A M. L'ABBE BIGOT
Monsieur, vous ne pouviés ni ne déviés faire autre chose que ce que vous listes après avoir receu les dix-neuf exemplaires de l'Hésiode de M' Graevius', et surtout il n'y a eu rien de mieux que d'en avoir donné un des reliés à W le duc de Montauzier et d'en avoir retenu un autre pour vous, estant les deux personnes à qui ils convenoient davantage. A mon esgard il eust suffi d'un, cependant vous m'en avés envoyé quatre, sur son ordre sans doute, de quoy je me suis estonné, n'y en ayant qu'un pour le Seigneur à qui l'ouvrage s'addresse^ et ne m'estant point expliqué à qui les autres dévoient se remettre, car son billet ne m'en parle point. Cela mériteroit , Monsieur, que vous luy en fissiés un petit éclaircissement, alin de sçavoir à quoy m'en tenir. Il m'a escrit très civilement et je luy respondray par la voye de M' de Beuning qui s'en retourne en Hollande et de l'occasion duquel j'espère me servir pour luy faire seurement tenir quel-
désir du monde, depuis que voslre vertu me fut confirmée par M' Heinsius, et que le traitté De re navali eust fait assés de bruit pour me venir resveiiler dans le fond de mon cabinet et m'eut donné l'envie de le posséder pour me rendre sçavant par sa lecture et pour m'enrichir de vos précieuses curiosités. Il est vray que je ne suis plus tant en queste pour le recouvrer en apprenant que vous l'avés receu de moitié et, par les choses que vous avés changées et adjoustées, rendu presque mesconnoissable. Je seray bien aise de le voir dans sa perfection, non pas afin de le comparer avec luy mesme , mais pour voir combien vous aurés esté plus avant dans cette recherche que les Baifs, les [en blanc], les [en blanc], les [en blanc], les Fourniers, les Morisots, soit pour l'art, soit pour l'histoire. Je n'auray pas moins de satisfaction sans doute
ques Odes de moy, pour commencer au moins par là à m'aquiter envers luy et faire ce (jue je puis , si je ne puis faire ce que je soulîaiterois.
Et, entre nous, dans la disposition où sont les esprits et les choses , ces sortes d'olHces oii j'ay eu le bonheur de réussir par le passé trouvent bien plus de difficultés maintenant et je n'oserois m'en rien promettre. Vous sçavés que je ne suis pas un vendeur de fumées et que je ne fais jamais attendre que ce qui dépend absolument de moy. Je ne voudrois pas que sur l'espérance d'un pareil succès pour luy, il s'engageast à me combler de ses présens, tant j'ay peur de n'y pouvoir pas bien respondre selon son désir et le mien'. Vous me fériés plaisir, s'il vous en a touché cpielque chose , de luy insinuer doucement que cela n'est plus si aisé qu'autresfois, surtout à cause de celte guerre, qui pourroit bien faire tarir les canaux des largesses du Roy, mesme pour les lettrés les plus favoris et d'une réputation plus grande, outre qu'à vous dire ma pensée en confidence , quand cette guerre n'y nuiroit pas , la sorte d'érudition dont M' Grœvius se fait
lorsque vous aurés publié vostre travail De re vehicularia, auquel je me tiendrois heureux de pouvoir contribuer quelque chose . . .n
' Hesiodi Ascrœi quœ extant. Ex recensione Johannis Ge(rrgii Grœvii, cura ejmdem animadversionibus et notis. Accedunt notœ ineditœ Josephi Scab'geri et Francisci Guieti. (Amsterdam, Daniel Elzevier, 1667, in-8°,)
- 11 y a deux dédicaces, l'une en tête du livre: lllustrissimo et excellentissirno viro Carolo Sancto- Maurœo, duci Montozerio, Ilegi Christianissimo a consiliis, etc. ; l'autre , en tête de la seconde partie [Lectiones Hesiodeœ): Viris illustribus et eximiis Joanni Capellano Régi CItristianissimo a consiliis, et Nicolao Heinsio , etc., nostrœ memoriœ Poelarum pnncipibus , etc.
^ Graevius ne figure pas sur la liste des gratifiés de 1667.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
tant d'honneur n'est en honneur que parmi les doctes ; quant à la Cour, elle ne la gouste ni ne la traitte comme elle mérite. Son estime va toute à l'histoire, à la poésie, à l'éloquence, aux choses enjouées et, pour les graves mesme, à celles où l'esprit paroist sans se soucier beaucoup du jugement. Faites vostre conte là dessus. Pour luy, il ne m'a point fait sentir qu'il eust cette visée et s'est contenté de me donner beaucoup d'encens dont j'ay beaucoup de honte.
M' Cotelier m'a bien modéré la joye qu'il m'avoit apportée en m'apportant vostre paquet, par la nouvelle du renouvellement de vostre fluxion, qui me met fort en peine; elle vous revient, à ce que je voy, presque aussi souvent que fait mon mal , et c'est là un grand obstacle à vos loiiables estudes.
Je vous prie de rendre l'incluse à j\P le duc de Montauzier et de me croire tousjours, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce vin seplembre 16C7 '.
UIMSIEE D'ESIiT, À SEGNELAY, EN BOURGOGNE".
Monseigneur, j'ay appris que le sonnet sur l'entrée du Roy en Flandres^ que j'avois laissé à AP Perrault , pour en avoir vostre jugement, avoit trouvé grâce devant vous, ce qui m'a redoublé l'envie de le rendre moins indigne de Sa Majesté, et je me donne l'honneur de vous l'envoyer retouché. Mais. Monseigneur, quelque agréable qu'il vous pust estre, je suis certain que les extraits des deux lettres de M' Conringius, cet excellent professeur d'Helmstad. vous plairont encore davantage.
Vous y verres qu'après avoir receu, leu et approuvé extrêmement le Traîné, etc.. que je luy ay fait tenir, par vos ordres, avec beaucoup de peine, il s'alloit appliquer tout entier à l'accomplissement du sien, à quoy
' Le i4 septembre, Chapelain écrit à l'abbé Marucelli ((* SSg): r .. .J'admire, au reste, Monsieur, que ce livret du Brancaleone ail eschappé à la counoissance de M' Magliabecchi , et que vos autres M" les académiciens n'en ayent oiiy parler en façon quelconque, veu Timpression qui en fut faille en 16a 1 à Milan. Je vous ay fait copier le titre précisément loi qu'il est dans mon exemplaire el l'avis au lecteur d'un Ilieronimo Trivultio qui le doit avoir publié avant ce temps là. Celuy que j'ay est in-viii" de lettre menue, el qui ne fait pas le volume fort gros, el ce Trivultio doit avoir esté quelque secrétaire ou quelque auraosnier du cardinal Borromée ou de son neveu. Je suis honteux des éloges que vous me donnés sur le sujet de vostre belle langue. . . Pour le trailté de la peinture de M"^ Dali, il eust esté tout autrement bien à la leste des vies des peintres anciens, et c'esloil sa place naturelle. Le livre mesme en eust esté plus digne du Roy par la grosseur de son volume. Mais puisqu'il l'a jugé à propos, le dessein que vous me dites qu'il
a de l'employer dans son ouvrage délie veglie toscane, el d'en faire une offrande à M' Colberl, me semble le meilleur qu'il pusl prendre el vous luy donnés un bon conseil si vou«; le portés à exécuter ce dessein, car sous les ordres de Sa Majesté M' Colbert est celuy là seul qui a eslabli el qui maintient l'académie de la peinture, laquelle .se rend célèbre parmi nous.'^
- Imprimée dans le recueil de M. Clément (t.V,p. Ga3).
^ Ce sonnet fait partie du recueil des pièces fugitives de Chapelain (fonds français, nouvelles acquisitions, n° 1870). En voici les derniers vers, qui sont les meilleurs, ce qui ne veut pas dire qu'ils soient excellents:
Louis, ce jeune Mars, plein de bouté pour vous, Appuyé sur Thémis , vient pacifique et doux Establir dans vos champs son légitime empire.
Ouvrés luy vos rempars , ouvrés luy vostre cœur, Et . soumis à la Joy qu'il voudra vous prescrire . Souffres le comme maistre et non ccrome vainqueur.
LETTRES DE JEA.N CHAPELAIN
les lumières qu'il avoit tirées de l'autre luy estoient absolument nécessaires pour les faits et les choses mises en question par les deux partis.
Vous y verre's aussi qu'il prétend ajouter aux raisons alléguées en faveur des droits de Leurs Majestés d'autres moyens qui ont esté obmis, et de respondre aux objections qui leur ont esté faites pom- aussytost après les faire imprimer en Hollande, sans que nous y paroissiens y avoir eu aucune part.
S'il y réussit comme il l'espère, ce sera un service notable et qui méritera bien le gré qu'il s'en est promis , sur la parole que vous m'avés commandé de luy en donner.
Quant au scrupule qu'il me tesmoigne d'entrer dans cette lice trop tard et lorsque le bonheur des armes du roy les justifie assés, je le luy ay levé de toute ma force, estant persuadé moy-mesme que le travail volontaire d'un homme désintéressé sera de plus grande efficace pour la confirmation de nosfre justice que tout ce que nous pourrions dire de plus fort en qualité d'intéressés.
Gela, Monseigneur, et l'édition nouvelle
' Ce nom dans le texte a été transformé en Guslmiere.
2 Le 2 2 septembre. Chapelain écrit à Heinsius (f 342 ): (t... Il est aisé. Monsieur, de donner des commissions à ses amis, mais i'execution n'en est pas si facile lorsqu'elles sont de cette qualité et qu'il s'y agit d'envoyer non de simples lettres, mais des masses si pesantes que la voilure excède dix fois le prix de l'achapt. Dans celle veùe, et considérant que c'est corrompre la fleur des présents que de les vendre si cher à ceux qu'on en regale, lorsque j'en fais de semblables de mes bagatelles aux personnes éloignées, j'en paye le port dès icy afin qu'elles soient rendues franches ... Si vous sçaviés mes accablemens et mes infirmités, vous donneriés quelque prix à la chaleur et à l'industrie que je donne à l'avancement de vos interests tout autrement qu'à celuy des miens propres... Mais c'est c^APELAI^. — II.
du fraitté latin que fait faire M' Waghenseil à Noremberg, jointe à celle que M" Grutme'ier' ne doute point qui ne se face à Francford de la traduction allemande qu'il en a faille par mon induction et par vostre aveu, ne sçauroient qu'apporter beaucoup de satisfaction à Sa Majesté pour l'affermissement de ses droits, et que respondre à souhait au zèle dont vous bruslés pour son service et pour sa gloire.
J'entretiens tous ces habiles ouvriers dans l'opinion que leurs travaux ne leur seront pas infructueux, sachant vostre intention là-dessus et ne connoissant point d'âme plus équitable ni plus généreuse que la vostre.
A vostre retour, vous recevrés plusieurs lettres des remercimens de vos gratifiés , qui sont demeurées long temps sur les chemins , et qui eussent couru fortune en faisant le voyage de l'armée, lorsque ses besoins vous y attachoient.
Cependant je demeure, avec ma passion et mon respect ordinaire (sic), Monseigneur, vostre, etc.
De Paris, ce xv septembres iCG;^
trop parler sur ce ton là. Je viens à vostre ( pour la dédicace de vostre Virgile. Si en le donnant à la reine Christine, elle vous faisoit raison de ce qu'elle vous doit , vous pourries balancer entre elle et le Roy à qui des deux vous en fériés l'oûrande, mais elle dont vous estes créancier ne vous payant pas, et le Roy qui ne vous doit rien vous payant, je ne suis point estonné que vous panchiés du costé du bienfacteur plustost que de celuy de la débitrice. Vous avés encore à considérer que, depuis que Sa Majesté vous grahfie avec tant d'autres sur la connoissance que je luy ay donnée de ce que vous valés, vous estes le seul qui n'ait point donné de marques publiques de vostre ressentiment et il n'est pas jusques au paresseux nostre très cher M'" Vossius qui ne luv ait dédié un très bel ouvrage. Aussi quoyque le Roy ne trafique point de ses bienfaits et qu'il n'exige rien de ceux qu'il en favorise, je vous C7
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
CCCXVIIL A M" COLBERT,
MINISTBK D'BSTAT,
À saint-germain'.
Monseigneur, ce volume que M' Dati m'a envoyé pom' vous supplier, en son nom. de le présenter au Roy pour offrande, pourra eslre d'autant plus agréable à Sa Majesté que, traittant des premiers peintres de la Grèce et des merveilles de leurs productions % il establit le mérite d'un art qui fleurit en France désormais sous ses auspices et qui va eslouffer, par ses excellens ouvriers , la gloire que l'Italie avoit aquise en ce genre par ceux qui s'y sont signalés dans ce siècle et dans le siècle passé.
Le dessein de cet éloquent escrivain est d'en donner la suite, avec un Iraitté particulier de la peinture ; mais ce sera seulement après qu'il aura exécuté celuy du panégyrique auquel il s'est depuis si long temps engagé. C'a esté un bonheur. Monseigneur, qu'il ne s'y
soit pas plus tost appliqué , la matière , depuis les Mémoires que je luy en ay fournis , s'estant si notablement accreiie, cpie ni mes lettres ni la renommée ne luy ont laissé ignorer.
Avec l'exemplaire du Roy. vous en trouvères un qui vous est destiné , et que vous ne jugerés peut-estre pas indigne d'avoir place dans vostre riche biblioteque ; et j'ay creu ne bazarder rien en le luy faisant espérer.
Vers la fin de l'année, j'auray une autre oblation à faire à Sa Majesté par vostre main , de la part de M' Viviani , qui ne sera pas moins considérable; je veux dire la vie du célèbre Galilée, avec le buste jette en bronze de ce grand homme, qui réussira une pièce digne d'eslre jointe aux antiques du cabinet de Sa Majesté.
J'aftens dos nouvelles du commencement de l'impression du Tratlté en langue allemande et de l'autre ouvrage de M' Conringius dont vous parloit , dans sa dernière . Monseigneur, vostre, etc.
De Paris, ce nu' octobre 1667'.
(lois dire sur ce point ià qu'il a semblé un peu estrange à son vertueux ministre que le monde n'eust encore veu aucune marque de vostre reconnoissance par celte plume que j'ay, dès le commencement, fait passer auprès de luy pour la mieux taillée de toutes et qui feroit le plus d'honneur à Sa Majesté . . . Nous ne nous voyons plus. M' de Monmor et moy, depuis son raccommodement avec Ménage, l'ingrat et audacieux, dans lequel il ne m'a pas donné occasion de me loiier de luy. H n'y a pourtant point eu d'éclat entre nous, et les choses se passent civilement de part et d'autre lorsque nous nous rencontrons en mesme lieu ... Il est homme d'esprit et d'une imagination très vive, ce qui l'a fait contester de la physique cartésienne à s'en déclarer le protecteur de deçà qui ne luy fait honneur que parmi ceux de la secte. Du reste, il est rempli de probité. . . » M. Clément a néghgé, et je néglige comme lui une lettre insignitiante à Colbert , du 27 septembre 1667 (f* 3^6).
' Imprimée dans le recueil de M. Clément (t. V, p. 635).
^ Vile de pillori anlichi (Florence, 1667, in-li°). Voir, dans la Biographie universelle, les détails que donne Ginguené sur l'ouvrage de Charles Dali. L'article de Ginguené se termine ainsi: «Il est tout simple que Dati ait beaucoup loué Louis XIV; il est encore très naturel qu'il ait associé aux élogos du roi celui de son ministre Colbert; mais on est fâché que, par une réticence peu adroite , il dise qu'il ne dira point que Chapelain est, comme il l'esl en effet, l'Homère de la France. Chapelain était son ami, et avait sans doute contribué à lui faire obtenir une pension du roi ; la haine et le ressentiment fout souvent dire des sottises aux gens d'esprit, mais, comme on le voit, la reconnaissance et l'amitié leur en font quelquefois dire aussi.»
^ Le lendemain. Chapelain adressa (P 3i8) un billet à Colbert pour lui annoncer l'envoi des lettres de Dati qui auraient dû accompa-
LETTRES DE JEAN GHAPELALM
CGGXIX.
À M. BOECLERUS,
PROFESSEin EN HISTOIHR, À STRASBOIG.
Monsieur, ce n'est pas que j'aye rien de nouveau à vous escrire, mais c'est que je ne veux jamais perdre d'occasion de vous assurer que je suis tousjours pom- vous le mesme et que vostre vertu et vostre sçavoir me sont tousjours en la considération que vous mérile's. M' Akkenhausen qui, par son retour à \ ienne, m'a fourni le moyen de vous renouveiler ces assurances, vous en pourra servir de tesmoin par ce qu'il en a reconnu dans les entreliens que nous avons eu ensemble sur vostre sujet. Si pareille occasion se présente de me donner de vos nouvelles (et quand elle ne seroit pas aussi pronte, il suflira qu'elle soit aussi seure), je seroy bien aise de sçavoir Testât de vostre santé et de vos estudes , de ce que vous avés fait et de ce que vous médités de faire pour l'avancement des bonnes lettres ; si vous désespérés de la publication de vostre Polibe ' ; si vous estes bien avancé de vostre Frédéric IIP: si
vous faites estât de pouisuyvre jusqu'au bout vos dissertations sur l'ouvrage De jure pacis et belli de Grotius ' ; enfin quels sont vos ouvrages présens et vos projets pour l'avenii".
J'apprendray aussi de vous bien volontiers quel homme c'est que M' Olearius, quels sont ses talens, et s'il a publié quelque antre chose que son Voyage de Moscovie et de Perse'' que nous avons en françois\ On me l'a débité pour un grand mathématicien et pour un machiniste d'importance".
Je ne vous demande rien sur le Traitté des droits de la Reyue très chrestienne sur le Brabanl, etc., après la déclaration que vous m'avés faitte d'en estre demeuré très persuadé. Je vous demande seulement de la constance à maintenir au lieu où vous estes vostre propre persuasion dans les rencontres <|uine seront que trop fréquentes, tant que cette guerre cy durera. Encore ay je tort de vous la demander, sachant que vous n'avés pas moins de courage que de lumière, et que vous ne sçavés que c'est de démentir vos sentimens.
gner le volume qui venait d'élie remis entre les mains du ministre. Le 7 octobre. Chapelain demande à l'abbé Bigot (f° 3i8 v°) des nouvelles de sa santé: tfSi elle est bonne, dit-il, vous donnerés la dernière façon à vostre Saint Chrysostome et nous le verrons paroistre cet hiver au plus tard.n La lettre se termine par ces aimables paroles au sujet du retour à Paris de Bigot: trHastés le si vous voulés faire plaisir à tous vos amis et surtout, Monsieur, à vostre, etc.n
' Nous avons déjà vu que les trois parties du Polybe de Bœclerus parurent en 1666, 1670 et 1681 (in-^").
^ Boeder enrichit de notes et d'additions V Histoire de Frédéric III d'Jlneas-Sylvius Piccolomini (Strasbourg, i685, in-fol.).
^ Bœcler ne devait pas continuer cet ouvrage ,
où il s'était montré si enthousiasmé de l'érudition et du talent de Grotius : Ad Grotium de jure belli et pacis dissertaliones F ( Strasbourg , i663, in-8°).
* Adam Olearius, né vers 1600, à Ascherieben , mourut le 22 février 1671. Ce célèbre voyageur fut copseiller et bibliothécaire de Frédéric, duc de Holstein-Goltorp.
^ Les voyages très curieux et renommés faits eu Moscovie, Tartarie et Perse parurent en langue allemande (16/17, in-fol-) et furent traduits en français par Wiquefort ( Paris, 1 656, in-i"), avec réimpression {Ibidem, en 1669 et 1666, également in-4°).
* C'est-à-dire pour un homme habile dans la mécanique. Le mot machiniste n'a été trouvé par M. Littré dans aucun écrivain antérieur à Saint- Simon et à Fontenelie.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
Vous ni'obligerës de faire voir che's vos libraires si la Trigonométrie de Pitiscm ' et V Apollonius Pergœus^ de Commandin y seroient à vendre et d'en sçavoir le dernier mot , car, selon cela , je pourrois vous prier de me les achepter, pourveu qu'ils fussent bien entiers et bien conditionne's. Que toutes mes demandes ne vous incommodent pourtant point, car je vous les fais plustost par curiosité que par besoin , et vous me ferés tousjours asse's de grâce quand vous continuerés à m'aimer et à me croii'e . Monsieur, vostre. etc.
De Paris, ce ix octobre 1667.
A M. WAGHENSEIL,
PROPEiSECB £■! BÉBRED , À ALTDOnP, À NOREMBERG.
Monsieur, je bazarde ce mot pour response au vostre duxxx aoust par lequel vous me coofirmiés ce que vos précédentes niavoient appris de la réception du Trnitlé etc. et de l'édition que vous en aviés fait faire à Noremberg. Si celles que je vous escrivis d'icy le mesme xix vous ont esté rendiies , vous devés estre éclairci, il y a long temps, que les vostres, où vous ni'averlissiés de cette réception, m'ont esté remises par M' de
la Piquetière. et que M' Colbert vous a sceu gré de tout ce que vous avés fait sur ce sujet.
Pour nouvelles, on respond aux sophismes, déclamations, cavillalions du baron de l'Isola^ et l'on perce à jour son Bouclier *, en sorte que les droits de la Repie ne sout pas moins bien soustenus par la plume que par l'espée. Vous en pouvés assurer les gens désintéressés de vos quartiers. Le Roy entre de plein droit dans son héritage et n"a point de juges à qui en demander la mise en possession, bien moins qu'aucun autre l'Empereur qui est partie et trop Espagnol pour estre équitable au Roy de France, quand on conviendroit, ce qu'on ne fait pas, que cette affaire fust un procès qui se dust terminer à la chambre de Spire ou d'Ensisheim. On verra au printemps qui aura belle amie. Les forces du Roy s'y trouveront de 100,000 hommes (70,000 fantassins et 3o.ooo chevaux) en quatre armées, etc.
Mais, pour parler de nostre commerce de lettres, il ne doit plus se faire par la Flandre, mais par Strasbourg ou par Lion, et, soit que vous vous servies de Tune ou l'autre voye, il faudra bien vous y asseiu-er de vos correspondans pour faire porter seurement vos paquets aux leurs de Paris. Par une plus seure, je vous envoyeray une
' Bartliplemy Pitiscus, précepteur, puis chapelain de l'élecleur palatin Frédéric IV, mourut à Heideiberg le a juillet 161 3. Sa première édition de la Trigonométrie {Trigonottietriœ Ubri quinqiie) est de lôgg, la seconde de 1608, la troisième de 1612.
2 Voir la lettre CXXVII du présent volume.
* L'abbé d'Olivet, rectifiant une erreur de Bayle qui avait fait naître le baron de Lisola à Besançon, dit (Histoire de V Académie française , i858, t. I, p. 313) que «François de Lisola, fils de Jérôme de Lisola, écuyer, et de Susanne Recy, naquit à Salins et y fut baptisé à la paroisse
de Saint-Anatole, le 92 avril lOi^.i Le baron de Lisola mourut en 167.5.
* Bouclier d' estai et de justice contre le dessein manifrstement découvert de la monarchie universelle, sons le vain prétexte des prétentions de In Reyne de France (1662, petit in- 1 2 ). A oir sur les diverses éditions de ce livre. Les Elzevier de M. Alphonse Willems (1880, p. 5/17). Bayle {Dictionnaire cntique) déclare que ce livre «est fort bon-î. yi. H. Reynald, doyen de la faculté des lettres d\\ix, a lu un mémoire sur le Bouclier d'Et'it et de justice dans la réunion des Sociétés savantes des départemenis, le 2(1 avril 1878.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
lettre de M' Valois, qui est tousjours plein (l'estime et d'atïection pour vous.
Je suis, Monsieur, vosfre, etc.
De Paris, ce x octobre 1667 '.
À M. LE COINTE GRAZIAM,
SBCRBTAIBE DES COMMiNDEMENS DU DUC DE MODBNE . À MODÈ.XE.
Monsieur, j'ay beaucoup de coiilusion de la prière que je vous ay faitte de me recouvrer ce qui me manquoit des pièces du procès qu'eut le Tassone avec le Cremonin sur le sujet de Pétrarque, puisque vous ne me pouvie's donner cette satisfaction qu'en vous privant vous mesme de ces curiosités qui estoient un des ornemens de voslre cabinet. Je ne pensois pas, en vous faisant une prière, vous faire un vol, beaucoup moins de vous en rendre le complice ou plustost l'autheur, cela s' estant fait absolument contre mon intention qui n'a jamais esté que de me servir du ministère de quelqu'un de vos gens pour chercher ces livres cbés vos libraires, héritiers de ceux qui les avoienl imprimés et qui vraysemblablement en dévoient avoir encore des exeraplau-es. Cependant vous usés de vostre authorité pour vous faire ce tort là à vous mesme, et pour m'obliger à recevoir ce don de vous que je ne voulois qu'en achapt de vos marchands par vostre crédit et par vostre entremise. Mais, Monsieur, si je reçois cette
faveur, ce ne sera, s'il vous plaist, que comme un emprunt et pour le temps seulement que je donneray à lire et relire ces pièces, vous en regardant tousjours comme le propriétaire . . .
J'ay receu avec moins de honte le manuscrit d'observations sur le vocabulaire de la Crusca, quoyque ce soit une chose tout autrement importante parce que je ne désespère pas d'en pouvoir servir le public, mais sans que vostre nom ni le mien y paroissenl en aucune sorte, puisque cela ne seroit bon qu'à nous faire des ennemis de nos amis. Ce peu que j'en ay veu me semble très fin, si toutesfois j'ose m'ingereide juger de ces propriétés de la langue qui ne sont pas mesme senties de la pluspart des Italiens. Dans la suite du temps je hazarderay de vous en dire davantage, quand je vous devrois apprester à rire par mon ignorance et par ma témérité.
Je vous dois mille remercimens du détail de la naissance et de la fortune de son autheur, et je m'en aquite icy avec beaucoup de ressentiment de la peine que vous vous en estes donnée. J'estime tant les gens de mérite que je ne suis de rien tant touché que de la connoissance de leurs productions et de leurs avantures, et vous vous en estes desja apperceu par les questions que je vous fis, il y a quelque temps, touchant la disgrâce du conte Fulvio Testi, duquel je vous dois dire qu'un Janus Nicius Erythrœus, dans la uf partie de sa Pinacotheca', sui-
' Le iendemain. Chapelain adressa ce sympathique billet au duc de Montauzier (f .35o v") : T. Monseigneur, je viens d'apprendre de M. le conte de Bouligneux avec le plus grand trouble du monde l'estrange accident qui vous a réduit en Testât où vous estes [une chute de voiture. Voir plus loin la lettre à Heinsius, du 16 décembre 1 667] . . . L'on me fait espérer que ce malheur n'aura point de suite . . . J'en prie Dien de
tout mon cœur et demeure, etc." Toujours trop indulgent pour les ouvrages au sujet desquels on le consultait, Chapelain (f° .'5.5o v°) engage vivement, le 1.3 octobre , l'abbé de Campion à publier le manuscrit qu'il lui avait soumis, «travail exquis, digne d'estre mis entre les plus solides et les plus divertissans de ceux des derniers siècles.'^ ^ Jean-Victor Rossi, né à Rome en i522, mourut en cette ville le i5 novembre 16^7. Son
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
vant lerreur commune, i'a fait mourir en prison, convaincu d'avoir révèle' aux Espagnols le secret de son prince dans une entreprise dont le succès estoit infaillible sans cette infidélité.
Je sçaurois volontiers si devant que Hyeronimus ' Vida fut fait e'vesque, il n'avoit pas esté religieux de ceux qu'on appelle chanoines réguliers de S' Augustin', du temps de Léon X et de Clément VIL J'en ay quelque soupçon par des passages de ses vers. Ça esté et c'est encore une des lumières d'Italie pour la poésie latine moderne et Virgile n'a point eu de plus naturel imitateur que luy.
Vous avés raison , Monsieur, de dire que le Ciel conflrme la justice des armes du Roy parla grandeur de leurs succès. L'Allemagne ne nous menace pas d'un petit orage dès cet hyvermesme, mais Sa Majesté l'attendra de pied ferme s'il ne la va chercher jusques de là le Rhin. Le printemps le verra en campagne avec cent mille hommes en quatre armées dont l'une sera commandée par M. le Prince en Alsace qui fera la moitié de la peur aux ennemis , et , par dessus nos pré-
recueil biographique ( Pinacotheca imaginum illustrium viro7'U7n qui auctore superstite diem stium obierunt) parut à Amsterdam (i6'i3-iCi8, in-8°).
' On lit dans le texte Heertinmis pour Hieronymus.
* Vida fut admis fort jeune dans la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Marc et devint ensuite chanoine de Saint-Jean-de-Lalran.
^ Le même jour, Chapelain (f^ 353 v") écrivait à Wagenseii : frNous sçavons que l'Empereur n'oublie rien pour nous débaucher nos alliés et pour exciter tous les princes de l'Empire contre nostre justice par des libelles et par des caballes, et que dans ia diète ses diligences n'ont pas peu opéré. En quoy j'admire l'imprudence de vos gens qui se portent à faire leur cause de celle d'autruy et à s'attirer chés eux une guerre lorsqu'ils ont à peine commencé à gouster la paix ... Au reste
paratifs, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Si vos Muses vous inspiroienl là dessus quelque chose, je le ferois valoir icy. Voicy ce (pi'elles m'ont dicté.
Pardonnes moy mes trop fréquentes interrogations. Commandés moy quelque chose que je puisse et me croyésavec une passion extrême. Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce xni octobre 1667.
J'oubliois à vous dire touchant le Poemelto dell'Ilalia al diica di Savoia Carlo Einanuelle que M. le conte Ferdinando Bardi, qui me le donna il y a vingt cinq ans. lorsqu'il estoit icy résident de France , me le donna comme une composition du cavalier Tesli. et ce qui men eust pu faire douter est la différence du stile des autres œuvres qu'il a depuis publiées et avoiiées, celuy-cy estant |)lus semblable pour la versilicalion à celuy du Tasse, magnifique et coulant, et le dernier plus semblable à celuy de Pindare, magnilique mais obscur et quelquesfois dur par l'employ des vocables latins et des figures, comme on dit, insolentes. Vous mavésfort obligé de me confirmer dans la vérité \
je ne sçay avec quelle pudeur S. M. I. et tout le Corps germanique peut se soulever sans estre provoqué contre un Roy qui ne poursuit que son bien, et qui par des secours nobles et volontaires a sauvé l'Allemagne de l'invasion des Turcs sans qu'un si grand bienfait puisse estre révoqué en doute. Nous fusmes trop généreux et trop peu politiques de courir de nous mesme à esteindre un embrasement lequel, si nous n'eussions pas esté très chresliens, nous estoit si avantageux. Nous verrons comment les ingrats s'en trouveront eux à qui tant de choses manquent contre nous à qui il ne manque rien. Nous ne croyons pas icy que Mayence ni Munster nous abandonne et tout ce que nous attendons de pis des Suédois et de Bavière , c'est une neutralité. Ce spectre qui a précédé la mort de l'électrice de Brandebourg est une erreur populaire et vous avés trop de sens
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
A M" COLBERT
BimSTRB D'ESTAT,
ï paris'.
Monseigneur, j'ay tarde à vous escrire que j'eusse plus d'une chose à vous envoyer et à vous mander, afin de ménager vos momens et vous moins distraire de vos affaires importantes. Ayant sceu de M' Perrault que ies deux exemplaires de la Vie des peintres anciens et les lettres de i\P Carlo Dati, leur autbeur, qui les accompagnoient, ne vous^ avoient pas esté désagréables, je n ay rien à y adjouster, sinon que je le luy ay fait sçavoir pour sa gloire et pour sa consolation.
Depuis cela, Monseigneur, je me suis
pour vous y laisser aller. . . » Le 3 novembre, Chapelain envoyé à Medon (f 356 v») les nouvelles que voici : (tPour M' Huet, il a tantost achevé l'édition du i" volume des Œuvres d'Origène dont ses prolégomènes feront une bonne partie. Vous avés raison de vous en promettre une exacte traduction , mais il la fera à mon avis seulement des pièces nouvelles qu'il y donne et se contentera de faire des notes sur celles qui sont faiUes par les anciens traducteurs. Nous l'attendons à Paris à la fin de l'année et vous sorés un des principaux sujets de noslre entrelien. Je suis eslonné que la mort de M' Bocbart ne soit point parvenue jusqu'à vous, car elle n'a pas fait moins de bruit que sa vie. C'est un dommage irréparable. Il avoit encore son Paradis terrestre à publier et plusieurs autres choses qui périront entre les mains de ses héritiers, parce qu'il ne les avoit pas achevées ou qu'il n'y avoit pas mis la dernière luain.'i Chapelain parle ensuite du traducteur en vers latins de la Pwelle, l'abbé Paulet, qu'il appelle run grand homme de bien et un fort habile homme". Il ajoute : «rVous vous préparés un grand honneur aussi bien qu'à M' Maran par l'édition si ample de ses Paratitles. J'en ay resjouy nos jurisconsultes; je m'en resjoiiis avec vous. . . b Le 4 novembre, Wagenseil
donné l'honneur de vous dresser^ un estât des travaux des François et estrangers gratifiés, suyvant l'ordre que j'en avois eu de vostre part; et maintenant, outre le poëme latin de M' Petit sur le progrès des armes du Roy, que j'ay mis entre les mains de M' Perrault pour vous le présenter, vous en trouvères icy un françois de M' Fléchier sur le mesme sujet, et qui ne luy cède point en beauté non plus qu'à celuy qu'il fit sur l'insulte de Rome et qui eut le bonheur de vostre approbation, ni qu'à son' autre latin beaucoup plus estendu qui représente le carozel ' d'une manière si poétique.
J'y ai joint deux sonnets de moy, dont vous avés desjà veu le premier, mais non retouché, celuy-cy pour l'entrée du Roy en Flandre, l'autre pour la fin de sa glorieuse
est ainsi interpellé par Chapelain (f 367 y") : «Si vous sçavés qui est l'autheur d'une relation latine du Statu imperii Germanici fraischement publiée, et fort esUmée, vous me ferés plaisir de me l'apprendre. La méthode en est italienne, mais le latin est hollandois.'? Enfin, le même jour, Chapelain, après avoir reparlé à Boeder de Vllistoire de Frédéiic III (P 358 v°), ajoute : tf Dieu veuille que la nécessité de se deffendre de l'insulte dont on nous menace ne tarisse point les sources qui font couler si généreusement les grâces dans le sein des gens de lettres, et que la violence de Mars n'envahisse point le patrimoine des Muses!»
1 Insérée dans le recueil de M. Clément (t. V, p. 6.6).
- Il y a et il faut évidemment vous. M. Clément a imprimé nous.
^ On lit dresser dans le texte. M. Clément a imprimé adresser.
* M. Clément a remplacé son par un.
* M. Clément a rajeuni le mot et a imprimé carrousel. Sur les poèmes de Fléchier, et en particulier sur son Cursus regius, carmen heroicum, voir Sainte-Beuve, Introd^iction aux mémoires sur les grands jours d'Auvergne, 1862, p. vu et viii.
campagne, petits fruits de mon grand zèle pour le service de Sa Majesté.
J'ay creu aussi que je vous devois communiquer à toutes fins l'extrait de deux lettres de M' Waghenseil qui regardent les interests du Roy, d'autant plus que je voy par ses avis les appresls que fait l'Empereur pom' nous fondre sur les bras au printemps. De mon coste', j'informe ce fidelle serviteur du Roy de ce qu'il a à respondre sur les choses qu'on nous reproche delà le Rhin. Je prie Dieu qu'il vous conserve et demeure avec mon ordinaire passion, Monseigneur, vostre, etc. De Paris, cex' novembre 16G7.
J'allois fermer mon paquet, lorsque M' Grutmeïer\ ce gentilhomme allemand que j'ay engagé par vostre aveu à la version du Traitté des droits, etc., en sa langue, m'a apporté une lettre de M' Spenerus, son correspondant de Francfort, qui luy donne avis que cette version est sous la presse et qu'avant trois semaines elle paroistra au jour, l'assurant de plus qu'elle entrera dans le recueil qui se publie tous les ans en Allemagne sous le titre de Diarium Evropœum, ce qui la rendra aussi commune en ce païs-là que son original l'est en celuy-cy\
' Je corrige de nouveau Terreur qui, dans le texte, a fait écrire Gmtmiere.
^ M. Clément a remplacé celity-cy par ce paijscy. — A la suite de celte lettre, nous trouvons (P 36o y") une lettre à Aubery du Maurier, du i5 novembre, d'où je tire ces intimes détails : «.Te voy avec joye que vous achevés de nettoyer vostre bien et que désormais vous ne relevés plus que de Dieu et de vostre espée. Je vous voy encore sur le point de ne pas loger plus mal M'"" vostre fille cadette que vous avés fait vostre aisnée et suis bien aise d'apprendre que vous n'aurés plus que vos Muses à pourvoir et qu'à jouir en paix de leur compagnie pour en donner nu monde les fruits qu'elles vous ont produit et qu'elles vous produiront à l'avenir. Les escrivains qui feront vostre éloge n'oublieront pas de dire (ju'entre vos autres vertus celle de l'hospitalité n'est pas la moindre. . . Cette générosité est d'un mérite d'autant plus grand que vous l'exercés dans une plus médiocre fortune et au milieu des embarras qu'apporte le ménage et les procès, c'est-à-dire que vous estes frappé au meilleur coin du monde, et qu'on vous peut mettre au rang de ces hommes antiqui moris dont le nombre est si petit dans la corruption de ce siècle. r> Deux jours plus tard, Chapelain répond ainsi à Bœclei-us (PSGi): wJe solliciteray M' Waghenseil de faire ses efforts auprès du libraire Eudterus de Nuremberg pour luy faire entreprendre l'édition de vostre Polybe puisque les Elzevirs vous
ont manqué de parole touchant cela. Il y a eu un peu de tyrannie à vostre puissant ami d'engager une plume du vol de la vostre à ce commentaire sur le traitté De jure pacis et helli de W Grotius et je vous sçay gré de l'aversion que vous me tesmoignés pour cette sorte d'ouvrage si peu digne de vostre réputation , quelques lumières que vous y ayés semées. Olearius, qui est homme de lettres, devoit plustost escrire son voyage en latin qu'en allemand, surtout dans la seconde impression ; et pour le globe céleste et terrestre qu'on m'a assuré qu'il a voit fabiiqué exacte (sic) à Gottorp, il se fusl fait grand honneur et au Prince qui en fit la despense, s'il en avoit fait une description exacte avec la figure et l'explication ... Ce n'est pas .sans raison que vous souhaités la paix entre les couronnes, mais si l'Empereur, pour les alfaircsdesa famille, ébransle l'Allemagne contre le Roy qui ne luy demande rien et qui veut bien vivre avec elle, les maux qu'elle en souffrira ne vous devront pas estre imputés, car vous ne doutés point que le principal de nos forces ne passe chés elle pour l'empescher de passer chés nous et elle n'enlendra gueres bien ses interests d'entrer dans une querelle qui ne la regarde point et dont il faudra qu'elle essuyé le plus grand orage. Vous verres au premier jour les solides répliques aux frivoles responses des Impériaux qui abusent bien de la bonté des peuples par leurs déclamations et libelles. n Le 3 5 novembre, (P 365) Chapelain complimente le prieur Rue-
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