PRECEPTEUR DV ROÏ
À PARIS
Monseigneur, si j'altendois à vous rencontrer elles vous pour vous dire ce que j'ay senti à la nouvelle du choix que le Roy a fait de vostre intégrité pour l'examen des prétendans aux bénéfices , je vous le dirois sans doute trop tard et vous me pourries croire cependant moins touché que je ne le suis de vos avantages et de vosti-e gloire. Vous ayanl donc manqué la première fois . et craignant de nestre pas plus heureux la seconde, jay pris le parti de men expliquer par un billet qui vous apprendra du moins que j'en ay une extrême joye. bien qu'il ne vous l'apprenne que très imparfaitement. Je n'appuyé point là dessus, estant certain que vous m'en croyés à ma parole et que je n ay besoin que de cela auprès de vous. Mais, Monseigneur, quand je n'aurois point eu à
me resjouir avec vous de ce nouvel honueui qui vous est venu , je n'aurois pas laissé de le faire pour celuy que vous allés faire en publiant les entretiens que vous avés eus avec Sa Majesté sur les actions fameuses de son ayeul Henry le Grandet sur sa conduitte dans les diverses occurrences de son règne '. M' le Marquis de Montauzier, à qui vous en avés communiqué quelque chose, a esté le premier qui m'en a parlé et depuis j'en ay trouvé la ville toute pleine. Vous sçavés que je connois ce que vous valés en ce genre là et que ce que nous avons leu ensemble de vos travaux passés " n'a pu que me faire naistre une grande curiosité pour celuy cy qui , si j'en suis creu , ne sçauroit trop tost paroistre. Cependant je vous en loue par avance et prens part à l'applaudissement que vous en recevrés de tous les gens d'esprit et de vertu. Je le dois plus que qui que ce soit estant plus que personne, Monseigneur, vostre, etc.
A Paris, ce xx niai's lOdt'.
dans niOQ cœur sans iuy laisser la liberté de se l'aire paroistre..." Le même jour, Chapelain (Pi 78) s'adresse en ces ternies à Coiherl : r Après avoir pleuré avec vous la perte imcomparable que nous avons failte,j'ay senti quelque douceur à me pouvoir resjouir avec vous de la charge nouvelle [la charge d'intendant des finances] dont il a piou au I\oy vous rcveslir, non seulement à cans(f de son importance, mais encore à cause que vous y estabiissant, S. M. a fait connoislre à toute la France ie cas qu'elle faisoil de vos lumières et la confiance qu'elle avoit en vostre probité. .'■■
' Hardouin do Beaumonl de Perefixe avait composé pour l'instruction de Louis \l\ un Sommaire de l'histoire générale de France dont il détacha une Histoire du roi Henry le Grand qui parut, à Paris, chez Edme Martin, en i66i, in-i", et qui fut réimprimée, la même année, par les EIzeviers (Amsterdam , petit in-i 9 ).
- Parmi ces travaux passés ou ne connaît que ['Imlitutio principis, qui parut à Paris, en 16^7, in-16, et qui est un plan d'éducation pour un
roi, depuis l'enfance jusqu'à l'âge de quatorze ans. Voir sur ce recueil de maximes ad usum Deljini ï Histoire de l'Académie française par l'abbé d'Olivel (édition de 1808, t. II. p. 1 16). - * Le 26 mars. Chapelain écrit à Heinsius (P i7'i): tfJe n'augure de vostre voyage que gloire et félicité pour vous et néanlmoins je no sçay comment il se fait que la tendre partie de mon âme en est mortifiée... C'est sans doute qu'elle prévoit que nostre commerce en sera fort interrompu et que je perdray bien de la consolation par la rareté de vos lettres. Il faut cependant essayer de se fortifier dans cette rencontre et songer qu'entre nos maximes celle-cy est la principale d'aymer mieux l'avantage de nostre amy que nostre propre satisfaction.» Le même jour. Chapelain (P 1 7^ v°) recommando à M""" de Chanteloup (au château du Loir, au Maine) «ces pauvres fermiers de la grande et de la petilf Morime de ma chapelle de N. D. de Preuillé ([iii avoient un peu respiré par les ordres absolus qu'il >oiis avoit pieu de donner pour leur soulagements
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
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