DU, A M. LE COMTE GIROLAMO ORAZIAM
SBCBÉTAIRE D'BSTAT DE S. A. DE MODÈNB, X MODÈXE.
Monsieur, je ne pouvois moins faire que ce que j'ay fait dans fenvoy de vos remercimens à iVP' Golbert. Si j'ay fait quelque chose de plus , c'est de luy donner avis par cette occasion de Testât où vous aviés mis vostre Crorawel et de le préparer h en recevoir les présens pom- le Roy et pour luy agréablement, luy tesmoignant que vous me l'a vies commmiiqué et que je ne croiois pas qu'il y pust avoir rien de plus parfait en ce genre. Depuis, il a fait le voyage de Poitou et celuy du Havre et de Dimkerque et il ne me reviendra qu'avec le Roy vers la fin du mois. Ce sera au temps que vosire caisse pourra estre arrivée qui ne pourra manquer d'eslre un grand regale pour S. M. el pour toute Sa Cour
Ce sera aussi alors que je luy donneray la joye de la bonne opinion que M' de Seignelay a laissée de luy en toutes les cours d'Italie et particulièrement en la vostre ', sans oublier que c'est par vous que j'en ay esié informé comme tesmoin de veùe et juge très capable du mérite que vous avés reconnu en luy.
Je me doulois bien qu'un vocabulaire italien n'esloit pas un sujet d'occuper une plume comme celle du P. Rartoli, ayant principalement donné dans son Torto, etc., les correctifs des défauts qu'il avoit remarqués dans ceux qui avoient le plus de vogue de là les Monls. Et il y aura bien plus de plaisir de voir son histoire de la Société pour l'Italie dont les mémoires seront encore plus certains comme passés sous les yeux de plus de personnes et plus sujets à estre convaincus de faux si la vérité n'y estoil pas toute pure. C'est un esprit fleuri et qui panche plus sur le stile déclamatoire que sur l'historique. Après tout, on luy a beaucoup d'obligation de tant de diiferens travaux, estant infatigable, nonobstant sa mauvaise santé qu'on m'a assuré qui le tient presque tousjours renfermé dans la chambre. J'estime fort l'histoire d'Orlandin latine des commencemens de la même Société et du generalat de saint Ignace Loyola. Celuy qui en a fait la suite n'a garde d'en approcher ^ Mais le P. Bartoli les passera tous et fera grand hoimeur à son ordre. Je vous prie de m'averlir quand son volume de l'Italie sera publié afin que je me le face venir.
Je suis. Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce it juin 1671'.
Si vous estes satisfait de M' Baluze, assurés-vous qu'il ne l'est pas moins de vous el qu'il vous conte entre ses meilleures fortunes, en quoy il l'ait voir la bouté et la solidité de son jugement. 11 se parera de vostre nom et de vostre secours dans l'édition qu'il médite de ses Conciles el vous ne l'esprouverés jamais ingiat. . . Je seray bien aise de voir vostre nouvel ouvrage De re piscinaria. La malière en doit estre aussi curieuse que nouvelle, piincipaiement Iraitlée par vous ...»
' Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, fils aîné du grand ministre, naquit à Paris en i65i et mourut en 1690. On sait qu'il fut un des meilleures ministres de la marine de l'an-
cienne France, et qu'il devint, un an avant sa mort, ministre d'Etat.
- Le continuateur est le P. François Sacchini. Son travail parut en 163.0 à la suite de la réimpression de la première partie de VHhloria societalis Jesm (Anvers, in-fol.). Les auteurs de la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus jugent la continuation de l'ouvrage du P. Orlandini bien plus favorablement que Chapelain (t. m, col. iSa): «Cette histoire est écrite avec grande pureté de langage, un style noble et élevé, plein de vivacité et d'intérêt.»
^ Le 19 juin, Chapelain, écrivant de nouveau à Graziani, lui signale (f° aii) une omission
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN