A M^'^ LE CARDINAL DE RETZ
À COMMERCl '.
Monseigneur, Vostre Eminence me connoissant de si longue main pour ie zélé serviteur que je luy suis , elle n'aura pas de peine à croire que je n'ay pas moins respiré voyant la fin de ses travaux arrivée, que j'ay souspiœ durant leur cours si douloureux. C'est, Monseigneur, ce qiii m'empeschera de m'estendre pour vous le persuader, surtout en un temps où vous recevés les complimens de toute la France pour se resjouir avec vous d'un changement sinon aussi favorable que le mérite Vostre Eminence, au moins tel qu'il luy rend le calme après tant d'agitation et remet sa vertu en estât de se desployer et d'estre également utile au Roy et à l'Eglise. En attendant que je la puisse voir de plus près % je me contenteray de la révérer dans la foule de ceux qui s'intéressent dans ce qui la regarde, bien que la qualité de ma passion soit digne qu'on la dislingue des autres et qu'il y ait peu de personnes qui peussent avec autant de justice (]ue moy se dire, Monseigneur, de Vostre Eminence , etc.
De Paris, ce xui mars 1663.
' Jean-Franrois-Paul de Gondi, cardinal de Relz, naquit à Montmirail (Marne), non en octobre 1 6 1 6 , comme on l'a trop souvent dit , mais en septembre 161 3, comme l'ont établi M. Longnon (^Annuaire de la Société de l'histoire de France , 1869, p. i5i) et M. Alpbonse Feiilet {Œuvres du cardinal de Retz, dans la Collection des grands écrivains de la France, t. I", p. 81), et il mourut à Paris, ie 2 4 août 1679. Sur son séjour à Cominercy (Meuse) et sur les diverses circonstances qui précédèrent le retour du cardinal en France, voir les ouvrages de M. Gazier et de M. Chanlelauze.
- Chapelain connaissait depuis bien long-