À AV1GS
Ou nous avoit icy parlé de vostre (sic) ^ et nous en avions eu une douleur fort
grande. Dieu soit ioiié que vous en soyés dehors et en estât de continuer les exercices dignes de vostre naissance et de la profession que vous faites du beau sçavoir. Pour M' Gonrarl et pour moy nous avons esté rudement exercés par des maladies et des afflictions domestiques, mais luy encore plus que moy par sa goutte qui depuis quatre mois le tient arresté au lit ou à la chambre et lui fait chèrement payer le respit de sept ou huit mois qu'elle luy avoit donné. C'est. Monsieur, ce qui lempesche à son grand regret de vous respondre et à vostre illustre Compagnie comme vostre civilité et Thonneur qu'elle luy a fait l'exigent d'un cœur aussi bien placé que le sien. H m'a prié de
quarante publications et de ses manuscrits dans la Bibliolhèque des rcrivains de la Compagnie de Jésus (t. II, in-fol., col. t^f^o-ll6o). Les rédacteurs de ce recueil l'appellent «un des hommes les ptus savants et les plus laborieux qu'ait produits notre Compagnie, n
* Dans celte lettre, écrite le même jour (P 2o4 v"), Chapelain dit à l'abbé Pauletcombicn il est « mortifié n de la perte du paquet , et ajoute au sujet de la traduction du XIP livre do /« PuceUe ; «Voila une rare constance que la vostre à la servir et [qui] vous doit bien obtenir ses bonnes grâces préféiablement à tous ses autres galands.-î Le V septembre. Chapelain écrit à M. de Girac (P 2o5) : «Ce qu'il m'en a semblé [du volume d'épigrammes du P. Godin, que son conespondant d'Angoulènie lui avait envoyé]... c'est que je n'estime pas moins ces épigrammes que celles du P. Sarbierius de son ordre, soit pour la latinité, soit pour le tour etla forme qu'il y a donné à sa matière; la pureté, la facilité et l'esprit, sans froideur et sans aQ'ectation , se rencontrant partout dans les choses pieuses et dans les morales. J'y remarque mesme cet avantage sur Martial et sur Catulle que l'agrément et la vénusté (pardonnésnioy ce mot) paroissent en ces productions sans y esire soustenus ni assaisonnés par l'obscurité et la raordacité qui chés ces anciens font leur mauvais mérite et leurs fausses grâces, et qui leur
dotinent tant de p.ix auprès du commun des Iiommes... Le volume qui les contient ne sera pascotté par ma virgule critique qu'en qualité de trop petit. '1 Chapelain blàuio le P. Godin [c'est Jean Gaudin, né en 1617 dans le Poitou, jésuite en 16.33, auteur de la Grammaire de Deupautère abrégée, du Nouveau dictionnaire, etc.; le recueil dont parle ici Chapelain est intitulé : Ëpigraminatum libri très et parut à Limoges, en 16G1, in-12] de s'être contenté de renvoyer à ce qu'a écrit sur l'épigramme « le professeur Mercier depuis quelques années, son choix ni ses observations ne passant point icy pour règle ni pour modelle auprès des experts. 11 eust bien mieux fait de s'en rapporter au Iraitté qui en a paru l'année passée à la leste d'un recueil des meilleures et des plus honnestes épigrammes anciennes et modernes et qui a esté publié pour l'usage de la jeunesse, n Chapelain presse Girac de venir à Paris : ff Je ne vous dis point combien je le désire ni la consolation que j'auray d'embrasser un si habile homme et si homme de bien que vous estes... J'apprendray aussi de vous à quoy en esl M' Girard de la vie de nostre Macharile [Balzac] et s'il la donnera bientost, avec le reste de ses lettres, comme il s'y est engagé. t: - Chapelain a oublié le mot maladie. Il a été déjà question d'une maladie du marquis de Perraut dans la lettre LXVII de ce volume.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
vous assurer que le premier relasclie qu"il aura des souffrances qui luy rendent les mains inutiles sera employé à s'aquiter d'un si légitime devoir, et en attendant il vous conjm'e et M" de l'Académie des Emulateurs de le croire aussi reconnoissant de leurs grâces et des vostres qu'il le doit et qu'eux et vous le sçauriés désirer. Pour moy qui ay les doigts libres, quoyque je n'aye pas la liberté de mon esprit, je n'atlendray point sa guérison à vous remercier et ces M" de la trop grande faveur que j'en ay j-eceiie outre mon attente et mon mérite, ayant voulu de leur mouvement faire voir mon nom meslé parmi les leurs et me faire l'honneur d'entrer en participation de leur gloire. Faites moy s'il vous plaist l'office d'appuyer auprès d'eux de rostre témoignage celuy que je leur en donne par ma response à leur
lettre, de me pleiger ma gratitude aussi grande et aussi sincère que je la leur proteste dans ce que je leur en escris \ Je vous demande le m esme office auprès de Monseigneur le vice légat' pour le titre de Gonfc Palatin, duquel il luy a pieu de m'honnorer sans que j'eusse assés de présomption pour y aspirer, ne luy laissant pas croire qu'il y ait rien de médiocre dans ma reconnoissance ni de service que je ne rae tienne obligé de luy rendre pour un bienfait si noble et si signalé. Je viens, JVP, aux commissions dont vous m'avés chargé. Outre les paquets addressans à M" Pardaillan ' et Gassaigne ° et les lettres à M" de Monmor et l'abbé Tallemand° quej'ay mis suivant vos ordres entre les mains de M' Sorbière' pour les leur faire tenir et ses bulles de Protonotaire que je luv ay consignées ^ outre les deux lettres que
'■ La letlre écrite le lendemain par Cliapelain à Messieurs de l'Académie des Emulateurs à Avignon a paru par mes soins, en 1879, dans le Bulletin historique et archéologique de Vaucluse.
- Ce vice-légat était Jean-Nicolas Conti, nalif de Rome, sous les auspices duquel fut l'ondée l'Académie des Émulateurs.
^ Il me semble que les biographes de Chapelain ont ignoré les circonstances et l'époque en lesquelles il fut décoré du titre de comte Palatin.
* Il ne faut voir là aucun membre de la famille de Pardaillan, mais probablement quelque obscurpersonnage qui n'a laissé de lui le plus petit souvenir.
^ L'abbé Jacques Cassaigne ou Cassagiie, né à Nîmes le 1" août i636, mourut à Saint-Lazare le 19 mai 1679. Une ode qu'il fit à la louange de l'Académie française lui en ouvrit les portes, dit l'abbé d'Olivet, à l'âge de vingt-sept ans (i(J62). Ce fut en iGC3 que Boileau lança contre lui, ainsi que contre l'abbé Cotin, un vers qui a rendu les deux prédicateurs à jamais ridicules (Satire III). Voir une spirituelle Notice sur l'abbé Cassagnes, lue à la séance publique de l'Académie du Gard, le ag avril i856, par M. Gaston Boissier, aujourd'hui membre de l'AcaJémie française (Nîmes, in-8°).
° L'abbé François Tallemant, frère de Gédi-oa Tallemant des Réaux, naquit en 1690, au château des Réaux (Charente-Inférieure), et mourut à Paris, le 6 mai 1698. Il était aumônier du roi lorsqu'il fut nommé (lo mai 1 6.^)1) membre df l'Académie française, à la place de Jean de Moiitreuii, décédé le 97 avril précédent!
' Samuel Sorbière, né à Saint-Ambroix (Gard 1 le 17 septembre i6i5, mourut à Paris le 9 avril 1670. Calviniste de naissance, il embrassa ie cathohcisme, en 1 65.3 , sous l'influence des exhortations du savant évêque de Vaison , Joseph-Marit- Suarès. En 1660 il avait été nommé historiographe du roi. '^oir le jugement que porte sur lui Chapelain dans son Mémoire de quelques gms de lettres vivans en 166a (p. 196 et igG des Mélanges de littérature).
' Les biographes de Sorbière ij'ont pas dit qu'il ait été protonolaire apostolique. Mille autres détails ont été donnés sur ce singulier personnage dans ie Moréri de 1769, dans la Biographie universelle (article Vincens Saint-Laurent). dans la Nouvelle biographie générale (article tlt M. Michel Nicolas), mais surtout dans les Mémoires pour la vie de messieurs Samuel Sorbière et i.-B. Cotelier mis par le savant avocat de Nîmes,
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
jay rendues à M' Conrart en main propre, jay de plus envoyé à M' de la Mothe le Vayer et à M' Bautru ' celles que vous leur addressiés. Lundy prochain je donneray à M" de Prieusac ^ Balesdens ^ et Mëzeray les leurs et les prieray de mettre dans leur paquet pour Fontainebleau celles qui vont à M' ie Chancelier et à M' de la Chambre. \P Cottin recevra là mesme la sienne aussi bien que M"^ de Rodez \ qui y sont aussi. Il faut garder celle de .\P Pelisson pour le temps qu'il aura surmonte' le malheur de son raaistre et le sien que vous aure's sceu. Jessayeray d'apprendre en quelle part de Normandie est M' de Boisrobert pour luy faire tenir la sienne *.
Celles qui s'adressent à l'Académie françoise y seront présentées et leiies à la première séance, et je souhaitte que l'Assemblée s'y trouve assés fréquente pour recevoir plus dignement les civilités que la vostre luy fait avec vous. Mais l'absence de la Cour et les vacations du Parlement, jointes à la saison de toute l'année la plus morte, nous a réduits à si peu que la Com-
pagnie n'est présentement que comme l'ombre d'elle-mesme , et me fait pour cela regretter que la dépesche de la vostre ait demeuré plus de deux mois par les chemins. Nous ne laisserons pas d'ouvrir les deux lettres qu'elle et vous escrivés à la Compagnie, afin de jouir au moins du contentement et de la gloire qui vous en reviendra. Je n'oserois vous répondre du temps de la réponse , ne sachant pas si nos Messieurs ne la différeront point jusqu'à ce qu'ils soient assés pour en délibérer. Je crains que ce que vous proposés de l'admission dans les assemblées de ceux de la vostre qui se trouvent ici ne passe pas ^ comme je le souhaiterois de tout mon cœur, à cause du nombre fixe d'Académiciens que vous avés leu dans riiisloire de leur institution , qui en exclut tous les autres, sans que, depuis restablissement,ce statut ait esté violé, de sorte que pour y apporter un changement, mesme si raisonnable, il semble qu'il ne faudroit pas moins qu'un Edit nouveau de Sa Majesté, et je doute que cela se puisse.
Nous verrons , pour l'autre article , de faire
François Graverol, en télé du Sarberiana (Toulouse , 1 69Û ). Graverol rappelle , en ces Mémoires , que Sorbière sctoit de l'Académie des Ennulaleurs, établie à Avignon.»
' Voir sur Guillaume Bautru la lettre X du tome I*'.
- Voir sur Guillaume de Priézac la lettre CLIII du tome 1*'.
* Jean Ballesdens mourut à Paris en octobre 1 675. L'historien de l'Académie française prétend (t. I", p. 3oa) que s'il devint membre de cette compagnie, c'est parce qu'il était attaché au chancelier Séguier, car en tous ses ouvrages, ajoutet-il, il n'avait r» atteint que la médiocrité, même pour le temps où il vivoit.n Chapelain {Mémoire ffe quelques gens de lettres, etc. , p. 267 du recueil de Camusat) le juge encore moins favorablement, déclarant que fftout ce qu'il a publié est au-dessous de la médiocrité.» Voir sur Ballesdens une no-
lice de M. R. Kervilerdans ses éludes sut le chancelier Pierre Séguier (p. 570-589), notice dont il faut rapprocher de curieux détails sur l'académicien considéré comme bibliophile que l'on trouve dans la Revue historique , nobiliaire , etc., de 1872 (p. 335 et 336). Déjà M. Léopold Delisle s'était occupé de la collection de Ballesdens, dans le Cabinet des manuscrits (t. I", p. 287, i52).
* Nous avons trouvé, dans les lettres précédentes, les noms de Mézeray, de Marin Cureau de la Chambre, de l'abbé Cotin et de Perefixe.
^ Sur l'abbé de Boisrobert, voir, dans le tome I" des Lettres de Chapelain, les lettres XIII et XLIll. Ce qui suit jusqu'à : indigne de la grâce qu'il m'a faitte, a été inséré dans le tome II de l'Histoire de l'Académie française {iSbS, p. 5o7).
* Nous rétablissons ainsi le texte par conjecture, mais le manoscrit porte au lieu de ne pa$$e pas : passera.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
que la Compagnie escrive à M' le Protecteur •le la vostre ' ; à quoy elle se portera , et il ne tiendra pas à mon suftrage qu'on ne luy rende ce devoir, ne fust-ce que pour ne me pas montrer indigne de la grâce qu'il m'a faitte. M' Sorbiere vous rendra conte des paquets qui sont escheus à son partage pour la distribution. Il n'y avoit rien pour iVP le duc de VillarsMans celuy de M' Sorbiere , quoyque vous m'en parlie's comme si vous y eussiés renfermé ce qui regardoit ce Seigneur. Je prie Dieu qu'il vous confirme en vostre santé et qu'il vous garde d'une seconde récidive, les premières mesmes estant mortelles le plus souvent. Pour moy sain et malade je ne puis jamais estre, M', que
De Paris, ce ix septembre i66j.
A M" LA MARQUISE DE FLAMARENS
À BUZET.
Madame, depuis ma dernière lettre j'ay perdu la plus jeune de mes niepces ' de cette fièvre maligne qui règne partout et qui ne lait guères moins de morts que de maladies. Je ne vous veux ni ne vous puis dire combien j'en suis esbranslé. Vous avés assés de vos maux sans vous accabler des miens et vous donner ce surcroist de peine. C'estoit une fille selon mon cœur et que je regardois comme la douce consolation de ma vieillesse. Jamais plus de pureté, plus d'innocence, plus de modestie, plus de sousmission, de
mespris de soy mesme et de respect pour ses proches. Elle est morte à dix-neuf ans après une douloureuse maladie de six semaines, et morte avec une patience de mouton '. Mais tout est à Dieu et c'est grâce lorsqu'il nous retire à luy. Je me plains à ia vérité , je me plains toutesfois sans murmure. Pour le voyage de M"^ le chevalier vostre fils , quand M' son frère m'en vint parler, je ne m'en éloignay pas. En ces matières il ne faut pas consulter la nature, il ne faut escouteique la raison. Son malheur ayant voulu que son attachement au feu cardinal ne luy eust produit aucun eslablissement, et sa légitime ne le pouvant soustenir à la Cour selon sa naissance, il n'y avoit rien de plus séant à un gentilhomme de son âge que d'aller chercher la guerre où elle se fait et cela mesme Ihonnoroit à la Cour de luy voir île ces généreuses pensées. C'est par celte voye que se font les grands hommes et qu'on sf met en estât d'estre proféré par le Princ<^ aux casaniers quand il a besoin de gens de service. Mais il y a de la fatigue , il y a du péril, et l'on y peut demeurer estropié ou mesme y perdre la vie. Gela est vray. Mais pour mettie en conte ces considérations , il ne faut pas estre de sa qualité parce que c'est dans le mespris de tout cela que consiste i.i gloire et que se fonde la réputation, qui seule peut ouvrir un honneste chemin à ia fortune. Souvenés vous de ce que vous estes, Madame, et de ce que sont M" vos enfant et prenés là dessus des résolutions courageuses. Nous croyons cependant ce voyage
' Ce protecteur était le vice-iégat Jean-Nicolas Conli, nommé plus haut.
- C'était Pierre de Viliars, nommé communément le marquis de Viliars, lieutenant général et ambassadeur, mort en 1698, âgé de soixante-quinze ans; il fut père du maréchal de Viliars.
^ Probablement une fille de Louis Faroard,
lequel avait épousé, le i3 mai i63o, Catherine Chapelain , la plus jeune sœur du poète.
'' On déplore que ce touchant éloge d'une jeune fille si angélique se termine par une aussi vulgaire comparaison. Jamais fin de phrase n'a été plus malencontreuse; jamais n'a été plus applicable qu'en cette occasion le fameux desimt in piscem.
rompu par la iiiort du marquis de Duras ' avec qui il le devoit faire.
Je le souhaite pour vostre repos el suis. Madame, vostre. etc.
De Paris, ce xvi septembre i66t °.
À 31. HLET,
eEMLLHOlLME NORUA.ND .
Monsieur, comme je n"avois souhaitté
quelques momens du loysir de M' Bochart pour rinterprétation de Tectype arabe à autre fin et sans autre intérest que celuy de sa gloire, je nay eu aucune peine «n apprenant par vous les justes causes qui Font empesché de s'y appliquer, et j'altens le retour de M' de Segrais ^ par qui vous me le devés renvoyer avec le dialogue pour le communiquer à M' Hardi, conseiller au chastelet de Paris \ el pour voir sil se rencontrera avec les autres dans l'explication que je luy en dois faire tenter après eux.
' C'était Charles-Henri, particulièrement connu sous le nom de comte de Monlgommieri, un des lils de Gui Aidonce de Durfort, marquis de Duras, el d'Elisabeth de la Tour.
- Le lendemain, Chapelain (Tau) écrivait à .Moisant de Brieux : « Nous vous sommes bien obligés, W Vatlier el moy aus^i bien que M. Bochart, des soius que vous avés tous deux pris pour essayer de faire entreprendre aux Anglois l'impression de son Avicenne. Il faut se consoler du mauvais succès de la négociation... Je ne suis point eslonné du ravissement de M' le président Cormis pour les merveilles que M' Bochart luy a fait voir dans son Paradis. S'il avoit veu son Pluileg comme nous, il en auroit esté moins surpris. Je féhci le ce rare homme de sa gloire ancienne et de celle qu'il y va adjousler par ce second chef-d'œuvre qui sans doute ne cédera point à l'autre... J'ay veu un exemplaire du Recueil des compositions qui ont esté faites sur la mort du jeune conte de Scheltz et n'y ay rien trouvé de mieux que ce que j'avois desja veu de vous el de M' Halloy sur ce sujet. . . Pour vos questions, je ne condannerois pas sous une allée, mais j'aymerois mieux dans une allée et ayant à mettre sous je dirois sous un berceau. Le mot abhorrer ne sçaitroit eslre justement exclus du bel usage, mais il ne se doit employer que dans les fortes expressions. Tout à fait est si prosaïque et si fort du langage familier qu'il ne peut entrer dans la poésie tant soit peu noble ni mcsme dans la pros^' du genre sublime. Flairn- est propre, mais n'est guère usité parmi nous, et sentir, quoyque moins propre, l'a lout-à-fait emporté sur luy. Régal ne
vaut rien , et il faut tousjours dire regale sans craindre d'équivoque ...»
^ Jean Regnaud de Segrais, né le 22 août 162^, à Caen, y mourut le 20 mars 1701. Il était, depuis l'année i6i8, secrétaire des comrnandements de M"' de Montponsier et il fut nommé membre de l'Académie française en 1 6G2. Je ne citerai sur lui que ce passage des Mémoires de Huet (p. 9 1 de la traduction) : r Mais le plus illustre d'entre eux [c'est-à-dire des membres de l'Académie de Caen] était Jean Regnaud de Srgrais, célèbre par ses poésies françaises, surtout par ses agréables chansonnettes êf ses églogues, dans lesquelles il laisse bien loin derrière lui tous ses rivaux.') Huet reparle encore de son ami Segrais dans les pages \-2li et i33 du même ouvrage.
* Empruntons encore aux Mémoires de Huet (p. 107) ces renseiguemenis sur Hardi : «Je voyais aussi de temps en temps Claude Hiirdi, conseiller au Chàlelel. il éiail fort estimé à cause de ses connaissances eu mathématiques dont quelques échantillons ont été publiés; mais il avait en réserve plus de richesses intellectuelles que son extérieur n'en promettait, n Rappelons que Claude Hardi fut un des savants qui, sous la direction de Montmor, eurent soin, avec Antoine delà Poterie et Chapelain, de Pédition des Œmvres complètes de Gassendi (Lyon, i658, 5 vol. in-folio). Claude Hardi, qui fut un grand ami de Descaries el qui avait publié, dès 1625 (Paris, in-i"), les Questions d'Euclide (texlegrec et version latine), mourut le 5 avril 1678. Voir sur lui ['Histoire litté-aire du Maine par M. B. Hauréau, t. VI, 1878, p. 72-76.
Quant à l'Epistre du stile d'Horace à laquelle je vous exhortois par mes dernières, je suis bien aise que vous y sovés résolu et que mes raisons vous ayent de'terniiné à la faire, croyant tousjours que personne vivante ne sçauroit approclier de vous en ce genre, non pas raesme de bien loin. A cela , Monsieur, nec metas nec tempora pono. Ce sera à vostre loysir, dans vostre belle humeur et lorsque vous sere's sorti de vostre procès et des espines d'Origène, à propos duquel Origène je vous diray que jay envoyé à .M' Spanheim la response que -M' de Brieux luy a tailte avec le billet instructif que vous luy a vies escrit pour cet effet. Si la lettre dont j'ay accompagné ces deux là et dans laquelle j'ay tesmoigné à mon ami combien je suis touché de tout ce qui vous touche, si , dis-je , ces trois lettres vont jusques à luy, je ne doute point que vous n'ayés satisfaction de ses oflices , lesquels il vous rendra avec chaleur, exactitude et capacité.
J'ay grande impatience que vostre livre soit public et qu'il ait passé des mains du libraire en celles des honnestes gens.
M' de Monmor, depuis trois mois , n'a point ouvert son logis pour la continuation de son assemblée à cause de la maladie de M""' sa femme ' qu'il a pensé perdre et qui n'est pas encore tout à fait hors de péril.
M' Conrart attend le papier des larmes de verres que vous emportastes et que vous luy proraistes de luy renvoyer après l'avoir reveu et repassé.
M' du Perler a touché sa pension de l'année passée et il est assuré qu'elle luy sera continuée sa vie durant.
Je suis, Monsieur, vostre, etc.
De Paris, ce xvii septembre iGOi.
LETTRES DE JEAN CHAPELAIN
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