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À M" LE CARDINAL DE RETZ

À COMMEnCV.

Monseigneur, la forlune qui a si longtemps et en tant de tristes manières exercé Vostre Eminence lorsqu'elle sembloit luy avoir donné quelque repos luy a porté le coup de tous le plus sensible en le privant dun Père de la vertu la plus consommée \ et qui durant qu'il a vescu a esté pour Elle la plus grande et peut estre l'unique de ses consolations. Dieu vous fortifiera, sil lay

triote et, dans ce temps là , mon ami inlime.n Cf. p. 91.

' Instructions recueillies des sermons de saint Augustin sur les Pseaumes (Paris, Savreux, 166a, in-ia).

^ L'abbé Le Roy donna satisfaction à Chapelain Tannée suivante, et les sept volumes du recneii avaient déjà paru avant la fin de l'année

^ Le lendemain. Chapelain (PSiS r°) félicitait ainsi M. de Beaumont, précepteur du Roi, nommé à l'archevesché de Pans : rMonseigneur, si M' de Tronquedec s'est souvenu de vous dire ce qu'il me promit hier, vous aurés sceu dès aujourd'huy Textrême joie que m'a apportée la nouvelle de vostre nomination à l'Archevesché de Paris, et la consolation extrême qui m'est venue d'avoir à vivre et mourir diocésain d'un prélat d'aussi éminente vertu que la vostre. Mais, Monseigneur, il m'importe si fort que vous ne l'ignoriés pas que j'ay mieux aimé vous le faire entendre deux fois

que de bazarder que vous ne l'entendissiés point du tout. Vous m'honnorés assés de voslre bienveillance pour ne vous pas tenir importuné de la seconde assurance que je vous donne icy qu'il ne pouvoit rien arriver plus selon mon souhait... La prudence de S. M. a éclaté encore dans ce choix... et je vous puis tesmoigner fidellement dès cette heure qu'elle a attiré par là sur elle la bénédiction de tout le peuple qui va vous estre sousmis. ..»

^ Philippe-Emmanuel de Gondi, comte de Joigni, marquis des lli'sd'Or, etc., après avoir été heutenant général pour le roi dans les mers du Levant, général des galères, etc., s'était retiré parmi les pères de l'Oratoire. Il mourut à Joigny le 29 juin 1662, âgé de quatre-vingt-un ans. Le cardinal de Retz a dit dans ses Mémoires (collection" des Grands éa-ivains de la France, t. I", p. 89 et 90) : s Je ne crois pas qu'il y eût au monde un meilleur cœur que celui de mon père, et je puis dire que sa trempe étoit celle de la vertu, n

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plaist, en celte dernière si rude espreuve, et vous coopérerés avec iuy pour voslre soulagement par cette fermeté d'àme qui a esté Tadmiralion de toute TEurope et qui vous a fait voir à tout le monde au dessus de tous les accidens. Je ne vous escris pas aussi, Monseigneur, pour avoir ia le'mërité de prétendre contribuer rien à radoucissement de vostre peine, mais pour vous tesmoigner que je la ressens

a l'égal de vous, et je ne feray point d'effort pour vous le persuader, sachant que vous connoissés mon cœur là dessus, el qu'entre ceux qui s'intéressent davantage en tout ce qui vous regarde, vous scavés bien n'avoir personne qui soit plus constamment, plus sincèrement ni avec plus de respect. Monseigneur, de Voslre Emincnce le, etc.

De Paris, ce iiii juillet iGOa '.

' Le même jour, Chapelain s'adresse en ces ternies à Heinsius (f 3 A3 v") : rll n'y a rien de si doux pour une tendresse comme la mienne que l'inquiétude que vous me tesmoignés touchant la continuation de noslre commerce. J'y voy vostre cœur à descouvert el la nohie persévérance de l'affection dont je fais ma principale gloire. Vous pouvés penser si j'en ay le mesme soucy que vous et si je ne metlray pas entre mes meilleures fortunes celle de son restablissement el de sa seurelé. Mais j'appréhende lousjours que vos Elzevirs ne soient pas aussi piinctuels que

vous le promettes 55 Chapelain, après avoir

employé une giande page à se lamenter sur l'éloigneraenl de M. de Beuning, qu'il voudrait voir nommer ambassadeur ordinaire de Hollande à Paris, reprend ainsi : «Je feray voir à M" le Marquis de Montauzier l'endroit de vostre lettre où vous me répétés si élégamment les motifs que vous avés de i'honnorer et oi!i vous touchés si véritablement les éminentes vertus qui entrent dans ia composition de son mérite. Il est présentement auprès du Roy à S'-Germain en Laye où ia Cour séjournera trois ou quatre mois. 11 sera bien aise d'apprendre que vous estes persuadé, comme Iuy, de In préférence que doit avoir le travail de l'histoire sur tout autre et principalement sur la critique qu'il croit trop basse pour l'élévation de vostre esprit. En attendant que vous vous y puissiés appliquer, vos projets sur Ovide el sur Virgile sont louables et seront fort profitables aux lettres. Mais est-il possible que Macrobe, Servius, Donat, entre les anciens, Sabinus, Pimpont, Lacerda entre les modernes, n'ayent point apporté de vraye lumière à ce dernier et qu'il ait passé tout à fait impur depuis CaAPELAIS. — n.

seize cent tant d'années dans les mains de Sfs adorateurs? Le grand Jules de l'Escala aiu'oit-il élevé des autels à son nom s'il l'avoit trouvé tellement profané? Il faut bien qu'il le soit pourtant puisque vous vous disposés à le purifier et qu'il n'y a si petite tache en sa beauté qui puisse eschapper à vostre bonne veùe. La Reyne Christine vous pourra servir utilement en cecy par ses manuscrits et par ceux du Vatican, el c'est bien le moins qu'elle puisse faire après tant de domnjage qu'elle vous a causé et tant de services qu'elle vous a pnyés d'ingratitude. Pour la publication de vos letlres familières, si vous n'estiés pas le premier homme du monde en ce genre là, j'entrerois dans vostre sentiment de ne mettre pas la moindre partie de voslre gloire. en cela. Mais y excellant comme vous liiites, je ne sçay si ce n'est point dureté à vous de desdaigner une louange dont le jeune Pline a fait son capital, Iny qui n'estoit pas un escrivain à la douzaine, et de croire au dessous do vous un honneur qui en fait encore tant à Cicéron. Vous estiés, il y a deux ou trois ans, si eschauffé pour ramasser et mettre au jour celles de M" vostre père! Vous scavés bien cependant qu'elles n'ont aucun avantage, pour ne rien dire de plus, sur les vostres. J'ay receu comme je devois la raillerie du bien que vous me dittes des miennes, lesquelles vous scavés que j'escris lousjours sur le genouil, parmi cent distractions et lousjours pressé du courrier. Quand mesme j'aurois assés de stile pour n'en faire pas de tout à fait barbares, vous jugés bien que dans ces circonstances il seroit malaisé , qu'il s'y rencontrast rien de bon. Pour vouS' punir, je vous en demande une critique sévère, afin que je sois en garde à l'avenir des fautes les 3j

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