‹ Lettres. PubliéesChapitre 180 sur 309 · À M. GRAAF · texte numérisé non relu

À M. GRAAF

nOOTBUR EN MÉDECINE, À DELFT, EN HOLLANDE.

Monsieur, croyés bien que je ne pouvois recevoir de plus agréables nouvelles que celtes de vostre souvenir que M' du Hamel m'a apporte'es. Il m'est très doux, en eft'et, d'avoii" de si belles marques de la continuation d'une amitié aussi candide et aussi noble que la vostre, et que ni la longueur du temps ni la distance des lieux n'a peu ni esteindre ni alVoiblir. De mon costé, quelque peu de tesmoignages que vous ayés de la mienne par le peu d'occasions que j'en ay et par les aflaires et les infirmités qui m'en empeschent, soyés bien assuré, s'il vous plaibt, qu'elle n'en est pas moins fidelle et ardei^te et que je vous ay continuellement dans ll'esprit et dans la bouche comme un de ceijix que je chéris le plus et dont le mérite m'est le plus considérable.

Je ne doute point, au reste, que vous

n'ayés receu le remerciment que je vous fis , il y a un an, du bel ouvrage De partibus geiierationis que vous m'envoyastes, vous l'ayant addressé avec la suscription que vous m'aviés prescritte qui est la mesme dont je me sers pour vous faire seurenient rendre la présente.

Je n'ay ni veu ni entendu ce que M' Le Vasseur a escrit contre le précèdent De la nature du suc pancréatique, et qu'aura-t-il peu escrire contre ? Mais ça esté seulement pour se mettre en réputation et inclarescere ilhislri inimicitia à son avènement dans vostre académie \ Si vous me faites la faveur de m'envoyer la response que luy a l'aitte M' Schulius ^ avec la traduction latine de vostre premier traitté, joignes y, s'il vous plaist, celuy de vostre calonmiateur.

Je finiray en vous exhortant à n'en pas demeurer là et à employer vos heures libres à consigner sur le papier ce que vous aurés observé de nouveau et d'instructif dans l'anatoinie et dans les causes et les remèdes des maladies. La pratique en vostre profession est utile à i'inlirme et au médecin, mais la théorie qui est la mère des descouvertes qui corrigent ou fortifient les maximes du praticien, porte avec soy une utilité toute

' Le surlendemain. Chapelain écrivait à Wageoseii (f" 78) : «Ces vers espagnols sur la naissance de la jeune princesse d'Autriche sont joilis et font voir la continuation de la haine que la Cour de Madrid a pour le P. Mllard. On nous dit ici qu'elle n'est guères inoins troublée à celte heure qu'avant qu'il se fust retiré et ce nouveau trouble sur l'occasion d'un régiment des gardes que la Reyne régente lève pour sa conservation et pour celle du Roy ; d'autres adjoustent pour chastier ceux qui luy ont arraché des mains ce Père [c'est-à-dire le P. Nitard, doot l'exil avait été exigé par don Juan d'Autriche]. Cependant le Portugal s'affermit et pour oster tout prétexte de sousièvement les Estais ont fait conduire le Roy sur de bons vaisseaux dans la citadelle iui-

CUAPELAIN.

prenable de la Tercère par un trait de politique nécessaire, mais d'un très pernicieux exemple." Le 3o juillet suivant, Chapelain entretient Monlauzier (f" 78) de la maladie du Dauphin et de deux lettres latines de Moisant de Brieux. Une de ces lettres était adressée au Dauphin et l'autre au gouverneur du Prince. Moisant de Brieux aurait voulu les faire imprimer, si Montauàer l'eût trouvé bon. Chapelain critique la lettre adressée au fils de Louis XIV, comme écrite avec trop de familiarité.

" L'adversaire de Graaf est resté bien obscur. Je ne trouve sou nom dans aucun de nos recueils biographiques et bibliographiques.

^ SchuUus ne paraît pas avoir laissé plus de traces dans l'histoire littéraire que Le Vasseur.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

autre pour la société des hommes et produit au médecin un renom qui le tire du commun et qui luy vaut mieux que toute futilité du monde. Faites réflexion là dessus et regardés l'avis comme partant d'un homme qui vous aime avec tendresse et du sens duquel vous n'avés pas mauvaise opinion.

Je suis estonné que vous n'ayés point eu de nouvelles de M' de la Piquetière d'Au' gers. Je vous asseure au moins qu'il a receu vostre livre De partibus, etc., et peut

estre que ses actions de grâces sont péries par les chemins. Celuy de Paris est tousjours autant vostre ami que vous le pouvés souhaiter, et je ne le voy point que je ne le reconnoisse dans l'ingénuité de ses paroles.

Pour moy, quand je ne vous le dirois point, dites vous à vous mesme, sans crainte de vous tromper, que je seray éternellement. Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xxï juillet 1669'.

' Le i" août. Chapelain s'adresse en ces termes àHeinsius (P 80) : -La foibiessede vostre santé m'inquiète principalement à cause du bizarre voyage que vous allez faire en Moscovie , comme si les froidures de la Suède ne vous i'avoient pas assés ruinée. Dieu et vostre sagesse qui vous ont empesché jusqu'icy d'y succomber achèveront de vous maintenir dans ces climats si mal traittés du ciel et en ces régions d'horreur et de ténèbres. Si vous m'escrivés de delà, j'altens de voslre plume une succincte description du païs comme pour un essay de vostre stile historique. Le titre sous lequel vous avés esté envoyé en cette Cour-là est très lionnorable et vous authorisera fort pour roussir dans les choses qui vous sont commises pourveu que le lieu d'où vous estes parti cl l'employ si long que vous y avés eu ne vous rende point suspect de partialité auprès de cette nation Gère et desûante. . . La haute vertu est enviée en tous lieux. La jalousie que celle do M' de Ba\'ius [sic pour Beiininfr] a excitée en quelques-uns de ses compatriotes ne me surprend aucunement, mais il vaut mieux, comme dit nostre proverbe, faire envie que pitié. On est persuadé en cette Cour qu'il y a aigri les choses entre la France et la Hollande, et ma voix n'est pas assés forte pour en oster l'opinion à nos gens, bien que je croye de luy tout le contraire et que les entretiens particuliers que nous avons eus sur ce sujet m'ayent laissé persuadé de son zèle pour l'union des deux puissances, aussybien que de la nécessité qu'elle? ont de demeurer jointes par la communion de leurs interests. S'il luy manque quelque chose, c'est un peu de dissimulation de ce qu'il pense,

et qui est ordinairement mal interprété en une personne pubhque comme luy. . . L'argent que vous avés à Paris inutile monte à 7,200 livres, et depuis que vous l'y avés laissé dormir, outre la perle de ce qu'il eust rapporté, il y a eu encore celle que luy a causé le decry et changement des espèces qui n'est pas petite. Quant à le faire désormais profiler, c'est ce que je n'entreprendray nullement dans les fréquentes banqueroutes de nos marchands dont il m'a cousté, à ma part, lU à i5,ooo livres.55 Le même jour, Chapelain s'afTlige avec le baron de Geisdorp (f 8a) de la mort désastreuse de Drummer, qui allait éditer les inscriptions anciennes de Reinesius. Le mémo jour encore, il écrit à Wagenseil (f" 82 v°): (fJe vous respondis par la mesme sur vos questions touchant le mole de Setle (sic) et le canal de la communication des deux mers que j'ay appris depuis peu qui alloient de mesme pied et dans une espérance ou plustost une assurance du succès à la grande gloire du Roy cl à la grande utilité de la France, nonobstant tout ce qu'on vous a voulu faire croire au contraire. J'adjoiisteray à cela une autre entreprise qui n'esl guères moins grande et que Paris a commencée pour la gloire de S. M. qui est do luy élever un arc de triomphe de 60 thoises de hauteur, dont les deux faces contiendront en tables de marbre à bas reUefs les actions les plus éclatantes de son règne, et au milieu de la tenace de l'arc plantée sur un haut pieddestal une statue équestre du Roy de marbre blanc d'une grandeur prodigieuse, et cet ouvrage ne cédera en rien aux plus fameux de l'antiquité. Les fondernens en sont desja jettes et les matériaux portés sur les

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

CCCCXXVIII.

À M"» COLBERT

SECRETAIRE DES COMMiNDEMEMTS VV liOT, À SAlM-GEKM.VlN-EN-LAYIi'.

Monseigneur, je me contente d'estre assidu à l'assemblée de chés vous ordonnée pour l'exécution de vos ordres, sans chercher à vous divertir de vos occupations par la lecture de mes billets, lorsqu'ils ne sont pas tout à fait nécessaires et que je puis m'abstenir de vous en importuner. Geluy-cy nest que pour accompagner une lettre de M' Heinsius qui, ayant receu tard le bienfait du Roy et les marques de la continuation de vos bons ofîices , et s'estant à peine relevé de la maladie qui l'a travaillé tout rhyver et une bonne partie du printemps, ne s'est peu acquiter plus lost des actions de glaces qu'il vous eu devoit, après Sa Majesté. C'est, Monseigneur, son cœur qui parle dans sa lettre, et si vous pouvés prendre le loisir de la lire, vous n'y trouvères pas plus d'éloquence que de sincérité.

La première chose qu'il fera à son retour de Moscovie sera de quiter son employ de résident en Suède, pour se domier tout entier à ses Muses et pour méditer quelque chose digne de son grand bienfacteur, la sublime gloire duquel ne sçauroit estre célébrée par une plume plus sublime que celle de ce rare écrivain.

M' Conriiigius, qui n'a pas moins de gratitude que luy des libéralités royales, sur ce

que je luy ay fait connoistre que s'il vous envoyoit le Traité qu'il a fait pour la justification des droits, il vous feroit chose agréable, m'a respondu qu'il l'alloil repasser et fortifier de nouvelles preuves j)oar vous le faiie porter ensuite pai- une semé occasion ; que cependant il avoit sous la presse un ouvrage qu'il vous a destiné il y a longtemps , ne voulant non plus estre ingrat envers vous qu'envers Sa Majesté.

11 me mande aussy, Monseigneur, que le roy de Danemark, la voulant iraitei-, l'a honoré d'une gratification paieille, laquelle il rapporte à l'influence d'mi exemple si noble , et m'a monstre une grande joye de l'union estroitte qui est entre les deux monarques, pour leur pouvoir rendre sans scrupule le respect et lesmoignei- la reconnoissance qu'il leur doit. C'est ce (pie j'ay creu estre obligé de vous dire pour celle fois. Geluy qui est et sera tousjours inviolablement, Monsieur, voslre , etc.

De Paris, ce v' aoust lGGf)^

CCCCXXIX.

À M. CARLO DATI

À Fir.ENZE.

Monsieur, ça esté un ])lus grand malheur à M' Vaillant de vous avoir trouvé hors de Florence lorsqu'il y passa qu'à vous de n'avoir pas receu sa visite et ses respects en personne, comme il ne l'avoit pas moins espéré que désiré. Il faut que les affaires

lieux et tous les ornemens de sculpture distribués aux ouvriers les plus excellens de France et d'Italie. Cela seul sera un sujet de voyage aux curieux de toute l'Europe, y ayant plus de 1,200 ans qu'on n'a veu rien de semblable en ce genre.!'

' Imprimée dans le recueil de M. Clément (t. V, p. 6^0).

^ Le i4 août, Chapelain adressait à Moi-

sant de Brieux (P 85) ses observations au sujet de sa lettre à Monlauzier : te II me fait aussi un peu de peine de vous y voir entre les modernes ciceroniens préférer Muret et Alanuce à Longueil, ayant jusqu'icy creu avec la pluspart des gens de lettres que c'estoit tout ce qu'ils pouvoient faire que de l'égaler, n Chapelain reproche à son correspondant trop de hardiesse dans sa letlie au Dauphin.

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qui l'appeloient à Rome fussent bien pressées pour le faire résoudre à i^erdre l'avantage de vostre entretien. Mais ce qui est différé n'est pas perdu, dit nostre proverbe. et si ce vertueux homme vous a manqué à l'aller, il ne vous manquera pas au retour et alors vous vous connoistrés de plus près l'un l'autre avec ime commune satisfaction.

Enfin, Monsieur, |X)ur passer à une matière plus importante, voila voslre panégyrique venu et dans la meilleure forme qu'il se pouvoit pour en faire au Roy une offrande agréable, et pour dégager la promesse que vous en aviés faitte avec d'autant plus de mérite que vous l'aviés faitte de vostre propre mouvement. M' dell' Ara m'en a fait apporter seize exemplaires, vos deux silves pour le mariage et pour la paix. Ils am-oient tous esté mis entre les mains de M' Colbert pour en faire les présens à leurs Majestés et aux principaux de la Cour, si l'arrivée de M^ le grand prince de Toscane n'eust empesché M' dell'Ara de se laisser voir et consulter sur le sujet des relieures ; mais sitost que les cérémonies seront finies,

il ne s'y perdra point de temps et les choses s'y feront dans tout l'ordre possible.

J'ay trouvé vostre raison très bonne pour n'avoir pas fait l'impression du panégyrique in-fol. et \'mli° de grand papier n'est guères plus petit et soustient assés bien la dignité du sujet. N'en soyés donc point en peine et attendes en tout le gré que mérite l'excellence de l'ouvrage.

Quand les autres exemplaires viendront, on en fera la distribution exacte , selon que vous l'aui'és prescrit. Il n'auroit esté que bien de joindre aux autres paquets que vous en envoyerés demy douzaine du l'ecueil de tout ce que vous avés fait à l'honneur du Roy pour eslre relié en un corps. L'assemblage en seroit bien receu et sei-viroit à représenter d'une vei'ie les divers travaux dont sa gloii'e vous est obligée.

Par vos premières vous me ferés sçavoir, s'il vous plaist, qu'est deveniie VAmmalata du Gecchi que vous aviés bien voulu vous charger de me faire transcrire.

Je suis avec ma passion ordinaire. Monsieur, vostre, etc.

Dr? Paris, ce xvt aoust i6Cf) '.

' Le Icndetnain, Chapelain entretient M. de Héricourt, qui était alors à Toulouse, de la traduction de la Pucelle par l'abbé Paulel, lequel était également dans la capitale du Languedoc. 11 donne quelques avis à ce gentilhomme de la chambre du Roi et ajoute : sMais de vous parler de cette sorte, n'est-ce pas sus Miiiervam .?i Le 1 9 du même mois , Chapelain parle ainsi à Vorstius (f° 92) de la prochaine publication d'un travail de cet érudit : rCeluy que vous estes prest à donner sur Valère Maxime ne trouvera point icy d'autres rivaux que ceux que vous m'avés nommés, car je ne sache point qu'il ait paru depuis aucune chose sur cet autheur ni en France ni en Hollande et vous n'aurés rien tenté làdessus dont vous puissiés appréhender que personne vous dispute l'avantage, selon que vous vous prenés à l'illustration des bons aulheurs.

L'autre dessein de faire une nouvelle édition du fameux voyage de Marc Pôle conférée avec la version latine manuscrite que vous avés trouvée dans la Biblioteque de S. A. électorale de Brandebourg est un dessein d'une importance encore plus grande, surtout si vous fortiûés la vostre par des notes de celuy de vos amis que vous appelles André Muller, excellent en la connoissance des langues on'entales et qui se fait foit de jusIilTier vray par des textes d'aulbeurs arabes tout ce qui a passé pour fabuleux dans celle relation. La géographie vous en sera fort redevable et cette édition ainsi conditionnée ne contribuera pas peu à l'avancement de vostre réputation. Quant à rendre public l'ouvrage de vos antiques inscriptions de M"^ Reinesius, j'en ai escril depuis peu à M' le baron do Ghersdorf afin qu'il en sollicite l'Electeur son maislr.\n Le

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À M" COLBERT

SBCBBTAIRE DES C0MM4NDEUENS hV BOT, C0:(TBOLLBDR CÉ:(ÉR1L , ETC.

1 saint-germain-es-late'.

Monseigneur, j'eus l'honneur de vous envoyer, il y a un mois, le remerciment de M' Heinsius pour la dernière grâce du Roy, qu'il de voit à vos bons offices ordinaires. Vous y aure's veu , en style cicéronien , dans lequel il n'a point d'égal en ce siècle, et d'un caractère de candeur et de vérité, la peine qu'il ressent d'avoir esté contraint par ses emplois et par sa mauvaise santé d'estre si long temps à reconnoistre les faveurs qu'il a receiïes de Sa Majesté et de vous par do plus grands ouvrages que ceux qu'il a faits jusqu'icy.

Dans ce dessein, il a demandé à ses raaistres un congé honorable; mais il ne l'a pu obtenir, pour la nécessité qu'ils ont de son ministère auprès du grand-duc de Moscovie pour le réconcilier avec la Suède. A son retour, il prétend s'affranchir de ses liens et s'appHquer tout entier au travail qu'il a médité pour la gloire de nostre grand monarque.

3 septembre, Chapelain écrit au jurisconsulte Muitz (P 96 v") : rll n'y a rien de si obligeant que vos soins et quels soins ! non point de simples honnestetés, mais de la communication de pièces solides louchant l'honneur de l'Allemagne et le peu de sujet qu'elle a d'appréhender que la France vueille en nulle maidere attenter à sa liberté. Les soupçons qu'un escrivain sans aveu [Aubery] luy en avoit fait naistre doivent bien estre dissipés non seulement par la punition sévère que le Roy en a faille, l'envoyant dans la prison dos criminels d'Estat, mais encore par l'évidence de la protection et assistance que S. M. a donnée et sera tousjours preste à donner aux Princes qui en composent le corps contre les attentats de ceux qui, dans ce siècle

M' Carcavi vous aura rendu conte des sentimens des convoqués sur la question qu'il vous avoit pieu de nous projwser, et, comme ils se trouvèrent tous assés semblables , je n'ay pas creii devoir abuser de vos précieux momens en joignant à son rapport mon opinion particulière.

Aujourd'huy, Monseigneur, vous aurés les lettres de M' Dali pour le Roy et pour vous, dont il a voulu accompagner le panégyrique italien de Sa Majesté, lequel, pour le rendre plus digne d'Elie, il y a quelques années qu'il lime et reliaie. Je suis persuadé cpi'il vous semblera tel qu'on auroit peine à souhaiter rien de plus beau , et que si celuy qu'a fait M"^ Ferrari pour le mesme Prince l'a emporté sur tout ce qui a paru de ce genre en prose latine, celuy-cy a laissé infiniment derrière soy tout ce qu'on a vu en prose italienne sur le mesme sujet. Le nombre des exemplaires qui sont venus par la poste est de quatorze, et s'ils ne vous ont pas esté plus tost présentés, la reliure en est la seule cause. Il vous supplie que le Roy reçoive par vos mains cette très humble offrande, et qu'il vous plaise la favoriser auprès de Sa Majesté qui la luy a inspirée, d'avoir agréable l'exemplaire qu'il vous a destinç

et dans le passé, l'ont mise à deux doigts de sa luine. Je verray, Monsieur, avec beaucoup de plaisir le discours qui prétend exclurre la Reine de la succession à lout ce qui forme le royaume d'Espagne, quoyqu'il soit fort prématuré et que S. M. n'ait point louché cette chose dans son manifeste et qu'elle ne souhaite n'avoir jamais occasion de la toucher. Je ne verrois pas moins volontiers la nouvelle édition de vostre bel et savant ouvrage qui doit avoir bien plu [tant] de là que deçà du Rhin, si l'honneur que vous m'avés fait de me mettre à la teste ne me jettoit point dans la dernière confusion. ?5

' Imprimée dans le recueil de M. Clément (t.V, p. 6/.1).

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et de disposer des douze autres en faveur de qui vous le jugerez à propos. C'est pour cette fois ce dont avoit à vous informer avec le respect que vous doit. Monseigneur, vostre, etc.

De Paris, ce x sepU'mbre 1669^

CCCCXXXI.

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