste, je tombe d'accord avec vous que la manière est bizarre et qu'il y entre du zèle inconsidéré. J'ay eu desplaisir lorsque j'ay appris la raison qui l'a fait escrire cette lettre à 1\I' le Chancelier et que l'on m'a dit avoir trouvé à propos de faire cet esclat pour glorifier Dieu par cet exemple et attirer les pécheurs à son imitation. Les sages ont creu que cela pouvoit estre interprété à vanité , et que Ton s'en pouvoit aussy tost scandalizer qu'édifier, comme s'il n'y avoit pas assés de retraittes Ghrestiennes sans cette nouvelle introduction, et comme si par là nostre amy avoit voulu condamner toutes les autres.
Tout ce que vous remarqués touchant cette ferveur excessive dans laquelle il est impossible de persévérer et honteux de se
' Oraisons de Cicéron pour Quintius , pour la loiManilia, pour Ligarius et peur Marcellus , dauR le recueil intitulé : Huit oraisons de Cicéron (Paris, in-ti", i638).
^ A la fin du Vl^ livre de la vie de Peiresc, Gassendi cita la lettre de Balzac à Luiliier, qui, comme je l'ai dit dans une note de la page 555 des Mélanges historiques, n" LIV, est une sorte
d'oraison funèbre du savant conseiller au parlement d'Aix.
3 Les biographes de Boisrobert ne nous avaient pas donné, ce me semble, l'indication précise de l'époque où il eut sans litige cette abbaye de Châtilion-sur- Seine (Côte-d'Or), qu'il devait vendre à Pierre Lenet, l'auteur des Mémoires sur la Fronde.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
relascher, principalement à un homme d'autant de réputation que nostre aray, me semble digne de vostre bon jugement. Mais nous le devons excuser de tout cela sur l'abnégation qu'il a faitte de hiy mesme ^ entre !es mains de M' de Sainl-Cyran qui Ta dirigé et esbranlé en tout cecy, selon son esprit et ses |)rincipes de la bonté desquels je ne voy pas tout le monde également persuadé.
M' d'Andilly et toutes les religieuses de cette Maison, au nombre desquelles je conte la mère de nostre amy, approuva la chose entièrement. M. de Saint-Nicolas ny le bachelier n'en sont pas de mesme. Jugés par là ce qu'en peuvent penser messieurs Arnaud, raestre de camp et lieutenant. Mais il suflît de cet article.
L'affaire de M' de Saint-Nicolas est tousjours suspendue. Rome luy est absolument contraire; ceste Cour luy est favorable, et néantmoins nous craignons quon s'y relasche à la fin, tant pour ce qu'il semble que le Pape y ait le droit le plus apparent, que pour ce qu'il y a quelques raisons qui le pourroient bien faire valoir de deçà, et que le papier ne souffre pas qu'on len charge.
Jay veu, depuis trois jours, le H. P. de Condran* qui a grand dessein de joindre M' Conrart et de l'entretenir sur sa créance. M' de Chaudebonne le doit accompagner chés luy au premier jour. Dieu vueille donner un heureux succès à leurs bonnes intentions! Vous n'en ferés aucune mention par
vos lettres , s'il vous plaist , de peur que cela ne l'en esloignast.
Nous avons ry plus d'une fois ensemble de la vanité de l'autbeur dont vous me parlés. Nous en avons eu aussy un peu dindignation contre certains de nos amis qui souffroient ses comparaisons et qui les ap puyoient mesme. Toutesfois il faut soufl'rir ces petites injustices, se contenter de ce que fon connoist de soy et mespriser iiiagnidquement le reste des badineries des honunes.
Les dernières leltres que j'ay d'Angoulesiue parlent bien de vous et m'obligent à escrire de vos nouvelles. J'oubliois à vous dire que vostre mauvais émule dw Laudate\ arridentibus cœptis^, a fait une nouvelle pièce que je ne sçay si c'est invention ou parafrase, pour ce que j'ay fuy icy jusquicy à le sçavoir, mais je le sçauray bientost, malgré que j'en aye, car je ne puis plus luy faire dire que je ne suis pas au logis. Camusat ne manquera j)as à vous en envoyer la copie.
Je feray tenir seurement à M' le Meslre de Camp la lettre que vous luy escrivés lors- (ju'il sera de retour de Normandie. Priés Dieu, en général, pour la prospérité de nostre campagne prochaine, car pour le particulier des Suédois et du duc de Weimar, peut eslre estes vous trop scrupuleux pour vous y résoudre '.
L'opinion de la grossesse de la Rev ne continue et les prosnes de nos paroisses eu ont parlé comme d'une chose certaine autant
' Abné^alion , qui est dans Calvin et dans d' A ubigné, est aussi dans Rossuet el dans Bourdal oue. L'exemple fourni par Chapelain comble un vide entre le xvi" siècle et la seconde moitié du xvii".
- Charles de Condren , second général de l'Oratoire (depuis I 629 ) , était alors âgé de cinquante ans, et il allait mourir quelques mois plus lard (7 janvier iG/ii). Le successeur du cardinal de
BéruUe échoua dans taules ses tentatives de conversion , et Conrart mourut dans l'impénitence finale.
^ Jacques Esprit.
* C'esl-à-dire : «les choses commencées lui souriant, lui plaisant. ■"
'•' Chapelain s'amuse des difTicuités que pouvait trouver son pieux ami à prier pour des liérér tiques.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
que i'on le peut juger. Nous verrons de beaux vers si cela dure. Pour moy, le Conte de Dnnois m'a espuise', et je croy que je nie servii-ay de l'excuse de la Pucelle, si l'on me secoue la bride là dessus.
Je ni'enquesteray au premier jour de la posture où est l'Archevesque de Bourdeaux à la Cour; pour ceste heure, je ne vous en puis que dire'.
Je suis, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce 5° mars i638^
A M. DE BALZAC
X BALZAC
Monsieur, je ne refuseray point à l'avenir le titre d'honnesle homme, puisque vous voulës que je croye que je suis quelquesfois capable de contribuer à vostre contentement. Un goust aussi exquis que le vostre ne se repaist pas de choses triviales, et il faut qu'il me soit eschappé quelque chose de bon par
' Henri d'Escoubleau de Sourdis, alors âgé de quarante-cinq ans, avait succédé ea 16-29, sur le siège de Bordeaux , à son frère le cardinal François de Sourdis. L'archevêque de Bordeaux , qui, nommé (depuis i636) chef du Conseil du roi en l'armée navale, avait justifié le choix dont il avait été l'objet, en battant la flotte espagnole, était alors vu de très-bon œil à la cour. Notez, dit Tallemant (t. 11, p. 891, à l'année 1687) rque M. de Bordeaux estoit alors mieux avec le cardinal qu'il n'a jamais esté; 71 mais un peu plus tard, n'ayant pas été aussi heureux, il fut disgracié par Bichelieu (i6ii) et fut obligé de se retirer à Carpentras.
- Quelques jours auparavant, le 27 février. Chapelain (P aSi) écrivait à M' Du Buisson, à la Haye : k Mes nouvelles sont que Rhinfeld est fort pressé par le duc de Weimar, lequel on espère de voir dans peu de temps maistre de ceste place. On se fortifie de deçà par des levées et de l'argent. Ce sera une très-importante diversion pour les
hasard, s'il est vray que vous en aves esté agréablement touché. Je ne me souviens point conmient je vous ay parlé de l'Ode latine, mais de quelque sorte que ce soit, ça esté naïvement, et comme ses grimaces me l'ont suggéré. En vérité il est ridicule et c'est le plus parfait pédant de Court dont vous ayés jamais ouy parler. Avec cela vous voyés combien il est excellent versificateur latin . et quel dommage c'est qu'il n'a vescu du temps de la Piome de marbre \ sous les Augustes et les Mécènes. Nous aurions, à cette heure, un émule d'Horace ou, du moins, un copiste bien parfiiit. Il a collaudé* son disciple, sur la fin, et de bonne grâce, lorsqu'il a dit de luy qu'il estoit decoris palerni prodigus empior. Après tout, néantmoins, il ne faut pas qu'il soit si bon que nous le disons, puisqu'il n'a eu encore pour récompense qu'un peu de louange sans avoir veu le seigneur ny receu de ses grâces qu'en espérance \
La meilleure des pièces de W Habert le
Suédois. Nous faisons deux armées navales, M' de Bourdeaux comoiandera celle du Ponant et M' !e comte de Harcourt celle de Levant. On prépare à M' le duc de Longueville un grand armement pour la Franche-Comté.;?
^ Allusion à ce passage des Douze Césars de Suétone {Octave Auguste, ch. xxix) : ffRome n'avait pas un aspect digne de la majesté de l'empire. . . Il sut si bien l'embellir, qu'il put se vanter avec raison de la laisser de marbre, après l'avoir reçue de brique, excoluit adeo, ut jure sit ghriatvs, marmoream se relinquere, quant latericiam accepisset. n
* CoUauder n'est pas dans le Dictionnaire de M. Littré. Je le trouve dans le Dictionnaire de Trévoux avec la signification louer, l'étymologie collaudare et la note vieux.
^ Madeienet ne tarda pas à recevoir de Richelieu, le seigneur dont veut parler Chapelain, une pension de 700 livres; Louis XIII lui en avait déjà donné ime autre de 1 ,.5oo livres. Le poète fut.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
théolojyal est celle que vous me marqués .sans doute, et s'il en avoit fait beaucoup de pareilles, il pourroit contester du premier lieu avec le vieux Bourbon , à propos duquel je vous diray que, liiy ayant fait la civilité dont vous ni'avés cbargé par vos précédentes, il s'en tesmoigna fort vostre obligé et me dit qu'il se vantoit partout de sa réconciliation avec vous, comme du plus grand bien qu'il eust peu désirer et qu'en ayant escrit en Allemagne à M' Davau, il ayoit leceu une lettre oii il estoit fait très honorable mention de vous. Je la leus sur l'heure ot l'eusse emporté dès lors pour vous en envoverune copie si M' labbé de Boisrobert ne i'eust prise pour la faire voir h M^' le Cfardina]!. Depuis , je l'ay eue et vous la trouvères dans ce paquet. Je ne suis pas niarry que Son Em", par une occasion qu'on ne peut dire affectée, ait eue (sic) un tesmoignage de vous aussy avantageux que celuy la.
Je vous manday, il y a trois semaines, que de môy mesme j'avois desja refusé [sic pour réfuté] l'opinion erronée de ceux qui vous donnoienl ceste invective contre la maison d'Austriche. Maintenant je le feray encore plus vertement après vostre déclaration', et, à mon avis, personne n'en aura plus la créance.
Pour M' Silhon . je ne vous en diray rien sinon qu'il lutte tousjours conti'e la mauvaise fortune et quil a tousjours bon cœur. M' du Breton m'oste l'occasion de vous parler amplement de la préface qui se doit mettre au devant du livre de M' de Rohan, car il vous la porte et vous la devés avoir, à ceste heure, ou du moins quand vous recevrés celle-cy. Vous en jugerés beaucoup mieux que moy, et y verres beaucoup de beautés que j'y ay
M' de Chaudebonne fait maintenant profession de bonté religieuse et ne croit point que la morale qui luy a donné tant de juste approbation dans la Court, soit une chose
qui
k'aille rien si elle n'est chrestienne. Un
moins illuminé que luy se fust contenté de dire qu'elle n'estoit point parfait te. si elle n'estoit chrestienne. La communication ordinaire qu'il a avec le Père général de l'Oratoire l'a mis dans ces louables excès ^
Pour le pauvre Voiture, il est paresseux, mesme pour le jeu , et a perdu la couslume de fréquenter les académies. Il est vray que c'est p ur ce qu'il n'a plus ce qui l'y faisoit recevoir, et que les cornets ont Iraitté sa vei'tu avec la mesme inconstance que la fri ponnerie de Gaieté Je suis outré qu'un homme si plein de mérite se soit commis si
de plus , comme dit le Moréri, honoré de la charge d'interprèle latin du Cardinal. A en juger donc par les récompenses, selon la singulière opinion de Chapelain, le poëte était aussi bon que le disaient ses admirateurs.
' Celte déclaration, la voici : r Qu'est-ce que ro libelle contre les Espagnols, qui court sous mon nom aux Pais-Bas? Ne sçavez-vous pas que je suis reconcilié avec la Maison d'Austriche... J'ai renoncé pour jamais aux Philippiques et à toutes les matières querelleuses. C'est pourquoy \ous pouvez réfuter hardiment la nouvelle de Hollande, et dire que je ne suis point père de l'Enfant qu'on me suppose en ce païs-là. Mais fans celle expressp déclaration que je vous en
fais, vous deviez eslre asseuré de la vérité, et croire que je devais estre innocent d'une action que je ne vous avois point communiquée. i (Lettre XXXIV du livre XVIII, datée du ao décembre 1687 et qui est de février iG.iS.)
* Le P. de Condren, dont il a été question à propos du projet de conversion de Conrart formé par les deux saints amis.
^ Le financier Galet ou Gailet, après avoir l'ail un grand gain au jeu (on parlait de douze cent mille livres) et après avoir commencé à bâtir l'hôtel de Sully, dans la rue Saint-Antoine , perdit toute celle fortune si mal acquise, el sa ruine devint proverbiale. Voir Tallemanl des Réaux ( Hislorictles, chapitre des joueurs, l. VII, p. 60a).
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
imprudemment h la fortune, et ait voulu estre malheureux malgré tous ses amis. Il vit maintenant des pensions qu'il a chés Monsieur à cause de ses charges d'introducteur des ambassadeurs et de maistre d'hostel de Madame. On m'a dit que cela iuy valoit par an quelques (sic) quatre mille francs, mais je croy que ce n'est pas en ce temps cy. Tout cecy sous le sceau , s'il vous plaist.
M' de Grasse est dans son petit diocèse délivré des Marranes' depuis la victoire des Isles", mais non pas des Infidelles, car ses ouailles le sont à un point qu'il n'y a point de pareils en la pire des Barbaries, ce qui a fait dire à quelqu'un qui ne conloit son evesché pour rien, à cause du petit revenue qu'en toutes façons il estoit véritablement evesque in parùbus.
L'Eminence générale se repose, cette année, à ce qu'on lient \ ou ne commandera qu'un petit corps dans le pais Messin. Elle porte les péchés de sa famille et se sent du mal qu'elle n'a point causé.
Je rends très humbles grâces à M"* Desloges de son souvenu- que je croy mériter
Voir aussi rabondanl commentaire de M. P. Paris (p. 606-605): le savant académicien, à qui rien à cet égard n'a échappé, a retrouvé le souvenir du grand et malheureux joueur dans les poésies d'Adam Billaut, dans les Mazarinades, dans les Antiquités de Paris de Sauvai , dans la 1 k" satire de Régnier et jusque dans le Dictionnaire de Ménage.
' C'est-à-dire des Espagnols , qui menaçaient la Provence d'une invasion. Marrane (venu de marrano, porc) était le nom donné d'abord par les Espagnols aux Arabes et juifs convertis, et ensuite retourné contre les Espagnols eux-mêmes, dès le xvi° siècle.
2 Le 1 2 et le 1 6 mai 1 6.37, Henri de Lorraine , comte d'Harcourt, avait repris les îles de Sainte- Marguerite et de Saint-Honorat, dont les Espagnols s'étaient rendus maîtres en i6.35.
^ Dans une lettre de JNicolas Colbert, évéque
CHAPELAIX. I,
d'elle par le respect que j'ay de sa vertu , non pas de cet excès d'estime qu'elle dit avoir pour moy, et que je sçay n'avoir jamais mérité. Vous m'obligerés sensiblement de Iuy tesmoigner de quelle sorte j'ay receu cette faveur.
Je vous fa y un reproche de n'avoir point eu de curiosité pour l'hostel de Ramb[ouillet] où vous esles parfaittement honnoré, et d'avoir demandé des nouvelles de tant d'autres choses.
Je sçauray de M' de Saint-Nicolas ce que vous désirés touchant Nancy.
Je suis, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce 7 mars i638.