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CONSEILLER AU PARLEMEXT DE DUOS , À DIJON

Monsiem", vous aurës veu par la response que je fis, il y a près de trois mois, à M' Lantin l'inquie'tude où j'estois de M' Heinsius pour plusieurs raisons et particulièrement pour le livre que je luy avois envoyé de vostre part dans le ballot de M' Beuning, son ami, Ambassadeur extraordinaire de Hollande en cette Cour. Je ne sçay pas encore s'il l'aura receu, mais je le suppose par la lettre qu'il m'a addressée pour vous et qui accompagnera ce billet, encore qu'il ne m'en die rien dans la mienne. Ce qu'il m'y dit et

qui ne vous doit pas déplaire, c'est que des six exemplaires qu'il a peu envoyer en France de la nouvelle édition de son Ovide, il y en a un pour vous et vous auriés eu cet avis, dès il y a long temps, si la despesche qui portoit cet ordre ne fust point demeurée plus de deux mois en Hollande par l'absence de M' nostre Ambassadeur qui est icy depuis tout ce temps là, ses gens ne s' estant pas mis en peine de les mettre sous son enveloppe parcequ'elles ne le regardoient pas. Je souhaite que vous trouviés dans la vostre réclaircissement de vostre doute touchant ce livre et que cet éclaircissement responde h vostre désir. Cependant faites moy sçavoir, r'il vous plaist, par quelle voye je vous feray tenir cet exemplaire et à qui je le puis consigner en seureté afin que vous ne perdiés pas ce tesmoignage de l'amitié d'un homme que vous honnorés de la vostre et qui y fait un entier fondement.

Vous ra'apprendrés par mesme moyen ce que vous faites des papiers de feu M" de Saumaise père et fils et ce que M' Lentin médite pour cela mesme ou pour la publication des siens propres , ce qu'est devenue la pos-

de Huet, il avait écrit à ce dernier (P 2 55) au sujet de Taflaire du comte de Tott : «Tout ce qu'il y a eu de mal en cela est venu de Gilbert qui a jugé de vous comme de iuy et qui s'est figuré mal à propos que vous fussiés affamé comme iuy de servitude. Le bon parti est celuy que vous prenés d'estouffer celle avanture autant qu'il se pourra, et de suyvre le train de vostre vie et de vos esludes, eu attendant que Dieu vous ouvre des occasions de faire fructifier vos talens.n Chapelain, passant à un autre sujet, continue ainsi : «Pour la plainte de M'' de Brieux, elle peut aisément venir de ce que vous me dites du secret dépit d'avoir donné dans le panneau (à l'occasion des vers fabriqués par Huet, de ce que Chapelain apfdle : produire une médaille moderne pour antique)...'^ Vltei- Suecicum a bientôt son tour : t?Il n'y a rien de plus beau que les vers que

vous faites estât de mettre à la teste de vostre voyage de Suède. La Reyne Christine y trouvera sou conte entièrement et moy j'y trouveray plus que le mien, ne méritant point tout de bon des éloges de cette excellence. Je n'y voy rien à redire que cela...»

' Chapelain , le jour même où il écrivait ceci à Heinsius, adressait à Medon (f' 256 v°) une lettre d'affaires, en laquelle il lui apprend qu'il l'a recommandé comme il faut. A la fin de cette lettre nous lisons : ? Enfin après huit mois d'attente, j'ay receu des nouvelles de M'' Heinsius datées du x^ septembre dernier, par lesquelles il me prie de vous faire tenir un exemplaire de sa dernière édition d'Ovide... Vous pourrés en escrire un mot à M'' Cramoisi qui sçait les voye? seures, et, s'il accepte la commission , je luy remettray l'exemplaire, t

lU

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

session dOssone {sic) ', et si le religieux qui avoil examiné les relligieuses continue à en justiffier la fausseté'.

Je sçaurois aussi volontiers si les apologues de ce sçavant médecin de Beaune s'imprimeront bientost augmentés de plus de moitié -, comme me le fit espérer, il y a un an, un de ses compati'iotes, qui me vint voir de vostre part et de celle de M' Lentin et je croy que ce fust celuy qui m'apporta ce livre pour M' Heinsius.

Vous aurés peut estre aussi rencontré parmi ceux de M' Saumaise le fils les Fastes de \r Moriset qu'il m'avoit recouvrés et qu'il n'attendoit qu'une occasion de me le faire tenir, quand Dieu l'appella, comme M' Lentin l'a veu dans la dernière qu'il mavoit escritte.

Je vous demande mille baisemains pour luy et de me croire, Monsieur, vostre, etc. De Paris, ce ix décembre 1661'.

1 II s'agit d'Auxonue, chef-iieu de canlon du département de la Côle-d'Or, dans l'arrondisseraent de Dijon, à 3o kilomètres de cette ville. Au xviii' siècle encore le nom s'écrivait souvent Aitssonne. La possession d'Auxonne fil beaucoup de bruit en l'année 1661. Voir sur cette affaire, moins tragique heureusement que celle de Loudun, une lettre d'isaac de la Peyrère à Boulliau, du 16 février 1661 {Plaquettes Gontauduises, n° 2, 1S78, p. 22) et une note (p. 6^).

- Ce savant médecin de Beaune était Jacques Régnier, né en cette ville le 6 janvier lôSg. Il avait été reçu docteur en médecine à Cahors le 3 décembre 162'). 11 mourut le 16 juin i653. Il avait fait imprimer à Dijon (i6'i3, in-12) un recueil intitulé : Apologi Phœdri, ex hdicris J. Regnei-îi Belnensis doctoris medici. Papillon {Bibliothèque des auteurs de Bourgogne, t. II) avait oui dire que l'abbé Mallcmant, chanoine de Sainte-Opportune, possédait le manuscrit original de la seconde partie de ce recueil de fables. L'épîlre dédicatoire est adressée à Gilbert Gaulmin, et non, comme l'avance Philibert de La Mare en la vie de Saumaise, à Ch. Fevret. Papillon cite une vie manuscrite du docteur Régnier par Edme de Lacurne, avocat de Beaune.

^ Le même jour, Chapelain écrit en ces termes à M. de Brieux (f 208) : «Si les Origines de feu W Vossius paroissent, il n'en faudra plus chercher après lui qui estoit sans doute le plus plein et le plus sensé de tous les modernes humanistes. Il Y a plus de deux ans que JP Heinsius m'a communiqué une liste des ouvrages à imprimer

de cet excellent homme à la teste de laquelle estoit celuy-cy sous le litre d' Etymologium seu de natura linguœ latinœ qui estoit, disoit-il, sous la presse à Amsterdam chez les EIzevirs.Le trailté du fils de la version des Septante doit estre une importante pièce. Il en avoil menacé son antagoniste Hornius dans la querelle qu'ils ont eue ensemble sur l'âge du monde. Quant à l'Élégie de M' Huet, peut-estre que j'y aurois esté attrappé si on me l'eust envoyée avec les mesmes addresses qu'à vous. ..n Chapelain ajoute, pour adoucir le chagrin de son ami trompé : «La copie que m'en apporta M"^ de Segrais fut accompagnée du nom de son autheur qui m'en demandoit mon avis." Il parle ensuite à M' de Brieux du marquis de Moiitauzier : rll n'a jamais songé à estre Duc et Pair à cause qu'il n'a qu'une fille, il loge à cette heure au Louvre dans la propre chambre de feu M' le Cardinal et la vertu accomplie de l'un et de l'autre ont trouvé une partie de la récompense qu'elle mérite en attendant mieux... Cet éclat n'attiédit aucunement l'amour que ce seigneur a pour les belles-lettres, et ne le fait pas moins chercher et ménager des momens de se veuir divertir avec nous. Ainsi vous pourrés tousjours seurement luy faire pari de vos ouvrages...?) Chapelain, qui, dans celte lettre, parlait de vingt personnes dfe sa connaissance, lesquelles, à Paris, étaient entre la mort et la vie, et qui ajoutait: «Jamais année sans peste ne fut si mortelle. Une bonne gelée seroit un bon médecin pour tant d'infirmités, ^i revient ainsi sur ce si.jel dans une lettre à Heinsius, du 1 3 du même mois (P a6o): «Vous aurés veu par ma

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À M. PERROT D'ABLA^COURT,

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