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À M" LE DUC DE MOXTAUZIER

GOCTERNECII , ETC.

À SAIM-GERUAIX-EX-LAÏE.

xMonseigneur, à la tendre, généreuse et solide marque que vous m'avés fait l'honneur de me donner de vostre douleur dans la grande perte que nous avons faitto du vertueux et cordial ami que nous pleurons \ je me suis senti éraeu de deux divers mouvemens, l'un d'en sentir au double le coup qui avoit esbranslé ma constance, l'autre d'en avoir senti en quelque sorte soulager ma douleur par la considération de la part que vous y avés bien voulu prendre et ])ar celle que vous en avés eiie vous mesme, ne pouvant assés admirer qu'au poste où Dieu vous a mis et dans les grands devoirs que vostre omploy exige de tout vostre esprit, vous ayés encore gardé un coin de vostre noble aine pour la mémoire de vos amis sincères et de vos fidèles serviteurs sans que vous ayés I)esoin que de vostre propre vertu poulies plaindre comme vous faites, lorsque

comme vous, que Torage se calmera après qu'elle aura fait sentir son indignation à celle république mesconnoissante et qui s'élève si insolemment contre ses prolecteurs et ses bienfacteurs. Dieu le vùeille et couvrir la vaillante Germanie de la tempesle dont elle est menacée du costé du Turc ainsi que le portent toutes les lettres qui viennent de vos quartiers.-! Le même jour, Cbapelain (f° 3oo) entretient de sa pension sur Tabbave de Corbie M. de Gaumont et date

ainsi sa lettre: «De mon lit, ce 11 may 167a.- ' Imprimée dans le recueil de M. Clément

* Jean Frédéric Gronovius laissa au moins

deux enfants : Jacques, que nous conriaissoii-^

déjà, el Laurent-Théodore, qui fut un antiquaire

distingué et qui mourut jeuno.

' Cet ami était Antoine Godeau,raort à Vence

le 2t avril, jour de Pâques. Voir ce qu'en dit la

Gazeite du 28 mai (p. /198).

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

Dieu vous les a oste's. Cela, Monseigneur, est si peu du monde et de la pratique ordinaire de la Cour qu'il n'y a rien qui puisse consoler un cœur oppresse comme le mien qu'un si bel exemple. J'en ressens l'efl'et en ma de'solation et vous en suis infiniment obligé et je vous respons de la reconnoissance de M"^ Conrart, auquel je ne doute point que vous n'ayés rendu le mesme office principalement qu'outre l'amitié intime qui estoit entre eux, la parenté luy devant avoir rendu cette privation plus sensible ^ Dieu vous veuille conserver longues années encore pour l'édification des gens de bien, pour le service du Roy et pour fortifier la foiblesse de ceux dont vous possédés le cœur et la volonté dans leurs afflictions et dans leurs disgrâces. Je suis bien le moindre de ceux là , mais vous me ferés l'honneur, s'il vous plaist, de me croire véritablement celuy de tous qui sera tousjours, Monseigneur, le plus vostre, etc.

De Paris, ce x may 1672.

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