À STRASBOURG
Monsieur, c'est me faire une grande grâce que d'en vouloir trouver dans mes lettres. qui sont tousjours escrittes sans soin et qui n'affectent que de se faire entendre avec les termes les plus simples et les plus naïfs que leur fournissent ma candeur et ma sincérité. Je reçois aussi ce que vous m'en dites, sinon comme vostre véritable sentiment , au moins
comme l'effet de la disposition où vous estes d'interpréter favorablement mes intentions et de donner prix à tout ce qui vient de moy, quelque peu de cas qu'il mérite qu'on en face. En récompense je vous devrois bien faire un grand éloge de vostre stile si clair et si élégant, et je le ferois mesme si je ne craignois de lu y faire tort en luy donnant des louanges si peu proportionnées à son excellence. Il vaut donc mieux, Monsieur, vous remercier de l'éclaircissement que j'avois souhaité touchant l'édition de Polybe que vous médités, et à laquelle vous trouvés si peu de correspondance de la part des imprimeurs qui seroient felices nimium sua si bona nossint^ et qii'ils sceussenl connoisfre Ihonneur qu'ils s'en pourroient faire et le profit qui leur en reviendroit.
Nous esprouvons la mesme supinité * en nos libraires de deçà poiu' les grandes et solides entreprises. L'esprit des Avences , des Estiennes, des Turnebes et des Vascosans * n'anime j)lus la presse , et lorsqu'il s'agit de mettre au jour quelque ouvrage des Anciens ou en langue ancienne, aucun deux n'y veut mordre, et ils ne prestent l'oreille qu'à des traductions en langue vulgaire , à des comédies, ou à des romans , parce que nostre Cour est ignorante et qu'elle n'achepte que de ces bagatelles là. Ils s'excusent encore sur leur
' Le 99 décembre, Chapelain raconte sa noaladie à M. de Grentemesnil (f 4 9). Il est intarissable dans les descriptions les plus intimes, les plus étranges. La lettre est à signaler aux amateurs de curiosités médicales. Cbapelain y parle de son médecin, M. de Préaux, et aussi de M. de la Chambre , médecin onlinaire du roi.
- lious avons déjà trouvé dans une autre lettre cette citation du vers de Virgile.
^ En latin supinitas , qui , en un sens figuré , se prenait pour stupidité. Le mot supinité manque à tous nos dictionnaires.
* La glorieuse dynastie des Estiennes (1/160iGSo) est trop connue, surtout depuis les beaux
travaux de MM. Firmin et Ambroise Didot, pour qu'une note sur eux ait la moindre utilité. .Adrien Turnèbe, tant vanté par Michel de Montaigne, a été récemment, de la part de M. Leguay, conseiller à la cour de Rouen, l'objet d'une intéressante monographie. Michel Vascosan, né à Amiens vers j5oo, mort à Paris en 1576, a été un des meilleurs imprimeurs du xvi° siècle. Mais il m'est impossible de dire ce que sont les Avences qui figurent en tète de l'énumération de Chapelain. Sommes-nous en présence d'un nom mal reproduit? Un bien savant ami, M. Ch. Defrémcry, croit qu'il faut lire Ascensos et qu'il s'agirait, en ce cas, de Badius Ascensius.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
pauvreté, ainsi que les vostres, et sur la cessation presque entière de leur commerce depuis la desroute de nos financiers qui a fait fermer les bourses et enterrer la finance et qui a mis cette sorte de marchandise au rebut.
Vostre Germanie se pique davantage du vray sçavoir et Basle, Strasbourg, Francfort et Auxbourg ont ressuscité une inGnité de rares productions en toutes sortes de sciences, qui font maintenant la principale richesse de nos cabinets , et je ne désespère pas qu'elle ne se resveille pour suyvre les traces des Commelins et des Frobens ' désormais qu'elle jouit d'une paix si profonde. Je voudrois que vostre Polybe fust le premier qui parust sur les rangs, et qu'il vous servist à tcsmoign?r vostre gratitude en luy addressant aussi bien cette nouvelle édition que M' Casaubon fit l'ancienne à Henri le Grand , son ayeul '. Il y auroit plaisir mesme de voir à la teste de ce volume deux grands hommes célébrer dans leurs dédicaces comme à l'envy les vertus de deux grands monarques et vostre éloquence s'y monstrer autant supérieure à celle de M' Casaubon que l'éclat de nostre prince Tenqiorte sur celuy de son grand père.
Vousvoyés, Monsieur, que j'entre dans vostre sens pour ce qui regarde l'addresse de ce livre royal au Roy, et je n'adjousleray à cela autre chose sinou que je feray sçavoir vostre destination à M' Colbert qui vous en sçaura gré et qui ne manquera pas d'en informer Sa Majesté pour luy faire aimer ses grâces, voyant combien elles sont raisonnablement employées en un tel sujet que vous. Ne perdes point cependant d'occasion
d'exécuter vostre projet et assurés vous que personne ne le fera valoir icy plus soigneusement, Monsieur, que vostre, etc.
De Paris, ce n° janvier i6G5.
A M''" KEVKSQUE DE VEi>CE,
\ VENGE, EN PKOVENCE.
Ce seroit à moy à vous faire le compliment que vous me faites, de me fier bien en vostre amitié, pour demeurer si longtemps muet sans craindre que mon silence me face tort auprès de vous. Je ne vous le feray pas néanlmoins, nostre union estant trop ancienne et trop estroitte pour avoir besoin d'estre entretenue par des complimens. Je suppose tousjours que vous jugés de moy en cette matière comme je fay de vous, et que quand je ne reçoy point de vos nouvelles, c'est par toute autre raison que par manque de volonté de m'en donner et par manque de cette tendresse inaltérable qui a fait une mesme chose de nos cœurs. Je croy ou que vous preschés ou que vous composés des ouvrages immortels, ou que vous défendes vos droits contre les petits tirans de vostre province, lesquels on nous a dit qui vous tracassent rudement; et je ne pense jamais ni que vous m'avés oublié, ni que vous m'aimes moins que quand vous nous quiltastes.
Si vous pensés, de vostre costé, que mes infirmités me font passer une vie languissante, que je suis travaillé de la gravelle et peut eslre de la pierre, que je plaide mes infidelles débiteurs, que je pleure la mort de mon généreux prince , que j'employe tout
1 Jérôme Commelin, né à Douai, s'établit à Heildelberg et y donna un grand nombre d'éditions grecqnes et latines fort estimées. 11 mourut en 1697. Jean Froben, fe grand ami d'Erasme, mourut en 1527, à Bàle, où il s'était établi en rJ^APBLAI^. — 11.
1/191. Il est surtout célèbre par ses éditions des OEuvres des Pères de l'Église.
2 Voir l'analyse faite par M. Charles Nisard de la belle épitre dédicatoirede Casaubon à Henri IV {Triumvirat littéraire, etc., p. 37/1-379).
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
ce qui me reste de jours à l'accomplissement du tableau de ma Pucelle, et que, si je vis encore deux ans, elle pourra se laisser voir de son haut, si, avec tout cela, il ne vous vient point de soupçon que je sois moins ardent et moins zélé pour vos interests, moins rempli d'affection pour vostre personne, vous pensés tout ce qui en est et vous ne me faites que rendre la justice que je vous ay rendue.
Je suis ravi d'apprendre que vous avés rais la dernière main à vos Fastes ' et je vous félicite de la nouvelle gloire quils vous vont apporter. Je feray l'office que vous m'en chargés auprès de nostre ami le sédentaire " que je ne croyois voir de ma vie en aussi bon estât qu'il est depuis cinq ou six mois, ou plustost en un aussi peu mauvais. A ses jambes près , qui ne luy servent non plus que s'il n'en avoil point, il est tout comme un autre
homme, beuvant, mangeant, dormant, escrivant, conversant avec autant de liberté qu'il a jamais fait. S'il a eu de vos lettres par ce courrier, vous vous appercevrés de ce que je vous dis par sa response, mais qu'il n'en a pas esté ainsi de la pauvre M"" la comtesse de Grignan, laquelle, après une langueur de plus d'une année, enfin a quitté la vie pour en aller gouster une plus heureuse ^. comblant son illustre famille de tristesse et de désolation. Je ne vous dis rien de ce que vous avés à faire en cette funeste rencontre. Vous ne négligerés jamais les devoirs essentiels et vous aimés trop de si excellentes personnes et en estes trop aimé pour avoir besoin qu'on vous excite à leur tesmoigner vostre douleur. Pour moy, je ne m'en puis remettre.
Je suis tout à vous.
De Paris, ce ii janvier iGG5*.
' Les fastes de l'Église pour les douze mois de l'année (en vers, Paris, 167^, in-12).
^ Valentin Conrart.
^ ADgélique-Aiice d'Angennes, sœur de li princesse Julie, mourut à Paris, le 2a décembre i66i , et fui inhumée dans la chapelle des Carmélites de la rue Sainl-Jacques, où devait la rejoindre à la fin de l'année suivante la marquise de Rambouillet , sa mère. Elle avait été mariée , le 3 7 avril 1608, avec François Adhémar de Monteil, comte de Grignan , chevalier des ordres du roi et sou lieutenant général au gouvernement de Provence. M"" de Sévigné, dans une lettre à M. de Pomponne du 3.5 décembre 1 66i , annonce en quatre mots la nouvelle du décès de la première des trois femmes de son futur" gendre : «M"'° de Grignan est morte. 1 Le U décembre 1C68, dans une lettre à Bussy, M"'" de Sévigné plaisante ainsi sur le double veuvage de celui qui allait épouser la plus jolie fille de FroHce: «Toutes ses femmes sont mortes pour faire place à votre cousine, et même son père et son fils, par une bonté extraordinaire. 75
^ Le i5 janvier i()65, Chapelain (f° ii5 v") écrit à Vossius, qui était de retour à la Haye:
«Je ne pouvois recevoir de plus agréable nouvelle que celle de vostre arrivée chés vous en santé après une pérégrination si longue et par un temps si fascheux. J'en loue Dieu de tout mon cœur. . . J'appris de vos nouvelles par vos amis de Caen oîi vous ne parustes que comme un éclair et où vous laissastes autant d'admiration pour vous qu'on n'y en a eu de la comète à propos de laquelle je sraurois volontiers si on l'a observée en Hollande mathématiquement comme on a fait icy. .Nostre excellent M' Huggens l'a deu faire au menu luy qui a de si cxcellens inslrumens pour cela et une sagacité encore plus excellente. . . Souvenés-vous^ je vous prie, de mettre avec les premiers livres que vous pourrés envoyer de deçà tout ce qui a paru de vous et de vos adversaires en Hollande sur la Bible des Septante et sur vostre traitlé De i^nc et /ute, j'entens les répliques et les dupliques, car pour les premières pièces qui ont donné lieu à la contestation, je les ay soit par vous, .soit par nos libraires. Dans une longue lettre de M' Graindorge, il me parle de vous touchant vostre ouvrage De igiw et luce avec une estime très grande, et proteste n'avoir estrit contre que pour s'expliquer de ses sentimens
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
À M. COLBERT
BlINISTEE D'ESTAT,
À paris'.
Monsieur, vous trouvères avec celte lettre quatre nouvelles feuilles de cette traduction allemande dont vous en avés desja veu deux , et, par cette suitte, vous aure's la satisfaction de voir la beauté de vostre entreprise du commerce publiée avant peu dans toutes les provinces du Nord ", et célébrée auprès de tous ces peuples par des éloges d'un style qui ne contribuera pas peu à vostre gloire aussi bien qu'à l'avancement de vostre dessein, à propos duquel, et pour son utililé mesme, trouvés bon. Monsieur, que je me donne l'bonneur de vous informer d'une affaire qui n'y a pas une petite relation.
Feu M' d'Ablancour. après l'édition de ses apophtegmes \ sollicité de traduire la des-
anciens sur celte matière par l'occasion que vous hiy en avés donnée, tousjours prest de céder à la vcrilé quand elle iuy sera monslrée , ne cherchant qu'elle seule el la devant tousjours embrasser de quelque part qu'elle iuy vienne. Conservés-vous bien, travaillés tousjours pour vostre fjloire et pour l'utilité publique...»
^ Imprimé dans le recueil de M. Clément (t. V, p. 597 et 598). Réimprimé dans le Perrot d' Ablancourt de M.R. Kerviler(i877, p. 82-84).
^ Il s'agissait de la traduction des Patentes et déclarations pour l'établissement du commerce dans les Indes orientales, conûée à Jean-Christophe VVagenseil (né à Nuremberg en i033, docteur en droit de l'université d'Orléans, professeur de droit et d'histoire à Altorf à partir do 1667, mort en cette dernière ville le 9 octobre 1705). Nous retrouverons souvent le nom de Wagenseil dans les lettres suivantes.
* Rappelons que Nicolas Perrot d'Ablancourt était mort le 1 7 novembre 166/1 et que ses Apophtegmes des Anciens avaient paru en cette même nnùée.
* Louis Carajaval de Marmol , né à Grenade on
cription géographique et historique de l'Affrique , composée par Marmol *, me demanda avis s'il le devoit entreprendre. Dans la veiie que j'eus dèslors que ce travail pourroit servir à vos intentions pour le commerce, je le Iuy conseillay, et, sur le doute qu'il avoit d'y réussir à cause qu'il ne possedoit pas si bien la langue espagnole que les anciennes, je l'y résolus en ni'engageantà Iuy applanir les mauvais pas qu'il y rencontreroit et h revoir l'ouvrage quand il l'auroit fini. Durant tout le travail, il m'a communiqué tout ce qui l'y arrestoit, et il s'y est réglé sur les explications que je Iuy ay fournies. Il estoit mesme sur sa revision, quand il fui attaqué du mal qui nous l'a fait perdre, ce qui le (it penser à disposer de son bien par un testament dans lequel, entre autres, -il chargea un advocat nommé Ricbelet du soin de l'impression, sous la conduite de M'Gonrart el sous la mienne ^ ; el je ne doute point
ne sait trop en quelle année , mourut aune époque qui n'est pas moins incertaine. H nous apprend dans le prologue de la Primera parle de la Descriplion gênerai de y4/nca ( Grenade, 1 670, in-fol.) qu'il avait suivi Charles-Quint dans son expédition contre Tunis en i536 et qu'il resta prisonnier des Maures pendant près de huit années. Le président de Thou (livre VU) s'est trompé en faisant naître Marmol à Séville, mais il a eu bien raison de le présenter comme un fidèle historien, * Sur Pierre Ricbelet, alors âgé de trente-trois ans, voir la lettre CXI de ce volume. Voici le paS' sage du testament de d'Ablancourt relatif à la traduction do Marmol, testament daté du 5 octobre 1 66/1 et publié par M, R. Kerviler dans la notice déjà citée : " J'ay traduit Marmol, mais comme je n'ay pas achevé d'en revoir la traduction, j'entens qu'elle soit mise entre les mains de M. Richelet qui la reverta et tirera de mes libraires les cent pistoHes et vingt-cinq exemplaires qu'ils son t obligés de me fournir en la leur mettant entre les mains; lesquelles cent pistolles il retiendra pour Iuy, de mesme quelque peu d'argent qu'il peut avoir à moy ;etpour les vingt-cinq exemplaires, il les dis- ItS.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
qu'il n'y eust adjouslé sous celle de M' Patru , ancien advocat et son ancien ami , s'il n'eust -sçeu qu'il n'avoit pas connoissance de la langue de cel aulbeur\
Pour l'exécution de sa volonté, il ordonna plus d'une fois au neveu qu'il avoit auprès de luy*, et la dernière en mourant, de remettre au plustost sa traduction entre les mains de M' Gonrart, comme de son très intime ami et de celuy qui auroit plus de loysir pour vaquer à la publication de l'ouvrage. Depuis, songeant que iM' Frémont, son autre neveu, qui sert en Portugal \ pourroit estre plus propre que M^ Riclielet pour cette édition, il nous prie, \r Gonrart et nioy, par une espèce de codicille signé et datte de sa main, de luy en commettre la charge, s'il estoit de retour avant que l'impression en fust commencée*, supposant tousjours que la copie en seroit remise à M' Gonrart.
jVP d'Ablancourt estant mort dans cette volonté, un intrique ' domestique pour en
empescher l'effet a fait intervenir M' Machaut, intendant de la province ^ sous couleur du service du Roy, lequel s'est saisi de l'ouvrage pour vous l'envoyer par un M' Morel , secrétaire du Roy ', qui dit vous l'avoir présenté et l'avoir vu à quelques jours de là sur la table de vostre cabinet, encore cacheté.
M' le duc de Montauzier vous a entretenu de cette affaire, de laquelle il me vint parler avant hier, me pressant de vous éclaircir de ce détail. a(in qu'il vous pleust nous donner cet ouvrage pour en baster la publication et pour en diriger l'impression. G'est, .Monsieur, ce que je fais par celte lettre qui m'a semblé plus propre à vous informer de la chose qu'un entretien de vive voix, au milieu de la foule des affaires tout autrement importantes qui vous occupent.
Quant à linterest que peut avoir M"^ Ricbelet à cette édition , encore que nous nous croyons obligés d'en prendre soin pour satisfaire à l'amilié que nous avons eiie pour
tribuera à mes amis. 55 On voit qu'il n'est là nullement question de la surveillance que Chapelain et Gonrart devaient, d'après le correspondant de Golberl, exercer, selon le voeu de l'auteur, sur l'impression du Marmol. Il faut rapprocher du testament de d'Ablancourt une lettre qu'il écrivit à Golbert, au sujet de la traduction de la Description générale d'Africa, le 7 juillet i66'i, et qui a été publiée par M. P. Clément (t. V, p. 5oo). ' M. Kerviler a rappelé (p. 81) que l'idée de la tiaduclion de Marmol avait été sugj'érée indirectement à d'Ablancourt par Gomberville et par Juste! , «qui prièrent M. Palru,» rapporte celuici {Œuvres, p. Sgi), wd'en parler à son ami, qui entreprit très volontiers ce travail en faveur de deux hommes si illustres et qu'il avoit en grande estime.n L'abbé Jolly, chanoine de Dijon
{Eloges de quelques auteurs fr a
•jU-2
in-8°
p. 1 7 8 ) , assure que Palru revit tout le travail avec beaucoup de soin.
' Le fds aîné de M"' d'Ablancourt, sœur de Perrot.
^ Nicolas Frémont d'Ablancourt, d'abord ambassadeur en Portugal, puis résident à Strasbourg. A la suite de la révocation de l'édil de Nantes (i685), il se retira en Hollande, où le prince d'Orange le nomma son historiographe. Il mourut à la Haye en 1698, selon M. P. Clément, vers i(3(j'i selon le Diclionnaire de M. Lud. Lalanne. On a de lui les Ménwires concn-nant l histoire de Portugal (1701, in-ia).
* Nicolas Frémont était de retour en France quelques semaines plus tard, comme nous le verrons dans une lettre suivante.
^ Cette forme et ce genre du mot intrigue se trouvent dans les premières pièces de Corneille.
* Louis de Machaull fut intendant de la généralité d'Amiens de i665 à t666.
' Daniel Morel, secrétaire du Roi, maison, couronne de France et des finances de Sa Majesté. Voir une lettre qui lui fut adressée par Golbert, le 34 septembre 1C82, dans le recueil de M. Clément (t. II, p. 208). Morel était alors «maître de la chambre des deniers du Roi.n
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
luy et que nous continuons à sa mémoire, nous ne prétendons point que M, Richelet y souflVe aucune perte, et nous consentons que le présent que j'avois mesnajré pour le défunt, auprès des libraires, demeure entier à celuy cy suivant le testament, nous contentant dexécuter Tintention du testateur et de tenir la main à ce que l'édition de l'ouvrage en soit plus parfaitle. Or, Monsieur, comme pour conimencer, les libraires n'attendent que le manuscrit \ nous espérons que sur cet exposé de Testât de l'affaire vous nous ferés la grâce de nous le faire prontement mettre entre les mains , dans l'assurance que nous sommes incapables de vous rien dire en
' L'ouvrage fut imprimé sousce titre : L'Afrique de Marinol, de la traduction de Nicolas Perrot, sieur d' Ablancourt , divisée en trois volumes, et enrichie des cartes géographiques de M. Sanson, géographe ordinaire du Roy, avec l'histoire des chéri/s, traduite de l'espagnol de Diego Torrès, par le duc d'Angoulcsme le père [Charles de Valois], revue et retouchée par P. H. A. [Pierre Richelet, avocat]. A Paris, chez Louis Billaiue, en la grand* salle du Palais, à la Palme et au Grand César, 16G7, trois volumes in-A°. L'édition est dédiée Au Ruy par Fremonl d'Ablancourt. L'aut !ur de Y Avertissement nous apprend que Tinipression dura quinze mois, mais il ne nomme point ceux qui avaient pris soin de l'édition, parce que la liste en aurait été trop longue : «Tant de gens,r dit-il, «fse sont intéressez en celte affaire...?) Dans l'article Richelet du Moréri, on signale le concours de Conrart, de Patru, et l'on ajoute que Richelel «sur les difficultés de la langue espagnole prit les avis de Chapelain, qui se chargea d'éclaircir les plus obscures.?)
- Le lendemain, Chapelain (P 68) reparle au docteur Graindorge de Gassendi, dont le nom est devenu un liait d'union entre eux. 11 lui parle aussi del'amitiédeHuetqui leur est commune. Il célèbre le grand mérite de son nouveau correspondant : «rJe ne puis. Monsieur, que loiicr el qu'admirer le courage qui vous a fait prendre de si hautes visées et je voy bien que, selon l'élévation de vostre esprit,
cela que de vray, et dans le pouvoir où nous sommes, si vous l'ordonnés, de le justitlier par les pièces.
Pardoimés, Monsieur, h la longueur de cette narration, que j'ay abbregée le plus qu'il m'a esté possible pour n'abuser pas de vostre temps si précieux, et faites nous, s'il vousplaist, la faveur de nous faire avertir de la résolution que vous aurés prise là dessus et des ordres que vous aurés donnés, pour nous y conformer et sousmettre; nous vous en serons tous deux sensiblement obligés , et moy en particulier. Monsieur, comme
De Paris, ce xvui janvier i665^.
il n'y scauroit avoir que l'univers entier qui puisse servir d'objet à vostre ame.n Dans une lettre à Spanheim, du 20 du même mois. Chapelain (P 49 v") remercie le gouverneur du jeune prince palatin de son ouvrage sur les médailles {Dissertationes de prœstantia etusu mmismatum antiquorum, Rovae, 166 4, m-W), disant avec bonne humeur : 'rQue si l'Erizzo et le Vico s'en trouvent effacés et surmontés, il faudra qu'ils s'en consolent sur l'ulilité qui en reviendra au public pour lequel ils ont si bien travaillé.» (Voir sur l'ouvrage de Spanheim un article du Journal des savants du 2 février i665.) Chapelain demande ensuite au docte critique le «Lucain de S. Altesse électorale, vostre généreux prince si amateur de ce grand poêle, aussi bien que Joseph Scahger et Hugues Grotius. Car vous devés maintenant avoir tiré de toutes les biblioteqiies de delà les monts tout ce qui pouvoit servir à le rendre plus pur et plus parfait... Mandés-nous, je vous prie, en quel estât est cette affaire, et quand on peut espérer d'en voir la fin, quelles illustrations vous y avés adjoustées. . . Je sçaurois aussi volontiers ce qu'est devenu le reste des supplemens de Freinshemius et quand on peut s'attendre qu'il paroistra. Cet excellent hommS esrrivant à un de ses alliés sur cette matière, peu de jours avant sa mort, l'assuroit qu'il n'y avoit que l'avarice des imprimeurs qui en empeschast la publication. J'ay une copie de sa lettre où il
LETTRES DE JEA.N CHAPELAIN
À M. C0>R1ISGIUS,
PBOFESSECR DE MEDECISÏ EX L'ACADÉMIE JCLIBSNE . À HELMSTAD.
Monsieur, dans le doute où est M'Golbertet où je ne suis pas moins que luy si vous avés receu la marque d'estime que le Roy vous a donne'e depuis trois ou quatre mois par son crédit auprès de Sa Aiajesté et sur mon tesmoignage, j'ay tenu à grand bonheur l'offre
que m'a faitte M. Vaglienseil, l'une des lumières de vostre sçavanle Allemagne, de me faciliter le moyen de nous en esclaiixir par ses soins. Je profite donc de sa courtoisie premièrement afin de vous assurer par moy mesme que le seul ouvrage De gennanicorutn corporum habitu, etc.. que j'avois veu de vous il y a plusieurs années , m'en avoit laissé une si avantageuse opinion que je souhaitay deslors d'avoir lieu de vous tesmoigner le cas particulier que je faisois de
louoit fort l'édition de Flonis du pauvre abbé de la Molhe le Vayer qui nous a aussi abandonné dans la fleur de son âge. Conservés vous bien et que par votre soin nous ayons en vostre personne de quoy réparer ces grandes pertes augmentées par celle que nous venons de faire de ^L d'.\blancour, nostre cher ami et l'honneur de la France en matière de traduction. Je ne sçay s'il est particulièrement connu de vous, mais je sçay bien qu'il estoit fort digne de l'estre. ..» Le a8 du même mois, Chapelain (f 5o v") exprime à Hoinsius le plaisir qu'il a eu d'apprendre' que «les diverses leçons de Virgile exiraittes d'un vieux manuscrit par M. Medon-" lui fussent enfin parvenues. Il ajoute qu'il est fort obligé à M' Scheffcrus de l'envoi de ses derniers ouvrages et il continue ainsi : ttCe que vous me dites de la seconde édition qu'il médite de son Iraittc De re navali notablement accru me console de n'en avoir peu rencontrer icy à acheter... M' Vossius, en nous quittant, alla visiter M' Bochart, son ancien ami, avec les autres scavans de Caen, et de là par la Picardie et la Flandre il s'est rendu heureusement à la Haye, d'oij il me fait sçavoir son arrivée. Je l'en ay remercié par M' de Beuning que nous avons en cette Cour depuis un mois pour la grande affaire qui Ta fait choisir entre tant d'autres comme le plus capable d'en faire réussir la justice auprès de nous. Rien ne me pouvoit estre plus agreablo que cet envoi qui me fait quelquefois joiiir de son entrelien lousjours délicieux et tousjours utile... J'aflens vostre jugement sur cette édition de Diogène Laerce dont je voy tant de monde si peu satisfait, que celle d'Aldobrandin en commence à estre
plus recherchét'. . . Mais d'où vient que vous ne me parlés point de la comète qui a paru icy dès le commencement de décembre et en tant d'autres Houx à la fin du mois d'octobre ?'î Le 7 février i66i. Chapelain (P ôa v°) écrit à Huet : «... Je vous plains fort de celte fluxion, car d'avoir les yeux attaqués c'est le plus grand des maux à un homme d'estude et d'excellente estude comme vous... Vous réservés donc l'apologie d'Ongène contre Celsc pour le deuxiesme volume, à quoy il n'y a rien à redire, puisque vous l'avés trouvée dans cet ordre. . . et que de bien plus habiles que moy aux deux langues ne marchandent point à condamner comme fort mauvaise. Je voudrois au moins que vous fissiés un extrait des passages où il a traduit soit infidellement , soit obscurément, et que dans les notes vous les missiés avec leurs légitimes sens et les rendissiés aussi intelligibles que tout ce qui vient de vous. Car je ne suis pas de vostre avis que ce seroit luy faire tort d'en user ainsi , croyant au contraire que ce seroit faire tort au public de ne le pas faire, et d'authoriser par le silence un travail qui luy imposeroit, si les défauts n'en estoient descouverls et redressés. . . Puisque vous avés veu l'escril de M' Auzout touchant la comète, je n'en grossiray point mon paquet. ..n Voir sur M. Auzou et la comète le Journal de» teatam du a 6 janvier i665. L'article est intitulé : De la Comète et remplit presque tout le numéro, qui est le quatrième, le premier ayant pam le lundi b janvier i665. Citons aussi sur la comète une lettre de M"" de Sévigné du 17 décembre i664 (p. ^70 du tome II de l'édition des Grands éa-ivains de la France).
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
vostre stile el de vostre érudition '. Je fus confirme dans ce désir par l'approbation dans laquelle je vous vis auprès de M' de Lionne, l'un de nos deux ambassadeurs extraordinaires à la Diète de Francford, et enfin j'eus le moyen de le salisfinre lorsque Sa Majesté ayant résolu dhonnorer de ses grâces les personnes éminentes en sçavoir de (juelque nation qu elles fussent , sur l'ouverture que luy en fit M' Golbert, ministre d'Estat et général intendant de ses finances, je fus consulté par cet excellent homme sur ceux que je croyois dignes de sa recommandation, se confiant en ma sincérité et ne m'en estimant pas un tout à fait mauvais juge. Je luy en fis, Monsieur, un dénombrement fort ample, liiy oxplicant les talens de chacun des François, des Italiens, des Espagnols , des Allemands , des Anglois , des Hollandois, des Polonnois. et entre tous je vous avoue que je n'appiiyay sur aucun davantage que sur vous comme sur l'un des habiles lettrés qui faisoient honneur à leur siècle, et qui raéritoienl d'esti-e considérés par Sa Majesté dans la distribution de ses bienfaits. Vous fustes dès lors compris entre les élus, et si,, dès l'an passé, vous n'en eustes pas des preuves, cela n'arriva que parce qu'ayant esté quelque temps incertain si vous viviés encore ^ et si vous n'aviés point changé de demeure, la grâce demeura suspendiie jusques à ce que nous eussions pu avoir éclaircissement de tout.
Enfin, l'ayant eu par mes diligences, et M' Golbert s'en estant rapporté à moy, il fit expédier la lettre de change pour vous estre payée à veue et il voulut l'accompagner d'un
billet de luy autant significatif de sa rare civilité que de la munificence royale. Toutes deux vous doivent avoir esté transmises par la voye de M' Erinx, fameux banquier de Paris, lequel m'assura, en les luy metlant entre les mains , que le paquet vous seroil prontement et fidellement rendu, aussi bien que d'autres semblables que je luy avois confiées (sic) l'avoient esté à M" Bœclerus et Hevelius à mesme titre.
Je veux me persuader, Monsieur, que sou soin n'aura pas esté moins heureux pour vous que pour eux , mais coujrae vous estes le seul qui n'ayés pas accusé la réception de la grâce, l'inlerest que je prens à cette af-. faire, dont j'ay esté le promoteur et suis le garant envers Sa Majesté et M' Golbert. m'ayant tenu en peine depuis quelque temps . j'ay pensé devoir user des offices que M' Vaghenseil me vient faire de m'en tirer par les amis qu'il a en vos (piarliers et de vous escrii-e mesme directement pour cela. J'en ay usé volojitiers pour avoir moyen de dégager ma foy envers M' Golbert et la sienne envers Sa Majesté qui se sont aussi bien remis à moy de ces diligences, qu'ils s'estoient confiés en ma pai'ole quand je leur descouvris voslre vertu. J'en ay usé encore pour vous faciliter le moyen de leur tesfnoigner vostre reconnoissance, si vous avés receu la faveur, ou de vous la faire toucher par de seconds ordres, si la Fortune a fait périr le paquet en chemin.
Quant à ce qui regarde vostre reconnoissance, je n'ay rien à vous dire de la manière que vous tiendrés afin de la leur faire paroistre, vostre ame estant trop noble pour
' De Germanicorum corporum habitus anliqui ac novi causis (Helmstadt, iGi5, in-i°). Cet ouvrage, réimprimé en 1602, en 1666 et enfin en 1727, est, selon la Biographie imiverselle, «un des meilleurs qui soient sortis de la pfumo de Conring. Il a exigé d'immenses recfiercfies et les
réflexions de l'auteur sont presque toujours judicieuses. ■« L'article de la Biographie universelle abonde en renseignements curieux sur les nombreux ouvrages de Conring.
^ Conring n'avait pas encore soixante ans. Il ne mourut que seize ans plus tard.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
avoir besoin d'y estre portée par autre que par elle-mesme , et l'e'le'vation du bienfacteur et la générosité de son Ministre attirant toutes seules le ressentiment qui est deu à leur bienfait. Ce que je croy vous devoir dire , c'est que pour vous en aquitler dignement d'une façon digne d'eux et de vous, où voslre gratitude estant sousleniie par vostre éloquence, il soit mal aisé de juger laquelle sera la plus grande des deux. Ces autres Messieurs qui ont receu le mesme traittement ont adjousté à leurs actions de grâces les compositions qu'ils avoient faitfes pour orner les biblioteques de leurs bienfacteurs; la pluspart mesme se sont engagés à mettre le grand nom du Monarque à la teste de celles des leurs qu'ils publieront à l'avenir et estimeront mériter de luy eslre consacrées. Je laisse l'un et l'autre à votre prudence sans vous rien prescrire ; je vous prie seulement de prendre ce que vous avés leu dans toute cette lettre pour une marque certaine de l'aflection que j'ay depuis si long temps pour ce que vous valés et de la passion avec laquelle je veux tousjours estre , Monsieur, voslre, etc.
De Paris, ce viii février lOG") '.
Si vous me respondés et que vous m'envoyés vos lettres pour Sa Majesté et M' Colbert, vous le ferés, s'il vous plaist, par le mesme banquier de vos quartiers qui aura aquitté la lettre de cbange et qui envoyra voslre paquet par ses addresses h M' Erins , banquier, demeurant à Paris, rue Salle au Conte, derrière S' Leu S' Gilles, pour me le remettre entre les mains.
À M. COLBERT
MINISTRE D'ESTAT ET WTESDSXT CÉSÉliAl DES FI\AXCES , À PARIS.
Monsieur, je ne vous répcteray point icy ce que je me donnay l'bonneur, il y a quinze jours, de vous escrire sur le cboix que Sa Majesté veut faire d'une personne qui la serve pour l'éducation de M^' le Daufin, parce que je ne doute point que vous n'ayés receu le paquet où je men expliquois par vos ordres.
Je vous diray seulement que l'impression du discours, des articles et de la déclaration pour l'establissement du commerce, de la version de M. Vaghenseil, allemande, est achevée ; vous trouvères le reste des feuilles avec ce billet et vous reconnoistrés , par la diligence qu'il a apportée à faire valoir l'entreprise auprès de ses compatriotes, le zèle qu''il a pour son succès"', dont il ne peut résulter que beaucoup de gloire pour le Roy dans toute lestendùe de l'Empire, où la foire de Francford va respancb'e ces escrits, et pour vous. Monsieur, qu'une louange immortelle d'avoir rompu la glace et mis ce dessein en estât de s'exécuter heureusement pour l'utilité du royaume.
L'addresse que ce gentilhomme vous en fait en prose et en vers va persuader tous les estrangers, el sans soupçon de flatterie, de ce que la France vous devra pour une si belle institution. L'avis au lecteur est un éloge de Sa Majesté qui vous satisfera et qui ne fera point assurément de tort k ses admirables qualités, que ses véritables servi-
' Le 1 1 du même mois. Chapelain adresse (P 56 v°) à Hiiygeus une lettre qui roule presque entièrement sur les pendules. Je n'en extrairai que ces félicitations : «Voila donc le secret des longitudes trouvé par vous à voslre grand honneur el au grand bien de la société humaine.
Voilà une des merveilles du monde opérée par l'excellence de vostre génie et par la justesse de vos spéculations, et vous el le monde n'aurés plus désormais qu'à en recueillir le fruit. n
* Citons ce que dit Camusat {Mélanges, p. a a et 23) du traducteur si clialeureusement recom-
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leurs prendront plaisir de voir célébrer par des bouches désintéressés et que la seule force de la vérité fait parler.
•Mais ce que vous n'agréerés guère moins est la lettre allemande qui suit la préface et qui est une éloquente exhortation à la nation germanique duser de la grâce que le Roy luy veut bien faire, aussi bien qu'à toutes les autres, de la naturalizer ' françoise, si elle entre en part d'un si noble projet, et que ce gentilhomme a voulu escrire en sa langue, afin que ceux-là mesrae qui ignorent la latine en pussent comprendre l'avantage et se porter plus facilement à l'embrasser.
mandé ici à Colbert : rM. Cha|ielain faisoit beaucoup do cas de M. de Wagensoil, cl il Tannonco [jarloul comme un homme consommé dans les lettres saintes. Cet Allemand ctoil absolument li\ré à la France, et l'on voit qu il servoil ses desseins en Espagne, où il passa une partie de l'année i66."3.» Carausat ajoute que Wagenseil, outre rintellif;ence de récrilurc et des langues oiienlales, entendait fort bien le droil public d'Allemagne, sur lequel il a donné d'excellents ouvrages, comme on peut le voir dans le livre de Gryphius {Apparatm de Scriptoribus hisloriam sœculi A 1 // itlui- Ivaniibus, p. 35, 67, 09, 85).
' Naturaliser est un mot du xvi* siècle (Olivier de Serres, Michel de Montaigne, etc.). L'ami de Chapelain, Balzac, s'est servi plus d'une fois de ce mot.
^ A la suite de la présente lettre avaient été transcrites, dans le registre des minutes, deux ieUres, l'une adressée à Paulmier de Grenlemesnii, l'autre à Heinsius. On ne retrouve plus que les douze premières lignes de la lettre à l'érudit normand et que la dernière partie de la lettre à l'érudit hollandais. Entre le folio 58 et le folio 59 ont été détachés deux feuillets. Les traces de l'opération sont parfaitement visibles. Efle est antérieure à la pagination du volume, car la personne qui a numéroté les feuillets n'a pas tenu compte de la solution de continuité. Je vais reproduire tout ce qui subsiste de la
CHAPELAIN. H
Si tout cela produit l'effet que j'ay prétendu , j'auray une extrême consolation d'avoir esté le promoteur de ce travail , et de l'avoir fait accomplir assés tost pour donner temps à ces peuples d'en profiler. En quoy je n'ay rien fait que je ne dusse comme fidelle sujet du Uoy et comme. Monsieur, voslre, etc.
De Paris, ce xviu février i065^