‹ Lettres. PubliéesChapitre 34 sur 309 · À BEAUNE, EN BOURGOGNE · texte numérisé non relu

À BEAUNE, EN BOURGOGNE

Monsieur, vous m'avés tiré d'une grande peine en m'apprenant que mon remerciment et mon offrande avoient passé jusques à vous. Comme je n'avois point d'addresse pour respondre à vos faveurs, j'avois craint que la fortune, à qui j'avois commis les actions de grâces que je vous en devois, ne m'eust fait infidéhté à son ordinaire, et en laissant périr mon paquet par les chemins , ne vous eust laissé penser que par mon silence je me fusse rendu indigne de vos largesses. Dieu soit loué que vous ayés veu mon ressentiment dans mes lettres et que vous ayés agréé mes derniers vers que j'y avois joint par une espèce de reconnoissance ! C'estoit bien assés pour me satisfaire sans y ajouster les louanges que vous leur avés données et que vous leur avés fait donner par M' Lantin " et par vos autres amis. Mais quoyque je ne reçoive pas les louanges comme justes, je les reçoy néantnioins comme des marques de vostre affection et de la leur, et je vous en demeure à tous le plus obligé du monde.

Quant aux ouvrages de feu M' vostre père dont je souhaittois le Catalogue de vostre main , comme M' Vossius nous l'a envoyé de ceux de feu son père, je le souhaitois principalement pour ceux qui n'avoient pas encore esté publiés, mais, à ce que je voy, il n'y en a point d'autres que ceux-là et ce pos-

' Tanaquilli Fabri epistoîœ, quarum plera-que ad emendationem scnptorum veterum pertinent (Saumur, 1609, in-i").

- J.-B. Lantin, qui avait été le grand ami de Claude Saumaise, fut aussi le grand ami de ses fds. L'ainé Tavait même chargé, par son testament, de donner au public, avec Philibert de la Mare, le savant conseiller au parlement de Dijon, les manuscrits de leur illuslre compatriole. Lantin

se contenta malheureusement de mettre une préface en tète du traité que Saumaise avait laissé sur les plantes qui portent le même nom, traité qui fut imprimé à Ulrecht et réimprimé dans la dernière édition des Exercitations sur Solin ( Utrecht, 1689). On assure que Lantin avait recueilU les paroles mémorables de Saumaise, mais on ne sait ce qu'est devenu ce Salmasiana où le sel bourgui- Rnon devait se faire sentir dans toute sa vivacité.

CHAPELAIN

lltl

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

ihume à qui vous avës fait voir le jour \ On nous avoit cependant fait espérer de luy un ample Traitté de la milice ancienne". Et qui eust peu mieux manier à fonds cette matière que luy \ estant rempli d'une érudition si immense et si profonde qui l'a fait avouer par ses envieux mesme pour le plus docte de son temps?

Je viens à ce livre des Fastes de M. Morisot ^ que je suis bien honteux de vous avoir sup[)lié de faire recouvrer puisque vous ne l'avés pu trouver que dans le cabinet dun de vos amis et qu'il n'y en avoit plus chés

vos libraires. La première piière donc que je vous fais là dessus , c'est de ne pas priver vostre amy de son livre , pour contenter ma simple curiosité et de le remettre en sa place. Que si vous ne pouvés obtenir qu'il le reprenne et vous vouliés absokmient que je le reçoive, comme ce n'est pas chose qui presse, je pense qu'il sera mieux de ne le confier qu'à quelqu'un de vostre connoissance ou de celle de M' Lentin qui viendi-a à Paris.

Je suis, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce 98 novembre 1 660 '.

' Claude de Saumaise avait laissé de fort nombreux manuscrits, et on ne s'explique pas les renseignements négatifs envoyés par le fils du fécond érudit à Chapelain. On trouvera dans la Bibliothèque des auteurs rfe Bourgogne , à la suite de la liste des ouvrages imprimes de Claude de Saumaise, une longue lisle des ouvrages manuscrits du savant auteur qui étoient chez M"" de la Mare (p. 368-270). L'abbé Papillon assure qu'il les vit, au nombre de dix-huit, au mois de juin 1 71G et qu'il en prit les titres sur les originaux. Le même bibliographe donne encore (p. 270- •J76) une lisle de divers autres travaux manuscrits de Saumaise, liste qui ne comprend pas moins de quarante-trois numéros.

- Chapelain ignorait donc que l'ouvrage avait déjà paru depuis trois ans : De re militari Romanoitim lihei'. Opns posthutnum (Leyde, Elzevir, iGr-7, in-'i").

^ L'abbé Papillon (p. 260) cite, au contraire, un jugement très défavorable de Crenius. D'après le dernier critique, les études sur le De re militari Romanoruni trompèrent l'espoir de la plupart des \e.ciQiirs, fefellerunt mullo^ntm spem.

* Claudo-Barlhélemy Morisot, né à Dijon en 1592, fut avocat au parlement de celte ville, et y mourut en 1661. Le livre réclamé par Chapelain était celui-ci ; Oiidii Fasloruin tiln-i XII , quorum $ex posteriores a Cl. Barih. Moi-isolo substituii suiit ( Dijon ,1669, in-8°). Voir la liste des autres publications de Morisot dans la Bibliothèque de l'abbé Papillon.

* Le même jour. Chapelain {i° ii(3 v°) complimente ainsi le P. Mambrun : «Ces dix Eglogues, ces quatrcs livres de la culture de Tàme, ces douze de Constantin et ce Traitté du poëme épique prests à se monstrer en un volume se sont présentés à moy comme un Virgile chreslien égal, sinon supérieur, à l'autre, et l'apparition m'en a esté d'autant jilus <louce, qu'elle a plus tenu de celle des célestes esprits. Je ne vous puis assés exprimer l'impatience que j'ay de voir cette édition achevée pour jouir de tant de beautés touchées de la dernière main d'un aussi parfait ouvrier que vous... M' de Monmor me fit présent, il y a six semaines, d'un des recueils de vos Eglogues que je leus avec avidité. J'y en trouvay quatre de ma connoissance qnoyque remaniées et tousjours en mieux. Les autres me furent toutes nouvelles et me charmèrent toutes également... Quand le R. P. Rapin m'aura rendu le paquet que vous luy envoyés pour moy, je liray avec grande attention ces Essais de questions philosophiques faits à vostre mode et, puisque vous l'ordonnés, je vous en feray sçavoir mon sentiment, bien que, pour estre vostre juge, je ne sois pas assés judicieux et que la hberlé vous demeure entière d'appeller de moy comme de juge incompétant.'î — Dans une lettre à Spanheim, du 5 décembre. Chapelain (P 1/17 v°) revient sur divers sujets dont il avait déjà entretenu son correspondant, YOde pour la paix, la prochaine édition de Lucain, et il continue ainsi: «Le soin que je pris, il y a environ trois mois.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

À M. DE BRIEUX

CONSEaLKB AU PARLEMENT DE METZ , À CAEN.

Monsieur, je n'ay receu vos dernières et celles de M' Halley' qu'un mois après leur dalte, c'est à dire hier seulement. 11 estoit nécessaire de vous marquer cela afin que vous ne ci'eussiés pas que je fusse capable de négligence pour vous, ayant eu assës de ioysir depuis ce temps là pour n\voir pas besoin de rejetter le retarde-

de faire solliciter M' de Greuleniesnil de vous tenir parole loucliant l'apologie de vostre poêle contre Scaliger a esté un soin perdu , puisque ce gentilhomme avoit prévenu ma sollicitation et dégagé sa promesse... J'en aurois fait autant auprès de M' Ménage pour les notes originales de feu M' Guiet sans ce qui est arrivé entre nous et dont vous avés connoissance. . . Je loue M' de Thou des ordres qu'il a donnés à M' Boullian pour vous faire communiquer les mannscrils de Lucain qui se trouvent dans sa bibliothèque. Mais M' Bouliiau est parti de Paris pour Danlzic depuis deux mois, et s'il n'a pas eu ses ordres avant son parlement, ils pourroient vous estre inutiles... Je suis très mari de la mort de M' Freinshemius. Les lettres y ont perdu un de leurs principaux arcboutans et l'histoire romaine un second père, J'avois espéré qu'il la donneroit complette, et s'il nous a quités sans mettre le comble à ce rare édifice, je ne vois pas qu'il Y ait lieu de s'en consoler, car jamais homme ne fut plus né et n'apporta plus de qualités naturelles et aquises à cette sorte de travail. . . Selon que j'entens parler de iuy, il estoit encore assés jeune pour avoir surpris ses amis en mourant. . ." Le 9 décembre, Chapelain (P i5o ) félicite Heinsius de l'emploi que lui donnent les Étals auprès du roi de Suède. Après avoir, pour la centième fois , fait l'éloge de M. de Thou , Chapelain parle de Huygens : «M. Huggens ne semble pas s'ennuier icy où il trouve journellement de nouveaux adorateurs de son mérite. M' son père Iuy fera tort

ment de ma response sur l'embarras et la multitude ordinaire de mes occupations. J'ay tant d'autres défauts que je puis bien avouer encore celuy de ma mauvaise mémoire. Le faux bond qu'elle m'a fait en ce qui regarde l'envoy de lapologie de Lucaiii à Heidelberg n'est pas l'un des pires, et je ne m'en sçaurois plaindre puisqu'il vous a donné sujet de m'apprendre que nous l'aurions bientost par son autlieur mesme accompagnée d'autres ouvrages de sa façon. C'est un gentilbomme ^ dont la vertu et la doctrine sont venues jusques à moy par des

s'il le retire avant le printemps. J'ay leu les prolégomènes de la castramétalion de M' Schel, et j'ay admiré son stile, son jugemen', et son érudition. . . Je n'ay point veu ce M' Marquard Gudius, ni personne qui m'en sceust dire des nouvelles. Il vous devroit bien envoyer ce qu'il avoit observé dans ces manuscrits de Reims. Je verray s'il y a moyen d'avoir communication de ceux des Jésuites de Paris. , . J'espère vous envoyer celuy [le livre] de Saint-Geniés et quelques autres d'un de mes amis de Normandie qui est grand chasseur et qui dans le stile moyen a trailté en vers latins de Venatione fort excellemment. . . Je ne sçay point au vray qui est l'auteur de la dissertation sur la natui-e de i'Epigramme. Je sçay seulement que c'est quelqu'un du Port royal. . . J'ay ressenti amèrement cette perte [de Freinshemius]. C'estoit le plus digne sujet lettré de tous les Allemands d'à cette heure. Puisque vous possédés encore M' Bouliiau par le bénéfice de la peste, salués-le, je vous prie, en mon nom.-'

1 Antoine Halle, né en iSgS à Bazanville, non loin de Bayeux, fut professeur de belleslettres à l'université de Caen et ensuite professeur au collège de celte ville. Il mourut le 3 juin 1676, après avoir publié à Caen, l'année précédente, le recueil de ses poésies latines (Caen, petit in-S"). Huet, dans ses Origines de Caen et dans ses Mémoires, a fait un grand éloge de Halle, dont il avait été l'élève pendant cinq années.

2 Jacques Le Paulmier de Grentemesnil, fils de Julien Le Paulmier de Grentemesnil, médecin

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

(esmoius iiTéprochables , quoyqiie je n'aye jamais eu le bonheur de voir rien de lu y. Ce que vous nien dites rae conârme pleinement dans l'opinion que j'en a vois desja conceiie, et dans le désir de luy faire sçavoir l'estime que je fais de son mérite. Eu cûfet il est encore plus beau à une personne de sa naissance de cultiver le champ des Muses aussi glorieusement qu'il le fait, qu'à ceux qui ne sont pas de sa profession , et qui n'ont autre moyen de s'aquérir du lustre que celuy des bonnes lettres.

Je mandois, ces jours passe's, à M' Heinsius la mesme chose d'un gentilhomme hollandois nommé Ratboldus Hermannus Schelius * qui , depuis peu , a publié ce quHiginus et Polybe ont escrit de la castramélation romaine avec des notes très sçavantes et des dissertations très instructives pour ce qui concerne le gros de la milice \ dans lesquelles il se monstre autant ou plus éclairé que Lipse ^ et qu'aucun de ceux qui l'ont précédé.

Si , vous tesmoignés à vostre excellent amy ^ le cas que je fais de ses nobles inclinations et favanttige que je croirois trouver dans sa bienveillance, vous m'obligerés très sensiblement. Vous ne m'avés pas moins resjouy par l'avis que vous m'avés donné de l'édition prochaine d'autres poésies encore que celles dont vous nous avés gratifié par le passé. Il n'y en peut trop avoir

de vostre veine, et si par modestie vous n'en vouliés pas tomber d'accord , je vous opposerois ce que m'en escrit positivement yV Halley. à quoy il n'y auroit point de réplique. Ilastés vous donc, Monsieur, de nous en favoriser et laissés nous le soin d'en maintenir la gloire. Je vous espargueray à l'un et à l'autre les esclaircissemens que vous appréhendés du costé de M' Spanheim touchant la réception de ces apologies, mais s'il me resollicite de vous en solliciter, il me semble que je ne puis me défendre de luy mander qu'il y a desja long temps quelles ont esté mises entre les mains du résident de S. A. électorale pour les luy faire tenir. Après ces deux bonnes nouvelles, m'en pouviés vous donner une meilleure que celle de la publication toute preste de l'ouvrage des Animaux de la Bible'? Vous sçavés si je suis persuadé du profond sçavoir de M' Bochart et si c'est un des hommes du monde de qui l'amitié m'est la plus précieuse. Dieu soit loué de ce que nous verrons bientost un travail si exquis et si attendu , et de ce que nous pourrons nous rendre riches de nouvelles connoissances qu'il nous pouvoit tout seul fournir. Je me veux faire bien escouter de tous nos curieux en le leur annonçant. Les figures de ces animaux, pourvu qu" elles soient faittes au naturel et que le caprice du peintre n'y ait point de part, seront d'un

du duc d'Anjou, frère de Charles IX, appartenait, comme nous l'apprend le Moréri , ttà une lamille noble et ancienne. n On lit dans le même recueil que la mère du vengeur de Lucain, « demoiselle d'un mérite distingué, et dont Michel de Montaigne parle avec ëloge dans une lettre qu'il lui avoit écrite, 'i était de ffl'illustre familles de Chanmont.

' Rabode Herman Schele, seigneur de Wetberg et Veenbruge, naquit en 1(122, dans la province d'Over-Issel, et mourut en 1G62. Voir son oraison funèbre prononcée par rarchéologue Jean-Georges Grœvius, à Utrecht, et imprimée

dans le recueil intitulé : Joannis Georgii Grœvi Orationes quas L'Urajecti habuit (Leyde, 1617. in-8»).

- Hygini el Pohjhii Megalopclitani de Casltumetatione Romanorum qiiœ exlant, cum nous et animadversionibus Uermanni Rhabodi Scheln, ejusdemque disseitalionibm de re luHitari pnpuli ro/;wni (Amsterdam, 1C60, in-6°).

' De mililia ronuina lihn V (Anvers, i5()5, in-/.).

* Jacques Le Paulmier de Grentemesnil.

^ C'est YHierozoicon déjà cité de Samuel Bo- (bart , ouvrage qui parut à Londres en 1 CG3.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

grand ornement et d'un grand secours, mesnie pour Tintelligence de la matière, et je ne croy p.is que M"^ Bochart en rejette la proposition. Je souscris à la parade que vous avés fait des vers de Se'nèque le Tragique en sa faveur: Ventent, etc. ' et je ne doute point que nous ne trouvions de plus belles descouvertes dans un livre que dans le voyage de Colom. Assurés le, je vous supplie, de mon très humble service, et qu'il n'a personne qui luy soit plus véritablement acquis que moy.

Je rescris à M"^ Halley : c'est pourquoy je ne vous prie point de luy rien dire^. M' le marquis de Montauzier estoit i-etombé encore une fois, mais pour ce coup nous le tenons sauvé.

Aprenés moy si M' Le Fevre de Saiimur est natif de Caen\ C'est à mon avis l'un de nos plus fins critiques.

Je respons à vos questions et suis, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xx décembre 1660*.

' Venient annis secula seris .

Quibus Oceanus vincula rerum Laxet, et iiigens pateat tellus, Tethysque novos detegat orbes, Nec sit terris uilima Thule.

Ce beau et prophétique passage appartient à la tragédie de Médée (acte II). C'est le chœur qui annonce, on ces vers si heureusement invoqués par le correspondant de Chapelain, les grandes découvertes de l'avenir.

- Celte lettre, datée du 9 3 décembre, suit (P iSa) la présente lettre. Ce n'est qu'un tissu de compliments.

" Nous avons déjà vu que Tannegui Lefebvre était né en 161 5 dans cette ville de Caen, qui a été de tout temps si féconde en habiles lettrés et qui a si bien mérité le glorieux surnom d'Athènes de la Normandie. Chapelain, dans une lettre à M' de Brieux, du 3 janvier 16O1 (f i 53 v°), vante ainsi la ville natale de son correspondant: «Caen ^st un autre Paris pour l'esprit, pour le sçavoir, pour le stile, et bien qu'il ne soit pas si populeux ni si vaste, je ne le trouve pas moins grand du costé de l'exquise politesse et du profond sçavoir... Entre autres, combien pensésvous qu'il y ait ici de personnes égales en érudition à M"^ de Grentemesnil dont vous venés de me donner la connoissance et de me faire espérer l'amitié ?n

* Le 2 5 décembre, Chapelain (f i53) écrit à l'abbé Paulel : «Le 9' livre de vostre Pucelle est arrivé à bon port.n II ajoute qu'il demande souvent de ses nouvelles à MM. Boyer et Le

Clerc. [Voir sur ces deux concitoyens du traducteur du poème de Chapelain, dans le livre df M. Jules Rolland, Histoire littéraire de la vilk d'Albi (Toulouse, 1879, in-8°), les chapitres x et XI, intitulés: Claude Boyer, de l'Académie française, et les coteries du grand siècle; Michel Lieclerc, de l'Académie française.] Dans la lettre ;i M. de Brieux, du 3 janvier 1661, dont j'ai déj;. cité un passage plus haut, Chapelain complimente à ia fois son correspondant Bochart, et i'abbesse du couvent de la Sainte-Trinité de Caen, plus tard abbesse de Malnoue, Marie-Éléonore de Rohan. Voici son jugement sur les paraphrases de certains passages des livres saints par cette abbesse, paraphrases qui furent imprimées en 1667 et plusieurs fois ensuite et qui ont été tant vantées par Huet : r Je pensoin vous avoir exphqué mon ravissement de la rare façon d'escrire de M' I'abbesse de Caen dans ses divines paraphrases. J'en fus charmé lorsque je les rencontray chés M' Conrart, et j'eus besoin du serment d'un aussi homme de bien que luy pour me résoudre à croire que c'estoit l'ouvrage d'une dame, tant j'y trouvois de foice et d'art, de délicatesse de senti mens et de justesse de stile.» Le même jour. Chapelain, entrant en relation directe avec Le Paulmier de Grentemesnil. lui adressa les aimables lignes que voici: «Ce que M' Brieux me mandoit de vostre Apologie pour la Pharsale de Lucain contre les deux fameux L'Escalles me porta naturellement et agréablement à luy dire dans ma response, de quelle sorte j'estois persuadé de vous il y avoit long

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

Page 1