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M. LE COMTE DE MOOÈ.NE

À PAr.is.

Si vostre goûte, Monsiein-, donne le loysir à ma foiblesse de se fortifier assés pour

l'aller visiter, je ne nianqueray pas de la luy mener pour ra'aquiler au moins une fois en bonne forme de ce que je dois à vos soins , à vos civilités, et je dirois encore à vostre amitié, si je n'estois convaincu d'y avoir fidellemenl satisfait desja par mon estime et par un zèle très ardent pour tout ce qui regarde vostre honneur et vos interests. J"auray une inquiétude perpétuelle, Monsieur, jusqnes à ce que je sois quitte envers vous du reste et que je vous ave trouvé cbés vous. Mais si cela ne se peut autrement qu'en vous y trouvant malade, j'aime encore mieux vous manquer dix fois pour ne pas dire lousjours.

Cependant je vous rends mille grâces très humbles des volumes de vostre histoire de Naples dont vous m'avés gratifié ^ Ce sera désormais ma plus agréable lecture et de ceux à qui j'en feray part, et je vous en rendray un conte exact à nostre première veiie. Sa heauté ne servira qu'à m'en faire

' Le Josué do Godoaii ifa jaiiKiis vu le jour.

- Le Josué 0» La conquête de Canaam , poème sacré dédie au Roy, venait de paraître (l'achevé d'imprimer est du i" octobre i66.ô) dans un recueil intitulé : Œuvres poétiques de I. de Coras , dédiées o il/*' le Qiaucelier, conteitanl les poètnes de Josué, Samson, David, Jonas. Paris, Charles Angot , rue Sainl-Jacques, in-i a , avec autant de paginations diCférenles qu'il y a de poèmes. J. de Coras , né vers 1 6,3o » à Toulouse , mourut en i G7 7. Voir les Lettres inédiles de Jacques de Coras puhliécs avec Une itolice et des notes (Aucli, 1 Hnli , in-8°).

^ Voir le récit de l'ancien pasleur : La conversion de Jacques de Coras, dédiée à nos seigneurs du clergé de France {Vark, Charles Angot , 1 665 , in- 12). Ce volume est rarissime. J'en ai donné de nombreux extraits dans la Notice qui précède \es Létti-es inédiles du poète, p. 6.

* Voir: Baylc, Dictiomaire critique, v" lonas. Voiraussî, parmi les LeHres déjà citées, une lettre ou -Coras se. plain^t à Séguier delà maUeillauce de certains ofTiciers de r nostre polil prc'sidinl".

'■' C'est ici l'occasion de citer une intéressante note de M. Paul Lacroix {Bibliographie Mnliéresque, seconde édition, Paris, Aug. Fontaine, 1875, p. 61) sur V Histoire des révolutions de Naples : «Cette histoire, réimprimée avec des notices liisloriques, par les soins du comte de Forlia d'Urban, sous le titre de Mémoires du comte de Mmlène (publiés par Miellé, Paris, Saulelet, 1826, 3 vol. in-8"), a été plus d'une fois attribuée à Jlolière, qui l'aurait écrite sur les notes el d'après les souvenirs de l'auteur nominatif. Lorsque col ouvrage parut pour la preinière fois, en efifet, le comte de Modène, à son retour de l'expédition romanesque de Naples, entreprise par le duc de Guise, s'était établi à Paris, auprès de la famille Béjart, qu'il avait pa- Ironnéc depuis plus de vingt ans. On peut supposer du moins, avec beaucoup de probabilité, que Molière aura revu le manuscrit do l'ouvrage, avant l'impression. Quant à la dédicace au roi, elle porte évidemment le cachet de son slvle.-n:

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

s^'-ihaiterdavanlao-e raccompIissement\ afin •,|ae ce ne soit plus un buste et que le corps se monslrant tout entier, on n'y puisse plus rien trouver à dire. Je vous exhorte à y mettre la dernière main et à ne nous pas faire languir longtemps dans l'attente. 11 me seroit bien glorieux que ma prière eust contribué quelque chose à avancer ce contentement au pubhe et qu'il pust sçavoir que vous y avés considéré, Monsieur, vostre, etc.

De Paris , ce xix décembre i G65 -.

À M" COLBERT

MINISTRE D'ESTAT

Ce paquet vous fera voir* le livre curieux de ce médecin du rov de Danemark, dont

j'eus l'honneur de vous parler il y a deux jom-s et que son lils m'avoit prié de faire que vous agreassiés qu'il Irouvasl place entre ceux de vostre biblioleque. Vous y trouvères aussy, Monseigneur, le remerciment très humble que vous fait M' Muet, de Gaen . pour la nouvelle gratification que vous luy avés procurée, de laquelle il se seroit creu tout à fait indigne, si dans l'appréhension de vous importuner de ses lettres , il se fust retenu de vous en tesmoigner son ressentiment. La troisiesme chose que contient le paquet, et la plus importante, est la lettre de ce bon prestre de Dieppe \ remaniée et rendue raisonnable par M' Perrault, et retouchée en plusieiu-s endroits par vos serviteurs de l'assemblée, en sorte qu'elle nous a semblé en estât de paroistre sans knve tort à son hvre ni à vostre nom. Elle eust pu, à la vérité, estre moins wnée et par là plus

' Chapelain avait reçu sans doute, à ce moment, les deux premiers volumes. Le troisième ne parut qu'en 1668. Voir, dans le Journal des savaits du lundi 3 mai 1G6G, un article de quelques lignes sur l'Histoire des révolutions de la ville et royaume de Naples, composée par le comte de Modèiie (à Paris, chez J. Bouilard; ie nombre de volumes n'est pas indiqué). Voici le début de l'article : rBien que cette histoire ne contienne rien que de vérilaLIe, néanmoins elle est si mêlée d'événemens extraordinaires et surprenans, qu'il semble qu'elle ait été inventée pour divertir le monde.;)

- Le même jour. Chapelain accuse ainsi réception (P il\3) d'un ouvrage manuscrit: «Vous m'avés fort obligeamment surpris en m'envoyant vostre Bemonstrance au Boy sur la nécessité de rendre brieve justice par abbreviation des formes et sur l'utilité des grands jours comme les lient M' le président de Novion en Auvergne. J'ay leu avec beaucoup de satisfaction cet ouvrage et j'ay estimé que si le slile n'en estoit pas tout à fait i\ la mode, il n'en valoit pas moins pour la fin que vous vous estes proposée. Vos raisonnemens y sont solides et l'ordre que vous y gardés ne scau-

roit estre meilleur, n Chapelain ne doute pas que si M' l'abbé de Bourzeys était à Paris et qu'il ttcust le loysir de passer la voue dessus, il n'en fist un jugement semblable. .Alais vous aurés appris qu'il nous quitta lundy dernier pour quelque commission qui regarde le bien de TEslat, et qu'il n'en sera de retour de plus de six semaines. ..^ Il ajoute que s'il a dessein de faire voir la pièce au public, il vaudrait mieux n'y point parler en particulier de IVr de Novion, parce qu'il semblerait qu'il n'a publié le livre que pour publier l'éloge de son ami.

^ Imprimée dans le recueil de M. P. Clément (t. V, p. 608).

* M. Clément a remplacé le mot voir par le mot scavoir.

'•' rSans doute, dit M. Clément (notei), Guillaume Denis , qui enseignait à Dieppe le pilotage, -n M. Clément renvoie au tome III des Lettres, instructions et mémoires de Colbert, où (p. 75) il est question de l'école d'hydrographie fondée à Dieppe, le 3o septembre i663, par Guillaume Denis, prêtre de l'église Saint-Jacques de celte ville, mort en i6go. Ce professeur de pilotage fut pensionné par Colbert, qui lui écrivit, le

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proportionnée à la capacité de son authenr; mais, si elle n'eiist pas este' indigne de luy en une forme plus simple, elle l'auroit esté de vous, Monseigneur, qui ne devés point recevoir de ces offrandes ou qui les devés recevoir convenables à vosti'e mérite et à vostre dignité. Vous prendi'és, s'il vous plaist, le temps de passer la veiie là dessus, d'y corriger nos corrections , et de donner la satisfaction à ce bon bomrae de pouvoir vous nddresser son travail sans vous desplaire.

Au reste, Monseigneur, je n'ay eu et n'ay encore dans l'esprit autre chose que celle à quoy vous nie commandastes de penser, et qui, estant de la dernière importance, pour vostre service, ne requiert pas plus de diligence que de maturité '.

De tous les hommes de ma connoissance , il ne s'en est présenté à ma mémoire qu'un seul qui, avec beaucoup de probité et de 1 habileté dans les lettres, eust cette qualité si rare et que vous désirés et qui est absolument nécessaire pour vostre fin; mais je ne sçay si sa santé et les esludes fortes auxquelles il s'est engagé depuis plusieurs années et dont il a fait voir d'excellens essais, ne seroient point un obstacle à la gloire qu'il recevroit en vous servant. J'en espere-

9.1 novemlire 1G71 : «J'ay esté bien aise de voir l'apologio d? la méthode dont vous vous serves pour enseigner IMiydrographie, et d'apprendre que le nombre de vos écoliers augmente tous les jours. . . ~i

' Citons ici Camusat [Mélanges, p. 1 3 et 1 '1 ) : «La confiance de M. Golbert pour M. Cbapelain était intime. C'éloit presque le snul homme qu'il consultât sur ce qui regardoit les lettres et les fiçavans. Ce ministre aiant demandé en 1660 un bomme propre à gouverner sa bibliothèque, \t. Chapelain lui proposa M. Cotelier, dont il représente si naïvement le caractère dans la lettre du 20 septembre de la même année, que tous ceux qui connoissent le mérite de ce sçavanl bacheier de Sorbonne verront avec quelque sa-

rois pourtant bien, quand je luy aurois fait connoistre le singulier avantage que ce luy seroit d'avoir une aussy grande marque destirae et de confiance que celle qu'il auroit de vous en cet employ, qui d'ailleurs, comme vous l'avés disposé, luy laisseroit quelques momens libres pour avancer un peu ses travaux. Mais, Monseigneur, je ne luy en ferav aucune ouverture jusqu'à ce que vous me

l'ord

oraonnies, si ses qua

lités vous estoient

agréables. C'est un ecclésiastique âgé de quarante ans. nommé Cotelier, bachelier de Sorbonne depuis dix ou douze ans, et qui, ayant fait un cours de philosophie pour pouvoir estre socius Sorbonicus, se vit arresté par sa pauvreté dans sa licence et fut dans l'impuissance de fournir aux frais du doctorat. Mais s'il n'est docteur, il est docte, et entre les plus profonds. Il possède Ihé • breu, le grec et le latin à la perfection. Il n'est daucun jiarti et est estimé également de tous les deux. Il n'y a rien de plus modeste ni de moins présomptueux; il connoisl leschole, mais il est au dessus de l'eschole, et il puise dans les sources de bonne foy ; ami de la paix et croyant que pour l'obtenir o:î se peut relascher de quelque chose. Il n'e^t pas inconnu à M' l'P^vesque de Lus-

lisfaction la justice exacte qui lui fut rendue eu celle occasion.» Camusat reproduit (p. l'i-iG) tout ce qui regarde Cotelier jusqu'aux mots: On se peut relascher de quelque chose. Camusat donne ensuite (p. 1 7) celte petite notice biographique sur le protégé de Chapelain: r-Jean-BnptisIe Cotelier, né à Nismcs, cl mort à Paris le 19 d'août 168G, dans sa 50° année. M. Colbert, qui aimoil les gens de lettres, prit soin de la fortune de celuici, qui lui fut siBcèrement attaché, et lui obtint une chaire de professeur royal en langue grecque. La vie de M. Cotelier, qui ne laisse pas d'avoir des évènemens assez curieux , se trouve à la léte du Sorberiana, et au devant de ses Monumer,(a veteris ccclesiœ, réimprimez pour la troisième fois

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son ' qui, fraischement encore, luy a accordé (le pouvoir copier un manuscrit grec de la biblioteque royale, pour perfectionner un ouvrage des Pères de la primitive Eglise, qu'il a commence' d'imprimer et qu'il dédie à l'Assemble'e du clergé ".

\' ous en ferés faire , Monseigneur, les enquestes que vous jugerés à propos, par vos fidèles serviteurs, et j'altendray vos ordres pour agir ou ne pas agir, selon vostre volonté. Cependant je vous diray que pour la condition principale que vous désirés en un homme de sa sorte, c'est le seul dont je voulusse respondre et que je suis persuadé qui ne me feroit jamais rougir devant vous, do qui les interests font la plus ardente i)assion. Monsieur, de vostre, etc.

De Paris, ce xx décembre iG65.

À M" LA MARQUISE DE FLAMAREIVS

À BUZEr, ES CUIEMNE.

Madame, il n'est pas estrange qu'un homme de foiblecomplexion comme moy et qui passe soixante dix ans soit infirme et sujet à des maux fréquens et douloureux. Il est pluslost estrange qu'il les ait pu porter si loin sans y succomber et combien de personnes robustes sonl-elles mortes à la moitié de cet âge là ! Je tiens à grâce particulière de ce que Dieu m'a si longuement conservé la vie que selon l'ordre commun je pouvois avoir perdiie dans un âge bien moins avancé. Je suis tantost à la fin de mon entreprise après quoy je n'auray plus que faire au monde. Il n'en est pas ainsi de vous qui avés une grande famille à soustenir soit pour la défendre contre ses ennemis, soit pour pour-

voir à sa subsislance , et si vous veniés à luy manquer, elle tomberoit sans pouvoir jamais s'en relever. Je ne prie aussi le Ciel que pour vostre conservation qui luy est si nécessaire; car pour moy quand je ne seray plus on ne s'appercevra pas de mon absence, et je Jie seray pas mort tout à fait estant assuré de vivre tousjours en vostre souvenir.

Je ne vous escrivis pas, au reste, la visite de vostre fils le Chevalier pour me plaindre qu'il m'en faisoit rarement, mais pour vous apprendre qu'il devoit estre en assés bonne posture puisqu'il estoit en estât de faire rouler le carosse. Il fut peu de temps avec moy et ne me donna pas le loysir de le questionner sur ses eslablissemens ou ses espérances, de sorte que me trouvant aussi ignorant que luy du blason de ses armes, il me quila brusquement disant que l'heure le pressoit d'aller chés le Roy. Dieu le face prospérer autant que je le désire pour l'amour de luy et de vous qui en avés bon besoin !

Quant à M' vostre aisné, je le tiens bien mallieiu'cux si la rupture se fait entre la France et l'Angleterre, ayant trouvé dans celte Cour là une favorable retraitfe en son infortune. Car avec quelle bienséance peut-il demeurer là sans suyvre le parti de son hoste et avec quel honneur et quelle seureté pour la conservation de ses biens de France peut-il porter les armes contre son Roy et sa patrie? Il ne peut d'ailleurs se retirer en Hollande ennemie de ses amis. Ce qu'il peut faire seulement, c'est de s'en revenir à Buzet et y passer une vie obscure en allendant que tous ces orages soient passés '.

Je feray pour M' le chevalier les enquestes (pie vous désirés. Il me semble avoir ouy

* Nicolas Colbert, frère du ministre.

- Patres cevi aposlolici, sivc SS. PP. qui tempuribus apostolicis Jîoruerunt oprra édita et non édita (1679, 9 vol. in- fol.).

^ Nous avons déjà vu que François de Grossolles, marquis de Fiamarens, avait été obligé de quitter la France à la suite d'un duel et qu'il mourut en Espagne.

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dire que le mareselial d'Albret ■ n'est pas plus content de luy que de son frère.

J'en useray avec M'"" de Sévigné comme vous l'ordonnés et avec M°" de la Trousse de mesme quand elle sera de retour et assure's vous qu'elle ne vous donnera jamais de jalousie sur mon sujet.

Je suis bien aise de la de'clarafion de M' l'évesque d'Agen - sur le vostre. Cela ne peut que vous servir dans le païs.

Je suis, Madame, vostre, etc.

De Paris, ce xxvi décembre iG65^.

À MOiNSEIG:^ EL R L EVESQ UE D' A> GERS ,

À AKGERS.

Monseigneur, vous connoissiés trop mon cœur, et j'oseroy dire par vostre propre expérience, pour n'en pas juger comme vous avës fait dans la très douloureuse occasion de la mort do uostre héroïne. M"' la marquise de Rambouillet \ don t les vertus , qui esf oient si fort au dessus de celles du siècle , m'avoient donné aussi bien qu'à vous une véné-

ration particulière pour elle. Javois de plus un ressentiment inexprimable de l'honneur qu'elle me faisoit d'avoir une très confidente amitié pour moy. Il me semble n'estre plus qu'à demi au monde , et s'il m'arrivoit encore une pareille perte comme de M' vostre frère ou de vous \ je ne croy pas que rien m'y pust davantage retenir. Ce me sont des averlissemcns de n'y avoir plus d'attache et de commencer désormais à me préparer au voyage de réternité oii nous reverrons, si Dieu nous en fait la grâce, les véritables gens de bien que nous avons aimés et révérés icy bas, sans plus appréhender de les perdre. Vostre conservation. Monseigneur, miraporte plus que jamais pour ce peu qui me reste de vie depuis ce dernier coup mortel que je viens de recevoir et je vous conjure d"y soigner*, ne fust-ce que pour la consolation de celuy qui ne la peut guère plus mettre qu'en vous,

\ ous n'en devés pas avoir receu une petite du choix qui a esté fait de M' de Pomponne pour ambassadeur extraordinaire en Suède '. Pour mov celle avanlure a esté un

' Le maréchal d'Albret était ronde et le tuteur des enfants de Jean de GrossoHes, baron de Flaniarens, el de Françoise d'Albret.

- C'élail Claude Joiy qui siégea de mars i665 à octobre 1678. H avait dû connaîtie la famille de la marquise de Flaniarens à Paris, on il avait été longtemps curé de Sainl->iicolas-des-Champs.

* Le 1" janvier i66(), Chapelain (f 166) écrit une iellre de reproche à son neveu dom Jean Demas, chartreux à Gaillon. Ce religieux avait voulu réconcilier les deux beaux-frères, son oncle et son père, et il s'y était pris fort maladroitement, car Chapelain se montre blessé de l'indiscrète intervention de dom Demas et lui dit avec une piquante ironie : «Il n'estoit donc pas besoin d'une si longue et si palliélique harangue pour obtenir de moy que je flécliissc une dureté que je n'avois point.. .-

' La marquise de Rambouillet était morte le

27 décembre i665, et avait été inhumée le 28 dans la chapelle dee Carmélites du faubourg Saint-Jacques.

* Chapelain ne devait voir mourir ni Robert Arnauld d'Andilly ni Tévèque d'Angers. Il précéda de quelques mois le premier dans la tombe, et de vingt années le second.

* Ne faut-il pas lire : d'y songer?

' Ce second lils de Robert Arnauld d'Andilly était alors âgé de quarante-sept ans. Nous l'avons déjà rencontré dans plusieurs des lettres de co volume. Sur son ambassade en Suède, voir le tome I" presque tout entier de ses Mémoires publiés par M. J. Mavidal (Paris, 1868, 2 vol. in-S"). Dès la première page, le marquis de Pomponne, «avant que d'entrer dans la relation de l'ambassade extraordinaire en Suède, ^ rappelle que le roi lui fit l'honneur de le nommer «sur la fin de l'année i665;-.

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éclair, non pas tle ceux qui annoncent le tonnerre, mais de ceux qui rameinent la sérénité' pour vostrc maison et pour voslre propre personne , et comme les choses ont pris leur cours depuis la bulle de l'infaillibilité ', Ton ne voit pas que l'on pousse plus à outrance les justes et les innocens, de sorte que nous pourrions espérer que s'ils ne deviennent pas favoris, on ne les traittera plus au moins en coupables, et que l'on laissera les consciences bien intentionnées en la liberté chrestienne qui est le partage des enfans de Dieu.

L'employ de M' l'abbé de Bourzeys envoyé par le Roy en Portugal me fortifie dans cette espérance'-, et la cessation des poursuites contre les prélats et les ecclésiastiques qui ne vouloient signer que conditionnellement ne m'en fait pas désespérer. On adjoustoil à cela le préceptoriat do M' le Daufin et que l'on confioit à M' l'evesque de Vence. Il faudroit conclure que la cbance seroit tournée et que la Providence auroit accompli son œuvre en faveur de la justice. Mais je doute fort de ce dernier, car cela n'auroit pu estrc proposé que par M""' la ducbesse de Montauzier, laquelle m'en auroit fait sravoir quelque chose, car je voy souvent M' son mari qui me dit mesme la dernière fois que nostre défunte héroïne estoit morte sur la lecture de son dernier ouvrage des éloges des saints évesques\ Quoyque celuy-cy ne se soit point expliqué par un mandement conforme au

' C'est-à-dire la bulle que donna ,\q ih juillet iOG5, le pape Alexandre VII au sujet des propositions de la Sorbonne contre l'infaillibilité dos souverains pontifes.

- Sur l'abbé de Bourzeys en Portugal , voir Peliisson , Histoire de l' Académie, 1. 1", p. 25i et une note ( ibid. ) tirée par l'abbé d'Olivet de la notice du P. Niceron {Mémoires, t. XXIV, p. 336). Pellisson rappelle (p. 2»3) que i'abbé de Bourzeys, jadis janséniste, signa le formulaire en 1661. ' Eloge des évéqms qui ontjlewi en doctrine

vostre, ce ne seroit pas assés que son silence pour luy faire commettre un poste tel que celuy là, surtout la R[eine] m[ère] vivant et en crédit, comme elle continiie d'eslre. Il y a encore d'autres raisons qui me font desfier de ce bruit, lesquelles vous pouvés juger de vous mesme.

Je suis. Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce vu janvier lOOO.

À M. D'ANDILLY

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