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NT DE MM. LES ESTAIS EN SUÈDE , À STOKHOLM

Monsieur, c'est icy la response à vostre

de Sorbonne, accompagné de deux ou trois docteurs.-i

1 ky.o'jaov.

- Voici le piquant récit de Bayle {Dictionnaire critique, p. 27, remarque A): wll épousa une vieille femme, et, comme elle était fort riclie, il est vraisemblable qu'il n'espéra de son mariage que le plaisir de posséder beaucoup de bien. Celte espérance fut bientôt trompée. La dame était si avare, qu'elle ne permellait point que ses richesses fussent à l'usage de son mari. Elle se déclara si promptement sur ce chapitre, qu'il n'y avait pas plus de quinze jours que les noces étaient célébrées, lorsque Lambecius, plein de dégoût et de lassitude de sa condition, sortit du logis et de sa patrie pour n'y retourner jamais.;)

2 Citons encore Bayle {ibid.,Tp. 37) : «Un mal-

heureux mariage qu'il contracta, l'an 1 662 , ayant mis le comble à ses infortunes , il écouta volontiers les propositions de la reine de Suède , qui lui conseilla de se retirer ailleurs... 1 Ce fut le i^i avril que Lambecius quitta la ville de Hambourg pour aller à "Vienne, en Autriche, et de là à Rome, où, selon le Moréri, r'.Ie pape Alexandre VH et la reine Christine de Suède lui firent beaucoup d'accueil.-)

'* C'est notre mot vulgaire : le couvei-cle est digne du chaudron. Rabelais a dit {Prologue du livre 1") : «Si d'advenlare il renconlroit gens aussi folz que luy ci, comme dicl le proverbe, couvercle digne du chaudron. n

5 Lambecius n'avait encore que dix-neuf ans lorscpi'il publia Prodromus Lucuhratiomm criticaruminA.GeUiiNoctesatticas{Varh,t6à!i,m-S'').

« Le hbiaire dont il a été dé'jà question au

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lettre du xxiii may que je n'avois pas receiie lorsque je respondis à celle du xnii juin, m'estaut venue par la voye de ^V Bigot à qui les EIzevirs l'avoient envoye'e , et ayant esté bien promenée devant que de me tomber entre les mains. Elle y est néantmoins tombée plustost que ni vous ni moy ne l'espérions par la bomie fortune qui a fait que nostre ami n'a point repassé la mer, comme il se lestoil proposé, et qu'il ne s'est éloigné de Paris que de trente lieiies, retenu à Piouon par ses i)roches jusqu'à l'hyver quil les quitera pour nous venir revoir. Vous aurés encore avec celle cy la response à celle que vous luy aviés escritte sous mon enveloppe, et ça esté seulement pour l'attendre que jay tardé quelques semaines à m'aqniter de celle que je vous devois. 11 vous mandera sans doute que son voyage d'Angleterre est rompu, à quoy j'ay contribué de toute ma force, le jugeant dangereux en cette saison, et non absolument nécessaire, puisqu'il lavoit desja fait, et que les bonnes lettres n"estoient pas encore si escbauffées [à Oxford] et à Cambrige, api-ès les secousses que les troubles passés leur ont données, qu'il y pust faire grand profit. Tant qu'il demeurera en France , je voy nostre commerce assés bien ostabli depuis la mesure que vous et luy avés prise avec les EIzevirs pour ce regard.

Ce ne sera pourtant jamais rien d approchant de la fiicilité que nous avons esprouvé si longtemps à nous entrecommuniquer à la faveur des despesches de M' de Beuning qui prenoit tant de plaisir à nous en obliger. Mais le bien public est préférable au particulier, et ce moyen nous ayant manqué par la conclusion de la paix et de l'alliance , il faut se servir de l'autre expédient qui sera tousjours le meilleur de ceux que nous pussions chercher.

Ce n'est pas mauvais signe pour vostre Claudian que cette nouvelle édition que les sieurs Elzevii-s en vont faire ' et il y a de l'apparence que vous y aurés jette de nouveaux ornemens pour la leur faire désirer. L'expectative du \irgile reveu et repurgé par vous " leur fera bien ouvrir les yeux davantage et les rendra bien soigneux de vos paquets pour vous tenir en bonne bumciu-. Et puis n'ont-ils pas vostre Ovide à espérer dans la résolution où vous estes d'en refaire bienlost une impression plus ample et plus chasiiée " ?

Si vous ne ti-availlés sur Apulée que quand vostre Reyne vous aura fait raison de ce qu'elle vous doit, cet aulhem* ne vous occupera guères *, car je doute inainlcnant de sa volonté, et je douteray bienlost de sa puissance. Ce que vous m'apprenés d'elle

sujet de la future publication des Œuvres de Balzac (in-fol,).

1 Claudiani Opéra quœ extant, Me. Heinsius recensuil ac notas addidit : accedunt selecta varionim comrmntana , accurante C. S. [Cornel. Schrevelio], Amsterdam, ej offic. elzevh-iana, i665, in-8°.

- VirgUii Opei-a, ex recensiom Nie. llcinsii. .Amsterdam, ex affic. eheviriana, 1676, petit in-12. Le père de Nicolas avait déjà donné, en i636, une édition des œuvres de Virgile chez les Eizevier {Virgilii ùpera, mine emendatm-a, ex rcceiisione Dan. Heinsii), Leydc, petit in-12.

^ Heinsius ne donna pas lui-même une nou-

velle édition de son Ovide. On reproduisit seules ment, en 1G70, toutes les notes du savant pliilologue d'après l'édition déjà citée de i()58-i6(3i (3 vol. petit in-ia) et d'apiès les notes de l'édition de iG(ii-i6Ga {Ovidii Opm-a,ex recciisione Nie. Heinaii, cum nolit var. accurante Corn. Schrevelio, Leydc, 3 vol. in-S"), dans une édition fort accrue et fort améliorée quant au commentaire : Ovidii opéra, cum integi'is !\ic. IIein»ii leclissimisque varior. notis, studio Borch. Cnippingii {Leyde , Ilackius, 3 vol. in-S").

* La prédiction de Chapelain se réalisa, et l'édition d'Apulée promise par Heinsius resta toujours à l'état de prqjet.

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touchant le péril qu'elle a couru d' astre mise à couvert en Suède ne m'a pas surpris '. J'avois dit à plusieurs de mes amis, lorsqu'elle y passa, qu'elle faisoit une imprudence et que si elle en revenoit sans estre arreslée, elle me tromperoit. J'avois aussi jugé qu'elle n'avoit choisi sa demeure à Hambourg que pour estre en liberté de sa personne, et pour se tenir preste à reprétendre la couronne s'il arrivoit quelque division en son pais, afin de se mettre à la teste de l'un des partis. J'ay, à cette heure , complaisance pour mes conjectures. Elle m'a surpris d'estre partie de là pour Italie oiî apparemment la Suède vouloit qu'elle allast afin de la délivrer de cet ombrage , et peut estre n'y eustelle point esté, si, comme je le soupçonne, on ne luy eust fait peur de ne luy payer les pensions convenixes que delà les monts. Elle passera cependant mal son temps à Rome , ayant le Pape contraire ^, et les Espagnols ni les François ne luy estant plus favorables.

^V Spanheim luy pourra faire sa cour à son aise, car il est là depuis dix mois et il n'y séjournera pas moins de huit encore, comme il l'a escrit à \L Bigot de qui je le tiens. Il faut qu'il soit là pour autre chose que pour en tirer des manuscrits du Vatican les diverses leçons du Lucain, mais je ne le sçau-

rois pénétrer. Aussy ne m'en mets -je pas en peine. Cest un fort bon homme, ami soigneux et non estranger dans les bonnes lettres. Ce long voyage l'aura achevé de polir et il est assés jeune pour réussir ^ un personnage d'importance, s'il continiie dans le mestier. Je luy esciivis ces jours passés. S'il me respond, je vous manderay plus particulièrement de ses nouvelles.

M' Conrart est à Atys pour essayer de se remettre. Jusqu'icy nous n'y voyons pas grand amendement, quoyque nous n'en désespérions pas autant que par le passé. Je luy a y fait sçavoir vostre souvenir et la part que vous prenés à ses peines, dont il me conjure de vous rendre mille grâces.

Le desultoire Morus" ayant quité Charenton où il avoit aquis le droit de prescher pour aller en Angleterre, où il aspiroit à Tépiscopat, s'en est revenu à son premier exercice , auquel il a trouvé de si forts obstacles de la part du consistoire et des gens de condition, qu'il s'en est ensuyvi ime espèce de sédition au presche , lequel ne se fit ni par luy ni par M' Daillé , ce matin là , à cause du tumulte excité par le menu peuple qu'il avoit pour pal'tisan^ Demain, jeudi, on doit plaider là dessus à l'Edit, où les parties ne feront pas son panégyrique.

M' du Four, dont vous me parlés, vit et

' Les détails fournis dans celle lettre et dans quelques autres lellres sur la reine Christine seront d'autant mieux accueillis des curieux, qu'il nous manque encore une histoire vraiment complète de cette originale princesse.

- Alexandre \II, élu le 7 avril i655, mort le 02 mai 1667.

^ Suivant la remarque de M. Littré, c'est là le sens propre du mot réussir (sortir de), sens que l'on retrouve dans celte phrase d'une lettre de Balzac (livre XX, n" xvi) : «Si M. Chapelain est le conseil du P. Lemoine, le P. Lemoine réussira un des grands personnages du temps. n

* Du latin desultor, sauteur qui passe d'un

cheval sur un autre. C'esl une allusion aux exercices de voltige d'un des personnages du xvif siècle qui mérita le plus qu'on lui appliquât la définition de Montaigne {Essais, liv. I, ch. i): trCerles, c'est un subject merveilleusement vain, divers et ondoyant que rhomme.'^ Mais pourquoi Chapelain se sert-il de l'expression inusitée, irrégulière, desultoire, quand il lui était si facile de dire désiilteur? Voir ce dernier mot dans le Dictionnaire de Trévoux, comme dans le Dictionnaire de M. Littré.

' De même que la présente lettre renferme d'intéressantes particularités sur la reine Christine, elle nous fournil, comme on le voit, d'inté-

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a esté, un an durant, lim des médecins de M' Conrart^ Si vous luy voulés escrire, je trouveray moyen de luy faire tenir vos lettres. J"ay veu Billaine, Timprimeur des Glossaires de lAbbé ^ pour sçavoir à quoy en estoit cette entreprise. 11 s'est fort plaint de M' le Prieur qui l'a engagé à celte despense sur l'assurance quïl y contribueroit de son soin jusqu'au bout, sans luy avoir pourtant tenu sa promesse, à cause d'un bénéfice qui l'a attiré en Bretagne où il est. Il m"a néantmoins dit qu'il l'attendoit dans deux ou trois mois pour accomplir cet ouvrage qui est fort avancé. Sil vient, comme il le luy a promis, on pourra avoir ce livre vers la fin du caresme. J'en observeray le progrès et vous en informerav.

M' Vossius a publié un livre de lumine" qu'il vous aura sans doute envoyé. C'est un brusque pbysicien et qui donne bien à ses fantaisies. Il n'est pas icy dans rapprobalion de nos philosophes ni cartésiens ni démocritiens ni péripatéticiens, et je ne crov pas que les Anglois ni les Italiens luy applaudissent \

Mais c'est bien assés pour ce coup. .Mandés moy amplement de vos nouvelles , comment réussit voslre employ, quelles choses publiques peuvent estre sçeiies de nous, surtout oîi en est l'ambassade destinée par celte couronne h M" les Estais, surtout vosoccur pations littéraires.

Je suis. Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce xxv juillet lC6■J^

fessantes parlicularités sur Alexandre Morus. Ces particularités compléleront ce que les biographes avaient déjà raconté de l'orageux séjour à Paris du célèbre prédicateur, Bayle nolammenl, lequel avait dit [Dictionnaire critique, édition Beucbol, t. X, p. 556, 557): pII fut reçu ministre de l'église de Paris. M. Daiilé, qui l'avait servi de tout son crédit dans plusieurs synodes, ne fut pas long-temps à s'en repentir; il s'éleva entre eux une querelle forl violente, qui causa raille partialités dans le troupeau. En général, M. Morus , au milieu des applaudisseniens que sa manière inimilable de prêcher lui attirail d'une foule extraordinaire d'auditeurs, eut à Paris le chagrin de voir sa réputation attaquée par des personnes de mérite, qui le traduisirent loul de nouveau au svnode, d'où il ne se sauva que comme par feu.>î Dans la remarque K du même article (p. 562), Bavle ajoute que Morus, qui était allé en Angleterre au mois de décembre 1G61, revint à Paris en juin 1 662 ; qu'à la suite du r si terrible désordren causé par ses partisans, le parlement ordonna, le 07 juillet 1662, que l'on assemblerait un colloque, lequel colloque suspendit l'orateur.

^ Guy Patin (lettre à Spon du 6 juin i655, t. II, p. 179 de l'édition du docteur Reveillé- Parise) nous apprend que '-M*" Duffour, médecin de M' de Vendôme,- appartenait à la religion

réformée. Dans une lettre au même du 1 7 novembre 16G2 (t. II, p. /173), Patin annonce la guérison d'Alexandre Morus, dont la nouvelle lui avait été donnée par rM' du Four, qui fa traité de celle maladie dernière. -1 Enfin, dans une lettre à Falconel, du 29 mars 1669 (t. III, p. 692), Patin annonce ainsi la mort de son confrère (encore une victime de l'émétique!) : ^Un vieux médecin huguenot, nommé M' du Four, âgé de soixanledix-huit ans, est mort depuis peu de jours. Il avoit été long- temps à feu M' de Vendôme; puis s'éloit relire à Blois, sa pairie; enfin , élanl revenu à Paris, il y est mort avec une pris: devin émétique qu'un badin lui donna fort mal à propos, car il n'y avoil aucune indication: son mal éloit une excoriation de la vessie, dont il m'avoit autrefois demandé mon avis. Je vous prie de le dire à M' Spon; je crois qu'ils étoient amis, n

^ Sic pour Labbé. Voir la note 1 0 de la lettre I du présent volume.

^ De hicis natura (Amsterdam, iGGa, in-V).

* Le livre, comme le prévoyait Chapelain, fut fort critiqué, et Vossius eut à défendre, Tannée suivante, sa mauvaise physique contre deux adversaires : Responsio ad objecta J. de Brityn et P. Petit (h Haye, i663,in-6°).

5 Chapelain, le a8 du même mois, écrit

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