À M. MAL\ARD
À SAINT-CKRÉ.
Monsieur, je prendray tousjours avec joye les occasions de faire les choses que je croiray vous devoir estre agréables , et si je vous pouvois jamais estre utile en rien, vous me trouveriés tousjours bien plus pront à faire qu'à dire. Mais je ne suis rien et ne puis rien ou , si je puis quelque chose, ce n'est qu'auprès de M' de Balzac où mes offices ne vous seront jamais nécessaires. Vous y estes si puissant de vo^re chef par l'ancienne amitié qui est entre vous et par la haute estime en laquelle il a vostre vertu et vostre esprit que si ja-
li était
Réaux (t. I, p. 282 et t. 111, p.
ffpoëte royal pour les ballets. ^i M. P. Paris {Ibid. , p. 25) cite contre lui une lettre de Voiture et une épigramme de Théophile de "Viau.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
niais il se refroidissoit pour moy, je ne voudrois point d'autre personne pour me le reschauffer que vous, et je n'auray jamais la présomption de vous servir d'autre chose auprès de luy que de simple correspondant pour la seiu-ete' de vos communes despesclies. Il recevra celle qui m'a esté rendue pour luy avec la vostre, et j'attens des remercimens de sa part pour le moins aussy cordiaux après quil l'aura leue que ceux que vous me faittes de vous avoir envoyé ce beau tesmoignage de son affection. Je ne vous excuse point mon désordre; il sera tousjours comme cela. C'est le défaut de mon esprit. C'est encore celuy de mes occupations inflniment plus grandes qu'une foiblesse comme la mienne ne peut porter. Aussy mes amis s"y accoustument et suppléent par leur discrétion à mes nianquemens, faisant plus de cas de ma volonté qui leur paroist toute nue, que de toutes les plus belles paroles du monde. Vous serés, s'il vous plaist, de ceux là et me croirés inviolablement. Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce a4 juin iG38'.