‹ Lettres. PubliéesChapitre 211 sur 309 · A M. DE POMPONNE · texte numérisé non relu

A M. DE POMPONNE

CO>SEILLER D'EST\T ET AMBASSiDEDB l'OlB LE BOT ES SCÈDE . À STOKHOLM.

Monsieur, quand je ne me resjoùirois point avec vous du choix que le Roy a fait de vostre personne pour remplir le poste de secrétaire d'Estat qu'occupoit feu nostre ami , de très louable mémoire, \P de Lionne', vous ne laisseriés pas de croire que j'en aurois une extrême joye, veu la très ancienne attache que j'ay par obligation et par inclination h tout ce qui regarde les interests de vostre maison et particulièrement aux vostres. Mais, Monsieur, je me voudrois mal. lorsque toute la France vous accablera de compliments esludiés sur ce sujet, [si] je ne vous en faisois pas un très sincère, encore que je pusse craindre que vous n'eussiés pas le lovsir de le distinguer dans une si grande foule, ou que vous ne le prissie'sau plus que pour une civilité de celles qu'on donne à la coustume en de semblables occasions. J'ay impatience que la négotiation importante

pour laquelle vous estes retourné en Suède soit bientost heureusement terminée pour vous revoir bientost glorieux en cette Cour et recevoir de vostre bonté une embrassade d'amitié généreuse pour consolation des maux que lage m'attire , et du desplaisù' d'avoir veu languir le mérite de vous et des vostres dans une si longue persécution que l'iniquité du siècle a fait à leur solide vertu. Il ne falloit pas moins que cela pour calmer ma douleur flans la perte que Testât et nous avons faitte de vostre prédécesseur, car vous voyant si dignement occuper la place, il me semble à le voir revivre en vous de qui je seray tousjours, comme j'ay lousj ours esté cordialelemént. Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce vu' septembre 1671.

D.\IL À M. D'AISDILLY

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