DOCTEDR £N MEDECINE , À DELFT, EN HOLLANDE
Monsieur, j'ay receu avec beaucoup de joye vostre lettre et les imprimés qui l'accompagnoient. Si mon souvenir et mon amitié vous sont agréables, les vostres me le sont au double et d'autant plus que vous m'en avés donné et continués à m'en donner des tesmoignages publics et que jusquicy je n'ay pas esté assés heureux pour vous en donner ni de publics ni de particuliers dont je n'ay pas une confusion ni une mortification médiocres. Il est vray qu'ayant eu l'honneur de voir M' Duyk Van Vorket, h son passage pour s'en retourner d'Italie chés vous, je luy fis paroistre le ressentiment des obligations que je vous ay en des termes qui le laissèrent persuadé que j'avois tousjours l'estime dont vous estes digne et que je vous considerois comme un de mes plus cordiaux amis et je vous prie de luy rendre grâces de ma part du véritable rapport qu'il vous en a fait et de l'asseurer de mon très humble service.
Il m'est fort glorieux qu'après m'avoir fait passer pour quelque chose dans ma propre langue à la leste de vostre Trailté françois du suc pancréatique , vous m'y ayés gardé la mesme place h la leste de sa traduction latine et je vous en suis de nouveau très obligé. Je voudrois seulement que vous ne m'y eussiés point qualifié de Mécène, qui est un liltre qui appartient à M^' Col-
' Le 10 juillet. Chapelain adresse (faSo) an petit billet à Coibert « pour accompagner les deux exemplaires de la tragédie de Cromwel,n
le priant «de présenter au Roy celuy qui est relié en maroquin.»
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
bert dont je ne suis pas seulement lombre, n'agissant que sous ses ordres comme le moindre de ses deppendans. Je me resjoiiis fort, au reste, de ce nouveau travail ' que vous estes prest de donner au monde touchant les parties génitales des femmes, et j'ay impatience de l'accoupler avec celuy qui regarde celles des hommes qui est si beau, si instructif et si curieux. Si vous l'envoyés, ne l'addressés pas à M' Rompf qu'il y a plus de quatre mois qui est en Hollande, si ce n'est qu'il fust revenu en cette Cour. Ce sera une des plus exquises descriptions de la philosophie naturelle et que personne n'a esté jusqu'à présent capable d'examiner si à fonds que vous.
Ne vous rebutés point d'enrichir le public de semblables productions et prenés sur vos occupations ordinaires le temps de vous faire un si grand honneur qui vaut mieux que tout le bien que vous pouvés acquérir en combatant les maladies, et conservant la vie à vos concitoyens. C'est le sincère conseil que vous donne, Monsieur, vostre, etc.
De Pai'is, ce m juillet 1671'.
Dvn.