CCCXXXVI
À M" COLBERT
uixisthe d'estat'.
Monseigneur, le signor Carlo Dati , qui est appliqué tout entier an panégyrique du Uoy en langue toscane, l'a interrompu pour quelques momens, ne pouvant attendre à célébrer les derniers succès des armes de Sa Majesté qu'il eust achevé à parler des autres, sans tesmoigner au public son transport , à l'avis de tant de merveilles, par le sonnet qui accompagnera ce billet. Je me persuade qu'il ne vous semblera pas moins beau que les deux du comte Girolamo Graziani sur le mesme sujet.
Le signor Ollavio Ferrari, de Padoiie, a achevé le panégyrique latin auquel il s'estoit engagé. H l'a mesme fait imprimer et en a fait partir un paquet pour vous; mais je ne sçay par quel malheur il demeure si long temps à venir.
J'espère, Monseigneur, vous faire bientost voir aussi le modelle de cette machine à semer, dont j'eus l'honneur de vous informer il V a un an , et (pie vous approuvastes que
bibliographes n énumèrent que dix comédies de Cecchi imprimées do lôoo à iSga. (^oir le Manuel du libraire, t. l,col. 1711.) Il on est resté un grand nombre d'inédites. On vient de publier une de ces comédies: Li Sbarbati: commedia, cnn note di C. Arlia (Florence, 1880, in-8°j.
3 Imprimée dans le recueil de M. Clément (t. V, p. 620).
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
je fisse venir par W Waglienseil de Noremhevg, qui me lavoit propose'e; car je la sçay hors du péril des chemins et puis dire qu'elle est désormais en ma puissance.
J'ay fait sçavoir à M' Conringius que vous luy sçaviez beaucoup de gré de l'accomplissement de son travail, mais qu'il ne se devoit point mettre en peine de l'imprimer, les choses estant en un estât qu'il n esloit plus de'sorniais nécessaire. Ce qu'il en avoit fait passer par mes mains estoit si exact et si fort qu'il y avoit lieu de bien espérer du reste.
\r Heinsius me mande quil prépare une édition de Virgile tout autrement "épurée que toutes celles qui jusques icy se sont faites, et qu'il veut dédier au Iloy. M' Chassan, résident de Sa Majesté près de l'Electeur de Saxe, ayant sceu que feu M' Reinesius avoit destiné ses Inscriptions anciennes a Sa Majesté, a poursuivy avec zèle celui qui en estoit le dépositaire, pour les faire mettre entre les mains des ambassadeurs de ce prince qui sont arrivés depuis quelques jours icy. Je dois ce tesmoignage à la diligence et à la passion que M"^ Chassan a montrées en celte rencontre, où il estoit persuadé qu'il y alloit de la gloire de Sa Majesté. Tous les autres gratifiés estrangers ont chacun sur le mestier quelque chose de considérable qui regarde cette mesme gloire, et la correspondance que vous m'avés commandé de nourrir
avec eux les entretient dans ces exercices aussy utiles au public qu'avantageux à nostre grand monarque, mais le soin que j'en prends fait beaucoup moins cet effet dans leurs esprits que la haute réputation de ses armes et leurs admirables succès, dont j'apprens par eux que toute l'Europe est remplie et tous les princes estonnés.
Je suis. Monseigneur, vostre, etc.
De Paris, ce xï février 1668 '.