CCCCLIII
À M. BOECLERUS,
PKffFESSEUn EN BISIOmB ET ÉLOQUENCE, À STRASBOURG.
Monsieur, vous ru'avés tiré d'une très grande peine par vostre dernière du 39 raay dernier en m'accusant la réception de la lettre de change de 5 00 livres pour consommer l'aiïaire des supplémens manuscrits de Tite Live et m'apprenant les favorables dispositions du banquier Kaw et de M' Berneggerus" pour son accomplissement. Ce qui reste est de vous faire sçavoir celuy qui les recevra de vos mains pour les apporter à Paris et c'est ce que je fais présentemenl en vous disant que ce sera le propre courier du Roy qui aura ordre du secrétaire d'Estal de s'en charger et qui vous la fera paroistre au mesme temps que vous les retiierés complets de M' Berneggerus en luy en faisant délivrer le prix contant par le banquier sur la lettre de change. Nous sommes seulement en doute si vous luy devrés donner l'autographe et l'apographe pour les apporter ensemble , ou si vous en ferés à deux fois , les luy consignant séparés pour en apporter le premier à la première course et le second à la seconde, pouvant ainsi divisés eslre moins pesans dans sa malle, et la seureté en
' Siivano Razzi était camaldule. C'est l'auteur de biograpliies florentines estimées (Florence, iGoâ, in-i°).
^ Remiggio de Florence était dominicain. Voir, dans le recueil de Quétif et d'Echard, la liste de ses nombreux écrits.
^ Ferdinand II de Médicis, grand- duc de Toscane, mourut le 28 mai 1G70, selon l'Art de
vérijîer les dates. La Gazette le fait mourir deux jours plus tard (n° du 7 juin, p. 556): «Un courrier a passé icy pour porter en Cour la nouvelle de la mort du grand duc de Toscane , arrivée le 2 5 may en sa 63° année. 5'
* Ce successeur fut Côme III de Médicis, né le li août i6k-2.
5 C'était le beau-frère de Freiiishemius.
LETTRES DE JEA.\ CHAPELAIN
estant plus grande pour le transport de l'ouvrage, i'un des exemplaires devant suppléer à la perle de l'autre, si le malheur vouloit qu'il en me'sarrivast. Vous eu confelerés avec luy et ferés le tout pour le mieux. Quant à l'iionnesteté dont M' Berneggerus a usé de ne désirer que de sçavoir quel est lacheteur pour passer le pelil article de la dernière décade, delà première partie reveue par l'aulheur, laquelle à la rigueur n'estoit pas comprise dans le marché de la seconde, quoy qu'il ne voulust pas estre nommé de peur qu'on ne creust qu'il cherchast de la gloire à procurer au public, à ses despens, le bien de joiiir de ce bel ouvrage, je ne feray point de difficulté de vous dire, sans perdre du temps pour l'eu consulter, que c'est M' le duc de Montauzier, chevalier des ordres du Roy, gouverneur de Xaintonge et d'Angoumois, establi commandant en Normandie durant la minorité de M' le duc de Longueville et de M' le comte de Saint-Pol , et, par dessus tout cela, choisi entre cent autres par le Roy pour gouverneur de M^' le Dauphin, qui dans la guerre, durant 9 2 campagnes dedans et dehors le Royaume , n'a eu personne qui s'y soit plus signalé, et qui ayant esté nourri dans les lettres les possède éminemment et en a gardé l'amour au milieu du tumulte militaire, en sorte
' Cliapelain ne se trompait pas. Le savant homme dont il parle, Mallnas Bernegger, né on lâSa, mort en i6io, était bien le père de celui dont les bons procédés lui avaient été si agréables. On peut voir la liste des tra'aux de Mathias Bernegger dans le tome XXVIl des Momoiies de Niceron. L'érudil auquel la présente lelt:e est adressée, Jean Henri Boeder, prononça l'oraison funèbre de ^lalhias Bernegger, qui avait été professeur d'histoire et recteur du coUègo de Strasbourg. Le fils de Mathias donna une nouvelle édition des observations de son pèrî : ïiVj clarissimi Mathiœ Benieggeri observatione» miscellcp, ex autographo ejus editœ,
que la France et peul-estre l'Europe n'a eu aucun de sa condition qui luy puisse estre égalé en goust exquis ni en tin jugement pour discerner le mérite des ouvrages anciens et modernes. Ayant sceu de moy que l'Allemagne négligeoit l'édition de celte 2° partie et que vous aviés habitude avec les parens de feu M' Freinsbemius, un mouvement généreux luy prist de leur faire offrir de suppléer au défaut de leur patrie. Je vous en ay prié à sa prière et vous avés pris mille peines pour faire réussir cette bonne œuvre dont j'espère que vous ne vous repentirés pas. \ous pouvés communiquer cecy à M' Berneggerus et l'assurer que j'instruiray ce magu.'inime seigneur de son honneste procédé et qu'il luy en sçaura le gré qu'il mérite. Pour mon particulier, je le supplie d'eslre persuadé de mon estime et que le nom qu'il porte m'a esté considérable dès que parut la traduction latine du système de Galilée qui me laissa une très forte impression de son habileté. Je m'imagine que ce sçavant homme estoit son père', et d"un père si vertueux il ne peut estre sorti (ju'iin très vertueux fils.
Je feray entendre à U' Patin le père' voslre souvenir et ce que vous me mandés de son pauvre fils plus docte qu'heureux ^ Je seray bien aise de sçavoir ce que vous
uovofjue indice auctœ (Strasbourg, 16G9, in-8°).
- Nous avons déjà vu que le docteur Guy Patin (alors âgé de soixante- huit ans) était depuis longtemps lié avec Chapelain, dont il parle souvent dans ses lettres.
^ Celait Charles Patin, qui excella dans la science des antiquités, et tout particulièrement dans la numismatique. Voir sur Charles les Lettres de Guy Patin, le Dictionnaire critique de Bayle (remarque K de l'article consacré au père), les Mémoires de Niceron (t. II et X). Sur les causes de l'exil de Charles Patin, il faut lire, dans YUnion médicale du 27 juin 1872, un article de M. le docteur Achille Chereau : Un petit point hia-
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
jiigerés de son ouvrage quand il sera achevé'.
Cependant , je vous remercie par avance de ces deux volumes de Lambecius, de bibliotheca cœsariana-, dont vous me rendes si bon lesmoignage. M. Perrault a recouvré entièrement la santé. Il verra dans vos deux lettres la peine où vous en estiés et s'en tiendra fort obligé. Encore un coup assurés M'" Berneggerus de mon service et vous assurés vous mesme que je seray éternellement, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce xxvii juin 1670'.
À M. DE BRIEUX
CONSEILLER AU PAUIEMEM DE METZ, À CAE.N.
Monsieur, ce ne m'a pas esté un médiocre^ regale que celuy de vos belles épislres latines* qui ne sçauroient estre ni plus latines ni plus élégantes ni plus doctes ni moins affectées ni moins ambitieuses. J'y ai trouvé ce stile du milieu qui est seul propre à la communication sérieuse des gens habiles, 011 il n'y a rien de bas ni de guindé, et à
qui néantmoins ne manquent point les agréments aux endroits où la gravité des sujets le souffre. Je vous suis bien obligé d'un si aimable présent où il y a de quoy s'instruire en se divertissant et où la diversité, relevant la bonté, espargne à res[)rit l'ennuy qui suit ordinairement l'application tendiïe sur une mesme matière. Je vous le suis encore de m'avoir voulu donner part à ce riche recueil et de m'y avoir fait voir pi'inciptbus qiioquc pei'mixtum Achivis ^ et placé mesme si proche de nostre héros M' le duc de Montauzier dont l'éclat rejallit jusques sur mes ténèbres, et les rend un peu moins espaisses qu'elles ne sont naturellement. Paul Manuce, en publiant ses épistres latines" a peu {aie) pouvoir sans blasme grossir son volume de dédicatoires et de ses préfaces comme estant en quelque sorte mesme genre. Vous en eussiés peu aisément en faire de mesme et cela n'eust pas esté inutille aux lecteurs qui ne les auroient pas veiies dans les livres de prose et de vers auxquels vous les avés fait servir d'introduction et de teste. Mais vous ne vous connoissés point à ces ménages là, et ce que vous avés une fois employé, vous le regardés comme une chose que [vous] ne
lurique éclairé, article où est reproduite une plaquette de la bibliolhèfiue Nationale intitulée : Procès-verbal de saisie des livres de contrebande , sur les sieurs Guy et Charles Patin, docteurs en médecine de la Faculté de Paris (i5 septembre 1666).
' Il s'agissait du recueil qui allait paraître à Strasbourg l'année suivante : Imperatorum romanorum numtsmafa (Argentin», 1671, in-fol. ).
^ Commentariorum de avgustissima bibliotheca Cœsarea Vindobonensi libri Vîll. Le premier volume avait paru en i665 (in-fol.); sept autres volumes parurent de i665 à 1679.
^ Le 29 du même mois, Chapelain écrit à M. Kek ((* i63):«Je me tiens fort heureux d'avoir conservé assez de place en votre souvenir pour m'y estre trouvé au nombre de ceux
CIIAPELilK. II.
que vous avez voulu régaler du beau poëme dont vous avés honnoré la très illustie maison de Dourjac sur l'occasion du mariage du grand prince qui est si digne de l'attachement que vous avés à sa vertu et à sa fortune. ..55 Chapelain continue ainsi à vanter la composition de son correspondant : rPour en venir à vostre Thalamus, je vous puis assurer sans aucune flatterie n'avoir veu aucun épithalame de cent qui m'ont passé par les mains qui m'aye autant satisfait. ..55
* Jac. Mosanlii Epistolce (Caen, 1670, in-8°). ^ 11 faut ainsi rétablir le vers de Virgile : Se quoque principibus permixtum agnovil Achivis.
^ Epistolœ et prœfationes (Venise, i558, in-8°).
LETTRES DE JEAiN CHAPELAIN.
croyés plus à vous et dont vous ne croyés plus devoir faire luie seconde offrande au public. Donnes luy en souvent de semblables et entre ceux qui vous en seront redevables le moins reconnoissant ne sera jws, Mousieur, voslre, etc.
De Paris, ce xxx juin 1670.
À M. DE WAGHE>"SEIL,
PEOFESSBIR BS DROIT ET ES BÉEREC , À AITDORPHT.
Monsieur, vostre lettre du 20 May ma donne' la joye d'apprendre que vous aviés receu celle où j avois inséré des extraits d'un de nos livres de monuoyes qui pouvoient servir au dessein que vous avés d'en ti-aitter. Je suis bien aise que vous y ayés trouvé de quoy fortifier et embellir vostre ouvrage et je me resjoiiiray encore davantage lorsque vous i'aurés publié pour la gloLi-e qu'il vous apportera. Je crains seulement voslre épistre dédicatoire et il me semble desja y lire des choses (jui me feront rougir et dont le monde moins prévenu que vous pourra bien vous dédire.
Ce que vous avés imaginé du temps au- (pielcessolz tournois ont esté premièrement fabriqués me semble fort vraysemblable, et le passage de Bodin favorise fort vostre imagination. Si vous l'employés, néanlmoins je suis d'avis que ce soit comme une seule conjectiu*e dont vous ne vous rendes pas garent. Je nay jamais veu ce livre de Hautin ' allégué par le nouvel autheur de l'histoire de nos monnoyes, duquel jay tiré les extraits
que je vous ay envoyés. Je reconsulteray là dessus cette histoire lorsque l'ami qui me l'avoit prestée sera de i-etour de sa maison de campagne , où il est depuis quelques semaines pour sa santé et si j'y rencontre quelque chose qui puisse contribuer à vostre dessein, je ne manqueray pas de vous le faire sçavoir aussitost.
Je suis tout à fait de vostre opinion que Moneta palatina doit estre celle qui a esté frappée dans le palais royal et non pas dans le Paktinat, contre l'opinion de Sirmond ' qui se sert de je ne scay quel édit pour l'establir. Qui voudroil s'en assurer davantage, il fauch'oit voir chés Sirmond mesme cet édit. Ce pourroit estre dans la disjKite quil a eue avec Tristan sur le sujet des médailles '. Ces livres là sont sans doute dans la biblioteque d'Aildorpht ou do Noreniborg.
Vous m'avés bien fait plaisir de mavertir de ces épistres nouvelles de Ueinesius ad Theologos , tilc, que Ion imprime en vostre académie. J'en ay desja deux volumes et si cette impression ncu est point une réimpression et que ce soient choses non veiies encore, vous m'obligerés de m'en retenir un exemplaire, que vous me ferés tenii' par la première seure occasion.
Si Bosius tient sa parole louchant l'édition de Josephe. selon qu'elle sera estimée, y le pourray faire venir aussi, mais ce n'est encore qu'une promesse \
M' Bœclorus m'a annoncé l'envoi des deux premiers vohmies de la Biblioteque impériale dont vous me parlés. Je verray ce que c'est et, s'il satisfait à la curiosité publique, il faudra se pourvoir du reste.
J'informerai M' Huet. qui a donné le
' Jean-Baptiste Haulliii (né à Paris vers i58o, mort en i6io) a publié les Figures et empreintes des monnaies de France (Paris, 1619, in-i").
- Le pèio Jacques Sirmond, dont il a été fait mention dans noire tome I"(p. 178, note).
' Tristan de Saint -Amand. — Voir sur cet érudit, en ce présent volume, la note 2 de la page 1 3 1 .
* Celte édition resta sans doute à l'étal de projet, car on ne ia voit citée nulle part.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
premier tome d'Origène (de sa revision), de cette autre promesse de Wistenius ' de donner de concert quelques manuscrits do ce Père qui n'ont point encore paru.
Nous verrons à quoy aboutira la levée de bouclier du Ragoski" et le trouble de la Pologne qu'on nous veut faire croire grand icy jusqu'à douter que le Roy puisse se maintenir sur le thro?ne. Nostre monarque, par son innocent voyage en Flandre dont il est de retour, a bien démenti les bruits de l'Europe qui vouloient que ce fnst pour entreprendre quelque chose contre les traittés.
La prétendue médaille de Josiié qui arreste le soleil n'a jamais esté faite ^ et Van Beuning, que l'on en accusoit, s'en est lavé envers le Roy comme d'une insigne imposture. On croit que c'est une supposition du baron de l'Isola, autheur du Bouclier d'Estaf. pom- irriter S. M. contre la Hollande, et commettre ensemble les naturels ennemis des Espagnols, et dont il est espion et émissaire.
Je suis tousjours avec beaucoup de vérité et d'affection , Monsieur, voslre, etc.
De Paris, ce i" juillet 1670.
À M. CO^RIÎSGIUS,
COSSEUXEB DE LECBS Ai. DE lUNKBOBBG BT PBOPBSSECB , ETC. , À HELMSTAD.
Monsieur, par ma lettre du h juin vous aurés veu la peine où j'estois de vostre ouvrage hei-metique et les diligences que j'avois faittes pour en avoir des nouvelles. Enlin j'ay sceu par M' Baluse, bibliotecaire de M^' Golbert", que Son Excellence l'a voit receu par le banquier qui m'avoit envoyé le mien et qu'il l'avoit fait mettre dans sa bibliolèque. Quoy que cet office ait esté fait par un autre que par moy et que n'ayant pas eu depuis long temps la commodité de le voir, je ne vous puisse dire positivement l'accueil qu'il luy a fait, ce soin néantmoins de l'envoyer de Saint Germain icy pour luy donner le rang qu'il mérite parmi ses livres ne me laisse aucunement douter qu'il ne luy ait esté extrêmement agréable. Quand la Cour sera icy de retour, j'en seray plus particulièrement éclairci et je vous en instruiray plus distinctement et avec plus de certitude.
Au reste, j'ay receu par la poste vostre
' Nom peut-être défiguré. Tel qu'il est ici donné, je ue ie retrouve dans aucun recueil.
- François Ragolzky, fils de Georges Ragotzki (!l de Sophie Baltori, s'était mis à la tête de l'insurrection hongroise de 1670. ïi mourut en
3 C'est ce qu'a redit Voltaire rlans ce passage du Siècîp (h Louis XIV (chapitre \) : r.On disait que Van-Beuning avait fait frapper une médaille injurieuse à Louis XIV. Le goût des devises régnait alors en France : on avait donné à Louis Xl\ la devise du soleil, avec cette légende : Nec pluribus impar. On prétendait que Van-Beuning s'était fait représenter avec un soleil , et ces mots pour âme : In conspectu meo stetit sol. -A mon aspect le soleil s'est arrêté.-» Il est vrai que les États avaient fait frapper une médaille dans laquelle ils
avaient exprimé tout ce que la république avait fait de glorieux : Asserlis îegibus, emendatis sacris , adjulis , defensis , conciliatis regibus , vindicata marium libertate, stabilita orbis Europœ quiète, «Les lois affermies, la religion épurée, les rois secourus, défendus et réunis, la liberté des mers vengée, l'Europe pacifiée.» Us ne se vantaient en effet de rien qu'ils n'eussent fait : cependant ils firent briser le coin de cette médaille pour apaiser Louis XlV.n
'' Etienne Baluze, né à Tulle en décembre i63o, mourut à Paris en juillet 1718. Après avoir été secrétaire de Pierre de Marca , successivement archevêque de Toulouse et de Paris, et de Henri de la Motte-Houdancourt, archevêque d'Auch, il était devenu bibliothécaire deColberl en 1667.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
paquet du Cons. (sic) ^ etc., bien plustost que je n'avois espéré, m'ayant esté apporté. J'y ay trouvé le discoiu's de vostre ami touchant une si belle matière, et, après l'avoir leu, je l'ay jugé très digne de consideralion et je ne doute point que M^' Golbert n'en face beaucoup de cas lorsque je le luy envoyeray plus lisible et plus correct que le secrétaire d£ Tautbeur ne l'avoit escril. Pour cela , j"ay esté obligé d'en faire faire une copie à quoy Ton travaille sans discontiriuation. Cet escrivain est homme de cervelle qui connoist bien son sujet et qui le traitte partout avec méthode et solidité. Une bonne partie de ses pensées avoient desja passé par l'esprit de nos gens, et il ne seroil pas impossible que quelque jour on ne tenlast si elles seroienl praticables. Présentement comme je voy les choses disposées, je ne croy pas que la saison en soit encore veniie, quand on tomboroit d'accord de tous les raisonnemens de ce discours et qu'ils quach-assenl à ceux (ju'on avoil faits sur la mesme ma'ièro. Mais au moins se peul-il assurer qu'on luy scaura beaucoup de gré du zèle qui l'a porté à faire de si raisonnables ouvertures, et qu'on s'en souviendra en temps et lieu. C'est de quoy vous luy pourrés respondre.
Vous trouvères. Monsieur, sous celle enveloppe deux lettres, l'une pour vous, l'autre pour M' Hildebrand. Elles sont de ce mesme
1 II faut voir dans cons. l'abrégé du mot consilium, comme le prouve une lellre suivante, adressée à Colberl, le lo juillet 1670.
= C'est un souvenir du mot de Qiiintilicn ( XII , 9) : « Oratorcm arnuitum sempei- ac velut in proc'mctu slantem."
-• Baluze ne publia qu'en l'annco iC8.3 le premier volume de son recueil intitulé : Conciliorum nova collectio (in-folio). Ce recueil, destiné à compléter celui du P. Labbe, ne fut malheureusement pas continué par l'babilo érudit.
* Reginon, abbé de Pium, mourut à Trù\os
bibliotecaire de M^' Colberl, très sçavanl homme et principalement très versé dans la docti'ine des Pères de l'Eglise et dans celle des Conciles, desquels il eslin procinctti'- de publier deux volumes de ceux qu'il a recueillis et qui ont escbappé à la diligence des collecteurs precedcns \ Conmie entre ceux là , il y en a un collé par Reginon ^ qu'il a appris que M' Hildebrand a donné au pubhc reveu et corrigé par luy sur un vieux manuscrit qui est en sa puissance, il a souhaillé que j'obtinsse de luy par vostre crédit qu'il luy pleusl repasser ce manuscrit et d'en marquer exactement les leçons différentes de l'édition commune et l'obligei' de les luy envoyer dans la despesche que vous me ferés après qu'il vous les auroit consignées. C'est le sujet de ces deux lettres que vous trouvères avec celles cy auxquelles je joins mes prières connue pour un de mes particuliers amis qui est présentement domestique' de M' Colberl, et cy devant secrélaire du fameux M' de Marca et son très confident nourrisson, qui depuis sa mort a publié par son ordre ses vrays sentimens sur les questions du temps si débaliies*, par oîi il a fort mérité du chrestianisme au péril de sa réputation et de sa fortune. Une personne avec ses qualités peut eslre complice en une demande si honnesle que la sienne par un si habile et si vertueux personnage que M' Hil-
en 915. On a de lui une chronique et un traité De disciplina eccksiaslica.
^ C'esl-à-dire attaché à une giande maison comme celle de Colbei t, et y occupant un emploi important. Le mol domestique a élé employé dans ce sens par Corneille, Fénelon, Fléchier, Racine, que cite M. Lilfré, et par Louis XIV, que cite le Diclioimairc de Tnkuwc.
^ Baluze publia en 1 CG3 la seconde édition tort augmenlce du traité De concordiu sacerdolii et imperii, en 1669 la troisième édition de ce même ouvrage et également en : 669 un recueil do dissciialions diverses de Marca (Opuscula, in- 8°).
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
debrand, cette personne d'ailleurs capable de s'en revancber utilement à son tour.
J'attens cela de vostre amitié et suis. Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce n' juillet 1G70.
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