‹ Lettres. PubliéesChapitre 142 sur 309 · À LA ROCHELLE · texte numérisé non relu

À LA ROCHELLE

Monsieur, ce n'estoit pas le moyen de me faire avoir vostre lettre que do ne mettre que mon nom et ma qualité à la suscrîplion, car elle ne m'a esté rendiie que par miracle après avoir esté portée à quatre conseillers d'Estat qui s'appellent de mesrae que moy et Iciie par cbacun d'eux, ce qui m'a osté le pouvoir d'y respondre plustost. Comme mon logis n'est pas aisé à trouver, ceux de mes amis qui ontquelquesfois besoin de m'escrire addressent leurs despesches à quelqu'un des leurs qui me les font tenir ensuite et qui en ren- Yoyent quérir la response. Ceux qui en usent

1 Le 3o janvier, Chapelain (f SgS) demande à Tabbé de Saint -Laurens si «Rivius, aulhciir anglois du livre intitulé Hisloria navalis, dont j'ay les deux premiers volumes , n'en avoit pas fait un 3% li-, 5% comme feu du Fresne me l'a autresfois assuré. n U le prie, en ce cas, de les lui recouvrer.

2 Paul Colomiès, né à la Rochelle le 2 décembre i638, mourut à Londres le i3 janvier 1692. Ses œuvres sont indiquées dans tous les

autrement perdent leurs peines et me font perdre Ibonneur qu'ils m'ont fait. Cela, Monsieur, soit dit par forme d'avis.

On n'oublie pas , au reste , ainsi les personnes qui vous ressemblent en vertu et de vostre sçavoir. Je n'ay jamais tourné les yeux du costé du Poitou sans les porter justpi'à la Rochelle seulement pour l'amoiude vous, de qui je n'ay jamais attendu rien de médiocre. Le dénombrement des ouvrages que vous avés prests à donner m'a resjouy. Les matières en sont toutes curieuses, particulièrement celles des linguistes, lesquelles ne seront pas moins divertissantes que profitables.

L'Histoire des poêles grecs a esté heureusement commencée en françois par M' Le Fevre et il est disposé à l'achever. Vous y pouvés avoir des lumières qu'il n'a pas eues, et vous les pouvés vouloir escrire en latin. Ces deux traittés de dubiis Scriptoribus , etc., seront sans doute remplis d'une érudition exquise et vous feront honneur parmi les sçavans. Vos deux recueils d'épistres et d'épigrammes, si elles sont d'authem-s modernes, il faudra qu'elles soient excellentes poiu- estre considérées. Cela ne sera pas si nécessaire, si elles sont d'autheurs anciens. Vos remarques sur M' de Balzac et sur l'histoire de M' de Thou ne devront pas estre des choses communes , et le monde verra volontiers vos fines et sages reflexions sur l'un et l'autre genre d'escrire de ces grands personnages. Pour les œuvres de M' de L'Estoiile\ elles

recueils de biographie et de bibliographie. Voir surtout les notices de Bayle [Dictionnaire critique) et de MM. Haag (France protestante).

3 Claude de l'Estoile, sieur du Saussay, fils du chroniqueur Pierre de l'Estoile, mourut en t652, âgé d'une cinquantaine d'années. Ce fut un des premiers membres de l'Académie française. Voir sur lui Tallemant des Réaux (tome V, pages 88-91) et Pellisson (tome 1°', i858, pages 3 A 5-2 5 0).

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LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

seront sans cloute fort clignes de vos soins, et je contribuerois volontiers à l'avancement de vostre dessein par mes connoissances ' ; mais selon que vous me marqués de celles ([ue vous en avës, je n'y puis adjouster que l'avis du lieu oii la Belle esclave a esté imprime'e et par qui, un ami me l'ayant fait voir ^ Vous Taures sur un billet sépare' avec cette lettre.

De vos trois épigrammes, celle du milieu que vous nommés Air me semble la moindre , quoyque bonne ', et vous me monstres par là que vous estes ambidextre et que vous ne réussisses pas moins bien dans les vers cjue dans la prose, ce qui n'est pas un petit sujet pour estre de plus en plus. Monsieur, vostre. etc.

De Paris, ce xxv janvier 1668.

GGCXXXII.

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