‹ Lettres. Publiées (volume 2)Chapitre 90 sur 134 · À M. CO^RARD · texte numérisé non relu

À M. CO^RARD

À JONQIIÈRES.

Monsieur, mon mal est presque tout passé \ et il ne m'empesche plus ny de visites uy de promenades de campagne. M' le

'' C'est-à-dire Toulousain. M. A. Beuchot {Biographie universelle) a dit, en vertu d'une induction illégitime: trCette omission [du nom de Lesfargues dans la Notice des hommes illustres qui est à la suite de ïHistoire de la ville de Tou^ louse par J. Raynal , 1 709 , in-A"] donne à penser qu'il pourrait se faire que Lesfargues ne fiît pas de ce pays.^-)

^ Ce Scmi-capre (semi-capro) n'est autre que l'imprimeur-li braire Jean Camusat. On lit dans la lettre XXV du livre XV du tome P' des Œuvres de Balzac (page 753) : «Sçavez-vous que nostre Semicapro me veut mettre en prélature? etc.-'

^ Ce doit être l'ode d'Arnauld d'Andilly intitulée : la Solitude et qui est une imitation de la fameuse pièce de Saint-Amant, coup d'essai de ce poète.

' S'agirait-il de la Sagesse de Pierre Charron ( 1.595, in-S'')?

* Chapelain terminait sa précédente lettre à Conrart (analysée dans une note précédente) par ces mots : «Je suis au lit travaillé d'une violente colique, n

LETTRES DE JEA.X CHAPELAIN

marquis de Montauzier auroit aussy esté fort malade, s'il eust esté aussy vieux que raoy. Mais la vigueur de l'aage l'en a fait eslre cjuitle pour un jour de fièvre et une seignée. Nous allons aujourdhuy à Verres ensemble et avec lélite des deiLX hoslels. Vous trouvères icy urie response de luy à vostre lettre dont vous luy devés estre bien obligé dans le peu de lo\sir que ses divertissemens luy donnent et certes ses aflaires aussy. On le presse de pratir pour Alsace, sans luy donner du jiain pour ses garnisons. 11 en est monté dans une lelle férocité et son chagrin s'est redoublé à tel point, que ce nesl plus une créature raisomiable. 11 le faut plaindre cependant, car le voila entre l'appréhension de la Bastille et celle de périr de mal laim {sic) aux bords du Uhin. Outre sa lettre, je vous envoyé la copie de nos nouvelles. J'y ay oublié fltaiie qui est en mauvais estât et nous ne ferons pas peu si nous sauvons Cazal, cette année. La prise de Turin luy met la corde au col ', mais si les vivres n'y manquent point; je suis asseuré que ce dernier siège cy sera ])lus beau que les deux autres, el M' de la Toiu-, qui y commande, ne fera point de deshonneur à M' de Longueville, de la main duquel il est sorti *.

' La ville île Turin fut surprise par le prince Thomas dans la nuit du i>6 au 27 juillet 1689. Cbapeiaiii a voulu dire : La prise du Turin mettrait la corde au col à Cazal.

^ Ce M. de la Tour était un maréchal de camp souvent mentionné dans les Lellres du cardinal de Richelieu (tomes \I, Mi, VlU).

'^ Le duc de Longueville ne tarda pas, en effet, à secourir le caidiual de la Yalelle, car le P. Griffet, racontant la bataille que le marquis de Leganez et le prince Thomas livrèrent à l'armée française, le 2O juin, pour lui faire lever le siège de Chivas ^ place investie depuis le 17 du même mois), s'exprime ainsi (p. a 18 du volume déjà cité) : cLe combat dura depuis huit heures du matin jusqu'à trois heures après

Il ne se peut dii-e combien M. le Cardinal de la Valette est descrié de tous ces malheiu^. Dieu vueille conserver mon Prince ^ qui le va secourir avec une poignée de gens. M' de Grasse a fait une églogue mutine dont vous devés seul avoir copie. J'ay envoyé une lettre de M' vostre frère à -AL de Jonquières . Je recoy vostre lettre et vous rens grâces de la compassion que vous avés de mon mal qui n'est plus. J'envoyeray vostre lettre à M"' Paulet et feray vos baisemains chés les dames que vous marqués. Je ne croy point que le sieur de l'Eufourchem'e ait encore veu M"' de Pi[ambouilletJ. L'Evesque de Cahors a esté fort mal ', mais il n'est pas mort. Je monstreray à M. de Sérisy et à M' Esprit vos ressentimens. M' Arnaud est parti pour Thionville. Quand il seroit icy, je n'approuverois pas qu'il agisf désormais envers Kose^ : ce seroit offenser M. le Chancelier et faire croire à Rose qu'on ne croiroit pas que M. le Chancelier eust cette affaire à cœur. Je ne parleray point à M' Desmarets et envoyeray une lettre à M. de Jonquières par la première occasion.

Je suis très humble serviteur de vos dames.

De Paris, ce 9 juin 1689 '.

midi. Le duc de Lon/]uevilie arriva pendant l'action, et sa présence redoubla le courage des Français. Le lendemain les ennemis se retirèrent après a\oir fait une perle considérable : Chi>as capitula le 28."?

* Cet évèquc de Caliors était .Uain de .Soliniluhac, qui siégea de i636 à iCôg.

' Toussaint Rose, qui fut secrétaire du cardinal Mazarin, puis secrétaire du cabinet, puis président de la chambre des comptes el membre de l'Académie fi'ançaise(i67ÔJ 701 ), devait être bien jeune à celte époque.

' Le lendemain. Chapelain recommandait à la marquise de Flamarens (l* 1 1 2) de bien ménager le caractère emporté de M"" de la Trousse, ca.aclère dont il avait lui-même éprouvé des ej-

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