‹ Lettres. PubliéesChapitre 175 sur 309 · A M. LE ROY · texte numérisé non relu

A M. LE ROY

ABBÉ DE HAUTEFOMAINE, X UALTEFONTAl.NE.

Monsieur, je suis encore plus obligé au livre de M' Arnaud que je ne pensois eslre puisque, outre les admirables lumières et les puissants raisonnemens quil apporte pour l'esclaircissement de la divine matière qu'il Iraille', il nj'a de plus remis dans voslre mémoire et m"a fait joiiir d'un bien que je craignois d'avoir perdu. C'est de quoy. Monsieur, je vous rens mille grâces, et si vous me l'avés conservé jusqu'icy, je vous conjure de me le conserver encore, au moins autant que je vivray comme l'une des plus grandes consolations que je puisse avoir en ce monde. Cependant poui- satisfaire vostre curiosité sur Testât où est l'esprit de M' Conrart touchant sa créance et sur l'impression qu'aura fait dans son cœur pour son salut un si ex-

cellent ouvrage , je vous diray qu'il le doit avoir leu tout entier à cette heure, car je i'ay rencontré dessus fort attentif plus d'une fois sans néantmoins qu'il me dist un mot à l'esgard de sa doctrine. Il ne me sembla pas non plus à propos de hiy en faire l'ouverture, sachant bien que je ne luy pouvois rien dire que de foihie à comparaison de ce que le livre luy aura dit, et que si Dieu luy veut faire la grâce de le retirer de l'erreur où il est plongé, ce sera bien plustost par les preuves de ce livre que par mes paroles. Je ne désespère de rien, mais je ne m'assure de rien aussi, veu l'engagement où il est avec le ministre Claude qui ne le perd point de veiie, et qui, selon l'opinion commune, tire de luy la polisseure de son stile". Je ne laisseray jtoint cschapper d'occasion où je pourray servir à vostre intention si charitable et si chrestienne. De vostre costé ne luy refusés pas vos prières auxquelles je le recommande de tout mon cœur, comme son ami et connue, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xiu avril 16O9 '.

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