A M" LE DUC DE MONTAUSIER
CODTEBSEOB DE M^' LE DIDPHIK , À VERSAILLES.
Monseignem", je fus , avant hier, à l'hostel
' Imprimée dans le recueil de M. Clément ((. V, p. 6i5).
* Ce dernier paragraphe n'a pas clé reproduit par M. Clément.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
de Rambouillet et l'on ne nie laissa pas voir M°° la Duchesse de Montauzier, parce qu'elle avoit pris un remède, mais j'eus la consolalion d'apprendre que son mal ne faisoit plus de peur et que vos inquiétudes n'cstoient plus si grandes, ce qui calma un peu les miennes. Dieu en soit loiié!
J'ay, au reste, receu, Monseigneur, un paquet pour vous de M' Bernegger. duquel il m'a aussi envoyé copie, lequel il me prie de vous remettre avec l'original de la i"° partie des Suppléniens de Freinshemius, quand je i'auray receiie du coche de Strasbourg, à qui il l'a consignée pour me l'apporter et qui est en chemin, duquel original il vous lait présent sans aucune condition, [à cause de] la haute estime qu'il fait de vostre personne et l'honneur qu'il se veut faire de vous en donner cette marque, dans la seule espérance que vous l'agréerés comme dun homme qui vous révère depuis trente ans ci qui tient à grande gloire d'avoir traitté autresfois avec vous pour la République de Strasbourg, lorsque vous estiés gouverneur de la haute Alsace. Il vous demande seulement quelque part en vos bonnes grâces et de favorables dispositions pour le bien de sa patrie auprès de S. M. à laquelle il proteste que tous ses concitoyens sont très respectueux serviteurs et incapables de rien escouter qui soit contraire à ses interests.
Il vous fait, iMonseigneur, son offrande et ses sousmissions en langue françoise et sup-
portablement pour le stile. Je n'ay trouvé en son compliment que le mot sans surpercherie pour sans ilaterie qui soit mal employé, niais je n'ay pas creu que pour si peu de chose il le luy fallust renvoyer, quoyqu'il m'eust fait instance de ne le vous point présenter pour peu que j'y trouvasse à redire. Vous estes trop humain pour ne luy tesmoigner pas [ par] un mot de response que son présent ne vous a pas dépieu et qu'il peut faire fondement sm' vostre bienveillance. En effet, cet autographe de la première partie des Supplemens qui a l'avantage sur l'imprimé d'avoir la dernière décade corrigée et commentée et toutes ses marges chargées des autheurs d'où ses narrations sont tirées, cet autographe, dis-je, avec celuy de la 9° partie que vous avés desja , ne seront pas un niéiliocre ornement pour vostre bibliotèque et bien digne que vous en faciès cas. Je le luy ay fait espérer par ma response, assuré que vous n'en dédiriés pas. Monseigneur, vostre, etc.
De Paris, ce x° avril 1671'.
CCCGXGIV.
À M. LE MARQUIS D'ANGEAU,