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CONSEILLER DU BOT, EN SES CONSEILS

À PORT-ROïAL.

Je n'ay point prétendu, Monsieur, vous l'aire de reproche de ce que l'oflice du Saint Sacrement s'estoit publié sans que vous m'eussiés fait l'honneur de m'en envoyer un exemplaire. Et de quel droit vous ferois-je ce reproche quand mesme vous en auriés gratifié quelqu'un? J'ay seulement voulu

vous tesmoigner, en vous représentant ma tromperie avec naïveté, vous faire sçavoir la grande approbation qu'a eu celte production excellente dès son commencement et in satisfaction que j'en avois quand je me la serois donnée. Au reste n'est-ce pas m'en avoir fait présent que de luy avoir laissé voir le jour, puisque pour la posséder il n'y a autre peine que de l'aller prendre à la rue S' -Jaques. Je me tiens donc obligé par là de vous en rendre grâces et à nos vertueux amis, qui y ont contribué avec vous, conmie aux autheurs d'un bienfait inestimable et dont tout le christianisme vous est redevable à tous au dernier point. Je le fa y donc ici de tout mon cœur et je le fais encore par avance pour le travail que vous m'avés confirmé qui n'estoit pas eschoué et abandonné par là mort de nostre Macharite ^, comme je l'avois estimé *. C'est une entreprise que cellelà digne de toute vostre piété et de tout vostre courage, et si vous aviés besoin tous d'estre exhorl<'s pour ne la lascher jamais de là main qu'elle ne fust accomplie, je vous en conjuierois de la part de Dieu et au nom de tous les hommes de bonne volonté à qui vous ne scauriés offrir rien de plus utile ni de plus agréable.

Quant à M' Lancelol, je l'avois creu autheur de cette' préface et de cette dissertation qui sont à la teste de cette judicieuse collection d'épigrammes que vous m'avés

scriplions qui, dans Panciennc église des Célestins, étflient gravées sur les lombes de Louis, duc d'Orléans, Valentine de Milan et leurs deux fils (p. i/19) et de Renée d'Orléans, comtesse de Danois (p. 6i6).

' ^excellent maistre ne figure dans aucun de nos recueils biographiques, pas même dans le nictionnaire a-ilùjue de biographie et d'histoire, où M. Jal a réuni tant de renseignements nouveaux sur les artistes d'autrefois.

^ Pour arrhes. M. Littré a cité, sous le mol

arrher, deux phrases, l'une de d'Aubigné, l'autre de Guez de Balzac. Le premier dit il erra et le second : il les etrhe.

^ C'est-à-dire le bienheureux défunt (Ant. Le Maislre). Guez de Balzac avait appliqué la mèmt; expression à Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cjran, dans une lettre à Chapelain du i""" mai 16^5 {Mélanges historiques de 1878, p. 65o, 65 1).

* Les Vies des saints dont il a été question dans la précédente lettre à d'Andilly.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

envoyée ', el je luy eu a vois escrit en celte qualité aiissy bien qu'à vous. Sa candeur m'a éclairci de la vérité, et je voy avec beaucoup de joye que jDarniy nos pieux amis de delà, il y en a quelques uns encore qui trouvent du temps pour s'occuper aux lettres humaines et pour les présenter au monde de leur meilleur costé. Je m'en resjouis encore davantage parce que cela vient d'eux et je prens un plaisir extrême à rencontrer en tous les genres d'eslude des vestiges glorieux de leur mérite et de leur scavoir.

Pour le défaut d'art des Comédies saintes de Schonaus, M' Lancelot a raison el c'est pour cela que dans mon billet précédent je vous les nommois plustost de simples représentations que des Comédies.

De Paris, ce xvu septembre i65f)^.

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