PREMIER PROFESSEUR EN GREC ET HISTOIRE . À STRASBOURG
Monsieur, incontinent après vous avoir escrit ma dernière. M' Dirkzen receust le
' Hardouin de Bcaumont de Perefixe, qui allait mourir le 1" janvier de l'année suivante.
- Guillaume de Lamoignon, premier président du parlement de Paris depuis le mois d'octobre i658.
^ Le rédacteur de la Gazette raconte ainsi le supphce de Sarazin : «Le mesme jour, le scélérat, par arrest du Parlement, ensuite delà sentence du iieutenant-criminel, ayant esté conduit, sur le soir, devant cette église, dans un tombereau, en chemise, la corde au col, la torche à la main, et un escriteau, devant et derrière, avec
CHAPELAIN. II
ces mots : sacrilègue {sic) impie, fit l'amende honorable à la grande porte, et après y avoir eu le point {sic) couppé, fut pareillement conduit en la place de Grève, et là brûlé vif, supplice ordinaire de tous les sacrilègues, mais trop doux pour la punition de ccluy-cy, dont le crime est des plus énormes. Ce jour là , aussi , nostre Archevesque fit publier son mandement, par lequel , pour expier un si horrible sacrilège , il a ordonné des prières de ko heures en son église métropohlaine, qui commencèrent le 7.7J
* Cet homonyme et compatriote du spirituel
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
paquet des deux volumes de la Bibliothèque de l'Empereur et nie Temoya avec son soin accoustumé. Je vous suis très obligé d'un si beau regale et si digne de tenir une place privilégiée en mon cabinet. Ce travail est un abysme de cmiosités et un magazinde notices et d éruditions non communes, et si M" Lambecius le continue et raccom[)Iit, il ne méritera pas peu des boimes lettres. Japj>rendray volontiers de vous si le troisiesme volume s'imprime, comme on nous la mandé. Il faudroit, Monsieur, vous faire un ample l'emerciment d'une telle faveur et je n'y manquerois pas si je ne craignois de donner peine à vostre modeste courtoisie, qui faisant des grâces les fait comme si on vous obligeoit en les agréant. J'adjousteray au moins celle cy à tant d'autres que vous mavés faittes pour m'en souvenir tousjours avec plaisir et avec ressentiment.
Quant aux manuscrits des supplémens liviens, nous n'attendons que le reiour icy de M. du Fresnoy, premier commis de M' Le Tellier, pour ordonner au courior du Iloy de les prendi-e de vos mains à deux courses différentes sur mes billets qu'il vous présentera. Il doit estre le 1 5 ou 1 6 du courant en cette Cour et, aussi lost arrivé, aussi lost l'expédition sera faite. Cependant gardés, s'il vous plaist, ces manuscrits soigneusement, pour It^s luy remettre on temps et lieu et me croyés tousjours inviolablement. Monsieur, vostre, etc. De Paris, ce x aoust 1C70.
CGCCLXrv.