‹ Lettres. PubliéesChapitre 159 sur 309 · A M. HEVELIUS · texte numérisé non relu

A M. HEVELIUS

ANCIEN EOUnGMESTKE DK DANTZICK , À DANTZICK '.

Monsieur, enfin vos dix exemplaires de la Cometographie que vous m'accusiés par vos précédentes sont arrivés à Paris ^ en bon estât, et M' Fromont\ qui les a retirés de la douane', en a voulu faire sa cour, et sans m'en rien dire ^ les a portés chez M' Carcavi, préposé à la garde de la Biblioteque du Roy; je dis ces dix exemplaires; car pour les deux premiers il y a apparence qu'il ne les a pas plus receus que moy, qui les ay tousjours inutilement attendus. 11 vous faloit^ informer de ce détail pour ne rien ' obmettre de ce qui regarde vostre interest en cette rencontre. Pour la conduite de M' Fromont^ en cela', elle pouvoit faire abysmer ce nombre d'exemplaires dans la confusion des livres de la Bi-

1 M. R. Kerviler possède l'autographe de la présente lettre et il a bien voulu me fournir les variantes que Ton trouvera dans les notes qui vont suivre.

- A bon port et.

' Fromond.

' Qui les a receus au Heu de me les remettre selon vostre ordre.

' Faire sçavoir.

" Monsieur.

' Pour n'obmeltre.

* Fromond.

' Il vous pouvoit estre préjudiciable, faisant abysmer ces exemplaires.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

blioteque royale où celuy ' à qui ils furent remis ne les trouvant accompagnés d'aucune lettre d'adresse et ne sachant ce qu'il en de- Yoit faire", les avoit rejettes dans un coin, si m"ayant ouy dire il y a deux mois qu'un ouvrage de ce mérite me devoit venir pour le Roy' et pour M' Colbert, il ne s'en fust souvenu par bonhem- et n'eust* envoyé cbés moy sçavoir^ si je n'avois point eu d'ordre" de vous sur ce sujet. Noslre amitié a esté le moyen dont la fortune' s'est servi pour réparer le mal qu'avoit causé l'inobservation de vos ordres. Nous nous sommes abouchés* la dessus. Je luy ay communiqué la lettre que vous m'cscrivistes de l'onvoy ^ de ces exemplaires et la disposition que vous m'en laissiés'*, à laquelle se rendant, nous sommes convenus que de ces dix il en retiendroit cinq, deux pour le Roy, selon la couslurae, l'autre relié selon vostre intention pour le cabinet de S. M., l'autre en blanc pour sa biblioteque'\ le troisiesme relié de mesme pour M' Colbert. et des deux derniers l'un pour M' Perrault, homme de belles lettres 'et l'un des contidens commis de M' Colbert", l'autre pour M' Carcavi mesme que j'ay creu nécessaire de leur donner'* pour vous les tenir favorables auprès de ce grand ministre, et pour les engager'* à m'aider à vous

' Où -ir Carcavi qui les receut sans les trntivm-.

^ D'où ils venoient.

' Pour Sa Majesté.

* Et ne m'eust.

* Demander.

'' D'rti'is.

' Dont vostre bonne fortune.

' Abbouchés.

' La lettre de l'envoy.

" Pour la distribution.

" Deux pour le Roy, Vun relié pour le cabinet de S. M., l'autre, etc.

'- Homme de lettres.

'^ Et l'un de ses commis priucipnud-.

y maintenir comme vous le mérités. M' Bouliauld "^ à qui j'ay fait part de cecy " n'y a rien trouvé contre la prudence et a creu fort à propos que j'en eusse usé ainsi '\ Je luy ay remis en main propre celuy" que vous luy aviés destiné, dont il vous remercie^" par cet ordinaire. J'envoyeray à M' Ménestrel le sien lorsqu'il sera de retour de la campagne. Je garde pour moy celuy dont vous m'avés aussi voulu gratifier"'. J'attens M' le duc de Montauzier qui est en son gouvernement, pour luv présenter"" celuy des deux restans, personne de noslre Cour n'en estant si digne que luy par l'amour des sciences qu'il a succé avec le lait, et par le grand accès qu'il a auprès de S. M. à laquelle il pourra eflicacement insinuer aux occasions"^ le mérite d'un ouvrage de cette importance. Le dernier sera mis" entre les mains de M' Cramoisi pour le faire voir aux curieux" qui fréquentent sa boutique et pour premier des six qu il a donné parole à M' Boiiillauld de prendre"" aux conditions arrestées entre eux, dont il vous entretiendra particulièrement dans sa lettre. Celle-cy, Monsieur, ne sera guère divertissante pour vous, consistant dans un détail chagrin et des minuties'' de négoce. des(]uelles nénntmoins il n'esloit pas à propos de vous rien laisser ignorer.

'* De vostre part. '^ Et les enifairer.

'« Boûillauld.

1" A qui j'ay parlo de cecy.

'* A redire et u jugé que j'en devois user ainsi. " L'exemplaire.

^^ Remerciera.

-' Dont vous m'avés voulu jjratilior et j'attends.

" En vostre nom.

" A l'occasion.

" A esté mis.

-* Pour l'e.rposcr.

-* Qu'il luy a donné piirole de prendre.

" Des minucics.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

Pour moins finir [sic) agréablement je viens ^ à vous rendre grâces de ce que vous m'avës voulu mettre ^ dans la première liste de ceux que vous vouliés honnorer de cette noble marque de vostre amitié. En desployant ce grand volume, je ftis ébloiii de l'éldgance de son impression, de la blancheur de son papier \ de la beauté de ses caractères \ de la multitude de ses figures^ et plus que tout, de l'excellence et de la nouveauté de sa doctrine qui fixe ce point de la science des cieux et qui servira désormais de canon "^ touchant une si sublime matière. C'est ainsy que j'en

ay escrit à M' Colbert en luy donnant avis de l'arrivée de cette royale oflrande pour le préparer à luy faire avoir un bon accueil de S. M. et à le bien accueillir luy mesme', me rendant outre cela caution envers luy de l'autre' dont je luy ay desja porté parole, et qui n'embrasse pas moins que toute la machine des cieux. S'il y avoit quelque chose davantage à faire icy pour vostre satisfaction °, je n'y apporlerois pas moins de zèle et vous ne m'y esprouveriés pas moins, Monsieur, vostre, etc. '°

De Paris, ce xx aoust i6C8 ".

' Je viens pour la Gnir moins «désagréablement. ^ De la faveur que vous m'avés Jaite de me mettre.

' Et du corps (le son papier.

* Charactèrcs.

'■" Et de la délicatesse de ses figures. ' Et de rèffle.

' A la faire bien recevoir de S. M. et à la biot recevoir hiy-mesrne.

* Grande.

' Et pour vos avantages.

'" M. Kerviler complète le relevé des variantes par les deux additions suivantes : «Dans la grande place blanche, dit-il, laissée sur la troisième page entre Monsieur et vostre très humble, etc. , qui se trouve au bas, Chapelain a intercalé deux post-scripta.n Les voici:

«Depuis ma lettre escrite et sur le point de la fermer, j'ay receu celle du !i aoust qui m'apprend qu'enfin ces miennes de Tannée passée et le manifeste du Roy vous avoient esté rendus. La grosseur du paquel , du port duquel la personne à qui je l'avois confié vous vouloit descharger, a causé ce retardement. Par vos premières à vostre ioysir vous me manderés ce que vous croyés de la justice des armes du Roy. Vous aurés sans doute admiré la clémence de S. M. à avoir si magnanimement donné la paix aux Espagnols lorsqu'elle estoit en estât de se faire une entière raison par la guerre. Protégés M' Gustmeyer ; il a le cœur bien placé et ne fera jamais de honte à ses patrons et amis.

s Monsieur, ayés la bonté, s'il vous plaist, de faire rendre en main propre fincluse à Af Gustmeyer, vostre nouveau citoyen et mon particulier amy.?5

" La lettre à Gustmeyer dont il vient d'être fait mention porte la date du ao août. En voici quelques lignes (f Z195) : «Ce que vous me dites de la diversité des religions par où M' Pasiorius a passé ne m'en fait pas juger tout à fait à son avantage. J'ay veu avec joye la liste de ses œuvres. Ces diverses guerres qu'il dit avoir descrittes doivent estre les meilleures pièces de son sac. Je vousay montré celle des Cosaques qui m'a semblé composée exacte. Si les autres sont du mesme stile et de la mesme exactitude, il en feroit un joli volume en les ramassant en un corps. Quand vostre ami vous envoyera la relation du globe d'Olearius bien exacte, vous ne perdrés point, s'il vous plaist, d'occasion seure pour me la communiquer. S'il paroissoit aussi en vos quartiers quelque livre nouveau de bonne main d'histoire, de géographie, de voyages qui eust attiré fapprobalion publique et que vous creussiés qu'on ne trouvast pas chés nos marchands de deçà, vous pourries me les achepter à bon conte. . . Vostre ami généalogiste de Francfort m'a envoyé le premier volume du Recueil qu'il a fait des XXII quartiers des plus célèbres maisons de l'Europe et prié de luy en faire avoir d'autres de nosire nation pour en enrichir le second qu'il prépare. Je suis en queste pour cela et peut-estre luy en fourniray-je quelques-unes bien vérifiées. Ce qui me pourroit

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