CCLXXXIX
À M. VOSSIUS
BISIOBIOGRiPBE DE jM" LES ESTAIS.
À LA HATE
Monsieur, si vos ouvrages ont trouvé des détracteurs, ils ont aussi trouvé des admirateurs et des panégyristes, mais de ces derniers en toute autre quantité que des autres, non sans grande raison, tout ce que vous faites portant avec soy le caractère non seulement d'érudition, mais encore d'élevalion, de pénétration et de passion pour Tavancenient des sciences et le profit du genre humain. On ne s'attaque point, comme vous dites, aux choses basses, et ce n'est pas un mauvais signe pour l'estime d'un livre que de voir soulever des gens contre sa réputation, surtout quand la matière n'en est ni sale ni maligne et qu'elle ne peut estre qu'utile au public. Cela monstre au moins que le public l'a lavorablement receu et que de sa propre force il en a gaigné le suffrage, ce qui nest jamais arrivé sans justice, la voix du commun estant la voix de Dieu , au lieu que ces M" les critiques de profession par leurs coups de dent font voir leur nature canine, et marquent, outre leur malignité, une ridicule présomption de mettre en parallèle leur jugement particulier avec le jugement général et se figurent follement qu'ils le pourront emporter à la balance.
Ces considérations, Monsieur, m'ont quelquesfois tenté d'avoir bonne opinion de moy niesme, ayant veu par le passé et
voyant encore à présent des [misérables occupés] à faire des libelles contre le poëme dont vous me parlés et que , par un excès d'affection , vous mettes à un bien plus haut prix qu'il ne mérite. Il ne tient pas à ces beaux Messieurs que je ne croye estre quelque chose en me fraittant comme leurs semblables ont tousjours fait ceux qui du consentement des siècles valent tout ce qu'on peut valoir. Mais ils n'auront ni la satisfaction de me ravaler au dessous de ce que je suis, ni celle de me faire présumer d'égaler ces grands hommes. Je me tiendray dans les bornes de la médiocrité qui m'est naturelle et qui m'empeschera tousjours de me rabbattre au dernier estage où sont relégués mes censeurs et de m'évaporer en pensant m'élever h celuy des héros lettrés anciens et d'un petit nombre de modernes.
Pour vous, Monsieur, qui volés entre les aigles, vous n'avés qu'à vous maintenir dans cette région supérieure où vostre sçavoir vous a porté et qu'à entendre paisiblement de celte hauteur là les croassemens des corbeaux jaloux de vostre gloire fjui ne luy sçauroient donner d'atteinte et qui ne seront jamais agréablement ouïs que par les pies et les corneilles qui ont affinité d'humeur avec eux. Poursuyvés donc vostre pointe, donnés tousjours quelque chose de vostre creu et de vostre manière, et brilles de tant de lumières qu'elles csbloiiissent enfin les yeux de ces chouettes et facent cesser leurs sifflemens en les faisant remper sur leurs toits et dans leurs ténèbres'.
excesifs qu'il avoit eus et qu'il avoit encore de la magnificence de S. A. S. et de \H" ses frères, aussi bien que de la civilité de tout ce qu'il y a de grand et de considérable dans vostre Cour dont il se trouvoit comblé et avec des ressenlimens extrêmes. M"^ de La Croix , interprète du Roy en langue turque, m'a communiqué une pareille relation de luy. Ces lectures et sa réputation m'ont
CHAPELAI.N. II.
fait prendre part à toute la gloire que sa bonne fortune luy a fait obtenir chés vous. . .';
' Phrase à rapprocher des derniers vers de la célèbre strophe de l'Ode de Le Franc de Pompignan sur la mort de J.-B. Rousseau :
Le Dieu , poursuivant sa carrière , Verse des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
Mais l'indignation m'a fait sortir du stiie épistoiaire. Je reviens à vous conseiller en stiie d'épistre et familier de mespriser vos jaloux et vos envieux et de vous vanger du mal qu'ils vous pensent faire en faisant du bien par vos belles productions à la société. J'attens avec impatience de sçavoir quelles sont vos applications présentes et vous n'aquiterés jamais trop tost à mon gré la promesse que vous me faites de m'en informer.
M' Thevenot a eu communication de vostre dernière et en confirmation de l'autbarticube (sic)' de vos mémoires toucbant la carte de l'Abissie {sic) et du Nil, m'a dit en avoir eu de Lisbonne une toute pareille par l'occasion du retour de M' l'evesque de Laon" qui avoit mené en Portugal la Reyne, sa parente, au Roy, son mary, et nous avons bien résolu de la faire voir à nos douleurs pour les confondre et leur fermer le bec. Il a esté très mortifié du transport de vos livres arabes et il a eu tentation de les retenir, en les payant au
prix qu'ils vous ont couslé, mais sa bourse s'y est opposée à son grand regret. Quand M" Vattier sera icy, je luy feray voir avec quelle générosité vous offriés qu'il en cboisit ceux qu'il jugeroit propres à servir au monde en les traduisant, et dès cette heure je vous puis respondre de sa reconnoissance.
Si cette nouvelle de la riiine des Jésuites à la Chine est vraye, voila im grand choc pour la chrestienté de ces quartiers là. Croyons le le plus tard que nous pourrons pour nostre consolation.
J'ay à vous rendre très humbles grâces et le fais icy des deux volumes de M' du Jonc, vostre parent, qui mont esté remis par vostre ordre et qui sont très curieux. M' vostre neveu s'est chargé, en partant, du dernier de M' de La Chambre ' que je vous envoyois de sa part et qui secoue gaillardeuient vostre commun adversaire.
Portés vous bien et me croyés tousjours. Monsieur, voslre, etc.
De Paris, ce v novembre 166G*.
' Je ne sais comment expliquer uno aussi étrange expression.
- L'évèque de Laon était alors César, cardinal d'Estrées. Voir sur ce prélat la lettre XIII du présent volume, p. 2 5.
^ Discours sur les causes du débordement du Nil, et discours de la nature divine, selon la philosophie platonique (Paris, Claude Barbin, i665, in-/i°). Voir sur ce livre le Jouitial des sçavans du 31 juin 1666. On trouvera dans le même recueil un compte rendu du livre de Vossius, De Nili et aliorum Jluminum origine (n°du 16 août).
<■ Dans une lettre du 7 novembre. Chapelain entretient la marquise de Flamarens (f aA6) de la mort de M. de Verthamon, parent et protecteur de son amie: wJe vous avoue ma foiblesse, ayant appris avec une douleur extrême la mort de W de Verthamon, je n'eus pas le courage d'estre des premiers à vous en in-
former et consoler. . . Je connois de quelle utilité vous estoit sa vie et combien vous le trouvères à dire dans les embarras de voslre maison. Je connois l'avantage que tireront vos mauvais parens de rafToiblissement de vostre crédit par la cheule d'une si forte colonne. Mais je connois aussi que vous déviés vous atattendre il y a long temps à en cstre privée, son grand âge, ses maladies et ses occupations vous l'ayant deu faire regarder comme ne devant plus guère durer. Plus Dieu vous osle d'appuis, plus il vous faut résoudre à n'en chercher qu'en lui.» Chapelain ajoute : «Je suis très aise que M" vostre fils soit dans la province-, il en sera plus en seureté, il eu despensera moins, il en défendra mieux ses terres et verra de plus près l'obligation qu'il vous a de les luy avoir conservées et abonies avec tant de peines et de traverses. Son bon naturel s'en renforcera...»
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
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À M" COLBERT
MINISTBE D'ESTAT, À SAIM-GEUMâlN '.
Monseigneur, le paquet dans lecfuel estoit le remerciment de .M' Reiiiesius, le scavant conseiller du duc de Saxe , au Roy. qu'il avoit imprimé pour mieux faire connoistre à toute la terre sa gratitude, et où estoient encore quelques exemplaires de ses scliolies sur le fragment de Pétrone quil vous a dédié " et dont il y a six mois que j'eus Tbonneur de vous envoyer le frontispice, ce paquet, disje , s'estant perdu par les chemins , entre les mains des infidelles messagers, comme je le viens d'apprendre d'un gentilhomme allemand, son amy et sa nourriture, nous n'avons creu, pour y remédier, devoir faire autre chose que d'escrire à M' Reinesius de nous renvoyer au plus tost d'autres exemplaires de son remerciment à Sa Majesté, et d'essayer de faire icy une nouvelle impression de ces Scliolies, dont il a apporté avec luy un volume, augmenté en plusieurs endroits.
Vous prendiez plaisir, Monseigneur, à voir dans la dédicace avec combien d'éloquence et de discrétion ce vénérable vieDlard vous y marque son ressentiment, et combien les louanges qu'il y a semées de vostre vertu y sont sagement employées, sans que vostre modestie les puisse refuser. Je vous devois cet avis pour conserver dans vostre esprit la bonne opinion que vous avés conceiie de luy sur mon lesmoignage, en attendant que luy-mesme l'y confirme par ce qu'il destine à la gloire de Sa Majesté, publiant le très important travail de plus de deux raille inscriptions antiques qui n'ont jamais esté
veûes et qui , illustrées de ses notes , seront un trésor en matière de lettres qui ne devra rien à celuy de Gruterus. Mais, Monseigneur, la pauvreté des libraires allemands en rendant impossible, en ces quartiers, l'édition, qui pourra aller à six mille francs, et le papier et les cbaraclères de France estant tout autrement beaux pour un ouvrage de cette considération , il ne seroit peut-estre pas indigue de Sa Majesté, à qui il le consacre, d'ordonner que l'édition s'en fist à rinqunmerie royale, et l'on se pourroit promettre que le débit en remplaceroit avec avantage l'avance des despens ^.
La souveraine ambition de ce bon vieillard seroit qu'avant de mourir, cette fleur de ses estudes sortist à la lumièi^e sous de si glorieux auspices et d'un si magnifique lieu. J'ay creu. Monseigneur, luy pouvoir rendre l'oflice de vous en faire la proposition, veu ce que vous nous avés fait l'honneur de nous dire plusieurs fois que vous sériés bien ayse de rencontrer quelque matière digne d'occuper les presses du réouvre, et que celle-cy est assurément des plus riches que les savants peussent désirer.
Vostre prudence en usera comme elle trouvera à propos, et je ne la supplie de rien que de me faire sçavoir ce que j'auray à respondre sur cet article.
Enfin , j'ay esté assés heureux pour retirer du naufrage le paquet de livres que le signer Ottavio Ferrari m'addressoit pour vous, et qui estoit demeuré ensevely sous les piles de marchandises de la douane de Lion. Je les remettray demain à M' Garcavi pour les placer dans vostre biblioteque. Celuy De re vesttaria est d'un mérite particulier.
'■ lmpriméeaurecueildeM.CIéraent,t.V,p. 616. - M. Clément a corrigé la faute de Chapelain et imprimé : dédiées.
* Le recueil de Reinesius parut à Leipsik en 1682 (in-foi.) sous ce titre : Syntagma inscriptionum anliquarum.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
Je prie Dieu qu'il vous conserve et demeure, Monseigneur, vostre, etc.
De Paris, ce xvi novembre 1666'.
À M" COLBERT
MINISTBB D'ESTiT, À SAINT-GERHAIN-EN LAVE ^.
Monseigneur, vous aurés receu, il y a quinze jours, ce que je me donnay l'honneur de vous escrire sur la proposition que ni'avoit failte M' Reinesius de la publication des Nouvelles inscriptions, égales en nombre à celles de Gruterus, pour en faire la dédicace à Sa Majesté, accompagnées de son éloge.
qu'il espereroit rendi-e non^ du tout indigne d'Elle. Je ne vous en dis rien davantage , attendant vos ordres là dessus. Par la mesme lettre, je vous avertissois, Monseigneur, que le paquet de ses ouvrages qu'il vous envoyoit, etceluy en particulier qu'il vous dédioil, et dont il y a quatre ou cinq mois qu**. je vous fis voir le frontispice, estant péri par les chemins \ j'en espère dans quelques mois un autre tjui répare celuy qui a esté perdu, ce bon vieillard ne se pouvant consoler de la trahison que luy a faite la fortune en cela, et surtout en ce qu'elle luy a osté le moyen de faire voir à Sa Majesté et à vous. Monseigneur, le remerciment de la grâce qu'il a touchée et rendiie publique en toute l'Al-
' Le 3o novembre. Chapelain envoie à l'abbé Maruceili (f ak'j) divers renseignements sur Barthélémy d'Herbelot, dont la naissance «est entre les bonnes de nos humbles citoyens, n et la «'personne accommodéen. Comme son coriespondant l'avait aussi interrogé sur le compte de M. de Venladour, Chapelain répond ainsi : «-Pour j\r de Vantadour, il est d'une des plus grandes maisons de France et dos mieux apparentées, cousin issu de gei main de M' le Prince de Condé. On ne sçail encore ce que c'est que son esprit à cause de sa grande jeunesse. La taille de son corps n'est pas avantageuse et il a apporté du ventre de sa mère celle foiblcsse de hanche qui le fait marcher comme un boiteux.^ Chapelain traite ensuite divers autres sujets : «M' Viviani m'avoit desja informé du dessein qu'il avoit de faire un présent à Sa Majesté d'un buste formé sur l'oiiginai du Gahlée, son disciple, et qui passe pour un chef-d'œuvre comme digne d'une teste capable d'entrer dans le cabinet ou galerie des antiques et disputer de la perfection avec les pièces les plus accomplies pour effacer tout ce que les modernes out produit de plus achevé en ce genre d'ouvrages de l'art. J'approuve fort cette rare offrande qui luy tiendra lieu de rcconnois-sance des grâces qu'il a reccùes de la muniticence royale, surtout si elle est accompagnée de la vie de ce grand personnage illustrée
des merveilles qu'il a descouverles dans le ciel et dans les choses naturelles, ses avantures et sa doctrine escritles par une plume d'un stile aussi exquis que celuy de nostrc ami et dans un détail de ses inventions. C'est sur ce pied que j'enlens qu'il la face, comme celuy de tous ses élèves qui en a le plus de connoissance. . . J'ay communiqué à M^' Colbert la première feuille et le frontispice de l'ouvrage des peintres anciens par M' Dali, et le projet et le stile luy en ont fort agréé. J'en attens la suite. ..n
- Imprimée dans le recueil de M. Clémenl (t. V, p. 617).
•'' M.Clémentaainsiarrangécettefin de phrase: i^ qu'il espereroit rendre du tout dii;ne d'elle.-
* On lit dans le texte : etlanl péri par les mains , ce qui n'a aucun sens. M. Clément a cru devoir remplacer le mot mains par le mol chemins, et je n'hésite pas à suivre son exemple. Chapelain, à ce propos, éciivail à Heinsius, le 8 décembre (f° aâi) : «Le bon M' Reinesius par une simplicité germanique a creu qu'il suffisoit de m'addresser par la poste les livres qu'il m'envoyoit poui !\r Colbert sans sçavoir mon logis, ce qui n'a pas manqué de les faire périr; car ils ne m'ont point esté apportés, et, s'ils l'eussent esté, cent francs de port eussent eslé une charge indiscrelte pour moy et une bizarre reconnoissance des xii" livres que je luy ay procurés.»
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
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leraagne dès aussitost que vous la luy eustes procurée.
Depuis, il m'est venu un paquet de M' Vivianij'un de vos gratiflés de Florence, avec une proposition qui marque bien sa reconnoissance et qui ne peut partir que d'un cœur bien dévoué au service et à la gloire de Sa Majesté. Après vingt-cinq ans d'enipioy en qualité de mathématicien et d'ingénieur de Son Altesse de Toscane , usé de travail et n'en osant espérer de soulagement, il se trouve tout à coup avoir l'obligation d'en estre descbargé par son prince, à l'exemple de la magnanimité du Roy, et estre désormais en estât de travailler en repos aux ouvrages que ses occupations avoient fait suspendre.
Sur ce fondement. Monseigneur, il en destine la plus considérable partie à l'honneur de Sa Majesté, lorsqu'il y am-a mis la dernière main; et pour ce que ce qu'il croit pouvoir plustost faire réussir, est la vie du fameux Galilée, dont il estoit le disciple favori, pour laquelle il a un recueil très considérable de mémoires qu'il n'a plus qu'à digérer et à ordonner', il me consulte sçavoir si je croirois que l'oflrande en fust agréable à Sa Majesté, jointe principalement à un
buste de bronze qu'il fait jefler, de la teste du mesme Galilée tirée au natm'el, de son vivant, sur luy".
Tout cela. Monseigneur, m'a semblé si noble et tout ensemble si digne de la curiosité du Roy que, sans perdi-e temps, je l'ay exhorté à suyvre ardemment l'un et l'autre dessein , afin de ne laisser pas refroidir une intention si louable, ni mourii' un projet qui sera utile au public et glorieux à Sa Majesté.
Je vous demande pardon de la longueui' de ce billet, dont la matière ne se pouvoit resserrer davantage sans l'estropiei', et je vous supplie de vous donner la peine de lire l'extrait que j'ay fait d'une plus ample lettre qu'il m'a escrittc là-dessus, afin que vous voyés par ses pi'opres termes avec quelle candt.'ur et quelle chaleur il exprime sa conception.
Il dépendra de vostre loysir et de vostre bonté de me commander ce que j'ay à luy respondre, afin qu'en cela comme en toute autre chose je vous puisse tousjours tesmoigner avec quel zèle je suis , Monseigneur, vostre, etc.
De Paiis, ce iiii' décembre i66G^.
' Cette vie de Galilée n'a jamais été publiée. Rappelons ici qu'en 1677, Viviani, publiant nn ouvrage intitulé : Eiwdalio problematum universis geometris propositorum {Florence , m-!t°) , le dédia aux mânes de Chapelain, témoignant le regret de n'avoir pas trouvé plus tôt l'occasion de lui prouver sa reconnaissance pour tous les services qu'il avait reçus de lui.
- Viviani fit placer le buste en bronze de son maître Galilée au-dessus de la porte de la maison, ou plutôt du palais, qu'il construisit à l'aide des libéralités de Louis XIV.
^ Le lendemain, Chapelain complimente ainsi (f* 2/19 v") ]Vr Courtin, ambassadeur extraordinaire du roi de France en Allemagne : «Le bruit que vous faites au delà du Rhin est si grand que l'éclat en a porté jusqu'icy et qu'il m'a agréable-
ment resveillé au milieu de ma solitude, n Chapelain redit ensuite à son correspondant tout le bien que lui a écrit de lui Bœclerus, et s'adressant, nn jour après, à ce dernier, il l'entretient (p25ov°) de l'ambassadeur Courtin, auquel il l'avait recommandé, et aussi de Colbert et de Louis XIV, auxquels il l'engage à manifester sa reconnaissance. La lettre adressée par Chapelain à Bœclerus, le 7 décembre 1666, a été reproduite par M. Clément dans une note des pages 6 1 8 et 6 1 <; du tome V des Leltres, instructions et mémoires de Colbert. Le 1 0 décembre , Cbajelain annonce en cfs termes qu'il a eu l'honneur de déjeuner avec Colbert (lettre à Waghenseil, PaSiv"): ?r Entre les choses curieuses que vous m'avés escriltcs, j'ay fait une particulière reflection sur cette machine que vos laboureurs d'Austriche ont
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LETTRES DE JEAN CHAPELAIN