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CONSEILLE!! AD SESESCHAL DE T0L06E , À TOLOSE

Monsieur, il eust suffi de la recomman-

chœur une niche qui r contenait i'oslic miraculeuse, dans laquelle, le 2 juin 1668, pendant l'octave de la Fèle-Dieu, le curé Nie. Nézan montra au peuple, pendant un quart d'heure, Jésus visible en forme humaine, pour la conlusion des incrédules.» Le savant historien ajoute que l'évêque Henri Arnauld, après enquête, publia le 25 juin un mandement où il prescrivait wafin d'honnorer la mémoire d'un si grand miracle et de le conserver à la postérité,:» de garder précieusement «la mesme hostie où l'apparition s'est faite... en une fenestre bien sûre et dûment ornée, n ' Gonrart.

dation que M' de La Failhe ^ porte avec luy mesme sans celle que porte la lettre qu'il m'a rendiie de vostre part et que je n'ay receiie qu'avant hier par le séjour qu'il a esté obligé de faire à la Cour pour favancement des affaires qui l'y ont amené. Dans l'entretien que j'ay eu avec luy, j'ay trouvé que vous estiés un excellent peintre et que vous vous connoissiés admirablement en vertu. Il n'est pas seulement bonneste homme, il est encore sçavant homme, et de ceux que l'on peut souhaiter de ses amis. Je vous félicite de favoir pour intime et je vous le pourrois envier si j'avois autant de mérite que vous. Il m'a communiqué un discours justilicatil' de la noblesse des Gapitouls de Tolose en cette qualité , plein d'une érudition exquise, soustenue par une méthode et un jugement (pii n'en font pas moins la clarté quils n en eslablissent la solidité ^ Je ne doute point qu'il ne s'en [tire à son] honneur au Conseil et qu'il n'en emporte non seulement gain de cause et le maintien dans la possession où luy et Messieurs ses confrères sont de ce titre de temps immémorial ", mais encore beaucoup de loiiange en son particulier de l'avoir si bien deffendu.

Je vous envoyay, il y a quelque temps , une lettre de M' Heinsius par la poste pour response à vos dernières. H est, depuis,

- Germain de Lafaille naquit à Castelnaudary le i3 octobre 161 G et mourut, à quatre-vingtseize ans, à Toulouse, le 13 novembre 171 1. Voir dans la Biographie toulousaine (t. I", p. 35/i- 358) la liste et l'appréciation de ses ouvrages, dont le plus important est le volume in-folio imprimé chez L. Golomiez : Annules de la ville de Toulouse (1687).

■■' Le Traité de la noblesse des Capilouls de Toulouse fut imprimé dans cette ville en 1668 (petit in-li"). La seconde édition {ibid.) est de 167;:! (même format) et la troisième {ibid.) de 1707 (toujours même format).

* Le savant défenseur des privilèges du Gapi-

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

{3arli pour Suède. Vous aurés receu son Prudence par M' Bigot.

Je suis fort véritablement, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce i" juillel 1668.

CCCLXIII.

À ÎII" COLBERT,

MINISTBE D'ESTAT, À SAINT-GEItMAIN '.

Monseigneur, aussi tost après avoir receu vos ordres , je respondis au signor Vigliolto, et, de la manière que je pus la plus douce, je luy fis comprendre l'obligalion qu'il avoit de rendre justice à la mémoire de feïie Son Eminence, pour la part principale ou pour mieux dire unique qu'elle avoit eïie à la conduite des affaires de France pendant la minorité du Roy et depuis encore, jusqu'à ce que Dieu le luy eusl ravi , et je luy tesmoignay qu'il pouvoit remédier à l'omission qu'il en avoit failte dans la première partie de son Histoire abrégée, en récapitulant dans la seconde ses illustres actions el oslcndant celles qui restoient à narrer, surtout sur la paix des Pyrénées, qui fut son chef-d'œuvre, auquel personne ne pouvoit cstrc soupçonné d'avoir participé.

J'espère qu'il profitera de l'avis , d'autant plus que s'il en usoit de la sorte , je l'ay as-

loulal fit triompher la cause qui lui avoit été confiée. L'édileiir du Traité, Raymond Rose, dit dans sa dédicace aux Capitouls de i6<')8 : «L'auteur n'avoil pensé qu'à faire de .simples mémoires pour l'inslruclion de Messieurs de vostre fx)rps qui furent députés à Paris pour le soutien de vostre noblesse. J'ose dire pourtant (|ue c'est un ouvrage accomply pour son suj(!t, plein d'un savoir singulier el de reclierches aussy curieuses et aussy surprenantes qu'elles sont honnorables à vos charges. C'est le jugement qu'en a fait un des sçavans el judicieux hommes de F^ance, W Chapelain , dans une lettre que j'ay veu de luy

sure qu'il feroit chose agréable à Sa Majesté et qu'il vous auroit favorable pour la continuation de ses grâces. Quant aux .Mémoires qu'il demandoit,je l'ay envoyé à la notoriété publique et à ce qu'il en pourroil recouvrer par ses soins et par ses amis de delà, vos occupations si grandes ni mes lumières bornées ne permettant pas qu'on l'en pust ayder de deçà. C'est, Monseigneur, le conte que je vous devois du commandement que vous m'aviés fait.

J'y adjousteray que les trois giatifiés estrangers dont vous n'aviez point eu encore les remcrciemens et qui ne sont venus tard que par l'éloignement de leur demeure ou par les accidens qui leur sont arrivés par les chemins ont enfin satisfait à un si légitime devoir, et d'une façon si noble el si éloquente, au moins les deux qui ont laissé ouvertes leurs lettres au Roy et à vous, en me les addressanl, qu'ils s'en sont montrés bien dignes cl (jue la beauté en peut bien compenser le retardement.

Je veux croire la mesme chose do celles de M' Hevelius, qui sont venues fermées el que vous Irouverés avec les autres dans ce mesme paquet.

Je prie Dieu qu'il vous conserve et suis avec mon respect ordinaire. Monseigneur, vostre, etc.

De Paris, ce viii juillet 1GG8*.

à un de ses amis de celte ville.» Celle lettre est celle que l'on vient de lire, el non, comme l'a cru M. E. Pioschach {Etudes historiques sur la province du Laiifruedoc, 187G, t. I*', in-6°, p. 6a6, note 1), celle que nous allons trouver un peu plus loin, à la date du a a septembre 1668, et qui est adressée à Lafiiille. Medon était bien un </e.çfl»His de Chapelain, mais Lafaille n'était pour l'auteur de la Pucelle (|u'une simple connaissance, une toute nouvelle connaissance.

' buprimée dans le recueil de M. Clément (t. V, p. 63/4).

■^ Le même jour, Chapelain adresse une lettre

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

A M. COLBERT

MINISTRE D'ESTiT, À SAINT-GERMAIN '.

Monseigneur, depuis m'estre tlonne' Tlionneui- de vous envoyer le remerciment de MM" Hevelius, Gronovius et Waghenseil.

les trois seuls des gratifiés qui restoient à vous tesmoigner leur reconnoissance, j'ay receu de M"^ Carlo Dali un petit poëme italien que son zèle a fait adjousler aux deux sonnets que vous axés desjà veus de luy sur la conqiiesle de Ifi Franche-Cont<^ , dont il vous fait l'addresse, et qu'il a voulu relever par la lumière de l'impression. Vous en trouvères. Monseigneur, six exemplaires dans ce paquet, et accompagne's d'une de ses lettres, où il y a apparence qu'il s'explique des motifs de ces petites pièces, en attendant qu'il ail mis la dernière main au grand ouvrage qu il a entrepris sous le titre de Panégyrique de Sa Majesté, que je ne doute point qu'il ne réussisse excellent. à ne rien devoir à celuy qu'a publie' naguères avec tant d'applaudissement M' Otlavio Ferrari en latin.

Au reste, ce gentilhomme allemand" auquel vous fistes la grâce de permettre qu'il vous dédiast son Commentaire sur la loy Cincia, estant sur le point de quitter la France, a cru de son devoir, après une telle déclaration d'attachement tout particulier à vostre personne, d'aller recevoir vos commande-

mens et vous protester de nouveau le service désintéressé qn'il vous a voiié pour toute sa vie. Sa pensée m'a paru trop honneste pour l'en dissuader, d'autant plus qu'il n'avoit rien à vous demander que la continuation des bontés que vous luy avés tesiuoignées , afin qu'il se puisse vanter en son pais, sans scrupule, de ne vous avoir pas dépieu.

M' Perrault vous aura rendu conte de la révision que nous avons faitte par vos ordres de l'épitre dédicatoire de M' de Valois au Roy^ et de la relation de la feste de Versailles, escritte par \V Félibien\ et je n'ay rien à y adjouster, sinon que je suis avec mon respect ordinaire, Monseigneur, vostre, etc.

De Paris, ce x\ix juillet iC08.

À M. D'A.NDILLY,

CONSEILLER DU nOY EN TOUS SES CONSEILS , À POMPO.WE.

Monsieur, avant que de vous rendre grâces de vostre magnifique présent, je vous dois féliciter de l'accomplissement heureux du long et illustre travail de vostre version du Josèphe, laquelle vous ayant aquis un si grand mérite envers Dieu , la gloire duquel vous vous y estes uniquement proposée, vous en acquerra une très grande dans le monde, comme un chef-d'œuvre d'intelligence et de langage qui ne pouvoit estre entrepris ni achevé que par vous. Il y pa-

(le recommandation à M. de Rœusière en faveur de M. Rigauit, «•neveu de feu M' Rigault, procureur général au parlement de Melz.» Chapelain fait un grand éloge de la vertu et des talents de son protégé. Il le dit honune de bien, homme d'hoTnieur.

' Imprimée dans le recueil de M. Clément (t. V,p. 634 et 63.5).

- Brummer.

* En léte de V Histoire ecclésiastique de Socrate («668).

^ André Félibien, sieur des Avauds, né à Chartres en 1619, mourut en 169'). H fut histori(^raphe du roi, membre de l'Académie des inscriptions, secrétaire de l'Académie d'architecture, etc. Sa Relation de la fête de Versailles du 18 juillet /Ç65 parut à Paris chez Le Petit (1668, in-/i°).

LETTRES DE JEAN CHAPELALV

roist manifestement à quiconque a assés de lumière pour en juger que vous y avés este' assisté d'une grâce particulière pour le bien des hommes, lesquels dans les traductions grossières qui ont paru de ce grand autlieur jusquicyne trouvant que des espines et du degoust n'en tiroient aucun avantage et le rebutaient presqu'avec mespris; au lieu qu'attirés par les grâces cjue vous y ave's descouvertes, et par le lustre qu'il a receu de la beauté de vostre slile , en feront désormais leurs délices et se sentiront conduits par le plaisir à l'utilité que leur produira sa lecture '.

Je loue, Monsieur, la bonté divine de la force qu'elle vous [a] conservée à vostre âge" pour fournir si bien une carrière si estendiie, et la prie de vous la maintenir pour les autres desseins de pareille nature que je suis persuadé que vous aurés tant que vostre santé n'en sera point aUerée'\ Je vous suis infiniment obligé d'avoir conliniié en cette occasion de me comprendre au nombre de ceux que vous vouliés honnorer d'un si cher régale, et j'ay grande impatience d'avoir rais la seconde partie de mon ouvrage en estât de vous servir d'une telle quelle rétribution de vos faveurs, sans prétendre néanlmoins vous en demeurer moins redevable, connoissant connue je fais linegalilé qui se trouve entre ma foiblesse et vostre vigueur.

Je vous aurois envoyé avec mon remercinienl celuy de M' Conrart, qui n'est pas

moins louché que raoy de vostre souvenir, si la goutte cjui luy est tombée sur la main droitte ne luy avoit point rendu impossible ce devoir. En attendant qu'il la puisse avoir libre, il ma prié de vous assurer de son ressentiment et qu'il n"est pas moins à vous . Monsieur, que vostre, etc.

De l^aris, ce xîx juillet 1668.

À M" COLBERT

)li:(ISTIIE D-ESTiT.

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