DXLIX
À M-^" COLBERT
SECRETAIRE DES COMMANDEMEJiS ET MINISTRE D'ESTAT, À VERSAILLES '.
Monseigneur, le mesme M' Bœklerus , de Strasbourg, qui m'avoit communiqué ces Acclamations latines sur les conquestes du Roy, que je me suis donné l'honneur de \ous envoyer, ni'ayant depuis tesmoigné la vive appréhension que les armes victorieuses <le Sa Majesté avoient jetlée dans tout lEmpire , je creus pouvoir l'asseurer que leur crainte esloit vaine, et qu'à moins que d'estre troublé dans son entreprise, en faveur des Hollandois, le Roy ne tenleroit rien delà le Rhin; à quoy il m'a fait response en ces îermes : (fin hello gallo-helgico hœc est mens Cœsaris, quatenus sciri credique potest, ut eupiat impermixtus esse omnibus modis , idque et tempori et patrice utilius esse multi principvm judicare persuadereque ; nequc ii quibus armari volenlibus est aliud suis consiliis quam meram defensionem in ore et calamo hnhenl; imo cum non ncmo societatem ad provinciûs Beiffio permixtus extendi cupevet hactenus est aiiditus. Hinc magna nos spes
tenct pacem duraturam et amicitiam Gallicam Imperio constanter ornamentoque futuram. n
C'est, Monseigneur, la créance de cet homme de bien, qui ne respire que la gloire de Sa Majesté, et j'ay cru que son tesmoignage ne vous seroit pas désagréable.
M' Perrault nous ayant fait sçavoir vostre ordre pour une médaille touchant les conquestes du Roy sur les Hollandois \ il s'est chargé de ce que j'ay fait sui* ce sujet pour vous montrer au moins ma promptitude à exécuter vos commandemens.
Je finiray par les très humbles actions de grâces que je vous dois de la bonté que vous avés eue, à ma prière, de faire conserver mon neveu dans sa charge d'advocat au Conseil , faveur qui resserre encore plus fort les nœuds que tant d'autres qui m'ont engagé dans une absolue dépendance de vos volontés et qui m'attachent inséparablement à tous vos interesls en qualité, Monseigneur, de vostre , etc.
De Paris, ce xxviii septembre 1(372^