UISISTEE D'ESTAT, À SAINT-GERMAIN
Monsieur, vous pourrés voii-, par l'extrait de la lettre que m'a fraischement escriLte ]\r Hevelius , que ce n'estoit pas sans fondement que je vous avois assuré' qu'il deslinoit au- Roy une bien plus considérable offrande^ que celle que sa gratitude envers vous '' l'avoit porté à vous faire. Les termes en' sont exprès, et j'y ay veu avec beaucoup de satisfaction * qu'il s'engageoit à dédier à Sa Majesté, non seulement sa Cométographie, mais encore sa Machine céleste, qui est apparemment un nouveau système de l'univers à estre mis en parallelle avec les fameux de Ptolomée, de Copernic et de Tycho-Brahé '.
Ce sont\ Monsieur, des fi-uits auxquels vos généreux offices auprès du Roy auront donné l'accroissement et la perfection pour sa gloire '\ suyvant vostre unique visée.
Nous attendons tousjours quel jugement vous aurés fait de la longue '" épistre dédicatoire de M' Ogier à Sa Majesté", et s'il pourra, sous son bon plaLsir'^ la mettre comme elle est à la teste de son ouvrage. Son impatience de faire voir au public la reconnoissance'^ qu'il a des grâces dont Elle l'a comblé , et la presse que luy fait son libraire , auquel il ne manque plus que cela pour l'accomplissement de son impression '\ luy font souhaiter ardemment'^ que vous ayés pu trouver le temps de passer la veûe sur celte épistre et de luy en faire sçavoir vos sentimens.
Je croy. Monsieur, vous avoir mandé que l'article de Gigeri '", si vous ne croyés pas qu'il doive demeurer, peut eslre retranché sans que la contexture de la pièce en souffre.
Comme Dieu ma rendu assés de force pour me pouvoir traisner jusque chés vous ' ', nous employasmes l'après disnée d'hier à examiner nos inscriptions et médailles nouvelles sur les sujets que vous avés ordonnés et celles de quelques autres gens de lettres.
' Imprimée dans le recueil do M. P. Clément (t. V, p. 6o3 et Co4). La lettre auto(jraplie est conservée dans la collection Baluzc, Papiers des armoires, vol. SGa , {° U'].
^ Variante de l'autographe : rPar l'extrait de la lettre que M' Hevelius de Dantzick m'a nouvellement escritte et que je me donne l'honneur de vous envoyer, vous reconnoistrés que j'avois raison de vous assurer. ..n
^ Idem: une bien plus magiùjîrjue offrande. . .
'' Envers vous est supprimé dans l'autographe.
•'' En est remplacé par y dans l'autographe.
"* Variante: beaucoup dcjoye.
' Idem: tt laquelle apparemment est un nouveau système du monde qui le disputera aux fameux de Ptolémée, de Copernic et de Tycho- Brahé.?) M. Clément dit de la Machine céleste: r Hevelius donnait dans cet ouvrage, qui ne parut qu'en 1678, la description des instruments dont il se servait pour ses observations.''
^ Variante : ce sei-ont.
" Idem : pour la gloire de Sa M'' {sic). Comment Chapelain osa-t-il se rendre coupable d'une abréviation aussi peu respectueuse?
'" Le mot longue n'est pas dans l'aulograplic.
" Variante : an Roy.
'* Idem: ret s'il pourra la mettre comme elle est sous le bon plaisir de Sa M"" à la teste de son ouvrage, n
'^ /f/cni.r combien il a ressenti les grâces qu'il a receues d'elle."
'* Idem: rpour l'achèvement de son livre, au- (juel pour voir le jour il ne reste plus que cela à imprimer.:'
'i Ideni:ia) font modestement souhaiter.
•^ L'article relatif à la prise de cette ville d'Algérie par le duc de Beaufoit le a a juillet 1C66.
'■ Variante : pour me transporter jusque chés
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
/iO<)
dont M' Perraiit est chargé de vous pre'senter les meilleures à vostre premier loysir.
C'est, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce i" aoust iG65'.
À M. COLBERT
SllNISTRE D'F.STAT, X PARIS ■-.
Monsieur, je vous espargne toutes leslec-
' Le 6 du même mois. Chapelain (PioCv") écrit «fà M' Vaglienseil, {jentilhonime allemand,» qui étail alors à ^ladrid : «Nous apprenons avec grande salisfaction le bon estai où Sa Majesté catholique et toute sa maison se lencontrent pour la santé. Il n'en est pas de mosme pour le bonheur de ses armes qui n'a pas esié plus grand cotte campagne contre les Portugais que les précédentes, de quoy nous avons eu un exact détail par des personnes qui sont dans ses interests et qui ne se consolent point de sa perte. L'Espagne loutesfois est trop puissante pour désespérer de son restablissement et de sa victoire, mesme ayant à faire à une nalion qui n'a pas ia sagesse en partage el qui donne tout au hazard. Ça esté encore un notable malheur pour elle que cette mort inopinée de l'archiduc d'Inspiuk, laquelle l'aObiblit d'un de ses principaux appuis, v Le 1 3 août , Chapelain s'adresse en ces termes à Heinsius (P io8 v°) : «L'excès de courage de M" vos gouverneurs a esmoussé la pointe de vos armes contre vos féroces ennemis, pour avoir voulu que l'on les combalist jiisques dans leurs ports, contre vent et marée. La perle a esté médiocre et le plus grand mal est celuy de la réputation. Vous sçavés que fama bella constant et qu'il n'y a rien qu'il faille ménager davantage. Mais à bon jeu bon retour. Vous voilà plus forts qu'auparavant, et munis de meilleur conseil. C'est maintenant à l'Anglois à craindre. Il faudra voir si la diversion qu'il fait faire par l'Evesque de Munster luy sera heureuse ou non. Pourveu que vous vous teniés de ce coslé là sur la défensive et à l'ombre de vos places pour profiler de l'occasion, cette tentative eschoùera. Je le souhaite au moins
tures inutiles, quelques agréables qu'elles vous pussent estre d'ailleurs \ pour ne vous pas de'rober sans ne'cessité un seul des momens qui sont dévoués au service du Roy et au bien du royaume , laissant à M' Perrault de vous informer aux heures favorables de mon assiduité à nos assemblées , el de ce que j'y essaye de'* contribuer pour vostre satisfaction. Mais ^ je n'ay pas creu m'en devoir remettre à luy seul pour ce qu'il vous auroit pu dire " du ressentiment extrême
par l'inclination que j'ay pour la justice en c{uelque lieu qu'elle se rencontre. Je serois de vostre opinion touchant le Roy de la Grande-Bretagne si je ne sçavois qu'il a esté tiré par les siens à vous faire celte violence obtorto collo, eoque plane invilo. Ce n'est, à bien parler, qu'un Roy précaire, et qui depuis son restablissement voyant bien qu'il dépend d'aulruy, ne peut guère agir, s'il ne veut attirer de nouvelles lenipesles sur son chef, que ad nutum senatiis popnlique an^flicani , et il no le dissimule pas à ceux à qui il se peut expliquer sans crainte. . .'' Chapelain , après avoir parlé à Heinsius de Bulteau, cousin de Bigot, après avoir accusé réception du Claudien, prie son correspondant de ne pas adresser de remerciement piibUc à Colbert, rcar, comme je vous ay dcsja mandé, ce me semble, odit cane pejus qu'on luy addrcsse rien d'imprimé, et qu'il en est aussi choqué que d'autres en seroient flattés, en sorte que plus d'un de nos gens de lettres ont esté contraintsdesupprimerles dédicaces qu'ils luy avoienl. failles, tant il est ennemi de celte sorte d'encens. Le moyen de luy plaire est de ne faire d'offrande qu'au Roy et de les faire dignes de la grandeur el des actions de Sa Majesté. C'est là toute son ambition, c'est là où il met toute sa gloire. 55
^ Imprimée dans le recueil de M. Clément (t. V, p. G09). La lettre autographe est conservée dans la collection Baluze, papiers des armoires, vol. .S62 , f /19.
^ Cette phrase incidente ne se retrouvepasdans l'autographe.
'' Variante : d'y contribuer.
'•' Le Mais n'est pas dans l'autograplie.
" Variante : pour lesmoigner.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIiN.
que j'ay de la grâce dont vous m'avez fait , encore cette annëe , lionnorer par Sa Majesté' , et qu'après Elle je dois à vos bons offices '.
Je ne vous en diray pourtant rien davantage, ne croyant pas avoir besoin de grands discours- pour vous en persuader, vous, Monsieur, qui sçave's de trop longue main ^ combien je suis attaché à vostre vertu, et la pre'ference que vous avés sur tout autre dans mon cœur et dans mon estime.
J'avois aussi à vous rendre conte* de la chaleur ^ avec laquelle " le signor Carlo Dati se porte à faire le panégyrique italien à l'honneur du Roy ', sur les mémoires que je lu y ay envoyés, et des nouvelles lumières qu'il demande ** des actions particulières ot des paroles mémorables de Sa Majesté' pour donner plus de relief à l'ouvrage '* et pour le faire voir accompli de tout point.
Vous trouvères. Monsieur, avec celle lettre, un extrait de la sienne , et vous y verres ' ' en original les secours qu'il attend pour cela de moy, qui ne les devrois tirer quede vous '", comme de celuy à qui rien n'en eschappe , et qui m'en instruirés" mieux que personne.
si vos accablemens ^* sans nombre ne m'en faisoient perdre l'espoir. Je luy en manderay le peu qui en est venu à ma connoissance '^ et que la mémoire de mes amis" m'en pourra fournir de plus certain " et il ne tiendra pas à mes diligences que ce portrait '* n'ait toute la ressemblance et tout l'éclat que désire un si digne sujet".
Je suis, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce xîtv aoust i665'''.
À M CIIRISTIA.NUS HUGGENS,
CE.VTILnOMME DOLLINDOI:- .
À LA HAVE
Monsieur, omuia Uiia tiineiis dans les choses que je désire le plus , je ne voulois vous assurer de la négociation qui a esté faille pour vous engager dans le service du Roy, et vous attirer dans sa (^our, qu'après l'accomplissement entier de l'affaire, et si je vous en ay parlé douteusement jusquicy, oa esté pour n'avoir j)as à vous en faire de mauvaises excuses si elle fust veniie à man-
' Variante : «de la nouvelle grâce que j'ay receue de Sa M'* et dont, après elle, je ne suis redevable qu'à vos bons ofTicos."?
- Idem : de beaucoup de paroles.
' Idem: qui scavés Irop combien.
^ M. P. Clément, modernisant ii i comme on bien d'autres occasions Torlhograplie de Chape- )ain, a remplace conte par compte. La forme conte appartient à la fois au manuscrit Ikilnzc el au manuscrit Sainte-Beuve, ù Toriginai comme à la minute.
^ Variante : de l'ardeur.
' On Ht, de plus, dans i'aiitograplie : ce gentillwmme florentin.
' Variante : le panégyrique du Roy.
* Idem : el des lumières (.[n'outre cela il me demande.
' Idem : «loucbant les |)articuiières actions de Sn M''' et ses dils notables.-^
'" Variante : afin de s'en nrrvir à donnei' plus de relief à son ouvrage.
" Idem : où vous powre's voir.
'- Idem : rqui les allendrois bien seurs et bier» arliculés de vous seul,'»
'■^ Idetn : m'en in$truiriés bien mieux (jue personne.
'* Idem : vox occupations.
'• Idem: jusqu'à moy.
"^ Idem : et ce que le souvenir de mes amis.
'* Idem : de certain.
" Idem : que ce glorieux portrait.
" Idem : tju'un si digne sujet doit avoir.
'" Les lellres suivantes (f^' iii el na), adressées à Conringius, à Bœclerus, à Hevelius et à Gevarlius, dn 3.") au 37 aoûl iG65, sont toutes relatives aux nouvelles gratification» qui leur sonl accordées par la munificence de Louis XIV.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
411er. Enfin, (ouf estant résolu, je me pré()arois à vous donner celte bonne nouvelle lorsque j'appris que M' Golberl luy mesme vous ialloit donner. Comme il esloit la source (le cet establissement, et que je ne vous en pouvois parler que sur sa parole, je creus quil valoit mieux le laisser parler tout seul et ne mesler point son oracle avec une aussi foible voix que la mienne, laquelle n'eust esté qu'un inutile écho.
.le pense que W Garcavi ' qui a eu si bonne part à ce négoce ne s'abstint, la semaine passe'e , de vous en féliciter que par la mesme raison, et la lettre que vous trouvères de luy avec la mienne s'en expliquera peut-eslre dans le mesme sentiment. Il ne nous reste, Monsieur, qu'à nous en resjoiiir cordialement avec vous, et à vous conjurer de rompre tous les erapeschemens qui pourroient retarder vostre voyage afin de monstrer au Roy et à M' Colbert l'impatience ijue vous avés d'entrer en possession de la grâce qui vous est faitte et de venir jouir de raccueil que tout ce que vous avés d'amis icy vous feront '.
Vous recevrés cependant une autre lettre
' Pierre de Carcavy, natif de Lyon , célèbre géomètre, d'abord conseiller au parlement de Toulouse, puis membre de l'Académie des sciences, mort en 168/1, était un des protégés de Golberl, auquel il resta toujours très dévoué. Le ministre, comme nous l'apprend M. Léopold Delisle (Le Cabinet des manuscrits, t. I, p. aOi), écarta de la Bibliothèque du roi Varilias et le remplaça, ea i663, par Pierre de Carcavy. Ce dernier n'eut jamais le tilre de garde de la Bibliothèque, mais il en exei'ça les fondions jusqu'à la mort de Colbert. Il donnait aussi ses soins à la bibliothèque particulière de Colbert. Quelques-uns des manuscrits de Carcavy sont conservés à la bibliothèque Nationale, quelquesaulresà la bibliothèque Sainte-Geneviève. Fermât avait légué une partie de ses papiers à son ami Carcavy. M. Delisle cite (p. Zi/io) ce témoignage rendu en 1666 par
de M' Colbert avec une de cbange de non moindre somme que celles des aimées préced(;ntes, que Sa Majesté luy a ordonné de vous envoyer pour le pi'ésent qu'Elle a continué aux gens de lettres encore celle-cy. Vous en remercirés sans doute le prince et le ministre par cscrit et m'envoyerés vos remercimens par M' Van Beuning pour une seureté plus grande. Il seroit à souhaifter que les ouvrages mathématiques que vous destinés à Sa Majesté parussent et luy fussent ofl'erts en mesme temps que vous entrés dans son service ou incontinent après. Je m'en remets à vostre prudence et demeuie, Monsieur, vostre, elc.
De Paris, ce xxvii aoiisl i665\
CCXXXVll.
A ^l'" L'ÉVKSQUE D'ANGEHS,
À ANGERS
Je sçay ce qui se passe à vostre égard et en admirant vostre résignation aux ordres de la Providence et vostre fermeté dans les sentiinens que vous estimés seuls bons ' sans tourner les yeux du coslé des interests iui-
Coibert à l'activité déployée par celui qu'il avait chargé de la formation de sa bibliothèque: ftll ne se peut rien de plus satisfaisant pour moy que de voir ce prodigieux travail fait par de Carcavv. »
- Huygens vint s'établir à Paris l'année suivanîe et il ne quitta O'tte ville que quinze ans plus tard.
^ Le même jour. Chapelain annonce (P 1 1 3 v°) à Vossins et (f 1 1/1) à Graziani qu'une nouvelle gratification leur est accordée. Dans le postscriphim de la lettre adressée au secrétaire des commandements du duc de Modène, on lit: ffN'oubtiés pas, je vous prie, de me mander qui est le véritable autheur de VAsina, qui se dit de la Cour de M' le cardinal d'Kste et qui s'est déguisé sous le nom d'Holdo Crosto. ?î
'■■ M. Sainte-Beuve (Por<-/%ff/, t. IV, p. 35'j ), confirmant l'éloge donnée par Chapelain à la
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LETTRES DE JEAN GHAPELAI.N
mains que pour les mespriser et pour les sacrifler aux mouveniens de vostre conscience, j'ay pilie' de ceux qui sont dans un mesme poste que vous lesquels ou par ignorance ou par lascbete' abandonnent la cause de rÉglise ' et la trahissent sous couleur d'en estre les défenseurs. Une vertu comme la vostre ne méritoit pas une si rude espreuve à parler selon les hommes, mais selon le langage du ciel c'est peut estre de cette mesme verlu que Dieu aime davantage le sacrifice, et que pour sa plus grande gloire il veut encore en ces derniers temps des raartirs et des confesseurs comme vous. Pour moy qui rampe avec les âmes ordinaires, je vous avoue que je souffre extrêmement de vous voir dans un si grand travail" et que je soidiaite passionnément dy voir mettre une fin heureuse qui vous laisse la liberté de donner d'autres exemples de piété que celuy que le monde cbrcstien a de vous
en cette douloureuse rencontre, et je voudi'ois bien pouvoir autant espérer que vous qu'une si rude tempeste se calmera et nous rendra la sérénité si désirée ; car plus j'en ay d'envie, moins oserois-je me le promettre en voyant ce que je voy. Que si les choses se poussent jusques à vous despoiiiiler des moyens de subsister selon ce que vous estes, on ne vous ostera pas au moins le zèle de vos anciens serviteurs , ni leurs assistances de chacun selon son pouvoir.
Vostre mandement pour les prières dans la tremeur^ où est la France sur le mal de la Repe mère du Roy * est une chose digne de vous et qui édifie bien toutes les bonnes jmies. Il ne m'a point surpris de vous , qui faites tousjours le bien à travers de tous les obstacles et qui vous conservés sans trouble au milieu de lous les troubles qui vous sont suscités.
De Paris, ce xxix aoiist lGG5^
fermeté d'Henri Arnauld , rappelle qu'en toutes les affaires du jansénisme il "montra l'inflexihiiité de sa famille». Voir ce que dit (iiv. V, chap. VI ) M. Sainlc-Beuve de l'appui apporté à Porl-Royal par ^rengagement de quatre évoques dans la même cause, et entre ces Évoques, d'un des plus considérés et des plus vénérés pour ses vertus parmi tous ceux de l'église de France [Nicolas Pavillon, évéque d'Alelli].i On sait que les trois autres prélats qui restèrent, malgré loules les séductions conmie malgré toutes les meiiaces, Cdèles à la cause proscrite furent l'évéque d'Angers (Henri Arnauld), l'évéque de Bcauvais (M. de Buzanval) et l'évéque de Pamiers (M. de Caulel).
' Chapelain frappait bien fort sur presque tout l'épiscopat français et même sur son vieil ami Godeau, qui, dès t66i, s'était incliné devant les décisions de l'Assemblée du clergé.
- Gène, fatigue. C'est le sens primordial du mot travail.
'■' Le mot est dans le Dictionnaire de Trévoux avec cette explication : wDu latin tremor, Tremblement, crainte, frayeur,": avec cette citation tirée
de la Satire Ménippée : n Depuis le temps des barricades, qu'avons-nous eu que malheur et pauvreté, qu'angoisses, peurs, tremeurs, alarmes, etc. ,"^ et avec cette observation : «Nicol et Cotgrave ont mis ce mot dans leurs Dictionnaires, ce qui n'a pas empêché sa proscription.-' Le mot tremenr ne ligure pas dans le Dictionnaire de Richelet. M. Liltré a cité, sous le mot /»v»ie«r, Villehardouin.Amyot, Desportes cl M"" de Sévigné.
^ Ce mal est ainsi décrit par M"" de Motteville {Mémoires, i86(), t. IV, p. 890): ffCe même jour [aô juillet] la Reine mère relomha malade: elle eut de grandes lassitudes et un peu de fièvre. Elle fut deux jours de cette sorte que les médecins disoient que ce n'éloil rien; mais enfin il lui sortit nne tumeur sous le bras, de l'autre côté du cancer. On espéra qu'elle se résoudroit; mais ce fut en vain. Le jour de Sainte-Anne, la fièvre augmenta beaucoup ; la Reine mère souffrit de grandes douleurs, tant de la tumeur que du cancer. n Un peu plus loin (p. io3). M"" de Molteville nous montre la gangrène se mettant à la plaie.
' Le '1 septembre suivant. Chapelain (P 1 1 5 v°) annonce à son neveu Faroard, qu'il avait voulu
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