‹ Lettres. PubliéesChapitre 67 sur 309 · M. DE THOU, COMTE DE MESLAY · texte numérisé non relu

M. DE THOU, COMTE DE MESLAY

AlIBàSSADECn POLR LE BOÏ ï-V HOLLANDE .

A LA HAYE

Monsieur, vous ni'avés fait grâce en m'envoyant le mémoire présenté par vous à M" les Estais au nom du Roy, en faveur de la Religion de Malte; mais vous m'avés aussi fait justice n'y ayant personne au

monde qui mérite mieux cette grâce de vous, si elle se peut mériter par un zèle ardent pour vostre gloire et pour vos avantages. Il m'a d'ailleurs inflniment plu par ce stile plein de gravité et de dignité et tout ensemble de pureté et d'éloquence , qui sont des qualités héréditaires chés vous dans lesquelles vous ne cédés à aucun de vos illustres ancestres. Quelque jour. Monsieur, nous verrons, dans une exacte relation de vostre ambassade, les principales affaires qui vous y ont passé par les mains \ et l'on les proposera pour modelles à ceux qu'on destinera à de semblables postes, afin qu'ils y puissent réussir avec éclat, soit pour leur honneur, soit pour celuy de la couronne.

Vostre précieuse et fameuse bibliothèque se sentira niesme de vostre séjour aux Païs- Bas, y ayant apparence que vous en rapporterés la fleur des ouvrages qui s"y sont publiés de vostre temps et qui se trouveront dignes d'y avoir place. Si le Conseil du Roy vous arreste à la Cour, nous profiterons de vostre présence et nous vous y rendrons assidûment nos devoirs. Mais je crains fort que vostre verlu ne vous envie cet honnestc

sions" nombreuses faites à Venise (in-foi., i5oi et années suivantes) et la réimpression de Paris (i5i2, in-fol.).

• Déploré, qiio nous avons déjà trouvé dans le tome P''.signiûe, rappelons-le, désespéré en ce cas.

- Le 2 mai, Chapelain écrit de nouveau à Heinsius (f 828 v°) : tfNe me faites pas d'excuse do vostre prétendue garrulité [M. Littré n'a trouvé ce mot que dans Calvin]. C'est maltrailter la plus pure éloquence de noslre siècle de la baptiser de ce nomià. Tout est poli, tout est solide, tout estcordial dans ce que vous m'escrivés, et je n'y ai jamais rien trouvé à redire, sinon que vos lettres n'avoient pas autant de longueur que de beauté. . . « Parlant du départ de l'ambassadeur Van Beuning , Chapelain dit bien aimablement : «Il me semble qu'il emportera avec luy toute ma lumière et me rejettera dans la profonde nuit où j'eslois avant

que vous nous eussiés rendus amis.» Voici l'éloge qu'il donne à Huet : rr C'est un sçavant homme pour son âge et qui escrit également bien en prose et en vers.?; Chapelain accueille avec enthousiasme une bonne nouvelle littéraire qui lui avait été envoyée par Heinsius : rCe que je voy dans vostre lettre de ces travaux de Meursius sui les trois isles de Crète, de Chipre et de Rhodes me resjoiiit et je m'en resjouirois bien davantage si vous pouviés, en vous divertissant, estre le promoteur de leur pubhcalion. v Chapelain annonce à son correspondant que l'abbé Bigot est rdésormais normand, Rouen, sa patrie, l'ayant enfin attiré w.

^ Cette relation n'a jamais paru et n'a peutêtre même jamais été écrite, du moins si l'on en juge par le silence du P.Lelong et de ses continuateurs.

LETTRES DE JEAN CHAPELAIN

repos , et qu'elle ne vous face regarder pour quelque autre employ plus considérable encore. En elTet, si vous vouliés demeurer maistre de vous niesme et jouir seul de vostre vertu, il n'en falloitpas tant monstrer que vous avés fait en celuy-cy oii l'habileté a éclaté à l'envi du courage , et où les interests de FEstat ont esté soustenus avec la fermeté digne d'un vray François et d'un vray ministre du Roy très Chrestien. Quoyque la fortune face de vous et en quelque part qu'elle vous meine, je vous y suyvray lousjours de la pensée et vous aurés tousjours en moy, en quelque lieu que je sois , un très, etc.

De Paris, ce iti niay 16G2.

cxxxn.

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