‹ Lettres. PubliéesChapitre 102 sur 309 · RÉSIDENT DE MESSIEURS LES ESTAIS DE BOLLANDE EN SUÈDE , À STOCKHOLM · texte numérisé non relu

RÉSIDENT DE MESSIEURS LES ESTAIS DE BOLLANDE EN SUÈDE , À STOCKHOLM

Monsiem", j'ay receu tous les vers que vous avés faits à la gloire du Roy et vous aurés pu en estre éclairci par mes précédentes, si, comme je le croy, elles sont parvenues jusques à vous. Plusieurs autres se sont aquités de ce qu'ils dévoient à sa vertu et à sa munificence par des compositions qui ne sont pas indignes de Sa Majesté, mais pas un n'a approché des vostres, ce qui n'est pas surprenant, veu ce que vous estes et l'habitude que vous avés contractée de ne rien produire que d'excellent Vous pouvés bien vous assurer aussi de {sic pour que) ce que vous m'avés envoyé sera placé en bon lieu dans le Recueil que nous faisons des ouvrages faits à sa louange et gardés bien de vous imaginer que vous m'ayés fatigué par la multitude de vos productions sur son sujet. Si j'avois à y trouver quelque chose à redire, ce seroit moins au trop qu'au trop peu , tant elles m'ont esté agréables. Je ne vous puis bien dire dans quel temps ce recueil paroislra , encore que je pense que la publication n'en sera plus guères différée. Pour celuy du feu cardinal ', il y a cinq ans qu'il est commencé et Mes-

1 L'ouvrage parut en 1668, sous le litre de Cometographia (in-fol.) et fut dédié à Louis XIV.

en sera question dans les lettres de cette année. 2 Ce recueil , intitulé : Eloyia Julii Mazm-ini

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

nardière et Quillet . deux des quatre députés pour cela , y sont morts en la peine \ Ménage et Buti', les deux autres, continuent à en rassembler les pièces et il y en a desja une partie d'imprimé \ Je changeray à lepigramme sur Rome le vers que vous désirés selon que vous l'avés marqué.

Nos Irouppes pour Hongrie * marchent et plus de cinquante volontaires de la première noblesse est partie avec grand équipage pour se signaler en cette grande occasion contre Tennemy du nom chrestien. J'aurois veu avec plaisir la tirade que vous avés mise là dessus dans la lettre à M' de Lionne , car je ne doute point qu'elle ne soit de la dernière beauté. C'est de tous nos ministres celuy qui a le plus de goust pour la fine latinité et qui y sçait donner plus justement la prise qu'elle mérite.

Nous attendons le légat pour en recevoir les soumissions et les satisfactions convenues. Ce sera à Fontainebleau que se passera la chose, après quoy on croit qu'il viendra faire son entrée en cérémonie à Paris.

J'altendray patiemment le Virgile et je vous en presseray d'autant moins que vous

avés voulu que j'y eusse plus d'interest. Quant à la vie de Konigsmark, je vous avoiie que je serois bien aise qu'elle vous servist d'essay de stile narratif pour le grand dessein que vous avés pris de suy\Te l'histoire de vos troubles qu'a si bien commencée M" Grotius, ce qui fera le comble de vostre honneur et achèvera de vous mettre chés vous en la considération dont vous estes si digne et à couvert des persécutions à quoy les plus gens de bien sont sujets.

Le jeune Conte de Brienne est tombé sans ressource et s'est renfermé dans une des maisons de l'Oratoire de Paris sur le refiis quont fait les Chartreux de le recevoir dans la leiu", craignant que leur profession ne fust trop austère pour iuy. Ce ne seroit qu'un mal supportable d'avoir perdu sa charge, s'il avoit conservé sa réputatation , et que sa cheute n'eust pas esté à titre de pipeur et de foiu'be. C'est pom'tant dommage, car il avoit de lesprit et un grand amour pour les lettres dont il faisoit sa principale ambition. Voilà ce que c'est de n'avoir point de cervelle et destre indifférent au vice et à la vertu \

Cardinalis , a diversis aulorihm latine , gallice et italice in lucem emissa, parut à Paris, 1666, in-fol., (le l'impression d'Antoine Vitré.

' Hippolyle-Jules Pilel de la Mesnardière était mortle U juin de l'année précédente. L'abbé Claude Quillet, né à Chinon en 1609 , était mort à Paris en septembre 16O1. On sait que cet homme d'esprit, qui avait été d'abord médecin, avait dédié au cardinal Mazarin la seconde partie de l'ingénieux poème: Callipœdia, seu de pulchrœ prolis habendœ ratione (Paris, i656, in-8°). Ce qu'il y a de plaisant, c'est que dans la première édition (Leyde, i655, in-4°), Quillet avait inséré quelques vers épigrammatiques contre Mazarin (voir Menagiana, t. III, p. aSa-aSG).

^ Je ne puis rien dire de ce poète qui a été oublié par tous nos biographes et bibliographes, et dont le nom ne se trouve pas même dans les

Jttgemens des Savans d'Adrien Baillet , où abondent les petites notices sur les faiseurs de vers latins. Il est surprenant que dans le Menagiana on ne trouve pas la plus petite mention de celui qui fut le collaborateur de Ménage.

^ Cette phrase a été reproduite par Camusat {Mélanges, p. ç)h}. Camusat imprime ainsi le nom du mystérieux poète qui, avec Ménage, avait survécu à Mesnardière el à Quillet : Butty. C'est de la même façon que ce nom est imprimé dans la Bibliothèque française de Goujel, où le passage de Chapelain est indiqué seulement (t. XVII, p. loy).

* Les six mille hommes envoyés par Louis XIV au secours de l'Empereur et qui contribuèrent tant à repousser l'invasion des Turcs.

^ On retrouve ce passage dans les Mélanges de 1726 (p. 53). C'est le troisième et dernier des

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

Pour M' de Thou , il n'y a rien de semblable. Il possède tousjours le bon nom qu'il a bérité de ses pères, et si la constitution de nos affaires permettoit que l'on reconnust ses services, il n'y auroit pas en France d'homme plus heureux ni plus content que luy.

Nous verrons quelque jour qui dit le plus vray des Italiens ou des Livoniens touchant le Pétrone retrouvé. M' Medon me mandoit, il y a quinze jours, qu'il alloit escrire iterato a Rome, et peut-estre vous en dit-il quelque chose luy-raesme dans la lettre que je vous envoyay de luy dans le mesme temps.

Je souhaite beaucoup de bien à M' Vossius, mais je n'ay pas si bonne opinion de sa teste que de celle de feu son père , et il me semble, ainsi qu'à tout le monde, qu'il va bien viste en besoigne et qu'il est bien passionné dans ce qu'il a une fois imaginé. S'il réussit dans sa prétention , il le fera beau voir

avec le surplis et le bonnet quarré chanoine de la cathedralle de Londres'.

Quand vous escrirés à M' de Beuning, je vous prie de luy faire un peu de commémoration de moy comme de son zélé serviteur et grand estimateur de sa vertu. Conseillés luy l'ambassade de France ; il ne sçauroit assurément rien faire de plus avantageux pour luy.

Quand le Plante et le Tite-Live de M' Gronovius viendront à Paris , on leur fera fort bon accueil.

Ne laissés pas de mettre à part les lettres que M' de Balzac vous a escrittes et de nous en faire faire des copies afin de les faire entrer dans l'édition qui se fait de ses œuvres, en tout cas, si les minutes ne s'en trouvoient pas entre les papiers du défunt ^

Je feray voir vostre souvenir à M' le marquis de Montauzier. M"' sa fille a épousé le Comte de Crussol ^, qui peu de jours après est parti pour l'armée de Hongrie.

extraits relatifs au comte de Brienne qui ont été donnés par Camusat.

1 Camusat, qui a reproduit ce paragraphe (p. 3û), le fait suivre des observations que voici: «M. Vossius réussit effectivement à être chanoine de Windsor. Au reste, ce que M. Chapelain dit ici des deux Vossius, et de la préférence qu'il donne au père , ne lui est guères contesté que par ceux qui ne les connoissent pas l'un et l'autre. Je ne voudrois pas cependant pousser les choses aussi loin que l'a fait l'auteur de la Bibliographie cwioso-historico-philologique (1679), lequel dit en termes exprès que M. Vossius le fils a entièrement dégénéré de l'excellence de son père, et qu'il n'en a retenu que le nom. . . Il n'y a qu'une passion folle et aveugle qui ait pu dicter des expressions aussi injurieuses et aussi fausses. M. Vossius le fils, qu'on traite ici de très ignorant, étoit très habile, et en a donné des preuves certaines dans un grand nombre d'excellents ouvrages. Que si l'on doit le mettre au dessous de son père, ce n'est point du côté de l'érudition en quoi il ne lui étoit point inférieur; c'est du

CHAPELAIN. II

côté de la tête, comme l'a fort bien remarqué M. Chapelain. Il lui manquoit cet ordre, cette netteté, cet arrangement que Gérard-Jean Vossius possédoit au souverain degré. Enfin le père n'est jamais tombé dans les emportemens et dans les idées chimériques dont le fils n'a malheureusement donné que trop d'exemples. ■"

^ On ne trouve que bien peu de lettres de Balzac à M. Heinsius le fils dans l'in-folio de 1 665. Voir seulement les pages 670, 1006, 1019. Il est probable que le correspondant de Chapelain ne répondit pas, — ou du moins répondit trop tard, — à l'appel qui lui était adressé.

^ On lit dans la Gazette du 22 mars 166/1 (p. 379) : crLe mesme jour [c'est-à-dire le 16], le comte de Crussol, fils aine du duc d'Uzès, épousa ici la fille du marquis de Montauzier dans la chapelle de l'hostel de Rambouillet. L'evesque de Noyon en fit la cérémonie, qui fut suivie d'un superbe festin, et de toute la magnificence que la saison put permettre. Leurs Majestez ont fait l'honneur aux mariez de les envoyer complimenter, n

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

Nous allons perdre M' Bigot pour six ou sept mois. Vous n'en ferés pas moins, s'il vous plaist, passer vos despesches par ses mains, quite pour les recevoir un peu plus tard , car c'est la voye la plus seure de toutes ; si néantnioins quelque chose pressoit pour vostre service , prene's celle que vous trouvères à propos.

N'attendes point que j'aye jamais de santé affermie. Mon âge et mon infirmité ne le souffrent pas. Mais je suis un malade assez sain et assez sage pour aller encore bien loin. Cura diligeiiter corpusculum tuum et s'il a à patir de vos excès, que ce ne soit que de ceux de vostre esprit.

Je suis tousjours avec la mesme passion , Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xxix avrii i664 '.

A M. COLBERT

MimSTnE D'ESTAT, À FONTALNEBLEAU ".

Monsieur, j"ay receu avec respect la response ^ qu'il vous a pieu de faire à ma lettre

touchant l'employ de l'allégorie dans les tableaux et les tapisseries que vous avés ordonné de faire pour l'histoire du Roy \ et j'ay tenu à très grand honneur que Sa Majesté ni vous ne l'ayez pas désapprouvé. Ces Messieurs qui s'assemblent chez vous ont eu communication de mes sentiraens sur ce sujet, et du commandement que Sa Majesté et vous nous faites de travailler avec addresse pour porter M"^ le Brun* à en convenir avec nous et à ne gouster pas moins nos raisons qu'Elle et vous les avez goustées.

C'est à quoy, Monsieur, nous ne perdrons pas un moment, et nous voulons espérer que ce rare peintre , estant aussy judicieux qu'il est, ne s'en éloignera pas; surtout s'il nous estoit permis de luy insinuer qu'en s'y accommodant il ne feroitpas chose désagréable à Sa Majesté '', ni à quoy vous trouvassiés rien à redire. En attendant là dessus vos ordres, nous n'agirons que de nous-mesmes et nous n'oublierons rien de nostre costé pour essayer de faire réussii' vos sages intentions.

Je ne vous diray point, au reste, Monsieur, combien grand est le ressentiment que j'ay du nouveau bienfait' que vous m'avés

' Le 1°' mai i66ù , Chapelain (f 18) annonce en CCS termes «à la Serenissime reyne de Pologne, à Warsovien l'envoi de la Pucdle: r Madame, l'offrande que je prens la libellé de faire à V. M. de la Pucelle attend depuis si long temps une favorable occasion pour luy estre portée , que je n'avois garde de perdre celle du retour de M' Oesnoyers en Pologne sans m'en prévaloir et sans le prier de s'en vouloir charger. V. M. m'ayant commandé de luy en lire quelque chose, lorsqu'elle estoit encore en France, qui me parut ne luy avoir pas esté désagréable, j'ay creu pouvoir, sans luy déplaire, eto'

^ Publiée dans le tome V des Lettres, imlructions et mémoires de Colbert, p. 596.

' M. P. Clément (noie 1) exprime un regret auquel nous nous associons tous: -^Quel dommage que les lettres de Colbert à Chapelain et aux sa-

vants et artistes de son temps aient été perdues ou dispersées! Que sont devenus les registres qui devaient contenir la copie de celle curieuse correspondance?»

* Voir la lettre du 18 novembre 1662.

* Charles Lebrun , célèbre à la fois comme architecte, comme graveur et comme peintre, mais surtout comme peintre, naquit à Paris, non le 39 mars 1C19, comme on l'a si souvent dit, mais le ai février de cette année, d'après l'acte officiel cité par M. A. Jal dans son Dictionnaire. H mourut aux Gobelins, le 12 février i6()o.

^ Louis XIV, vingt jours plus tard , conférait à Lebrun le titre de son premier peintre, avec 1,300 livres de gages, plus 2,000 livres une fois données.

' tril s'agit sans doute ici, dit M. P. Clément (note 3), de la gratification annuelle que rece-

procuré auprès de Sa Majesté, avec tant de noblesse d ame et de vostre seul mouvement. Car c'est une grâce à laquelle toutes les paroles sont inférieures et qui ne se peut bien payer que par de solides effets. J'en chercheray soigneusement toutes les occasions, et je ne seray jamais bien satisfait de moymesme que quand je vous auray bien prouvé ma gratitude et avec combien de vérité je suis. Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce x juin i664 '.

À M. BOECLERUS,

PBOFESSEVB PBIKCIPAL D'UISTOIBB , À STKASBOURG.

Monsieur, ce fut véritablement M' Bigot qui me donna le premier connoissance de vostre mérite et sans ce qu'il m'en avoit ap- |)ris , j'eusse perdu l'occasion de le faire conuoistre à l'excellent homme qui en a informé le Roy et qui a esté l'instrument de sa munificence. Mais le tesmoignage de M' Bigot

m'a esté confirmé par un si grand nombre d'autres et surtout par ceiuy de M' de la Ronce Verjus, lequel, sous un nom des^ guisé, fut à Strasbourg, il y a quelques années, pour M' le cardinal de Retz ', qu'il faudroit estre le plus incrédule du monde pour ne vous pas mettre au rang des grands hommes de lettres de nostre siècle. Et je vous avoue que par mon interest particulier je m'en resjouis infiniment pour ce que vostre vertu ne sçauroit estre aussi éclatante qu'elle est sans justifier envers le Roy et envers M' Colbert l'office que je vous rendis auprès d'eux il y a un an , et sans me faire passer dans leur esprit pour une personne qui n'a pas mauvais goust en matière de gens de lettres. Le ressentiment que vous m'en faites paroistre, Monsieur, est digne d'une aussi belle âme que la vostre, mais il est trop grand pour si peu de chose, et, si je le recevois dans toute son estendiie , au lieu que vous voulés passer pour mon obligé , je serois devenu le vostre et je vous en devrois de reste.

vait Chapelain. 57 Par nouveau bienfait, il entendait le bienfait renouvelé en i66i.

* Chapelain, le 27 juin, écrit à Heinsius (P 22) que Bigot est en Normandie depuis deux mois; il se plaint d'être pnvé d'une si douce communication; il espère qu'à son retour cet érudit donnera la vie de saint Jean Chrysostome «de la publication de laquelle il ne se sçauroit plus dédire s'y estant engagé par escrit. Ce sera un ouvrage d'importance et qui luy estabiira la réputation d'un véritable homme de lettres, dont par modestie il n'afTecte point se contentant de celle d'homme de bien qu'il s'est acquise par tant de bonnes actions, depuis qu'il est dans le monde. ..v Chapelain continue ainsi : "Tout ce que vous me diles pour jusliiTier la liberté enjouée de vosti e épigramme sur l'Hercule Musagète est digne de vous et m'a fort éclairé sur celte matière... J'apprens avec beaucoup de joye que M" le Conte Tott ait esté fait gouverneur de

Stokholm... C'est [Hugues de Lionne] le plus honnesle homme de nostre court, qui a le goust aussi fin pour les beaux ouvrages, de sorte que si vous estes entré en quelque conmierce avec luy, vous pouvés sur une parole le continuer. . . M"'' de Montauzier a changé de nom et a pris celuy de M' le Conte de Crussol, fils de M' le duc d'Uzcs, son mari, lequel est parti quinze jours après ses nopces pour la guerre de Hongrie avec tous nos jeunes paladins. M'' le Marquis de Montauzier est allé recevoir le légat à Lion et il l'ameine à la Cour. Je n'ay plus que deux livres à faire de mon poëme pour l'avoir achevé. Il y faudra du temps pour le repasser. Nous avons mis les choses en estât que vous pourrés avoir bientost de nouvelles marques de la munificence du Roy. J'en seray plus content que vous...»

- Ce personnage ne figure pas une seule fois dans les Mémoires du cardinal de Retz.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

Quant aux ouvrages de vostre plume dont vous proposés d'enrichir le cabinet de M' Colbert et le mien , bien que ce ne fust pas une chose nécessaire pour nous engager à estre plus à vous, ils ne laisseront pas d'eslre les bienvenus si vous trouvés à propos de les envoyer, et je vous promets pour eux une place honnorable sur nos tablettes entre les classiques des derniers temps. Assurés vous aussi, je vous prie, de la continuation de nos soins pour ce qui regarde en cette Cour vostre honneur et vos avantages, m' estant encore plus glorieux qu'à vous qu'on y sache que nous sommes amis, et que je ne me pique pas moins [d'estre] vostre agent affectionné que, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xii juillet i66i '.

À M. HEIN SI US

RÉSIDENT DE MESSIEUnS LES ESTAIS DE IlOLLiNDE EN SUÈDE , À STOKHOLM.

Monsieur, ne parlons point de nouvelles révisions des vers que vous nous avés envoyés pour le Roy et moins encore de corrections nouvelles. Je vous en ay dit mes sentimens, il y a desja long temps, et ils ont esté si sincères que je ne suis pas résolu de les changer ni de m'en dédire. Vous pouvés Lien peut estre les rendre meilleurs, mais il n'y a que vous qui se puisse appercevoir de ce qu'ils ont de trop ou de ce qui leur manque. Pour moy encore un coup je n'y voy plus rien que de parfait, que d'accompli.

Je conviens avec vous de supprimer l'épigramme qui regardoit l'insolence romaine et sa mortification. Ces Messieurs les fanfarons ont rabalu leurs fumées et, après la

sousmission qu'ils nous sont venus faire, l'amnistie les a mis à couvert de nostre juste indignation. H y a mesme apparence qu'ils ont dessein d'estre de nos amis et que , pour assurer leur fortune, ils se sont mis sous nostre protection qui est la seule chose qu'il y avoit à faire après un éclat aussi ruineux pour eux que celuy qu'ils ont fait, car la politique enseigne qu'en pareilles rencontres il faut estre tout un ou tout autre, et qu'il n'y a rien de pii"e que ces partis du milieu. Si cela arrive , ce sera un effet des embarras et de l'abbatement de la maison d'Autriche, laquelle ne sçauroit estre désormais qu'un fort fragile appuy. Sçavoir si l'honneur et les engagemens que les Chigi avoient avec elle souffrent ces revirades là , c'est une autre affaire, mais l'interest passe par dessus tout et est ratio ultima regum, Pontificum, cœteroruvique omnium, si philosophos eosque Socraticos excipias.

Je vous plains de ce que les occupations publiques auxquelles vous estes dévoué vous divertissent des vostres particulières, et reculent les exécutions de vos desseins littéraires qui ne vous ap[)orteroient pas moins de gloire, quoyque peut-estre moins de profit. Le détail si élégamment escrit de ce qui s'est passé avant l'ouverture des Eslats de Suède et du fracas du Prince, frère du feu roy, dernier mort", m'a extrêmement plu aussi bien qu a ceux de mes amis discrets à qui j'en ay fait part et, si vous continués à me donner de semblables notices des choses de cette nature qui se pourront escrire sans faire tort à personne, je vous en seray fort obligé.

Le fragment de Pétrone trouvé en Dalmatie nous a esté apporté par les Italiens de

' Deux jours auparavant (lo juillet 1666) , (iUapelain avait adressé (f^ ao v°) à «Christianus Huggens de Zulicken, à la Haye,» une lettre (■emplie do conipliments pour ce savant et pour

ses amis «MM. de Beuning et de Viquefort.» ^ C'est-à-dire de Charles-Gustave X, cousin et successeur de la reine Christine, mort le a3 février 1660.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

la suite de M' le légat. Je ne l'ay point encore veu, le livre estant tombé entre les mains de mon calomniateur', duquel vous croyés bien que je n'en attens ni n'en de'sire la communication. On dit que M" de Valois, qui l'ont veu, ne pensent pas qu'il soit de Pétrone, et qu'ils en estiment le sliie fort au dessous de sa pureté. Je ne me résoudray là dessus que sur vostre jugement , lequel je vous demande un peu estendu.

Nous avons icy M" Vossius, depuis quelques jours^, fort peu satisfait des Anglois, lesquels il a quités désespéré de rien faire avec eux touchant l'interest de son oncle créancier de ce Roy pour une notable somme. Il dissimule néantnioins son mescontentement afin de n'empirer pas sa condition. La France luy plaist bien davantage , et il ne cesse point de se louer du bon accueil qu'il y reçoit. Il faudra essayer qu'il ne perde pas cette bonne opinion qu'il a de nous, et je suis après à luy en donner sujet par le renouvellement de la gratification que je luy procuray l'année passée.

Je ne vous parle point de vous sur cet article, puisque vous n'ignorés pas qu'aucun ne me touche au cœur tant que vous, et que

vous estes tousjours le premier qui me vient à l'esprit, lorsqu'il est question de servir mes amis dans des occasions utiles.

M"' Bigot est en Normandie et ne nous viendra revoir que cet hyver; son absence me donne du chagrin , d'autant plus que je l'ay esprouvé le plus seur médiateur de noslre commerce, et celuy qui le facilite le plus généreusement. Je ne vous presse point de m'escrire souvent, quelque plaisir que me causent vos lettres et j'entens que cela se règle selon vostre loysir que je ne juge pas que vous ayés trop grand en la disposition où sont les choses de delà. Mais quand vous m'escrirés, n'oubliés pas de me mander à quoy vous en serésavec M"^Konigsmark pour cette vie de son père. Surtout ne soyés point le solliciteur de ce travail et ne vous avilisses point en vous y offrant. Je voudrois mesme que vous ne vous y embarquassiés qu'à bonnes enseignes sans sçavoir en quelle sorte ce Monsieur là vous le rendra profitable , car de vous en charger pour ses beaux yeux\ c'est ce que je ne croy pas que vous déviés.

Je suis , Monsieur, vostre , etc.

De Paris, ce xiv juillet i664 \

1 Voici ce que pensait de la trouvaille le calomniateur de Chapelain ( Menagiana , 1. 1 , p. 2 6 3 ) : «Le fragment de Pétrone où est contenu le soupe de Trimalcion étoit à Traw en Dalmatie dans la bibliothèque du docteur Marine Statilio, d'où ayant été tiré l'an 1 66.3 , il parut l'année suivante imprimé à Padoue et à Paris. Le père Mabillon , page 209 de son Iter italicum , dit qu'au mois de mai 1686 le manuscrit de ce fragment étoit à Modène entre les mains de Lorenzo Statilio, fils de Marino. Il est depuis quelques années à la Bibliothèque royale où je l'ai vu tel que Spon le décrit pages 96 et 97 du tome I" de ses Voyages. Cette pièce, n'en déplaise aux Wagenseils et aux Valois, n'est assurémenlpoint supposée. Les expressions barbares qui s'y trouvent y ont été mises exprès pour nous faire connoistre la différence

qu'il y a entre le langage des personnes de quahté et celui des gens de néant. Un valet dans Piaule et dans Térence s'exprime aussi poliment que sou maître. Pétrone, fin et judicieux écrivain, introduisant des gens de la lie du peuple, les a fait parler naturellement comme ils parloient. . . •'

^ Ce voyage à Paris n'a pas été signalé par M. Daunou dans son article Vossius de la Biographie universelle. En revanche, le savant critique révèle, dans cet article, d'après les lettres écrites à Nicolas Heinsius par Vossius, un voyage fait à Rome par ce dernier en 16/12.

^ Cette expression a été retrouvée par M. Littré dans la Place Royale de Corneille , dans les Précieuses de Molière, dans le Démocritc de Regnard , dans les Mémoires de Saint-Simon , etc.

* Le 23 du même mois, Chapelain écrit à Boe-

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

CGVIII.

À M. COLBERT

MIMSTRE D'ESTAT '

Pour ne vous pas faire perdre de bons inomens à la lecture d'un billet qui ne seroit pas tout à fait nécessaire, je vous eusse envoyé celuy que vous escrit M"^ d'Ablancour, sur la nouvelle faveur que vous luy avés procurée, sans raccompagner d'un des miens. Mais ayant à vous informer de lavis que M' de Lionne m'a fait donner que le Roy a voit jette les yeux sur M' l'abbé de Bourzeys, sur moy et sur un tiers que Sa Majesté n'avoit pas encore nommé, pour la revision de l'ouvrage d'un certain seigneur Camillo Lilli ^ dont le sujet est l'origine des roys de France, beaucoup plus ancienne qu'aucun de nos bistoriensne la faitte, il m'a semblé que je pouvois, sans vous fort destourner, servir par mesme moyen de guide à la lettre que mon amy m'a adressée pour vous tesmoigner ma reconnoissance.

Nous attendons, Monsieur, de vous seul la confirmation de cet ordre de Sa Majesté pour lexécuter avec respect et fidélité, pleins de désir que ce travail se rencontre digne de sa matière et qu'il puisse contribuer avec les

vostres à la gloire du Roy et à voslre contentement.

J'ay de plus, Monsieur, à vous avertir que M' Vossius, l'un de ces illustres estrangers auxquels vous avés fait expédier des lettres de change pour la continuation des grâces de Sa Majesté, se trouve présentement à Paris, afin que, si vous jugés à propos de les luy faire toucher dès icy, il les pust recevoir plus tost et n'eust pas besoin de les faire revenir de Hollande, avec perte de finance et de temps. Vous en userés selon vostre prudence accoustumée et me ferés Ihcnneur, s'il vous plaist, de croire que je ne cède à personne en gratitude pour vos bontés ni en passion pour cette vertu solide qui m'a rendu de si longue main , Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xv juillet i66i.

À M. LE FÈVRE

PROFBSSELR EU ÉLOQUENCE, À SACUCR.

Monsieur, par le nouveau présent que vous me venés de faire de vos Poètes grecs et des agréables ouvrages qui les suyvent\ vous

clerus (P a3): «Dans le doute que ma précédente ne soit perdue, je recharge pour vous dire que je ne puis que ressentir infiniment l'honneur de vostre souvenir, et que je ne m'en croirois pas digne si je ne vous en rendois pas icy mille grâces. Cette faveur seule suffiroit et au delà...- Chapelain accable d'éloges son correspondant: r Voslre stile, vostre érudition, vostre sens rendent tout ce qui vient de vous exquis, et si vous faisiés choix de quelques matières historiques pour exercer vos beaux lalens, je ne connois point d'homme entre les lettrés qui leur pust donner un plus haut relief que vous, ni qui les pust manier plus gravement ni plus solidement ad normam velerum scriplorum. Les supplemens de Tile-Live entrepris par feu M' Freinsheniins

luy ont aquis une réputation fort grande et c'est dommage qu'on n'oblige pas le monde de ce qui en reste à donner, que j'ay veu dans une de ses lettres qui estoit achevé, et qui n'attendoit que le secours des imprimeurs pour le publier. Je ne doule point que ce que vous laisscrés voir ne le renviast de beaucoup par dessus cette hardie entreprise. 7î

' Publiée dans le recueil de M. P. Clémenl (t. V, p. 596).

- Ce certain seigneur, dont l'ouvrage resta sans doute .manuscrit, n'est mentionné nulle part.

^ Abrécjé des vies des poètes grecs. Le mariage de Belfegor, nouvelle italienne traduite en français. La Vie de Thésée, traduite du grec de Plutarque en franrois (Saumur, i6(j/i, in-12). Voir un

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

ni'avës descouvert une nouvelle mine de vostre esprit qui m'estoit inconnue et qui ne m'a pas moins surpris que ravi. Je connoissois bien vos richesses grecques et latines, mais je ne croyois pas que vous en eussiés de françoises qu'on leur pûst comparer et je ne me fusse jamais persuadé que vous eussiés ce fonds de re'serve dont vous n'eussiés voulu rien faire jusqu'icy. Nous sommes bien obligés, Monsieur, à nostre excellent ami M' Gonrart et à son ignorance des langues mortes de vous avoir engagé à nous desployer ce que vous valés dans les vivantes et surtout dans la nostre, où je ne voy point que vous cédiés en grâce ni en pureté à pas un de nos meilleurs escrivains, de sorte que je puis vous dire qu'entre vous et M' de Balzac je ne remarque guère d'autre différence sinon que, comme il surprit le monde par son

latin après avoir remporté la gloire de réloquence françoisc , vous ne le surprenés pas moins par vostre françois après avoir obtenu la palme de la latine au jugement de tons les connoisseurs. Je vous en félicite, Monsieur, et vous exhorte à vous conserver l'avantage de ces deux couronnes en donnant au public allernativement de vos productions en l'un et l'autre genre \ la France ayant droit de l'exiger de vous comme vous avés droit d'exiger d'elle plus de considération qu'elle n'a monstre pour reconnoistre vostre mérite. Elle l'auroit fait il y a long temps si mes vœux avoient esté exaucés et si mes offices avoient esté aussi heureux que pressans et sincères. Ce sera quand il plaira à la Providence, mais ce ne sera jamais sitost que le désire. Monsieur, vostre, etc. De Paris, ce xxv juillet i664 '.

compte rendu de ce recueil dans le Journal des Sçavans du la janvier i665. .

' Tanneguy Le Fèvre suivit le conseil de son correspondant et publia, eni6G6, trois volumes in- 12 (Saumur) consacrés à la traduction du Premier Alcihiade de Platon , du Festin de Xénophon, du Traité de la superstition de Plutarque.

- Suivent (f" 26 et 27) diverses lettres de politesse écrites à la duchesse de Longueville, à la duchesse et au duc de Montauzier. Ces derniers sont félicités, l'une de sa nomination de dame d'honneur de ia Reine, l'autre de sa nomination de duc et pair. Quant à la duchesse do Longnegueville. Chapelain s'excuse auprès d'elle de n'avoir pas assisté à la soutenance de la thèse de son fils, le comte de Saint-Paul. Dans une lettre du i3 du même mois, adressée à Heinsius (P 28 v°), Huygens est appelé l'Archimède. On y lit ensuite: «Les livrets de M' Petit le médecin sont polémiques deux au moins contre ceux de luce de nostre cher M' Vossius. C'est un sçavant homme, mais juratus in verha Aristotelis ad nauseam usque et on ne le tireroit pour rien du monde de ce fort là, ce qui ne luy fait honneur que dans les universités esclaves du péripatétisme. J'en suis marri , car je l'aynie beaucoup et c'est un de ceux que

j'indiquay, l'année passée, à M"' Colbeit comme digne des faveurs royales sur les beaux vers latins quej'avoisveu deluy.w Chapelain fait, après cela, un grand éloge de Lionne considéré comme écrivain et aussi comme ministre d'État, «depuis tantost un an qu'il a la principale charge entre les secrétaires des commandemens, c'est-à-dire celle des affaires estrangeres, dont il s'aquite glorieusement, n La lettre se termine par l'éloge de Huet : «Il est présentement à Rouen pour l'édition du 1" volume d'Origene, qu'il a traduit et qu'il illustrera de notes. Ses prolégomènes feront voir ce qu'il vaut dans la critique.» Le 28 août. Chapelain envoie (P 3o v") d'innombrables compliments à ce même Huet, ajoutant: «Je vous plains fort de ia lenteur de vos ouvriers, mais vous vous y estes deu attendre et par l'humeur de ces gens là et par la nature de ces ouvrages. En imprimant on accouche une seconde fois et plus douloureusement que la première par les longs chagrins que cette sorte de travail porte nécessairement avec soy. Cependant il les faut dévorer ces chagrins, si l'on veut que l'édition ne réussisse pas défectueuse, comme vous avés veu nostre M' Bochard se plaindre qu'estoit sa dernière pour n'avoir pas esté présent à l'impression. Si vous

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

À M. D'A>DILLY

CONSEILLER DU ROT EN TOCS SES COSSEILS , À PORT-ROTAL.

Monsieur, Dieu a permis qu'une chose que nous appréhendions il y a si long temps soit arrive'e , et la dissipation de ces saintes âmes a esté faitte à la veûe du public el avec un grand murmure de tous les désinteresse's qui n'ont pu comprendre que l'on s'y soit pu résoudre sur de si foibles fondemens'. L'on a admiré la constance et la résignation de ces vertueuses Glles et l'on n'a pas moins admiré la vostre dans un interest aussi sensible que celuy que vous aviés en elles \ Ce sont, Monsieur, des effets de la surabondance de la Grâce, qui vous a fait soustenir courageusement tant d'autres attaques sans y succomber et qui vous prépare une couronne de justice aussi bien qu'à elles qui ne flestrira point dans le seul royaume dont la durée est éternelle. Je loiie Dieu de vous voir en une assiette si ferme et en un estât si digne d'estre envié par ceux qui connoissent

abandonnés la vostre à la discrétion des correcteurs à gaiges, pour passer l'hyver plus commodément chés vous, j'ay peur que vous n'ayés sujet de faire les mesnies plaintes, et que vous ne perdiés le mérite de ce que vous avés si bien fait. Mais vous estes prudent...» Cette lettre à Huet a été publiée dans le Bulletin du bouquiniste de septembre 1878 (p. 3ii et 812) par M. Gustave Masson, d'après l'autographe conservé au Bi-itish Muséum (vol. 21,01/1, fonds additionnel ).

' Voir, dans le Port-Roijal àe M. Sainte-Beuve (t. IV, p. 2o6-2i5), le récit de ia journée du 36 août i66Zi, où l'archevêque de Paris joua le principal rôle.

* Rappelons que M. d'Andilly comptait parmi les religieuses exclues de Port-Royal, outre sa sœur, la mère Agnès, trois de ses filles, «parmi

les véritables biens ^ et je le prie de nous donner la mesme force pour mériter les mesmes faveurs.

De Paris, ce xxviii aoust i66i.

À M" L'ÉVESQUE D'ANGERS

À ANGERS

Monseigneur, je vous raffraischis peu t eslre une douleur très sensible en vous tesmoignant celle que j'ay sentie dans ce qui s'est nouvellement passé au Port Royal de Paris en la personne de mesdames vos niepces et de quelques autres religieuses de ce monastère. Mais vous pardonnerés aisément au zèle qui m'attache à vos interests ce mouvement dont je ne suis pas le maistre et que je ne pourrois retenir sans violence el sans manquer à ce que je vous dois. Je ne murmure point dans cette occasion qui a tant choqué le public par ce que je révère la Providence que je veux croire qu'elle n'a permis que pour en tirer un plus grand bien et que j'espère qu'après avoir soulfeit qu'il se commist, Elle y remédiera par sa justice. Vous

lesquelles,» dit Sainte-Beuve (p. 208), cria sœur Angélique de Saint-Jean , la première du cloître pour le mérite, ia vigueur d'âme et le caractère. 1

^ M. Sainte-Beuve dépeint ainsi l'attitude de Robert Arnauld (p. 207 et 208) : «A la descente du carrosse, M. d'Andilly, qui fut en celle journée comme le maître des cérémonies du côté du cloître, et le chevalier d'honneur de ces saintes filles, se jeta à ses pieds en lui disant qu'il était bien malheureux d'avoir vécu soixantequinze ans pour voir ce qu'il allait voir. L'archevêque le roleva, l'entretint quelques instants et passa outre.» Et, un peu plus loin (p. 210): ffM. d'Andilly se trouva à la sortie des religieuses, comme il s'était trouvé à l'entrée de Tarchevéque. Ce furent de sa part de nouvelles scènes... »

estes si sage, Monseigneur, que je laisse vostre consolation à vostre propre vertu et me contente de vous assurer que je ne mets point de différence entre vostre affliction et la mienne, et que je suis en cela pour vous tel que vous le sçauriés souhaiter de riiorame du monde qui est le plus à vous.

De Paris, ce ni septembre i664 '.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

ccxn.

À M. COLBERT

MISISIBE D'ESTAT,

Page 1