UISISTRE D'ESTAT, ETC. , À VERSAILLES
iMonseigiieiir, vous Irouverésaveccemot.
le remerciaient que M' Boeder" de Strasbourg vous fait de la nouvelle gratification ' que vous luy avés procurée. Vous y trou- A'ere's aussy la copie d'un sonnet^ italien que M' le cardinal de Alédicis m'a fait communiquer pour en apprendre mou sentiment, parce qu'il fait du bruit en Italie et qu'il est composé à la gloire du Roy, sur le sujel de ses magnifiques bastiraens. J'ay creu vous le devoir faire voir pour la part principalle que vous avés à ces glorieuses entreprises, qui donnent de Tadmiration à toute l'Europe, et ([ui contribuent notablement '" à la gloire " de Sa Majesté.
.Pay, Monseigneur, à vous rendre eu mon particidior, de nouvelles actions de grâces pour la rupture que j'apprends de M' Perrault que vous avés pris le soin ' de faire
' Impiimée dans le recueil de M. Clément ((. V, p. Gh'4) sous la date du /i avril 1671. M. Clément dit en note : «Nous donnons celle lettre d'après roriginal de la Bibiiolhèiiue impériale, heaucoup plus explicite que le manuscrit de M. Sainte-Beuve, et déjà publié dans la Revue rétrospective, 2° série, t. XII, p. /177.» Pour moi, je m'en tiens à la minute du registre 1 88(j , mais j'aurai soin d'indiquer toutes les variantes.
- Boeliierus.
■*• La gratification dernière.
^ Aussy un sonnet italien.
•■ SifmH.
'' A la réputation.
• Que M. Perrault m'a mandé qu'il vous [a plu] de faire.
' Des satijres de Despréaux. On sait que les satires de Boileau parurent, pour la première fois, au nombre de sept, en 166/1, à Paris, chez Louis Billainc (in-ia), et qu'elles furent réimprimées en 1667, i668, etc.
du sceau de ce privilège *, selon lintenlion de nostre très juste' monarque, qui avoit esté obtenu ^^ par surprise et contre le respect deu à Sa Majesté, laquelle, à voslre persuasion, a bonnoré de ses bienfaits des personnes ' ' que vous n'en aviés pas jugées indignes , et qui '" condannant par cette surprise le jugement et le cboix que vous en aviés fait et fait faire à nostre magnanime bienfacleur et protecteur, estant sans doute injurieux à Sa Majesté et à vous, Monseigneur, de descbirer, par des libelles authorizés par son sacré sceau '', mesnie des gens de bien et de quelque mérite dévoilés" à son service et obligés, par ses royales faveurs , à mettre leur vie , si elle estoit nécessaire, pour soustenir et pour défendre tous ses interests'*.
M' Perrault m'a mesme fait entendre que vous m'aviés '* daigné respondre sur le billet " que je vous escrivis '* là dessus pour m'assurer de l'exécution de cet ordre Royal '■ dont je vous dois et je vous fais de très humbles reraercimens ■* quoyqu'à ma
* Equitable.
"> Qu'on avoit obtenu par sur]>rise.
" De son estime et de ses bienfaits plusieun^ personnes.
'- Et laquelle a sujel d'estre offensée de l'insdlencc de ce satirique effréné, qui , par ses lettres, condamne le jugement et le choix que vous aviés fait et fait faire a nostre magnanime monarque.
'^ Par des pasquinades autorisées de son sacré sceau.
'* Mesme des gens de bien et des plumes accréditées, toutes dévouées à son service et obligées.
'* A mettre leur vie pour la défense de ses moindres inlerests.
"■' Avés.
''■ A la lettre.
'* Que je vous avois écrite.
'» De .Sa Majesté.
*'* Dont je vous fais de nouveaux remci'ciemens.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
grande mortification ', on ne in'ayt point lendn vostre lettre ", qni eust redoublé ^ nia consolation. Je ne vous en suis pas pourtant moins redevable, et prie Dieu ([u'il me donne occasion ' de vous tesmoigner par mon ressentiment que, de tous ceux que vous avés comblés de vos (Traces, je suis, Monseigneur, le plus, etc.
De Paris, ce iv avril 1672°.
DXXXVL À M. WAGHENSKIL,
PBOFESSEl'B EN DBOIT ET EN UÉBUEU , À ALTDORF.
Monsieur, je sçay trop bien ce que c'est <ravoir à faire à des imprimeurs et à des fondeurs pour trouver estrange que vous en ayés esté si lentement servi dans l'édition de vostre commentaire sur la loy Talmudiqiie touchant la femme soupçonnée d'adultère.
Aussi n'ay-je garde de me plaindre du retardement de sa publication, mais c'est vous plustost qui estes à plaindre de ce qu'ils ont différé par leur lenteur la gloire qu'il vous en reviendra auprès des vrays sçavans en cette sorte d'estude si peu commune, lorsque vostre travail aura paru, j'en ay leu et relen la première feuille où j'ay trouvé une solidité et un slile tout à fait à mon goust et dont je vous félicite par avance. La matière en est fort curieuse et peut recevoir de grands ornemens par la diverse érudition que \ous y semerés en l'expliquant.
Après ce bel essay de vostre profonde con-
noissance de la langue sainte , le grand dessein que vous m'avés autresfois communiqué rencontrera les esprits très désireux de le voir aussi bien exécuté et vous establira' une réputation immortelle, aussi bien que le premier lieu, entre les chrestiens qui sentent le besoin qu'ils ont d'estre éclairés en cet idiome sacré.
Les chai'aclères que vous avés emploies dans cette impression ne sont pas moins beaux que les nostres meilleurs * et l'on n'y sçauroit rien désirer davantage. Le papier en pourroit estre plus blanc et les marges plus larges. A cela près, ce sera un volume agréable à voir et qui fera lionte à tous ceux que l'on met sous la presse d'ordinaire de là le Rhin. Veillés seulement bien à l'exactitude de la correction d'oij dépend le bon ou le mauvais succès des ouvrages d'esprit et qui les rend de plus grande recherche.
Quant à la dilliculté que vous avés rencontrée dans le livre que M' Vossiiis a composé de l'origine du Nil et duquel il m'a addressé l'appendice, je vous diray que, lorsque nous nous asseml)lions chés M' de Monmor pour la physique, entre les expériences que nous y flsmes, celle de l'espèce que mon ami a alléguée se fit par le moyen d'im siphon de verre qui estoit reconrbé par en bas et dont la partie large de la droite avoit la partie gauche opposée des six parts plus estroitte et que, les ayant toutes deux remplies d'eau claire jusqu'à une certaine hauteur, l'eau qui du grand canal reflua dans le petit avoit sa superficie plus élevée de quelques lignes que celles du plus
' Bien que, pom- ma grande mortificalion. - Response.
^ Qui eusl accru et redouUé.
* Qu'il m'ouvre un moyen.
^ Le 8 avril, Chapelain adresse un billet à Boeder (P 29/1) pour le prier de faire passer à
Grœvius une lettre du duc de Montauzier, laquelle ne peut lui être envoyée directement ;i cause de la déclaration de guerre contre ia Hollande.
" GV'sl-à-dire que les ineilleurs des nùltes.
grand, el comme cliacun en cherchoit la raison, il me vint en l'esprit que c'estoit parce que la colonne dair estant plus espaisse et pai- conséquent plus pesante sur la colonne dVau de la partie plus large du siphon forçoit leau de la partie du niesme siphon plus cstroitle de monter plus haute et Tempeschoit de garder l'e'quilibre comme pressée par une moins espaisse colonne dair. Beaucoup entrèrent dans mon sentiment, quelques-uns le contredirent sans que je iopiniastrasse , mais pas un ne dit rien de plus vravsemblable. Voilà ce que je vous puis respondre sur ce sujet.
Vous estes désormais hors de l'appréhension où je vous ay veu que les armes du Roy tournassent contre rAllemagne, après les nouvelles que vous avés eiies sans doute que S, M. s"estoit de'clarée contre les Hollandois ' et quelle estoit partie, dès le 27 du passé, de Paris pour l'armée. Les hostilités ont commencé, il y a plus d'un mois, par les Anglais, ses alliés, du costé de la mer el le Roy attaquera par deux endroits du costé de la terre. Mais japprens que l'Empire est menacé du Turc, qui, à ce quon escril de Vienne mesme, vient très puissant en Hongrie pour venger et reslablir les rebelles qui se sont jettes entre ses bras. J'en plains la Germanie el sui*;. .Monsieur. \oslre. etc.
De Paris, ce 1" may 167a.