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À M. LE MARQUIS D'A!\GEAU,
AMBISSIDEUR DO HOÎ V£RS LES PRINCES DE L'EMPIRE , À UEIDELEERG.
Monsieur, le billet de AP Falaiseau m'a surpris, non pas par la marque de son souvenir, mais par celle que vous y avés voulu joindre de l'honneur du vostre. C'est de quoy
j'aurois à vous rendre grâces par beaucoup de paroles choisies, si je ne sentois pas mon cœur assés bon et assés reconnoissant , et que vous ne le connussiés pas asse's pour vous tenir lieu du plus éloquent remerciment du monde, lorsque vous considérerés principalement de quel mérite est pour moy mie si sensible faveur. Croyésbien, Monsieur, qu'il ne me pouvoit rien arriver de plus agréable ni de plus obligeant, et que ce qui a inGniment augmenté ma joye a esté l'avis de la manière dont M' l'Electeur de Trêves vous a receu dans ses Estats , ce qui me fait très bien augurer du succès de vos autres négociations avec les Princes de l'Empire pour les interests du Roy et pour ce qu'elles adjousteront à vostre gloire.
Que sera-ce si vous avés pu résoudre cet Electeur cy à ne point accorder aux jaloux de S. AL le passage des deiLx rivières à Goblents? Quel prix ne jueltra-t-elle point à un service de si grande importance et quelles louanges n'en devrés vous point attendre de tous les vrais François? Il n'ira pas moins que du salut de nos armées et de la ruine de celle de nos ennemis, et vous amés ospargné à M' le Prince, qui pari pour les aller recevoir, défaire avec j^éril ses ordinaires miracles, et pour celuy qui en particulier vous regarde.
Vous sravés , Monsieur, par vos correspondances de la Cour lout ce qu'elle a de nouvelles, et je ne vous en pourrois mander que de fausses ou que d'imparfaittes. Les mieimes que vous me tesmoignés souhaiter sont que mon âge fort avancé et l'accroissement de mes inlirmités ne me laissent que l'esprit sain et le cœur libre, duquel je n'ay autre chose à vous dire après ce que je vous ay protesté il y a long temps que vous y régnés en maistre absolu , et que je ne tire avantage de rien
' Heinsius s'était réfugié auprès de son savant ami Ferdinand de Furslenberg, cvèque de Paderborn.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
tant que delà qualité dont je fais profession publique. Monsieur, de vostrc, etc.
De Paris, ce xiii" octobre 167a'.