EN ITALIE
Monseigneur, vous aurés veu par mes précédentes que ma maladie a esté de peu de durée et que Dieu ne m'a pas voulu laisser longtemps eu estai de ne vous point servir. La santé m'est revenue assés bonne pour continuer à vous rendre mes devoirs , et je ne suis plus malade que du desplaisir de [vous] voir languir, en attendant vos Irouppes, et de fappréhension des mauvais succès que peut produire, lorsque vous serés de là les Monts, la foiblesse des forces que l'on pense vous donner. Mais il vaut mieux bien espérer de vostre fortune, et il n'y a point d'apparence que Dieu permette qu'une vertu comme la vostre soit malheureuse. J'ay me mieux croire qu'il vous réserve la gloire héréditaire de vostre maison par la restauralion de nos affaires chancelantes en IMémont, et comme ce miracle vous est deu quand il arrivera, je l'admireray, mais ne m'en estonneray pas. Je prie Dieu qu'il fasse réussir mon augure, et cependant je vous diray, Monseigneur, que depuis la perte de la bataille devant Thionville. les ennemis n'ont fait en Chanipagne aucun progrès et n'ont attaqué que certains petits chasteaux , pour avoir du pain.
Je prie Dieu qu'il vous conserve et suis. Monseigneur, vostre. etc.
De Paris, ce ai juin 1689.
En fermant cette lettre, je reçois. Mon-
' Ce yobiliariû n'est pas indiqué dans le Manuel du libraire.
* Décades de las Indias, o desrripcion de irts Indtas Occidentales , par Antoine de Herrera y Tordesillas (Madrid, 160'i, in-foi.).
^ Historiw de rebiis Hispaniœ lib. XX (Tolàie, 1 092 , in-fol. ). Selon le Mamul du libraire, ce vo-
lume de l'édition originale et le snppIémenl(//Mtoriœ Hispanicœ appendix, libri scilicet XXI-XXX, cum indice, 161 G, in-fol.) valent de la à 18 francs. Je l'ai tout récemment vu vendre nu peu plus cher (3o francs).
* Chapelain avait d'abord écrit marché. Il a effacé ce mot pour y substituer conte.
LETTRES DE JEAN GHAPELAliN.
seigneur, celle qu'il vous a pieu ni'escriie du 18. Vostre affection et vostre prudence vous a (sic) fait juger du malheur de M' de Feuquière, ou du moins craindre ce qui est arrive'. J'ay asseurë ses proches que plus il seroit malheureux, et plus vous Ihonnorerie's de vostre bienveillance et prolection , et certes il en est très digne par lextrème ressentiment qu'il a toujours eu de vos faveurs. Je prie Dieu que la précipitation du siège de Chivas ' j)e rende point les aflaires plus difficiles à restahlir. Il seroit bien fascheux que Tambilion l'emportast par dessus la raison.