DXLI
À M. VORSTiUS,
CONSEILLSn ST BIDLIOTECIIKE DE S. A. E. DE BBÀIIDBBOUBC . À BERLIN.
Monsieur, je suis fort redevable à M' Reck
' M. de Monlaigu, auquel est adressée une (les lettres suivantes.
* Le 9 juin. Chapelain exprime à l'errari (f° Soi v°) le regret qu'il éprouverait de lui voir relranclier sa gralificalion : rr Je scrois très mortifié que la disconlinualion s'estondiljusqu'à une personne de si grand mcrile que vous et de Tamilié de qui je fais ma plus grande consolation cl ma plus véritable gloire. Pour vous. Monsieur, quand ce malheur vous regarderoit, vous connoissés trop voslre pri.\ pour l'imputer à autre chose qu'à un oubli causé par l'allenlion que dé-viroienl du monarque les hauts et vastes desseins qui depuis un an luy ont roulé dans l'esprit et que vous aurés sceu qu'd met présentement en exécution en personne hors du royaume par quatre places sur le Rhin qu'il assiège tout à la lois pour s'ouvrir le passage dans le cœur delà Hollande avec une armée de plus do cent mille hommes . . . Je feray vos baisemains à W Perrault et à M' Carcavi qui n'ont rien sceu de toute celte dernière conduite , non plus que moy. Le pauvre M' Seguin mourut, il y a quelques mois, chargé d'années, plaint généralement et de tous les vcituoux et
habiles , comme l'un des plus exemplaires hommes de bien et des plus sçavans en l'espèce de litlérnlurc qu'il avoit choisie pour son divertissement." Le 1 4 juin, Chapelain adresse à Graziani((^ Soô v°) ces nouvelles militaires : «La générale opinion de la redoutable puissance de S. M., de sa valeur et de celle de ses généraux est très bien fondée et les cfTets le prouvent bien aux yeux de toute riùirope par la prise en huit jours tic quatre places sur le Rhin, Orsoy, Burik, Vezel et Rhimberg et par la victoire de son armée navalle sur C'.'Ile des Hollandois, bien que commandée par Ruyler, le meilleur homme de mer qui soit au monde, ce qui a mis la Hollande dans la dernière consternalion et si l'Issel cl le Rhin ne les couvrent pas mieux à l'avenir de ses foudres, on pourroit sans beaucoup de témérité augurer mal de la fortune de leur petit estât, quelque riche et fortifié qu'il soit au delà de tout ce qu'il y a d'esiat en toute l'Europe. Je vous suis obligé du bon jugement que vous en faites et du désir que vous me tesmoignés de célébrer ses miraculeuses aventures quand son bras héroïque les aura achevées.')
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
du soin qu'il a pris si oflîcieusement de vous faire tenir ma response à vostre prëcedenle, qui estoit accompagnëe de la traduction du livre de M[arco] Polo touchant la Tarlarie dont je vous ay remercié. Celle du Piamusio que je vous indiquay est fort eslime'e et vous ne me la loués pas sans raison. Je suis fort aise que M'' Mulherus' l'ait recouvrée. Elle pourra servir à justiflier la sienne aussy bien que celle qu'il médite de Huiton ^ Armenus qui est rendue italienne par le mesme Piamusio dans le mesme volume. Quant à sa dissertation sur le véritable Cathai, si, avec l'index et la première feuille de sa version de M[arco] l^olo, où doivent estre l'Epistre dédicatoire et l'Avertissement au lecteur, vous avés l'occasion de me les faire tenii-, je le tiendray à grâce et seray bien aise d'avoir le volume parfait.
Vous m'avés donné une grande joye en m'apprenant les notes que vous avés faites sur Valère Maxime et l'édition que le Public vous en doit. Je suis du nombre de vos débiteurs en cela comme en tant d'autres choses, et si vous le joignes à cette dissertation du Catai, l'obligation en sera double et je m'en promets une grande satisfaction. Vostre attache présente sur Justin^ ns sera pas d'un moindre mérite, cet abbrevialeur des amples copistes estant devenu un autheur d'importance non seulement pour le stile exquis mais encore pour les choses que
Trogus *, qu'on a perdu , avoit estendues à l'envy d'Hérodote et peut estre encore plus cu^ieusement^ M' Graevius", après nostre Bongars', l'avoit mis en assés bon estât, mais par l'essay que vous m'en avés marqué par vostre lettre et par le manuscrit que vous en attendes de M' Gudius, vostre compatriote \ je croy que vous aurés assés à glaner après lu y. Il est à présent dans le soin d'une édition entière des œuvres de Cicéron illustrées par ses notes et l'achèvera dans quelque année , si le trouble où est la Hollande par la guerre que porte heureusement contre ses provinces le Roy très chrestien n'en retarde pas l'accomplissement. Je suis de tout mon cœur. Monsieur, voslre, etc.
De Paris, ce XV juin 1Ô72.