A PORT-ROYAL
Madame, ce n'est pas pour vous consoler de la perte que vous avés faille de M'"" voslre (ille ' que je romps un si long silence et que
^ Cette vive et spirituelle tirade a été reproduite par M. Sainte-Beuve (Causeries du lundi, t.XIV, p. 1.36).
* Sur Jules Pilet de la Mcsnardière, voir, dans le tome I" des Lettres de Chapelain, les lettres CCXXXII,CCCXLV, CCCXLVIII, CCCXLIX.
^ Sur cette conspiration , voir les curieux détails donnés par M. Sainte-Beuve (ibid., p. i36et 187).
* Nous avons déjà rencontré le nom de la marquise de Sablé dans le tome V des Lettres de Chapelain, notamment dans la lettre CCCXLV. — Sur M""" de Sablé « Port-Royal, c'esl-à-dire auprès de Port-Royal (dans le faubourg Saint- Jacques, où, quittant la place Royale, elle vint habiter entre i655 et 16.J9), voir le livre de M. Victor Cousin (édition de i865, p. 82-3/i3). 11 faut en rapprocher divers passages du Poi-t- Royal de M. Sainte-Beuve, d'autant plus que ce dernier, diminuant le mérite de M"" de Sablé autant que son éloquent rival l'a surfait, nous obtenons ainsi celte vérité qui, selon le mot d'Aristote, réside dans un juste milieu.
' Marie de I^aval, religieuse à Sainl-Amand de
LETTRES DE JEAN GHAPELAIM
je vous donne la peine de lire ce peu de lignes. Dieu est vostre consolateur et celuy qui vous fortifie dans une douleui' si sensible. Je le fais seulement afln que vous n'ignorie's pas la part que j'y prens très grande, aussi bien qu'à tout ce qui vous regarde et le souhait ardent que je fais que vous en soyés bien tost sinon remise, au moins soulagée, et que vous puissiës jouir de cet esprit sublime qui n'est ne que pour les choses du ciel, et qu'il y a tant de temps qui s'est mis au de.ssus des choses humaines. Approuvés, s'il vous plaist, mon souhait et me croye's tousjours inviolablement. Madame, vostre, etc.
De Paris, ce i' janvier 1659 '.
À 31. VOSSIUS
GSNTILBOHUE BOLLANDOIS .
X LA HAYE-
Monsieur, c'eust esté assés pour ma satisfaction d'estre averti par nos amis communs que je conservois ma place en vostre souvenir et que vous me confiés entre ceux qui connoissoient el honnoroient vostre me-
Rouen, où trois de ses parentes (sa tante et ses cousines) furent successivement abbcsses, Anne de Souvré, Éiéonore de Souvré et Madeleine de Souvré {Gallia Christiana, t. XI, col. aSget 290). Sur la tardive et suspecte naissance de la fille de M"'" de Sablé , voir les Historiettes de Tallemant des Réaux (t. III, p. i3o) et le Commentaire de M. P. Paris (p. lia et i63).
' Je mentionnerai seulement une petite lettre de politesse adressée (f" 3, v°) à M. Girardin, «conseiller du roy en ses conseils ^5.
^ Isaac Vossius, fils de Gérard-Jean Vossius, naquit à Leyde en lôîS el mourut à Londres en février 1689. Isaac avait dû faire la connaissance de Chapelain quand il était venu à Paris, en i65o, acheter pour la reine Christine la riche bibliothèque du conseiller Paul Petau.
rite. Je voy toustefois par le beau présent que M. Bigot m'a fait de vostre part que vous ne vous contentiés pas de me tenir en vostre mémoire et que vous vouliés encore que je sceusse que vous m'aviés aussi dans le cœur. C'est ainsi. Monsieur, que j'explique voslre hbéralité de laquelle je prétens bien profiler en toutes manières et pour mon honneur quand on apprendra que vous ne m'en aviés pas jugé indigne, et pour mon instruction quand je lira y et reliray les excellentes choses dont vous avés enrichi l'édition d'un autheur aussi digne de vos veilles que l'est vostre Pomponius Mêla \ 11 resleroit. Monsieur, de vous en faire un remerciment proportionné à la faveur que j'ay receue et je vous le ferois sans doute , s'il n'y avoit point tant de disproportion entre la grâce et le gratifié. Vous vous payerés donc, s'il vous plaist, du simple, mais sincère tesmoignage que je vous donne icy de mon ressentiment et du désir impatient que j'ay de rencontrer une occasion où je vous puisse monstrer ma gratitude et la passion d'obtenir que vous m'avouiés, Monsieur, pour vostre, etc.
De Paris, ce ii^janvier iGôii*.
^ Voir noie 20 de la lettre I. Ajoutons que le Pomponius Mêla de Vossius a été réimprimé en 1701, à Franeker (in-8°).
'' Dans une lettre à Heinsius, du même jour (1° II), Chapelain s'exprime ainsi : «Après la longue lettre que je vous escrivis la semaine passée par la voye de M"" nostre ambassadeur, je ne croyois pas vous en escrire une autre, celle-cy , et je respecte trop vos bons momens pour vous les faire perdre à la lecture de mes bagatelles. . . J'avois... besoin d'implorer vostre secours pQur m'ayder à remercier M' Vossius de la faveur qu'il m'a faille... IVP Boulliau m'a confirmé ce qu'il m'avoil dit de vostre secrétariat latin de M" les Estais et m'a infirmé ce que vous m'avés mandé que son employ en qualité de bibliothécaire de S. Em. fust presl à se conclure." Voir, sur la question de
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
A M. DE CAILLIERE.
GOIVEBSEUR DE CHEBBOUEG .