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À TRIE

Monseigneur, j'ay receu avec le respect que je dois l'ordre que ma envoyé V. A. de voir avec M" Godefroy * en quoy on le pourroit ayder à l'égard du célèbre Conte

tvTic cette note: r Nous dirions aiijonnriiui creusé, approfondi. r> Caver, qui est déjà, au xni° sièLJe, dans Jean de Mcung et dans Ruteheuf , et que l'on retrouve, au xv% dans Froissart, au xvi' dans Calvin, dans Amyot et dans Montaigne, a été signalé encore par M. Litlré dans Mallicrbe et dans Saint-Simon. En citant le passage sur Lancelot, M. Sainte-Beuve dit : wCliapelain, qui vaut mieux que son renom, et qui était une autorité en matière d'érudition poétique, se montra moins sévère que le Père Yavassor.??

' Corneille Schonaeus, né à Goude (Hollande) , publia son Terentius chrislianus , seu co»iediiP sacrœ, à Anvers, chez Plantin, en ir)7o, in-8°. On cite deux autres éditions (Cologne, 1616, et Amsterdam, 1639), cette dernière posthume et plus complète que les autres.

- Le Moréri n'est pas moins favorable : trLes poésies qui font fait le plus connoitre, sont ses comédies saintes dans le style de Térence qu'il a en effet imité d'assez près pour la pureté du style, le naturel et la précision. -5

' Arnauld d'Andilly avait publié, de 16^7 à

iGâd, les "(e« des saints Pères des Déseils. Voir sur cet ouvrage Port-Royal, t. II, p. a8i-ï!87. Le nouvel ouvrage réclamé par Chapelain parut en i664, sous <;e litre : Vies de plusieurs saints illustres de divers siècles, choisies et traduites des éa-ivaitis originatu, etc.

* Antoine Le .Maislre.

* Quatre jours plus tard. Chapelain (P 02 v") écrivait à M' du Loir : rrM' le conte de Maure m'amena, ces jours passés. M' de Vivonne, sou neveu, et vostre illustre pupille, en qui j'ay bien reconnu les coups de maislre qu'il tient de vous. Je fis tomber dans la conversation les éloges que vous m'avés faits de ses bonnes qualités et ne creus pas devoir laisser passer cette occasion.. . »

* Denis II Godefroy, fils de Théodore Godefroy, naquit à Paris le ai août 161 5 et mourut à Lihe le h juin 1681. H fut historiographe de France, comme son père, et fut comme lui un fécond travailleur. Voir, sur Denis Godefroy, le livre d'un de ses descendants, feu le marquis de Godefroy-Méuilglaise : Les savants Godefroy. Mé-

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

de Danois dans l'impression qu'il fait faire au Louvre de l'Histoire de Charles VH ', et cela auroit desjà esté exécute si cet honneste homme là eust este' à Paris. En attendant son retour, je diray à V. A. que je n'ay rien ou fort peu de chose que je luy puisse apprendre touchant ce Prince, mon genre de travail ne m'ayant point engagé à chercher de secrettes pièces pour le soustenir et enrichir; au contraire devant estre le plus qu'il seroit possible appuyé sur les évenemens connus, quand j'aurois eu des mémoires nouveaux sur cela , je n'aurois pas osé m'en servir. C'est poiu'quoy je n'ay fait fondement que sur ce que les annalistes en ont publié, et M' Godefroy ne peut manquer, en cherchant ce qui regarde ce prince, de le trouver chez ces gens là en cas que l'autheur contemporain de Charles VII n'ait pas employé tout ce qui concerne vostre grand prédécesseur, ce que je croy fort malaisé veu leur éclat et qu'elles sont tellement enclavées dans le corps de cette histoire qu'à moins qu'il n'eust voulu trahir la vérité, il ne les sçauroit avoir oubliées.

Si toutesfois M' Godefroy désire particulariser * k vie du grand Conte de Dunois , à quoy il n'y a guère d'apparence , puisque je voy par sa lettre qu'il n'en parle que dans

les marges, en ce cas il faudroit avoir recours à la curieuse recherche qu'en a fait \i' Lescorné et V. A. pourroit ordonner à M' Du Buisson, son amy, de luy faire voir son volume, et de luy en laisser extraire ce qui serviroit à son sujet. Voilà , Monseigneur, mon sentiment sur cette affaire. Quand M"^ Godefroy sera revenu de Troyes où il est à présent, nous nous verrons et nous nous entretiendrons de tout, et s'il y a lieu de contribuer à son entreprise pour la gloire de vostre illustre maison, je le feray avec mon zèle ordinaire et de tout ce peu d'industrie que Dieu m'a donné dont je rendray conte fort exactement à V. A.

J'avois, au reste, à l'avertir des continuelles instances que me font ces bons Pères Célestins touchant l'exécution du dessein de ce mausolée qu'Elle a résolu de faire chés eux pour le cœur de feu iW' son Père de glorieuse mémoire •\ croyant qu'il tient à moy et à M' Le Bret que cela ne se face pas, veu les commandemens qu'Elle a faits à cette intention et la descente que nous y fismes, il y a six semaines, pour prendre les allignements et tenir la place preste afin d'en accomplir le projet. Je les ay assurés de la constante volonté de V. A.* et j'ay fait la mesme chose envers le sieur Aus-

moires d'une famille pendant ks xvi% xvii' el xviif siècles (Paris, 1878, in-S", p. i57-2i3). L'auteur a cité (p. 17.3) le jugement de Chapelain sur Denis II Godefroy (1669).

' ^Histoire du roi Charles VU, par Jehan Charlier, Jacques Le Bouvier, dit Berrij, Mathieu de Coiicy, et autres qui sont anonymes, contenant les choses mémorables advenues de tâaa à iâ6i, mise en lumière et enrichie de plusieurs titres , niémoires, traités et autres pièces historiques, etc. Paris, Imprimerie royale, 1661, in-folio.

' Particulariser, que l'on serait parfois tenfé de prendre pour un ne'elogisme, est un de nos vieux mots. On ne le trouve pas seulement dans Vollaire, Pascal, Scarron,la Fontaine, mais en-

core dans -Montaigne, Amyot, Paré et même Jiivénal des Ursins.

^ Henri d'Orléans, P' du nom, duc de Longueviile, comte de Dunois, chevalier des ordres du roi, pair et grand chambellan de France, gouverneur de Picardie , etc., mourut le 29 avril lôg.j, d'un coup de mousquet tiré par un maladroit dans une salve par laquelle on fêtait l'entre'e de ce prince à Dourlens.

* Malgré toute celte constante volonté, il semble bien que le mausolée ne fut pas élevé, car je ne le vois pas signalé dans l'excellent recueil de M. F. de Guilhermy {Inscriptions de la France du V au xviii' siècle, t. I", 1878 : Paris, anciens couvents). Le savant archéologue a relevé les in-

LETTRES DE SEXN CHAPELAIN

i)ière, cet excellent inaistre' sur qui M' Le Bret avoit jetlé les yeux entre tous , et qu'elle a approuvé sur nostre tesnioignage. Gela estoit nécessaire pour l'empescher de se charger d'une autre besogne et de perdre les belles idées qu'il a conceues pour cellecy. Il plaira donc à V. A. d'ordonner à M' Le Bret qu'il conclue ce marché avec luy au plustost tandis que les marbres qu'il a arrés* pour cela sont encore à vendre, car si on laisse passer l'occasion il sera malaisé d'en recouvrer d'aussi beaux et d'aussi propres {[lie ceux là. Je continueray cependant à luy l'aire espérer une pronte expédition afin de le tenir en bonne humeur, et que le dessein de V. A. puisse reiissir à son contentement et à sa gloire. Je prie Dieu qu'il vous conserve et demeure , Monseigneur, de V. A. , etc. De Paris, ce xiiii septembre 1659.

A M. D'A.NDILLY,

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