À SEDAN
Monsieur, en quelque lieu et en quelque estât que vous soyés, vous posséderés tousjours la sagesse et par conséquent serés tousjours heureux. Ceux qui vous connoistront comme moy pourront bien avoir desplaisir des fascheux exercices que vous donne la
de Luçon, du 2 mars t665 (conservée à la Bibliothèque Nationale, collection dite des Armoires de Baluze, vol. 363, p. 3i), l'évêché de Grasse est jugé de la même façon : Colbert, après avoir fait un grand éloge de Godeau , qu'il déclare ne connaître que par ses écrits, demande pour ce prélat si oublié l'évêché vacant de Màcon , qui , dit -il, le mettrait en étal d'être plus utile à l'Église, ajoutant: «11 est dans un petit évesché oîi il n'a guère d'emploi."
" Le cardinal de la Valette, dont le père, le duc d'Épernon, et le frère, le duc de la Valette, avaient à Tenvi mécontenté Richebeu.
s Sur Jean-Baptiste de Croisilles (appelé aussi de Crosilles), abbé de Saint-Pierre de la Coulure , au Mans , voir une note des Mélanges historiques. Lettres de Balzac, n" LIV, pages 556 et
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fortune ', mais ils n'oseront vous en plaindre (le peur de faire tort à l'opinion de vostre constance, et de vous laisser croire qu'ils ne vous estiment pas assez ferme pour n'en estre pas esbranlé. En effet, je suis persuadé que Dieu n'a permis ce qui vous est arrivé depuis quelques mois , que pour relever davantage vostre vertu et faire voir à quel haut point l'amour du Ciel et lestude de la vraye philosophie l'ont porté. Tous ces mauvais offices que l'on vous a rendus, toutes ces sinistres impressions que l'on a voulu donner de vous , tourneront enGn à vostre
gloire et à la confusion de leurs autheurs. et le Prince que vous serves, qui n'est pas plus généreux que juste, ne souffrira pas davantage que l'on essaye d'employer son authorité pour vous opprimer \
J'en tire de grands préjugés de ce que m'a fait l'honneur de m'en apporter l'illustre personne (pie j'avois suppliée de vous protéger, et que je ne doute point qui ne vous y ait esté entièrement utile. C'est de quoy je console M"" Vostre Cousine ^ l'hoslel de Clermonl et l'hostel Piamb[ouillet] ' qui bien asseurément ressentent plus vos maux que
' Chapelain veut parler d'une affaire extrêmement grave sur laquelle Talfomant des Réaux et son commentateur ont donné les plus curieux détails (t. ffl, p. ù'j-liz). Croisillcs fui accusé de s'être marié, quoique prêtre, en prenant un faux nom, avec la fille d'un avocat au parlement de Paris, nommé Pocques. Dénoncé par sa bellemère (Espérance Levraull), il fut, après mille vii-issi(udes, qui commcncèrenl en id'i'j el qui no finirent qu'en i(jf\f), condamné à tenir prison perpétuelle dans un monastère, puis, sur appel, déclaré absous. Ceux qui voudraient avoir connaissance de diverses pièces relatives à celle affaire, qui n'ont pas été utilisées par M. P. Paris, pourront consulter, au département des imprimés do la Bibliothèque Nationale, les deux pièces que voici (L°, 97; 5i8y et 0190) : Apologie de l'abhé de Cro.iHles ( P.nris , T. Quinet , 1 (5 i 3 , i n-6 " ) ; Eclaircissement des objections contre le célibat, faussement attribuées au sieur de Crosilles. . . Discours/ait par le sieur Abbé (s. I. n. d. in- '4°); el nu département des Manuscrits (collection Du Puy, volumes 55.'), 071, Sgo, 65i), diverses pièces intitulées : Sentence de l'officialité contre Croisilles; Requête de l'abbé de Crosilles à nos xeigneurs de parlement ; Factum pour damoiselle Espérance Levraull, veuve de feu maisire Florent Pocques; Addition au factum pour demoiselle Espérance Levrault.
- Ce prince était le comte de Soissons. Talleuiant des Réanx nous apprend (p. 33) que le maître do Croisilles, à la nouvelle du scandaleux
maria(;e, lui reprocha son crime et le fit garder dans une maison de Sedan. Michel de Marolles, grand ami de l'abbé de la Couture, et qui croyait à l'innocence de l'accusé non moins fermement que Chapelain {Mémoires, édition de 175."'), t. I, p. 83), déplore que Louis de Bourbon l'ait "abandonné misérablement dans une prison do ilix années, sur ce qu'il fut accusé de sacrilégo |K)ur s'être marié.» L'abbé do Villoloin exhafe do nouvelles plaintes, au même sujet, contre le même prince, à la page 307.
' Jo réunis ici les divers passages où Tallemanl mentionne l'intervention de M"° Panltl en faveur de son cousin : «Nost.'-e prestro marié oscrit à M"' Paulel, sa parente (qui n'a jamais creu qu'il fust coupable que quand elle l'a veu condamné), qu'on le tenoil en prison (à Sedan). Elle en parle an comte de Guiche, et le comte (le Guiche à M. le Cardinal... w (p. 33). — «Il n'espargna pas même [dans son Apologie, rédigée à la Conciergerie, le meilleur do ses écrits, ajoute Tallemant] M"° Paulet qui, pondant huicl ans, non seulement a sollicité pour iuy, d'une aussy grande ardeur que si c'enst esté pour elle, jusques là que tous les ennuys qu'elle en a eus ont peut-eslre abrégé sa vie, mais qui a despensé dix mille livres à l'assister." Sur le dévouement de M"" Paulet pour son ingrat cousin, voir encore les Mémoires de l'abbé Arnauld (édition de 1756, i'" partie, p. aog-aia).
* Tallemant dit (p. 97) : «Il eut aussi entrée' à l'hoâlel de Bambouillet, chez M"" de Combalet
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\ous mesme. Si vous approuvés mon zèle, je sei-ay ])liis que satisfait, et croiray vous en devoir de reste. Car, pour le soin que j'en ay pris, mon amitié l'exigeoit de moy et, comme je n'ay pas eu besoin d'estre sollicité, je n'en ay point aussy attendu d'action de gi'âces. Ne m'en rendes donc point , s'il vous plaist, ni de cela ni de tout ce que je fera y jamais pour vous lesmoigner mon zèle , puisque c'est un de mes principaux devoirs, et que, quand je vous sers, je ne fais qu'accomplir le vœu que j'ay fait, il y a longtemps, de ne prendre pas en vain le litre, Monsieur, de vostre, etc.
De Paris, ce lo mars i638.