CHEVALIER ET COLVERSEUR DE M
A SAIiNT-GERMAIN.
Monseigneur, je croyois vous laisser
' D'après le Moréri, Jean Nicole était ffmaiivais avocat». On ajoute là que f plein d'enthousiasme, il donnoit clans un phœbus insupportable, et semoit ses plaidoyers d'assez mauvais vers, ou traits de romans, n
^ 11 y a pairie, au lieu de partie, dans le manusciit; ce qui rendrait cette phrase, déjà un peu embarrassée, complètement inintelligible.
^ C'était un membre des conseils d'Élat et privé.
CUAPELAI.N.
Il est mentionné dans une lettre de M""" <le Sévigné du 6 février 1671.
* L'abbé de MaroIIes, dans le Dénombrement qui suit ses Mémoires (t. Ilf, p. 828 ), mentionne Jean Nicole crpour ses déclamations de Quintilien , et pour quelques vers latins el François i-eçus de lui à diverses fois,n ajoutant que c'était le plus ancien de ses amis. 11 en dit aussi quelques mots dans ses Mémoires (t. I, p. 87).
5 Colbert.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
quelque temps en repos et navoir à l'avenir à vous mander qu'en gros ia part que tous vos serviteurs et mes amis ont prise à vostre élection tant rebatiie. Mais ce qui se passa , avant-hier, à TAcadémie Françoise sur ce niesme sujet' ne devoit pas estre mis en foule et, comme elle est si considérable par les personnes qui la composent, j'ay creu que vous ne sériés pas marri d'apprendre de quelle sorte un choix si glorieux y a esté receu. Je vous diray donc, Monseigneur, que l'entretien s'estant facilement tourné sur cette matière qui estoit tout à fait du temps, le premier d'entre nous qui en ouvrit le discom's n'eust pas plustost loué le Roy, comme ne pouvant jetter les yeux sur aucun des siens qui luy pust rendre un meilleur conte d'une commission si importante, que tout le reste de l'assistance, qui estoit fort nombreuse, le renvia sur luy et vint au détail des rares qualités qui vous avoient fait préférer h tout autre. On eust dit, en cette occasion, que c'estoit autant de Conrarts et de Chapelains, tant ils portèrent loin les loiiauges qui vous sont deiies, et tant ils bénirent S. M. d'avoir si sagement choisi, chacun y croyant avoir interest pour l'amour que vous aviés pour les Muses et par celuy qu'elles avoient ou dès* vostre naissa^ice pour vous, s'osant promettre que la Compagnie vous auroit favorable auprès de vostre jeune héros dans les rencontres.
Les voyant si partiaux de vostre vertu , je leur demanday permission de vous le faire sçavoir, ce que non seulement ils m'accordèrent, mais encore ils m'en prièrent instamment et de vous asseurer de la passion respectueuse qu'ils ont tousjours conservée pour
' Le récit que l'on va lire a été reproduit par M. Livet dans le tome II de son édition de C Histoire fie V Académie française (pajjes 5 09 et 5io).
' Je substitue le mol dès au mot de qui est
vous. Si vous trouvés à propos de m'escrire quelque chose d'obligeant pom" eux sur une déclaration qui n'est pas désobligeante, vous achèverés de vous les aquerir sans craindre de jamais les perdre.
Au sortir, M' l'abbé Tallemant me mit entre les mains un madrigal pour vous qui a l'air d'une plainte, quoy qu'il se soit fort loiié des bontés que vous luy avés tesmoignées. Vous le trouvères avec celle-cy et avec une lettre que M' Du Maurier m'a envoyée pour vous du Maine et qui ne m'a pas semblé indigne de vous.
J'ay fait voir à M' Mauri la liberté que vous luy avés laissée de publier ses vers, dont il a esté ravi aussi bien que de l'approbation que vous leur avés donnée. Il ne sera pas à mon avis le dernier qui vous féli(îitera sur une si grande avanture, et il faut préparer vostre niodestie à souûrir un encens si bien mérité.
Je suis, Monseigneur, vostre, etc.
De l*aris. ce ni octobre 1668.
GCCLXXIII.
A \I. BOECLERUS,
pr.BUlBB PROFESSBL'B BS DISTOinE ET BLOQIEMCB , À STRASBOIRC.
Monsieur, après avoir long temps attendu respouse à mes dernières, enfin je l'ay receiie avec beaucoup de joye, voyant que vous estes revenu de vostre voyage de Gusbak en bonne santé et en estât de continuer vos louables exercices dans les lettres. Je suis aussi bien aise d'apprendre que le colonel Spindier ait eu contentement de son alfaire que luy et moy avions creu
inacceptable. Avec cette correction ia plirase devient claire. M. Livet, qui n'a pas songé à cette petite modification, a dû se résigner à écrire cette note: «Nous reproduisons fidèlement le texte, sans le bien comprendie.n
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
désespérée. Quana vous le verres, je vous prie de luy tesmoigner la pnrt que je prens à sa satisfaction.
J'admire la fortune qu'a eu le libelle de Prioleau' en vos quartiers et l'ordre que le censeur de livres de Strasbourg a donné pour sa réimpression, car il n'y a rien de si décrié parmi nous, soit pour l'impureté et l'irrégularité du stile-, soit pour les faussetés malignes dont il l'a rempli, soit pour la vanité ridicule et audacieuse avec laquelle ce fils d'un ^ moine renié se veut faire croire descendu de l'illustre race des Prioli de Venise, fondant sa fourbei-ie sur je ne sçay quelle conformité qui se ronconire entre ces noms , soit pour le sacrifice inlérossë qu'il y fait au défunt cardinal de Ihonneur de tous les grands et de tous les ordres de France, sans pudeur, sans conscience et mesme sans art. Nous l'avons ven dans celte cour frappant à la porte de toutes les puissances, s'introduisant dans leurs affaires, les ruinant par sa présomption et par ses friponneries et enfin, ayant esté connu par ce qu'il estoit, nous l'avons veu exclus de tout employ et de toutes grâces, et après avoir dissipé en desbauches ses* voleries, nous l'avons vu mourir sur le fumier abhorré de tous les gens de bien et peu regretté de ses^ semblables».
Sa légende a esté escrilte par un gentil-
homme dont il fnt autresfois précepteur et qui, déduisant par le menu ses avantures, l'a peint de toutes ses couleurs.
Quand cette histoire du Regimen Mazariiiœinn sera publique, je vous supplieray de m'en recouvrer un exemplaire que je verray volontiers à cause de la vie de ce cardinal composée par le Gualdo' que vous m'apprenés qui l'accompagnera traduite en langue latine; mais de grâce, me l'envoyant par une voye amie, ne manques pas de marquer ce qu'elle aura cousié. Il a escrit autresfois en latin l'histoire de M' le duc de Rohan, son maistre, mais elle n'a point esté imprimée. Si elle paroissoit un jour, elle pourroit estre de quelque utilité", en cas mesme qu'il ne l'ait point altérée, depuis qu'il fut broiiillé avec ses héritiers pour avoir mis la main sur les ])apiers et les effets du défunt, lesquels il fallut retirer de luy avec beaucoup de menaces et d'argent.
Je ne doute point que le Roy n'accommode le différent d'entre l'Électeur Palatin et le duc de Lorraine sitost qu'il aura achevé de vuider celuy qui luy reste en Flandre avec les Espagnols sur la propriété de Link et de Condé, pour lequel terminer à l'amiable nos commissaires sont sur la frontière avec les leurs.
Je suis, iMonsieur, vostre, etc.
De Paris, ce v octobre 1668.
' Ce libelle n'est autre chose que le De rébus gallicis imprimé à Cliarleviile en i665 {in-li"). Priolo, dans sa dédicace au Sénat de Venise, dit: «Regimen Mazzarinenm est synopsis historica rerum noslrarum. . . ^ Ha été dt'jà question de Priolo et de son De rébus en ce voiume (p. 11, 12, etc.).
- C'était précisément sur son style que Priolo comptait le plus pour le succès de son ouvrage. Voir ses Lettres inédites (1877, grand in-8% passim). Chapelain lui-même, dans sa lettre du ih janvier 1 609 , exprime une très favorable opinion sur Vélocution de Priolo (p. 11).
3 Une {sic).
^ Ces (sic).
^ Ces (sic).
^ De celte cruelle oraison funèbre il convient do rapprocher l'article indulgent consacré à Priolo par Bayle [Dictionnaire critique).
' Galeazzo Gualdo Priorato, né en 1606 à Vicence, mort dans celle ville en 1678. Gualdo, qui avait publié en 1662: Vita e condizioni del cardinale Mazarini (Cologne, in- fi°), publia, en 1 669 : Istoria del mininterio del cardinale Mazarini (Cologne, 3 vol. in-i 2).
* Celle histoire n'a jamais vu le jour.
LETTRES DE JEA.\ CHAPELAIN