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GENTILHOMME NORMAND, À CAEN

Monsieur, c'est parce que je fais une estime toute particulière de vous que j'ay pris l'alarme de ces prétendues tentatives qui alloient à vous desbaucher de mon aniytié et parce que j'eusse esté marri de perdre un bien comme la vostre que depuis quelques années j'ay contée entre mes plus précieux trésors. Car de ces amitiés à la mode dont le monde est rempli et qui ne se croyenl pas sujettes aux loix du vray honneur et de la pure morale, je repute à gain lorsque je les perds et je profite de l'infidélité et de l'ingratitude avec plaisir, comme d'un temps revenant bon pour l'employer à en cultiver de sincères sur lesquelles je puisse dormir

novius à répondre à ses avances, mais en attribuant ce passage à une lettre du a8 janvier. Beaucoup d'autres dates sont inexactement indiquées dans le petit recueil de Camusat.

' Allusion à ce passage du chant VI de l'Iliade: «Mais alors Beiiérophon lui-même devint odieux à tous les immortels; solitaire, il errait dans les

champs d'Aléion , et ses pensées rongeant son cœur, il évitait la trace des hommes. 5î

^ Passage reproduit dans les Mélanges de Camusat (p. 5i).

^ L'ancien ambassadeur en Hollande mourut (1677) sans avoir obtenu la justice que Chapelain lui promettait ici.

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en seureté. Tirés cependant avantage de ce qu'on ' n'a osé auprès de vous ce qu'on a essayé auprès de tant d'autres et plus d'une fois avec succès, et jugés par cette reteniie de la peur qu'a fait vostre vertu aux tentateurs et de la honte qu'ils se sont voulu espargner de recevoir de vous un vigoureux refus et une sage réprimande.

Je reçois pour moy. Monsieur, avec tendresse et consolation les protestations nouvelles que vous me faites d'une inviolable constance dans l'affection que vous me portés, non pas que j'en aye douté, mais pour ce qu'il est fort doux d'entendre une chose si agréable d'une personne dont on est si bien persuadé.

Vous voila donc prest d'aller à Rouen pour mettre en train l'édition de vostre Origène. C'est le meilleur avis que vous me puissiés donner, à moy, dis-je, qui vous porte dans le cœur et qui ne vous sçaurois voir trop couvert de gloire. Si ce voyage produit celuy de Paris , ce me sera un grand accroissement de joye, car nous aurons moyen de nous expectorer (le mot est bizarre ^, mais significatif) et de philosopher à notre aise. Apportés surtout vos méditations sur la matière pour laquelle vous avés inutilement escrit à Montpellier \ Faisons au reste, puisqu ainsi est, un secret de cette

dédicace de M"" Rochart et n'engageons point un si excellent homme en la publiant à n'estre pas libre d'en user à sa fantaisie. La personne néantmoins que cela regarde ne me Tavoit point baillé pour un secret, et peut estre que je ne suis pas le seul à qui elle l'a voulu apprendre.

Trouvés bon que je mette ce billet à M' de Rrieux sous vostre enveloppe '. Faites moy quelque jour sçavoir à quoy en est l'édition du livre de M' de Grentemesnil ^ Assurés tous nos amis de mes respects et me croyés tousjours immanquablement, pour parler stilo novo'^. Monsieur, vostre, etc. De Paris, ce xxviii janvier i66i.

CXCVIU.

À M. CARREL DE SAINTE-GARDE

PRÈS LUMBiSSADEDR DE FIUNCB , À MADRID.

Monsieur, vous auriés eu ma response à vostre dernière du xvni janvier sept jours plustost sans ce fascheux tribut que ma bile exige si souvent de mon corps affoibli par l'âge et usé, si je l'ose dire, par le travail. L'allaque en a duré plus qu'à l'ordinaire et j'en suis encore persécuté, mais comme elle est un peu moins violente, j'ay voulu profiter de cette trêve qu'elle me donne pour ne vou.s

' On représente ici Gilles Ménage, le boiirrenu du pauvre Chapelain.

^ M. Liltré rappelle que c'est un terme employé en cour romaine et qui signifie rendre publique une nomination faite d'abord in petto. C'est en ce sens que Saint-Simon a dit : « Le pape fit avertir le roi qu'il allait expectorer Polignac avec les autres et que cela ne se pouvait plus différer. "^

^ C'est-à-dire sur le traité des Trois imposteurs dont il a été plusieurs fois question.

* Chapelain envoya dans cette lettre (f -i) des compliments à Moisant de Brieux. Il y ajouta ces nouvelles de Conrarl : «M' Conrart sçaura la peine où vous estes de sa santé , et ce luy sera un grand

lénitif dans les souffrances que Dieu luy envoyé pour csprouver sa vertu... Ce qui luy donne autant de chagrin, c'est l'impuissance où il est d'escrire et la difficulté raesme qu'il a de divertir ses maux par la lecture. ?î

^ Exercitationes in optimos anctores grœcos. Le livre ne parut que quatre ans plus tard (Leyde, 1668, in-i°). Ce fut Huet qui décida son savant ami à recueillir et à publier ces précieuses observations.

' Immanquablement était donc un mot tout récent en j66i. M. Littré n'a trouvé aucun écrivain qui l'ait employé avant Bourdaloue et Fénelon.

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laisser pas attendre davantage ce tribut cy que je vous dois à bien meilleur titre et que je vous rends avec beaucoup plus de plaisir. Je suis fort aise que vous jugiës assës bien de vos Carmes deschaussës pour espérer qu'ils vous complairont sur le sujet des vallées de las Batucas , et que mesme la relation en sera exacte. S'ils vous l'envoyent, il sera bon de l'envoyer dans son original avec vos reflectionset ce que vous en aure's d'autres notices, mais avant que de la bazarder aux caprices de la fortune, je pense qu'il vaudra mieux que vous nous la faciès attendre un peu plus longtemps et que vous la mettiés en seurete' par un duplicata que vous en fere's faire.

De mon costé je rendray M' de la Mothe- Vayer patient par mon exemple , et il ne vous aura pas moins d'obligation de vos diligences en cette affaire pour y trouver un peu de retardement. Je luy ay communiqué vostre lettre qui estoit plus pour luy que pour moy et il y a esté le plus sensible du monde. Les comparaisons que vous y faites de luy avec les Platons et les Isocrates sur la continuation de ses exercices dans son grand âge ' luy ont infiniment pieu et vous ne le verres jamais qu'il ne vous le tesmoigne luy-mesme.

Pour commencement de rétribution j'ac-

compagne ma lettre de l'extrait d'une autre escritte de Pologne à M'"" la mareschalle de Gramniont" par le sieur Ducbesne, gouverneur du conte de Louvigny, son cadet \ qui a suyvi le comte de Guiche, son frère '', en son exil ou sa pérégrination *. L'avanture que contient sa lettre est mémorable et donne un beau champ de philosopher à des testes faittes comme la vostre. Une chose semblable estoit arrivée en Irlande, il y a vingt ans, hormis que c'estoit des brebis sauvages qui avoient enlevé de mesme un enfant, et si vous me tesmoignés avoir ces sortes de curiosités agréables, je vous en recouvriray {sic) la relation bien authentique. Quant aux autres que je vous demandois du lieu où vous estes , je n'entendois pas que ce fust de rien qui vous regardast en particulier, mais de ces grands voyages que le monde lit à cette heure avec tant de satisfaction, et dont M' Thevenot a desja publié un volume avec grande approbation , en attendant les suyvans, pour lesquels il n'espargne ni soin ni despense, et dont il sçait si bien choisir les matières pour faciliter le commerce et apporter de quoy s'exercer au raisonnement des contemplateurs de la nature. S'il vous tombe quelque chose de ce genre entre les mains, nous luy garderons

' La Mothe-ie-Vayer était alors âgé de soixantequinze ans. On assure que Platon mourut plus qu'octogénaire, et qu'Isocrate, le dépassant encore, mourut presque centenaire.

^ La maréchale de Gramont était Françoise- Marguerite de Chivré, fiile de Hector de Chivré, seigneur du Plessis, de Frazé et de Rabestan, et de Marie de Conan. Elle mourut en mai i68g. Elle avait été mariée, le 18 novembre 1684, avec Antoine III de Gramont qui devint maréchal de France en i64i.

^ Antoine-Charles, connu d'abord sous le titre de comte de Louvigni , devint duc de Gramont à la mort de son père (12 juillet 1678). Il se distingua, en 1672, à la conquête de la Hollande,

en 167/1 «"^ siège de Besançon, fut ambassadeur extraordinaire auprès du roi d'Espagne en 1 70^ , et mourut le 26 octobre 1720.

* Armand de Gramont, comte de Guiche.

lieutenant général des armées du roi, mestre de camp du régiment des gardes, un des héros du passage du Rhin (12 juin 1673), mourut en sa trente-sixième année, le 2g novembre 1678.

^ Le comte de Guiche avait été disgracié à cause de sa conduite à l'égard de Madame. Voir V Histoire de madame Henriette d' An^flelerre , par M'"* de la Fayette. L'exil du comte de Guiche ne cessa qu'en 1671. Voir une lettre de M"" de Sévigné du 27 septembre de celle année (édition de M. Ad. Régnier, t. If, p. 378).

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une place honnorable dans les recueils, non sans faire mention de celuy de qui nous tiendrons ni sans profileri per quem proficeremus.

Je plains encore plus la j>erte de vostre dialogue depuis que vous m'avés appris qu il traiftoit des ide'es et des principes des choses. Ce sont des sujets véritablement dignes de vous et dans lesquels vous pouvés desployer toute la force de vostre gënie. Il me semble vous avoir veu remporter la gloire sur les Empedocles, lesPythagores. les Anaxagores, les Democrites, les Plalons et les Aristotes, aussi bien que sur les Tilesius ' et les Descartes, et il n'y a rien que vous ne deviës tenter pour rappeller cet escrit fugitif et le faire revenir en la puissance de son maistre.

Vous me resjoiiissés bien en me faisant espe'rer que vous pousserés ces spéculations sm* les autres points de physique si peu solidement traitlées par tant dautres lorsque vous serés de retour. Mais ne pourries vous point commencer dès à présent que vous devés avoir du temps de reste, sans les mettre à vostre retour à Paris où mille distractions et le soin de vostre fortune ne vous laisseront guères de temps pour un si bon dessein.

Plusieurs personnes de qualité et de sçavoir ont formé en Angleterre sous les auspices de leur roy une académie physique

qui a pour but de fortitier les conjectures du raisonnement par de continuelles expériences exactes pour la subsistance et les frais de laquelle le roy a establi un fonds fixe qui en empesche la destruction ^. On en a desja veu d'heureux et de considérables eflets, le principal touchant la science des longitudes inutilement cherchée jusqu'icy et que mon intime ami .M' Christianus Huggens, Hollandois. a trouvée par une machine d'une invention d'une manière d'horloge plus juste sans hyperbole que le soleil ■*, et c'est celuy la mesme qui a éclairci le système inconcevable de Saturne et publié les raisons infaillibles de ses diverses apparences.

Je suis tousjours avec beaucoup de passion, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce vi' février 1664'.

À M. HEINSILS,

RÉSIDEM DE MESSIECBS LES ESTITS DE BOLLIMIE ER SUEDE , À STOkUOLM.

Monsieur, je me suis lassé d attendre les extraits de diverses leçons de Virgile que M' de Medou m'avoit fait espérer il y a trois semaines jwur vous et j'ay mieux aimé vous plaire moins en vous escrivanl sans cela, que de me faire davantage la violence de remettre plus long temps la response à vos

' Bernardin Telesio, né en iBoç), à Cosonza, dans le royaume de Naples, mourut dans cette ville en i588. Ce philosophe a composé deux ouvrages qui ont élé très discutés : De renitn tiatvra jiixta propna principia (Rome, i5G5, in-4°); Vai-ii de naluralibiis rébus /» 6e//» (Venise, 1690, in-lx").

* La Société royale de Londres, fondée d'abord à Oxford en i6i5, fut transférée dans la capitale de l'Angleterre en iGfio, et ce fut à partir de cette époque que, protégée par le roi Charles II, elle devint si (lorissanle et mérita par riniportauce de ses travaux un rang des

plus élevés parmi toutes les sociétés savantes de l'Europe.

' C'est Ihorloge à pendule cycloïdal dont Huygens a donné la description dans son Horologiwn (iscillatorium (Paris, 1678, in-foi.).

" Le 1" mars, Chapelain félicite M. de la Luzerne (P 6) de la publication de ses poésies latines en un corps, ce qui, lui dit-il, rrmanquoit seul à voslre gloire, laquelle ce soin que vous avés pris fixe pour léternilé. Autrement quelques excellens que fussent vos ouvrages séparés, c'esloient tousjours disjecti membra poetœ et des feuilles de Sybille que le vent pouvoit aisément emporter.-

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lieux dernières du ai décembre et du 1 6 janvier. Quite pour vous escrire encore la semaine qui vient, si la semaine qui vient je reçois ces papiers de Toulouze qui sont si long- temps à venir. Vous vous moqués de douter que vos vers ne soient importuns au Roy et à M' Golbert pour estre trop fréquens, et je n'ay garde de croire que vous pariiés tout de bon lorsque vous en parlés de la sorte. Mais je me suis desja expliqué là dessus par ma précédente et j'employe sur cette prétendue timidité ce que je vous en dit lorsque vous me la fistes paroistre la première fois. Tout ce que vous m'avés envoyé à la louange des actions et des vertus de Sa Majesté a esté le très bien receu et par dessus l'eslime a encore attiré l'admiration. Mœiiiase pandunt est meilleur sans doute que panduntur et on ne le verra que de cette sorte. L'exhortation que vous faites au Roy de s'opposer aux progrès du Turc est grave et belle. Vostre souhait a eu en partie son effet. Sa Majesté destine un grand corps de trouppes pom' le secours de l'Allemagne . convertissant la demande d'argent que luy faisoit l'Empereur en soldats qu'il ne luy demandoit pas ', et Elle ne se fust pas contentée d'y envoyer, elle y eust esté en personne , si l'Empire pouvoit souffrir deux chefs égaux.

Voicy une nouvelle matière de gloire pour Elle. Le Pape enfin , voyant que l'armée françoise passoit les monts, pour éviter la ruine de sa maison, s'est enfin résolu de donner

une pleine satisfaction au Roy à des conditions les plus honteuses pour Sa Sainteté et les plus glorieuses pour Sa Majesté qu'il estoit possible ^ Parme et Modène y trouvent leur conte \ et entre les avantages qu'en tire le Roy, la pyramide qui sera érigée aux despens du Pape sur la place où la violence a esté faite est la plus notable et la moins espérée. Le Cardinal neveu patron' vient légat en France justifier son oncle et sa famille et le cardinal Imp"'* l'y accompagnera pour demander pardon au Roy de la témérité de ses conseils. Jamais il n'y eut rien de si haut de nostre coslé ni de si humiliant de l'autre.

Je ne vous puis exprimer combien j'ay ressenti les marques que vous me donnés de vostre créance pour ce qui regarde la profession que je fais de probité et la promesse que vous me faittes d'en dire vostre sentiment plus au long dans vostre préface sur Virgile. Comme j'en fais mon capital et que c'est la seule chose dont je me pique, parce que tout homme de bien s'en doit piquer, je vous avoiie qu'il ne me pouvoit rien arriver de plus agréable que d'en avoir un tesmoin aussi irréprochable que vous. Je vous en rends aussi mille grâces d'avance, et m'en déclare infiniment vostre obligé , laissant du reste à vostre affection d'en user comme il vous plaira sans vous rien prescrire. '

Il faudra voir ce que deviendra la dévotion de M' de Brienne le fils avant que de

' Louis XIV envoya six mille hommes à l'Empereur, sous les ordres du comte de Coligny, pour l'aider à repousser les Turcs qui avaient envahi la Hongrie, et qui furent écrasés au combat de Saint-Gothard (i" août i66/i).

■^ Le traité fut signé à Pise ie i a févrieri664.

^ Le roi , dit Voltaire [Siècle dp, Louis XIV, chapitre vu), trforça la cour de Rome à promettre de rendre Castro et Ronciglione au duc

de Parme, à dédommager le duc de Modène de ses droits sur Commachio; et il tira ainsi d'une insulte l'honneur solide d'être le protecteur des princes d'Italie. '^

^ Le cardinal Chigi, neveu du pape Alexandre VII. Ce fut , remarque encore Voltaire {ihid.) . ple premier légat de la cour romaine qui lût jamais envoyé pour demander pardon, i

^ Le cardinal împeriali.

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renouer avec luy vostre commerce. Les pensées des jeunes gens sont journalières et mal fixes et ils ne s'oseroient respondre à eux mesraes de ce qu'ils feront le lendemain. Attendes le venir et sil retourne de bonne grâce corresponde's y selon qu'il vous y obligera.

Je vous dis la mesme chose de M' de Tbou lequel a ses croix comme les autres et est rappelé' dans son domestique par des embarras que luy suscite sa fortune véritablement peu digne de sa vertu. Ces jours passe's , il vit M"' sa femme a l'extrëmite' et Ton ne sçait si elle se sauvera de l'hydropisie.

Nous sommes tombés de bien haut touchant cette nouvelle de Pétrone puisque tout ce trésor n'aboutit qu'à un petit fragment et peut eslre encore sujet à caution. Mais estesvous bien certain que ce ne soit qu'un fragment? J'en douterois volontiers parceque j'ay des lettres de M' de Medon qui portent que ce livre s'est retrouvé entier, et il n'y hésite pas le moins du monde. Toutosfois vos correspondans de Rome sont plus croyables que les siens.

M' Bigot est icy depuis plus de deux mois bien que sans action à cause d'im absès qui

luy est venu à la mâchoire droitte qui fa tenu six semaines au lit ou à la chambre entre les mains des médecins et des chirurgiens. Il en est maintenant guéri et je ne doute point qu'il ne vous ait donné avis de sa convalescence, vous honnorant comme il fait et mettant vostre amitié entre les plus grands biens de sa vie.

Ce n'est pas à vous à vous mettre en peine du fils de Konigsmark, c'est à luy à se mettre en peine de vous. Que peut-il faire pour vostre fortune qui soit comparable à ce que vous pouvés faire pour l'honneur de son père? C'est à luy à courre et il iroit du vostre si vous souBriés faire auprès de luy la moindre solhcitation pour cela.

Nous verrons avec joye le Plante et le Tite-Live de M' Gronovius quand il leur aura donné la clef des champs.

L'édition de Balzac est accrochée pour un temps par l'ordre de M' Conrart qui la procure et qui la doit digérer (sic) ' autrement qu'on n'avoit projette. Vous luy pourries envoyer les lettres que vous avez du défunt à toutes fins.

Je suis, Monsieur, vostre, etc.

De Paris, ce 6 mnrs i664*.

1 II faut lire sans doute dii-iger. L'édition ne resta pas longtemps accrochée : les deux beaux volumes in-folio parurent l'année suivante.

- Quelques jours plus lard, le 21 mars, Chapelain (P 8 v") écrivait encore à Heinsius, dont il avait reçu cr l'élégie pour le Roy corrigée et augmentée et avec tant de succès que j'ay jugé à propos de la faire revoir à M' Colbort comme une des plus considérables choses qui ayent esté failles à l'honneur de Sa Majesié. Elle a donc fait le voyage de Saint-Germain où est maintenant la Cour et je ne doute point qu'elle n'y ail eu toute l'approbation dont elle est digne. Quant à mon particulier jugement, il ne luy sauroit eslre plus favorable. Vous avés tempéré en cet ouvrage la sublimité par la liberté et la gayeté. Vous y avés fortifié le principal de l'éloge par de nouvelles

beautés et des élévations nouvelles, de sorte que ce que vous y avés employé d'enjoué et de familier paroist n'y faire que seaindas partes sans ravaler ni alToiblir les premières. . . M' Medon m'escrivit la semaine passée qu'il ne pouvoit pas encore vous envoyer ces diverses leçons sur Virgile et que ce seroit pour la suyvanle. Je l'en soUiciteray quoyque son amitié n'ayl pas besoin d'estre sollicitée, ce cœur là estant l'un de ceux qui vous sont le plus véritablement aquis. Outre vostre interesl, j'y ay encore le mien, puisque vous avés dessein de me faire une allocution obligeante à la teste de l'édition que vous en médités, et je serois indigne de la faveur que vous me voulés faire si j'en negligeois le moins du monde la publication. Comme c'est par un motu proprio que vous vous estes engagé à cola, j 'aura y

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ce.

À M. COLBERT

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